XIIJ
Toutefois , que l'oïi n'aille pas croire par ces mots je dirai tout, que mon in-* tention soit de faire du scandale : Dieu m'en garde ! je ne veux affliger personne.
Bien que la gailë soit la partie dominante de cet ouvrage^ si l'on trouve dans mon livre quelques réflexions un peu graves, le lecteur sentira qu'elles sont à leur place. La littérature et le théâtre ont, comme la société, leurs bons et leurs mauvais jours, encore fautr-il le dire : on ne peint pas une tempête avec les couleurs de l'arc-en-ciel, on ne rît pas en face d'une époque lorsqu'elle pleure ou qu'elle grince des dents , et puis il est certaines choses auxquelles on ne saurait toucher sans que les doigts vous brûlent!... surtout quand on écrit de conviction.
Sans trop présumer de mes forces et de mon travail, s'il n'est pas remarquable et brillant, j'espère qu'il sera de quelque utilité à toutes les personnes qui aiment à s'occuper de Tart dramatique ; elles y frouveront des dates, des noms, des por-
goût contre les ténèbres qui cachaient l'art à nos yeux?... Est-ce qu'ils n'ont
Eoint porte la gloire de notre théâ(re au out du monde, comme les autres y ont
porté leurs drapeaux? Est-ce qu'ils
n'ont point agrandi les frontières du drame et du rire?... Est-ce qu'ils n'ont
£ oint 9 comme ces vieux généraux de la lépublique et de l'Empire, fait aussi des conquêtes sur l'étranger ?. . . .
Encore une fois , je demande un ou* vrage sur le théâtre; mais je le veux large, complet, je le veux grand comme mon pays. J'espère qu'un jour mes vœux seront compris, et que la France aura l'histoire de son théâtre comme elle a celle de ses rois, de ses révolutions, de ses découvertes, de son industrie^ de son commerce et de ses arts.
THEATRE BE JLA « JlITE.
Le théâtre de la Gaité est le plus ancien de tous ceux qui ont existé et qui existent encore sar le boulevait du Temple.
Il fut fondé par J.-B. Nicolet en 1770; mais son origine remonte à 1 ^60.
Vn sieur Restier qui tenait des baraques aux foires Saint-Gorinain , Saint-Launnt et Saint«« Ovide, en fut le premier directeur. Comme ces btreii ne tenaient qu'à de certaines époques de Taimée , Restier ayait construit sur le boulevart
du Temple une salle de spectacle ep bois, sur la façade de laquelle on lisait : Salle des grands danseurs,
Nicolet père était l'cirlequin de ce spectacle , et faisait même la parade en dehors , comme Bobèche et Galimafré.
Un incendie ayant détruit la salle de Restier, auquel Gaudon avait succédé , Nicolet le fils , qui était fort aimé du public , la fît rebâtir , et se mit à la tête de la troupe. Il jouait, comme son père , le personnage d'arlequin.
En 17729 la troupe de Nicolet étant allée jouer à Choisy, chez madame Dubarry, amusa beaucoup Louis XY et toute la cour. Nicolet sollicita et obtint la iavem* de prendre pour son théâtre le titre de grands danseurs du roi,
Loinde s'enorgueillir de cette feteur* Nicolet ne éhë^dlà )faâ|)l)ùl* ^ëla â s'élever plus haut, et mit sur sa toile cette modeste devise :
» Ne efaercbcK qtte ta FoKe. »
Parmi ses acteurs, Nicolet avait un singe fort liitèÛig^At qui fit courir tout Paris au boiileyart. . .^
ïiC èêlhhve comédien MoIé , qui venait de dé* fiùtèî* à là Comédie-Fràhçaise, elant tombéma-» t&de. ëi) parvint & Faire représenter par ce j^nm U ^ëi^^tihagè du coihédien. On lavsit affubliî d'dhé robe de ctiâinDrc , dé pantoufles ; on lui
avait mis un bonnet de ^yàt avec li^n |^|M|n rose. Cet animal, a^q^ ^^Win ,,4 d(Wyï^§if ^ «" » faisait des minçç.^ CçmuMt de to«# tcnuaft on a cbansonné le» ^èsiements du jour, Iç cli^valier de fioufflers composa de$ cpii^le^ gUI occa« pèrent beaucoup les j^rapiids apa^teiirs, c^ petits scandales. Yçiiçi Ife$/plii$ sij»^lia[|^4 s.
