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Lorsque nous convînmes ^ avec notre excellent ami Brazier^ de réimprimer ses Sous^enirs sur les Petits Théâtres , et , selon son désir^ de leur donner un format populaire^ nous étions loin de prévoir que sa nécrologie remplirait la première page de cette nouvelle édition.
Quinze jours se sont à peine écoulés depuis le moment où il y mettait la dernière main , où il cherchait dans sa prodigieuse mémoire les anecdotes qu'il y a ajoutées ; il corrigeait et revoyait ce livre avec amour. Nous^ qui avons connu Brazier^ qui l'avons aimé, comme tous ceux qui ont eu avec lui des relations intimes, nous savons mieux que personne combien sa mort laisse de regrets. Il est rare qu'un homme réunisse, à un égal degré, la bonté, l'esprit, l'élévation de l'ame, et cette malicieuse bonhomie qui faisait deBrazier un La Fontaine chansonnier.
Nicolas Brazier naquit à Paris en lySS. Son père tenait une maison d'éducation dans le faubourg du Temple. La révolution nuisit à ses premières études;
ce fut après avoir commencé , selon le vdBU de sa famille, la profession de bijoutier, que se sentant une vocation insurmontable, il abandonna le sertis, la facette, pour s'essayer au couplet et aux tableaux de mœurs. Le vaudeville venait de commencer son régne ; Brazîer se lia avec tous les joyeux chansonniers qui édifiaient alors le caveau moderne.
Dés ce moment il se livra à l'étude, et commença celte série de charmants vaudevilles dont nous donnons la liste à la fin de cet ouvrage.
Ce n'est point un article nécrologique que nous avons la prétention de consacrer à la mémoire de cet excellent homme; ses- spirituels amis et collaborateurs, MM. Merle et Dumersan, se sont chargés de cette honorable tâche, que seuls ils étaient aptes à bien remplir ; nous avons voulu seulement constater nos sincères regrets, et déposer sur sa tombe un dernier hommage d'amitié.
Oïl fit à Brazier, et il accrédita luimême , une réputation d'ignorance qu'il
Ayante tout jeune ^ aimé le théâtre comme on aime la lumière y comme on aime l'air, comme on aime une maîtresse, les coulisses ont absorbé les deux tiers de ma vie.
Je raconterai donc les chroniques de beaucoup de théâtres, je redirai aux jeunes gens qui- nous y ont succédé ce qui s'y passait bien avant qu'ils ne fussent au monde, je les initierai à une fonle de choses qu'ils ignorent, je leur ferai connaître des personnages dont à peine ils soupçonnent l'existence ou dont ils ne savent les noms que pour les avoir lus sur une brochure du libraire Martinet ou dans un catalogue de pièces de Barba. Je garderai mes sympathies , et une citation pour ou contre tel ou tel ordre de choses ne changera rien à mes idées. Comme je ne pourrai pas faire que ce qui a existé n'ait pas existé , que ce qui a été fait n'ait pas été fait, que ce qui a été dit n'ait pas été dit, je dirai tout ce qui aura été Fait, tout ce qui aura été dit.