CHAPITRE IX. — HISTOIRE DE L'ELBOURZ
lorsqu'il arriva dans ses domaines, il n'y trouva que de la terre et de l'eau et rien davantage. Les commencements de sa puissance furent donc des plus humbles. Le poète du Shah-nameh, Ferdousy, rapporte que Keyoumers n'était vêtu que d'une peau de panthère , et qu'avant lui on n'avait dans le pays qu'il occupait aucune idée de civilisation. On ne bâtissait pas de demeures, on ne savait pas même préparer les aliments. Le prince arian débuta par la guerre , mais la légende assure que ce fut après avoir vainement essayé de vivre en paix avec les aborigènes, et quand ceux-ci eurent rompu perfidement les traités que d'abord ils avaient consentis. Aidé de ses enfants, de ses parents, de ses compagnons, fort de son droit, il attaqua les dyws et les contraignit à lui faire place. Alors il fonda deux villes, Demawend et Istakhr.
La première de ces cités, nous l'avons déjà traversée, Sôit qu'il faille y reconnaître Varena la carrée , soit toute autre création de la plus ancienne époque , il n'est pas douteux qu'elle date des premiers âges. Quant à la seconde , Istakhr, c'est, suivant l'opinion des Persans actuels, Persépolis, située au centre de la Perside. Jls en attribuent la fondation à Keyoumers, et quelquefois aussi, plus fré^ quemment même, à Djem-Shyd, supposition également impossible, puisque dans Tâge des Djemshydites , les Iraniens n'étaient pas encore descendus jusqu'aux pays du sud. D'ailleurs, le mot « Istakhr v signifie un lieu retranché et paUssadé, une forteresse, et peut s'appUquer à bien des établissements d'époques diverses. Il vaut mieux identifier l'Istakhr de Keyoumers avec Ghakhra la forte.
Les constructions entreprises par le roi furent accompUes avec l'aide des dyws prisonniers , contraints de travailler pour leurs vainqueurs. Malheureusement, il s'en fallait de beaucoup que toute cette population fût captive.
Le plus g[rand nombre errait librement dans les montagnes et menaçait sans cesse les colons.
Keyoumers régna trente ans et mourut. Il paraît avoir eu pour successeur son fils »Syamek, que reconnaissait et prote'geait le suzerain de Balkh. Hamza Isfahany croit Syamek petit-fils de Keyoumers par Masha. Syamek continua la colonisation et combattit les dyws ennemis. Surpris par eux dans une embuscade, il fut tué. La légende fait grande estime de Syamek. Le plus ordinairement elle le représente comme un ascète qui avait renoncé h la royauté et s'était retiré dans le voisinage du mont Demawend, au fond d'un ermitage. C'est là que, suivant quelques auteurs, les dyws le surprirent pendant qu'il était absorbé dans la prière , et précipitèrent sur sa tète un énorme rocher sous lequel il resta écrasé. Une telle manière de comprendre la personnalité d'un des premiers roîs de l'Elbourz fait partie d'un système historique tout particulier qui semble appartenir à une époque assez basse, probablement au temps des Sassanides, où les Parsys s'accordèrent à considérer les anciens rois comme des saints. Cette idée a toujours été se développant chez eux; elle s'est particulièrement exaltée chez les Guèbres de l'Inde, et elle a produit parfois les plus singuliers contresens. A Demawend, la tradition orale ne pense rien de tout cela au sujet de Syamek. Elle le tient pour un véritable souverain. On montre à peu de distance, de la ville un hameau appelé Mamek-abad , ou «la demeure de Mamek» . Là demeurait la mère du prince assassiné par les dyws.
Le souverain arian résidant à Balkh , autrement dit le Djemshydite, continua à Housheng, fils de Syamek, ou, suivant Hamza Isfahany, fils de Ferwal, fils de Syamek, la bonne volonté qu'il avait eue pour son père ' . Celui-ci
' La forme zend du nom de Housheng est dans le Yesht-Avan, « Hou- «hyogho-Paradhato > , « Hoosbeng le Pyshdadien * .