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les vestiges du parti vaincu , et se vantaient d'être en cçmmunication intime , étroite et confiante avec ses représentants. Où pouvait être, à ce point de vue, leur mérite suprême , sinon dans la reproduction aussi complète que possible des documents que ces derniers conservaient et qui étaient assez bien connus de tout le monde?
Aussi ne doit-on pas supposer qu'il y ait eu jamais solution de continuité entre les traditions parvenues jusqu'aux Sassanides et celles dont les temps musulmans se trouvèrent possesseurs. J'ai déjà rapporté dans le premier livre de ces histoires que le Guèbre converti Ibn-el-Mogafia avait traduit en arabe des mémoires rédigés soixantedouze ans seulement après l'Islam. L'intérêt pour les annales antiques ne iaiblit jamais au sein des populations, et on vient de voir qu'au dixième siècle cet intérêt était devenu de la passion. Les historiens proprement dits, les annalistes provinciaux, les poètes des Namehs, concoururent à réunir , à coordonner , à rassembler dans un ordre fourni par la tradition , une masse énorme de faits remontant aux époques les plus lointaines et descendant successivement jusqu'à eux'. J'avoue que je suis moins
' L'auteur d'un des liyres les plus importants qae j'aie trouvés en Perse, et que je cite assez souvent dans ces pages , « l'humble Abdoullah-Moham-
* med, fils de Hassan, fib d'Isfendyar », ainsi qu'il se nomme lui-même, et qui était né l'an 606 , montre assez bien dans sa préfaice quelle était la préoccupation de son temps pour le passé. Il raconte qu'étant un jour dans la bibliothèque du collège du Roi des rois , le victorieux Roustem , fils de
. Shahryar , il trouva parmi les livres qu'il compulsait quelques volumes sur la dynastie des Gawyans. Il lui revint alors en mémoire que le roi Sayd- Hessam -Eddoouleh lui avait demandé souvent de quelle famille et de quelle race étaient ces rois du Taberystan appelés « Gawyan •, et s'il ne pouvait lui donner à leur égard quelques renseignements. « Mais , continue » Abdoullah-Mohammed , je dos lui répondre que , excepté par les ques-
• lions qu'il m'adressait, je n'avais jamais entendu parler ni de ces princes ■ ni de leur titre dans aucun des pays ni dans aucune des villes que " j'avais pu yisiter, et qu'on ne savait de l'histoire du Taberystan que ce » qui avait été compilé dans l'A rend -nameh ou Awend-nameh au tempi » du roi Hessam • Eddoouleh , Shahryar de Gnren, d'après les dires des
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frappé et moins scandalisé de l'incohérence remarquée par nos critiques dans plusieurs rédactions de ces antiques souvenirs, que je n'admire la quantité qui s'en est conservée, et l'aspect vivant et vrai que sous tant de retouches la plupart ont conser^'é.
Il y a des lacunes, il y a des endroits frustes, il y a des transpositions évidentes de dates, tel fait étant donné pour ancien est relativement moderne et au rebours, et cependant un amas immense, imposant, d'une réalité certaine, subsiste. Je puis douter de tel détail, je ne le saurais faire de l'ensemble. Il est incontestable, toutefois, que si je veux aborder le jugement, l'appréciation, l'exposition de ces annales en suivant la méthode cartésienne , et si je prétends tout soumettre aux résultats d'une analyse rationaliste et rien de plus, je n'obtiendrai guère qu'un squelette à moitié pétri6é, dont certaines parties considérables manqueront et dont j'aurai détaché et laissé dissoudre toutes les chairs. Un pareil travail n'a pas de quoi tenter. D'abord il répugne, et surtout les résultats n'en auraient rien qui apprit à personne quoi que ce soit de digne d'être connu.