Quel ç§t Pe gf ?itil amfi^al , Qui dans les j^ôi|i!ç <]|ç c^may^l.
Tourne à Pans toutes lies têtes., Et pour qui Ton dpni^e âes té^es ?
Ce ne |>eut ét^e que Mokt (i) Ou le sin^e dte mçolet.
Vous eûtes, éternels l>9d%iids^ Vos pantini ^t yosj K^mjpQi^i^efiu^.
Français, vous serez toiijqurs aupef.
Quel autre joujou vous occupe? ,\ ,' CjQ ne i^^i êttfi a^e Mol^t du lé siBg^ dé Nicolei.
Be sa nature, çepcn^nt, fietank^al est iiihpudent' f
Sis d9M Q» siéél# d$ lif:«m««»
fprtune çu^t j'in^olrnce, £t cbuçt âuJqc^ de Molei' Chez le sîhge de Micolet.
Il faut le Ypir. sur Içs gei\qux |te quelques belles auï yeux'dsux, i^s çhs^mH par «a gmliHeue, Lçur f4iriâceiit tPUrsqe6oq()lçf9^. i
Ce ne peut être aue Molec * Ou le sin^ de mcôt et .
(t) Le chansonnier a changé Torthographe du nom, à cause de la rime.
L^animai, un peu libertin^ Tomhe fAafade un heau matin :
. .Voilà to«it> P.! ris dans 4a peine. On €'.r,ut voir la mort de Turemie :
Ce notait pourjtaot que Molet Ou le sinfte de ^'icolet.
- Si la mort ëtenddit son deuil.
Ou sur Voltaire orf sur Choiseul, Paris serait moins en alarmes, Et répandrait bion moins de larmes Que n'en ferait verser Molct Ou le single de Nicolet.
Peuple, ami des colilichets, Qui portes toujours des hochets.
Rends glaces a la Providence Qui, pour amuser ton enfance, l'e conserve aujourd'hui Molet Et le singe de Nicolet .
Lorsque le chevalier de Boufflers.fit cette chanson contre Molé^ il était loin de se douter que celui qu'il appelait alors te singe de Nicolet serait un jour son confrère à l'Institut.. Mole en fut nommé membre, lors de l'organisation de ce corps (i). Mole est mort en 1802, et M. de Boufflersen 181 5.
Les couplets que l'on vient deKre ne sont pas forts comme on le voit , et Mole dans sa jeunesse n'a pas du s'en émouvoir beaucoup ; ils sont très connus, et je ne les ai copiés ici que pour montrer l'esprit du temps. Cette boutade
(1)3 brumaire an iv.
n'a pas empêché Mole de devenir une des gloires de la Comédie-Française , et de laisser un nom artistique.
Je n*ai jamais aimé beaucoup les chansons de M. le chevalier.de BoufHers, je préfère les couplets spirituels de Désaugiers , qui n*a pas été de TAcadéinie, et les odes chantantes de Bélanger qui sans doute n'en sera jamais.
Du reste , le chevalier de BoufUers a bien pu entrer à l'Académie française pour des cliansons, puisqu'avant lui le marquis de Saint-Aulaire y avait été reçu pour un quatrain.
