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CHAPITRE X

CONTRÉES SITUÉES AUTOUR DE l'eLBOURZ.

La région de l'Elbourz s'élève au centre des territoires que je vais décrire. C'est de là que partira le mouvement agressif contre les Assyriens. C'est là que la victoire finale sera célébrée; c'est là enfin que le nom de l'Iran, transporté une fois déjà des régions tout à fait primordiales du nord-est dans le Vara de Djem-Shyd , et depuis de longs siècles politiquement effacé, se retrouvera tout à coup plus brillant que jamais et manifestera sa seconde apparition. Dans la période qui commence, l'Iran , ce sera par excellence la Montagne , et jusqu'à la conquête musulmane, à partir de ce temps, c'est-à-dire pendant un laps de siècles très-considérable, la Montagne continuera à être l'Iran , sinon d'une manière exclusive , du moins dans ce sens qu'elle en sera la partie la plus vraiment nationale et la plus chère à la tradition historique et religieuse. Des provinces riches, favorisées par la nature et par les travaux de l'art, pourront devenir le siège d'une civilisation plus brillante et prendre une importance

plus apparente, mais, en réalité, le cœur de la nation restera toujours dans l'Elbourz.

A l'ouest était située la Médie. C'est ce que la Chronique persane appelle le royaume de Kbawer. Ecbatane ou Hamadan , ou encore Khendan et même Batan , car on trouve toutes ces formes, était la capitale de cette contrée possédée par Koush-Héféran , dont la maison formait une branche du lignage de Zohak , et régnait directement sur les Mèdes et sur les populations situées à l'orient de l'Assyrie. Le royaume de Khawer était ainsi l'instrument naturel des volontés du suzerain ninivite quand il voulait agir dans le pays des Djemshydites.

La population de la Médie était double, je l'ai déjà indiqué , mais c'est le moment de revenir avec plus d'insistance sur ce point. Le fond , les basses classes , appartenait à ces résidus de races mêlées qui , avec l'adjonction des aborigènes noirs , formaient les nuances chamites , sémites et chamo-sémites , dont l'ensemble, déjà assez bigarré, constituait la masse de la famille assyrienne. Au-dessus de cet élément populaire et le dominant , apparaissaient des tribus pastorales, auxquelles l'histoire a donné plus particulièrement le nom de Mèdes. Elles étaient arianes, mais scythes, et non pas iraniennes, et en voici les preuves : primitivement elles avaient porté le nom même d'Arians, Arii, et Hérodote, qui le certifie, ajoute qu'elles n'y renoncèrent que lorsque Médée fut venue s'établir au milieu d'elles * ; puis le nom de Chozirus, un de leurs rois, se retrouve dans celui de la nation célèbre et certainement scythique des Khazars, campée à une certaine époque sur les bords de la Caspienne , qui en avait reçu le nom de mer de Kbozer; ensuite un autre nom de roi issu de la souche médique , Mardokempad , est formé sur le mot r mard », « un homme » , dénomination cTune

1 HénoDOTB, yil,62.

cëièbre tribu scythique ; enfin les peuples habitant sur la frontière septentrionale de la Médie, ceux qui séparaient cette province de l'Eibourz, possession extrême des races iraniennes, ceux qui vivaient dans le Ghylan, dans FArran, dans les plaines de Soultanyeh j dans le pays de Sava et de Goum, les Tapyres, les Âmardes, les Gèles , les Gaduses, les Dahœ , étaient tous de race scythique, et ainsi les Mèdes se trouvant enveloppés au nord et à l'est dans un réseau de nations scythes et n'ayant pas un seul point de contact avec les Iraniens, à moins d'aller chercher ces derniers chez eux pour les combattre, rien n'indique qu'ils aient pu appartenir à leur groupe. Le Roush-nameh dit positivement qu'ils n'en faisaient pas partie. Pour ce livre, les peuples d'Hamadan ou du Khawer ne sont pas Iraniens a l'époque de Zohak et ne l'ont jamais été auparavant. C'est une dépendance des nations occidentales. En même temps l'auteur ne confond pas du tout le Rhavrer avec les territoires purement sémitiques, ses alliés ou ses maître^, et il établit très-bien que cette terre, quoique en relations étroites avec l'empire assyrien, en est cependant distincte. D'autre part, il répète fréquemment que les peuples de l'Elbourz ne pouvaient pas comprendre le lang[age parlé à Hamadan, et qu'il leur fallait, pour l'expliquer , recourir à des interprètes , aussi bien que lorsqu'ils avaient à s'entretenir avec les peuples du Caucase ou des rives de la Caspienne. Hérodote établit le même fait quand il nous montre les Scythes en possession d'usages mèdes, parlant un langage qui est le médique , et portant jusqu'au bord de l'Adriatique sur leurs chariots voyageurs des usages identiques à ceux des habitants mèdes des monts Âlwend.

Il est si intéressant de voir la Chronique persane en accord parfait avec les documents grecs , que je ne résisterai pas au désir de m'appuyer sur ces derniers toutes Iqs

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