Mais si j'agis en admirateur médiocre de ce que les historieifô les plus, récents se flattent d'avoir élevé jusqu'à la certitude; si je me maintiens convaincu que cette certitude est par elle-même un leurre et ne saurait jamais être mathématiquement vraie , comme elle le prétend , par ce
» gens de la campagne et les traditions du peuple. Plein du souvenir de » cette conversation, je m^empressai alors de lire les fragments que je » découvrais , et je reconnus qu'ils avaient justement pour sujet l'Histoire
• du Taberystan. Cbarmé de Télégance du style dans lequel ils étaient
• rédigés et de l'intérêt du contenu , je me décidai à les traduire. Ensuite, » cinq ans après , je trouvai un Livre de généalogies qui me fut vendu par
• un boutiquier, et que Daoud Yezdy avait fait traduire du tyndfaien en f> arabe par un Syndhien, nommé Ela-Ibn-Sayd , dans l'année 97. Je » trouvai , dans la même occasion , une autre généalogie traduite du pehlewy 0 en arabe par Ibn-el-Mogaffa. •
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motif que rhomme n'est jamais assuré de bien voir, de bien entendre ni de bien toucher , alors je prends mon parti ; je ne me préoccupe qu'avec assez peu d'exigence de la réalité matérielle des faits ; je me contente de la réalité relative dont il est impossible de douter, et dès lors je me sens maître d'écrire une histoire qui , ne dédaignant rien , prenant tout, enregistrant avec la conscience de son droit les assertions les plus invraisemblables et, si l'on veut, les plus folles, non-seulement conserve à l'avenir des matériaux dont les progrès graduels de la science pourront peut-être tirer un jour plus de parti que je ne le sais faire, mais qui bien plus , malgré les inconsistances de plusieurs parties de sa trame , et peut-être précisément à cause de ces défauts, aura, sous un point de vue qui est le plus juste, une vivacité de temps, une verdeur de vie et, je ne crains pas de le dire, cette vérité générale possédée par Hérodote, et très-rarement rencontrée ailleurs. Sans doute, quatid je raconte que Yima, saisissant et brandissant sa fourche d'or, en frappe la terre et l'agrandit, je n'ai en aucune manière la prétention de représenter une action positivement commise, mais j'ai celle de conserver une forme de conception , une idée vraiment acceptée par une race tout entière. Si je ne puis pas dire au juste ce qu'était Zohak, et s'il est bien possible qu'au cas où il aurait vécu il ait été moins féroce que la légende iranienne ne le prétend , je m'en console , car , malgré les efforts des compilateurs de Mémoires, il y aura toujours deux ou trois jugements fort divers à propos de Louis XIV ; mais sur quoi je n'ai pas à hésiter une minute, c'est de bien savoir que la nation iranienne a jugé et prononcé que la conquête assyrienne représentée pour elle par Zohak avait été telle que* je l'ai décrite. En un mot, l'histoire à laquelle je tends est beaucoup moins celle des faits, matière éternelle de soupçons, de réfutations et de discus-
«6« LIVRE II. — TROISIÈME FORMATION DE L'IRAN, sions fondées , que celle de l'impression produite par ces faits sur l'esprit des hommes au milieu desquels ils se sont manifestés. Si je ne suis pas sûr, il s'en faut de tout, d'avoir trouvé et donné de tel événement , voire de telle bataille , le récit le plus authentique, je le suis du moins, et cela m'est bien autrement important, d'avoir reproduit l'image que le peuple de l'Iran a pensé être la sienne à ses différents âges. L'esprit occidental , en touchant ce portrait , le pourra juger d'un point de vue que la race qui l'a créé n'a pu connaître, et il résultera de cette nouvelle conception quelque chose de semblable à une statue de proportions en vérité assez grandes et assez nobles, bien que d'attitude peut-être un peu étrange, et qui méritera sans doute d'occuper une place dans un coin quelconque de l'arc triomphal de l'humanité.
On ne trouvera donc pas mauvais que je ne me livre sur les mythes que je rapporte à aucune de ces recherches épineuses qui tendent à fournir des explications toujoui*s douteuses au moyen de suppositions plausibles. Je n'y vois nul avantage. Quand une explication peut être soutenue par des raisons bonnes, j'essaye de la présenter, et j'en fais remarquer les appuis et les côtés qui pourraient être satisfaisants ; mais la première loi à observer dans de pareils essais me parait être de se tenir toujours en garde contre les exclusions , afin de ne pas être entraîné par une conviction imaginaire à dénaturer les traits des faits un peu rebelles au système que l'on a cru devoir adopter. L'historien qui ne cherche pas à déterminer les parties obscures des annales par des inductions n'est qu'un compilateur, et ne saurait produire une œuvre convenable; mais celui qui déduit des suppositions sans force et les soutient par la mutilation des textes, n'est rien de plus qu'un romancier.