Une avenlui'e assez plaisante arriva chez NifoJet (i) , quand on y montrait encore des marionnettes. Un jeune président au parlement , se trouvant aussi à ce spectacle, fut apostrophé par le compère de Polichinel , qui le prît apparemment pour un clerc de notaire ou de procureur. En vain le président invite la marionnette à se montrer plus respectueuse envers le public, maître Pulichinel n'en tient compte et continue toujours. Les éclats de rire partaient de tons les coins de la salle ; on montrait au doigt le pauvre président , qui criait et gesticulait comme un possédé. Nicolet envoya chercher la garde, q:,i arrêta le tiuidani, conseiller au par-
lement, squs prétexte ({ii'il t?o^l4^(U Iç ^9Ç(^(^4<>; oii emmena qoiicte màgist|:ai, ^^ leMpf^ct^teû^s Ibattireiit dès mains. Goii<ïuit au coi7)s de garde, le cpmii)issaif e arriva | ^^ yajn ^e |^f ésjde^it dé* clipie ses npn^s ef Q|ial|(e9 • le cppiniissair^ faif mèttr^^il cabanon je çoi^ipiibre 4ç Palichifltl*
IJ'a^aive ^Vtant ébruitée» le mâgistr^J; de^? manda réparation àlVI. de &^rtip^§,le|ieùte^^ll| général de police, ^u^ prpinif qui? le Sfil^SL% q|ui avait arrêté M. le présiaen|;3erait iniff au capho^ ' tjetie aijfaire devint funeste 4 I^içpkt i h Ç^Wr bre àlaquelle appartenait pe inçipbrQ du Dârlèr in^\ ç'assembtà ep grafidesfpl)^!» fït4éc}fi|^c|ue kjeu djB cet histrion ferait feriné, ^lle or4oi|Pta| éii| ouitre, gi|e le splda| qui p'^yait point çiè inis ^u çaç|iot, çqn^n)§ iVartpvPW? M. d^ S«^rtinp§| serait pui^i. Le inaréct^^ 4^ Birqn dpnp^ ft^t^Ç? faction §u présid^pt; nox^ seuleipçnt le gardefrfinçai^e Jut mi^ ^H caçhpt , piai» M de Bipoxi écrivit à la chambre qu'il y resterait tant qUQ cela ferait plaisjr à ÏME. le président. VoiU dp la
justice* Qu je np m y connais pas ;.
Les officiers avix gardes-fr^pç^i^s ^e vn,Qx^^ t^*èrent furieux de cette punition. Ces ipessieur^, imbu^ 4? l'esprit n^ilit^ire qui inspire à cet état une tyr^ppie aussf absolue spV tout le r^te, que son obéissance est aveugle et passive pour leur hiérarchie et leur souverain , prétendaient que le soldat ne pouvait avoir offensé up RoMn , et que j dès qu^ii était en fact|oP| |]|i^e49yajtrecon-
naître personne c|ue s^ cominan<ilapto suprêmes , c'est à dire les gens à croix de âaint^LouU , ou portant ttniforme. Moi , je pense ^u'il y aVai^ despotisme et folie des deux côté$ . et que 1*0(1 ii*fi pas inal fait de réglerles droits el lesdeyqirs
de chacui|...*
Quel triste temps que celui où 1*0)1 pouvait écrire contre un citoyen estimable, un dfrecleuf de spectacle , des choses comme eel(es-ci :
« Les spectacles ont yat^ fiujourd'bui | «on- >» /ormé^nt aux ordres du roi, ç est U iformulçi » mais on fi trouvé mauvais q|ie le sieur Nicol^ti » clief des marionnette^, qu^ jurait dû afficher. n cqnfofmément aux ordrç$ de M. le^ lieufcnant de H police , ^e soit assimilé aux grand§ spectadef . » aux stiect^çles pensionnés par S. M. Le çjis p est d autant plus gpye, que cet bistrîpi]L § » déjà été réprîmande pour pareille ftudac^ : » o^ ïï^ 4Qute p^s que les puissances pomiqi^es » lésées ne deniandent cette fois qu*il soit vçi^ » vpyé à Bicêtre pour récidive de son jjnsQ-; » lence(i). » Insolence ! histrion /... Eiiç^trel*^ Quels mots à propos d'une affiche de spectacle où le cérémonial n'avait pas été rf:mp|i selo^ 1^^ lis et coutumes voulus pfir mes^ieurg )ç$ çoniçr diens du roi...
