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CHAPITRE IX

HISTOIRE DE l'eLBOURZ.

La tradition fait venir de la Bactriane les premiers colons iraniens de la Montagne. Elle affirme que le chef de ces colons était le propre frère du roi qui régnait à Balkh. Les gens de Demav^end prétendent que ce chef, nommé Syamek , appelait son suzerain « Bala-Akh », « le frère de là-haut » , pour indiquer que celui-ci demeurait dans le nord-est.

Cette étymologie à la manière de Platon n'est pas plus admissible que toutes celles dont le philosophe a égayé ses écrits. D'ailleurs, le mot « akh » est arabe, et il n'est pas à supposer que ce vocable sémitique ait eu cours dans les établissements arians aux premiers jours de la conquête. Cependant , toute fausse que soit l'hypothèse , elle révèle un sentiment vrai cnlui-méme. La Chronique du Tabe* rystan d' AbdouUahrMohammed , fils de Hassan, fils d'Isfendyar, dit positivement que l'Elbourz avait été colonisé au temps de Djem-Shyd , et comme ce livre est compilé sur des documents pehiewys, on peut admettre «ans peine qu'il reproduit une opinion reçue dès le temps des Sassa-»

nides. Que le guide de la population ainsi transplantée ait été ou non frère, neveu, cousin, parent du souverain qui gouvernait alors l'empire, il importe peu. Ce qui est clairement attesté, c'est que ceux qui le suivaient, et lui-même, étaient de race iranienne et venaient de l'est.

La plupart des chroniqueurs attestent que le premier prince des hommes de la Bonne Loi dans l'Elbourz fut Keyoumers * . Ce titre, signifiant , ainsi qu'on l'a vu ailleurs, « le Roi des hommes » , et n'étant pas, de l'aveu de la légende elle-même, un nom à proprement parler, il n'y a nulle difficulté à l'accorder au chef des émigrants établis dans la Montagne.

Je ne vois pas non plus qu'il soit nécessaire d'établir une identité entre le Roi des hommes ou du pays dont il est ici question, et l'autre Roi des hommes qui s'est trouvé également placé en tête de la liste des souverains primitifs de l'Ayryana-Vaëja. Cette dénomination n'est pas personnelle , et peut-être pourrait-on même la retrouver dans le nom guerrier de l'ancien dieu italiote. Mars, qui serait ainsi le fantôme d'un des anciens chefs de ces Arians qui pénétrèrent aussi et le plus loin dans les terres occidentales. De même , du reste , que les premiers monarques iraniens n'ont pas laissé d'eux-mêmes un souvenir bien distinct, de même leurs grands vassaux de l'Elbourz ont vu s'effacer, sous le flot du temps, la meilleure part de leur personnalité.

Le Keyoumers dont il s'agit ici porte aussi la qualification de «t Gyl-é-Shah » ou « Roi du marécage , du limon , de la boue » . On explique ce titre en disant que

* Le Rouzet-Essefa prétend que Keyoumers était le même qu*un certain Amer, fiU de Japhet. On se retrouve ici en présence d*un souvenir obscur de Yima ou mieux de Ymir. — Dans ce sens, le Keyoumers ou Amer du Houzet-Essefa ne serait pas celui de TElbourz, mais le roi plus aïK^ien des tribus arianes dont il a déjà été question, et qui personnifie toute la dynastie et même toute la race primordiale.

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