Quant à la critique des matériaux dont je me sers , elle
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ne peut avoir, en général, qu'un seul objet. Puisqu'il faut lui refuser en principe tout droit à se prononcer sur le caractère historique de tel ou tel récit, attendu que ce caractère n'est pas déterminé par la réalité positive, mais simplement par cela seul que le fait est rapporté dans une forme quelconque, le seul droit qui puisse s'élever , c'est de savoir si un récit ayant pour sujet des noms historiques n'a pas été primitivement conçu comme une fiction. En ce cas, il serait évident que donner place dans l'histoire à des inventions pures, ce serait se tromper d'une façon complète; de tels produits ne doivent figurer que dans l'histoire des idées, et ne sauraient s'admettre ailleurs. Pour faire comprendre ma pensée par un exemple , je puis dire que dans les Namehs dont je parlais tout à l'heure, la vérité entre comme ingrédient nécessaire, et que le but des compositions est peut-être de l'embellir; cependant, avant tout, c'est de la donner. Mais au quinzième siècle de notre ère, il se forma en Perse une nouvelle école politique , peu jalouse de représenter des faits proprement dits et de sauver de l'oubli les annales anciennes; elle se piqua d'un grand mérite de forme, et dans un goût très-différent de celui des Namehs , elle prétendit peindre les passions et tracer des caractères , par conséquent elle moralisa. Alors on écrivit des histoires d'Alexandre comme celle de Nizamy, où personne n'a jamais été chercher autre chose que des jeux d'imagination. Plus tard encore, et de nos jours même, il ne fut plus question de charmer les esprits par des délicatesses de pensée ou d'expression, on ne visa qu'à amuser,, et on composa le Roman d'Alexandre, aujourd'hui tellement à la mode à Téhéran qu'il a détrôné les Mille et une Nuits. On ne raconte guère autre chose dans les carrefours et dans les bazars. C'est une façon de dire accessible aux intelligences les plus vulgaires. Le livre est écrit en prose, entre-
mêlé de poésies très-ornées , mais peu senties , et on y a accumulé des monceaux d'aventures à faire pâlir d'envie ce que les auteurs d'Esplandian y de Fierabras et de Lisward de Grèce ont inventé de plus propre à indigner le soldat de Lépante et son curé.
Pour venir à bout d'établir les distinctions que je signale /la critique a bien des ressources à sa disposition. Les annales persanes ne sont pas dénuées de points de comparaison pris hors d'elles-mêmes. Ce n'est pas leur fapte si des jugements portés à la hâte après des examens superficiels et appuyés sur une enquête incomplète ont prononcé qu'elles ne s'accordaient pas avec les documents grecs. On pourra voir le contraire, on l'a déjà vu, dans un nombre de cas très-majeurs et fort concluants, et, outre ces documents grecs, on s'apercevra qu'on a pour opérer des confrontations les témoignages de la Bible, ceux des livres de l'Inde, ceux des ouvrages parsys de l'époque sassanide, ceux des rabbins Juifs , ceux enfin des médailles et des pierres gravées. Loin d'être isolée, l'histoire perse est peut-être, de toutes celles que l'on peut étudier, la plus soutenue par des mémoires ou des monuments étrangers à elle-même. Seulement il faut, pour la dégager des nuages, aller la contempler partout où elle s'est répandue , et ne pas prétendre en savoir assez long sur son compte parce qu'on l'a considérée uniquement dans Myrkhond ou dans Khondemyr. Que dirions-nous d'un Français qui penserait savoir l'histoire de son pays après avoir uniquement feuilleté les pages d'Anquetil?
La .prétention de savoir tout après avoir regardé trèspeu a causé de grandes erreurs et de bien malencontreuses hypotlièses. Gomme on ne trouvait pas ce qu'on cherchait, attendu qu'on le cherchait mal, on a déclaré les récits des Persans tout à fait fabuleux et ne valant pas la peine d'être pris en considération. C'était une doctrine, en tout
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cas, peu féconde; par bonheur, on en revient. Les indianistes et les philologues occupés du Zend*Ayesta ont commencé à s'apercevoir de l'inconsistance de ces sévérités :* ils envisagent maintenant comme historiques les personnalités même les plus anciennes et les plus obscures de la légende iranienne. Le caractère de leurs études ne leur permettait pas de méconnaître ce qui est visible quand on consent à le regarder , et ils se sont placés enfin sur un terrain vraiment solide. Mais ce n'est là jusqu'à présent, dans l'état de la science, qu'une inconséquence, une anomalie, inconséquence heureuse, anomalie louable. Mais enfin, hors de tout accord avec ce que l'on continue à enseigner ou du moins à prétendre , c'est-à-dire que les annales persanes ont été brûlées par Alexandre, brûlées de nouveau par les musulmans , encore brûlées par les Mongols, et définitivement anéanties par les Tartares de Tamerlan ; que tout ce qu'on a mis à leur place n'est qu'un tissu de souvenirs mal conservés , plus mal compris , plus mal rendus, un mélange de fictions hétérogènes étouffant les dernières et faibles lueurs du vrai, en un mot, un champ dévasté où le mensonge seul pousse à son aise.
