‹ Histoire des PersesChapitre 65 sur 192 · CHAPITBB XI. — GUERRES D ABT¥N · texte numérisé non relu

CHAPITBB XI. — GUERRES D ABT¥N

tîHAPITRE XI.

GUERRES d'aBTYN.

La situation d'Abtyn et sa personne rappellent l'histoire du roi Pelage lorsque , se levant au fond des Asturies, il commença la lutte des tribus gothiques contre les Maures et fonda la monarchie espagnole. On a pu remarquer, d'ailleurs, que les légendes iraniennes relatives aux premiers temps de la race ont des inspirations toutes semblables à celles de certaines parties du Romancero. Ainsi, elles n'ont pas manqué de montrer le dernier Djem, vaincu et repentant, devenant un ascète livré aux pratiques de la plus austère pénitence. De même, Rodrigue, après avoir perdu son pays par ses fautes , devint ermite et passa ses derniers jours dans les macérations.

Abtyn, sorti d'une famille de seigneurs terriens, avait à sa disposition peu de puissance, et il commença donc avec peu de ressources. Il réunit autour de lui des hommes énergiques et s'en prit d'abord aux garnisons assyriennes de la Montagne , les attaquant l'une après l'autre , détruisant les plus faibles. Cette tactique réussit. Il parvint à débarrasser la contrée de quelques-uns de ses oppresseurs. Sa bande, très-faible au début, vit accourir des recrues qui en 6rent une petite armée, et favorisé par les populations, peu hardies pourtant à le suivre, il se hasarda à sortir de ses vallées hautes et à descendre dans les campagnes du Khawer, où il porta le ravage par des incursions bravement conduites. Il faisait ce que les Turcomans d'au jourd'hui appellent le tjapaoy se lançant sur un district sans méBance, pillant, brûlant, emmenant des captifs, et quand il avait frappé assez de coups et réuni assez de

butin , il re{][agnait des retraites inaccessibles au fond des {joqfes , sur la cime des rochers, d'où se défendant à coups de flèches et de pierres, il bravait la colère des Mèdes.

Ses succès furent tels qv'il jugea possible de faire davantage. Il ne se contenta plus de mettre à sac des villages et des bourgs sans défense. Il assiégea et prit des villes fortes ; il attendit de pied ferme ses ennemis et les battit , brisant leurs lances. De succès en succès, et son courage montant avec sa fortune, il marcha un jour sur Hamadan et assailht les murailles de cette capitale. Mais c'était trop tôt. Il épuisa ses forces devant cette grande cité, ne put la prendre, et n'eut bientôt d'autre ressource que de se retirer. Outre que la puissance des conquérants était supérieure à la sienne, un point d'appui réel lui manquait. Sans doute ses coreligionnaires, les gens de sa race, avaient les yeux sur lui, faisaient des vœux pour lui, attendaient son triomphe avec bonne volonté, mais ils ne se décidaient pas à rendre le succès possible , en se mettant, l'arme au poing, aux côtés de l'insurgé. Ils ne croyaient pas assez à la certitude du succès final. La monarchie assyrienne leur semblait trop énorme pour être renversée. Abtyn figurait à leurs yeux un illustre téméraire, non pas encore un héros.

Il l'était cependant. Ainsi que pour tous les protagonistes de la race, qu'ils soient iraniens, hindous ou ger^ mains, le suprême honneur de la royauté consistait, pour Abtyn, à combattre plus que ses compagnons, à jouer sa vie où chacun reculait , et à vaincre où les plus braves auraient succombé. Dans les occasions malheureuses, quand sa troupe avait le dessous, c'était lui qui, la massue ou l'arc à la main, contenait la poursuite de l'ennemi. C*était lui qui, couvrant l'arrière-garde , donnait aux siens le temps de gagner un refuge. Au passage des rivières, à l'issue des défilés , ce que les Assyriens, avec leurs

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