La foi aux incendies de bibliothèques a bien diminué, et non sans raison. Il est reconnu désormais que le savant Omar n'a pas porté la flamme dans les collections d'Alexandrie. Il ne l'est pas moins qu'Alexandre n'a pas brûlé Persépolis, qui était encore une ville grande et florissante à l'époque des Sassanides. Les Mongols se sont plus occupés à pendre les hommes qu'à faire la guerre au papier; ils ont d'ailleurs fondé eux-mêmes d'admirables menu* ments et encouragé la science ; Tamerlan , loin d'extirper la littérature , ramassait les livres partout où il en trouvait et les rassemblait à Samarkand, où, par parenthèse, il doit y en avoir encore aujourd'hui en grand nombre, des plus rares et des plus précieux. Je ne crois pas qu'on
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puisse trouver dans l'Asie centrale d'autres traces certaines de destructions systématiques des documents écrits, que celle qui s'est adressée dans le nord-est , vers le neuvième et le dixième siècle, aux livres bouddhistes, et celle plus ancienne qui, aux quatrième et cinquième siècles de notre ère, a signalé dans la Mésopotamie le zèle des sectes chrétiennes les unes contre les autres. Mais les livres d'histoire, de poésie et de philosophie , sont restés généralement en dehors de ces proscriptions , surtout les premiers. Il n'en est pas moins exact que, graduellement, tous ou presque tous ont péri , mais pour renaître constamment sous de nouvelles formes. Les Perses, moins que toute autre nation, ont pu jamais consentir à s'ignorer eux-mêmes et à laisser leur passé disparaître. La vanité, l'idée immense du rôle qu'ils ont joué dans le monde et du rang qu'ils y tiennent encore, est chez eux, et, je n'en doute pas, a toujours été une préoccupation des petits aussi bien que des grands. Leurs traditions sont d'ailleurs, il faut en convenir, si brillantes, et les dynasties ont toujours apporté, sous l'empire des préventions publiques, un soin si grand à se rattacher à leurs devancières, qu'on ne saurait imaginer un moment où l'invention pure et simple d'annales controuvées aurait pu trouver place. Serait-ce à l'époque de la conquête macédonienne? Mais le nouveau souverain était alors si peu disposé à détruire la nationalité de ses peuples , qu'il prenait le costume mède, qu'il afFectait les mœurs de Suse, qu'il conservait les formes du gouvernement des Achéménides, qu'il maintenait dans leurs droits les princes indigènes, qu'il instituait dans les provinces directement mouvantes de sa couronne plus de gouverneurs perses que de grecs. Avec un tel ensemble de mesures d'accord nécessairement avec le respect de la religion locale, une destruction systématique des annales ne s'expliquerait pas , et ce qui s'expUquerait moins encore , c'est que des populations
CHAP. I«', — L'HISTOIRE IRANIENINE ET SES SOURCES. t7i qui ont une mëqioire ausdi longue que les Orientaux eussent perdu si absolument, entre la mort cl*Âlexandre et l'avènement du premier Arsace, sous le gouvernement de trois Séleucides devenus aussi Asiatiques qu'eux-mêmes, le souvenir de leur ancienne existence, qu'ils auraient accepté, pour en tenir lieu, les rédactions imaginaires que l'on veut . supposer. Si l'on considère la question avec quelque soin , on s'en convaincra : elle ne mérite pas de réponse, et cependant , passé ce moment, il n'y a plus de place pour la fraude. Les Parthes ont bien des manières de montrer qu'ils étaient de véritables Iraniens, Iraniens de la vieille roche et connaissant leurs annales. Après eux, les Sassanides nous exposent la contexture entière des ré-« cits venus jusqu'à nous. De leur chute à l'époque où florirent les poètes des Namehs, il ne s'écoule qu'une période de trois cent soixante ans, qui ne put en aucune manière, et pour les raisons les plus concluantes , voir disparaître les annales d'un peuple qui ne disparaissait pas lui-même, qui perdait son indépendance, mais non pas sa richesse, non pas sa civilisation, non pas sa culture intellectuelle. Il faut donc conclure que si les Français ont réussi, à travers trois siècles de mépris romain et quatre siècles de domination franke , bourguignonne , gothique et autres , à sauver les principaux vestiges de leur origine celtique et de leurs développements subséquents, d'une manière beaucoup plus complète et plus détaillée qu'ils ne le soupçonnent encore eux-mêmes , on ne saurait douter non plus un seul instant que des résultats à tout le moins aussi heureux constatent la longévité et assurent l'authenticité des annales de la Perse.
Il n'y a donq autre chose à faire, on ne saurait trop le répéter, qu'à se laisser guider par ces annales, à les suivre patiemment dans leurs méandres, car elles plongent aux plus profondes ténèbres du passé , à écouter sans hu-
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meur leurs divag^ations, car elles ont été remaniées |>ar bien des esprits , par bien des générations ; à ne pas trop s'étonner des couleurs bizarres et peu conformes à la raison européenne dont elles sont revêtues y car c'est un peuple asiatique qui parle de lui-même et qui se voit à sa manière ; enfin , à ne rien omettre , à ne rien oublier , à ne rien mépriser, car les moindres fragments de cet édifice antique ont un prix sur lequel il est parfois difficile de se prononcer avec pleine compétence , mais qu'il peut être dangereux de dédaigner.