Les ouvrage^ à spectacle, les ar]lequi||a^e§ étaient ipo^tes ayec ù^ I^xç et un spin ^a^çil*^
(f) Mémoires de Bachaumonî, année i]0g.
liers . Non seulement on aduiiraitles machines, les décpratlons, mais on s'amusait ]:](eaucoup des pièces et des acteurs. Arlequin dogue d'Aria gleterrt faisait fureur , surtout lorsque Nicolet métamorphosé en chien , après avoir flaire la robe de Pantalon, levait dessus la jambe dederiiére. Pantalon secouait sa robe d'une manière si comique que toute la isalle riait et battait des mains.
h'Enlçpement d'Europe et le fameux siège de la Pucçtïe d'Orléans attirèrent tout Paris.
Madame Nicolet , qui était d'une beauté remarquable et avait joué la comédie en province, représentait Jeanne d'Arc; une demoiselle Miller, qui fut depuis madame Gardel, et qui a laissé de si grands souvenirs u l'Opéra , brillait déjà, dans le rôle de Junon^ de V Enlèifement d' Europe.
Parmi les sauteurs, on distinguait le Peut Diable; un sieur Placide se faisait remarquer par sa danse gracieuse , et un honime, que i on a:ppelait lé beau Dupais , déployait sa vigueur dans les forces d^ Hercule : un noihmé Desvoyes y a dansé longtemps l'anglaisé. Les èutr'actes , chez Nicolet, étaient toujours remplis par des équmbristes , des joueurs de tainbours de basque, des tourneuses qui faisaient des choses étonnantes de courage et d'adresse. De là l'origine de ce mot : Oest deplusjort enplusjorlf comme €h€z Nicolet,
Un acteur à laissé un nom célèbre à ce théâtre : je veux parler de Taconet , qui jouait si bien les savetiei*s , que Préville disait qu'il serait déplacé dans les cordonniers (Voyez le chapitre de Ramponneau).
Vers l'année 1 789 , Nicofet ftant mort, sa femme continua de. tenir son spectacle , qui demeura dans une situation assez prospère jusqu'à répoque de. la révolution. Alors on fit disparaître le titre de grands . danseurs du roi^ et l'on mit à sa place, Théâtre de la G ailé.
Usant de la liberté qui venait d'être prodaniée , on joua , chez Nicolet , des pièces révolutionnaires, Bvutus^ Fénelon^ les Fictlmes cloîtrées^ etc.
Ou y donnait aussi des comédies de Molière, qui produisaient beaucoup d'effet sur les spectateurs du boulevart du Temple.
George Dandin et le Médecin mal gré lui y attiniietit la foule ; chaque fois que l'affiche annonçait une pièce de Molière, qui n'avait pas encore ^é représentée chez Nicojet , le public, c'est à direlepeuple, ne manquait jamais de demander (auteur à grands cris, ce qui prouve à quel point Molièreest populaire... J'ai yu dans ma jeunesse jouer y'flr/w/c aux Délassements; l'effet que pro- 'ittisait la pièce serait difficile à décrire. LepeupWidentifiaii tellement avec le sujet, que l'on ^Qtqidait souvent de ces exclamations : Ah ! le î^célérat ! . . . Ahl le coquin ! . . . Arrêtez-le donc ! . . .
dos C9ntç^i^;g«çiet§*e^^.«jVY4it 8jPtt5f«M^. JW? aller ad||%p lÏÏçqM- |î ét*i< p«'vep^. gai- f^ra intelligence , à jouer quelques peti|i^ i^e^ ^ {|^
çpletj VW8»6W 4§Wt ¥^ ^rWPÇ- Cmf/S^P ftptfur, Çîbié était ^ssez ç^m?raHal)l^ i^ Wmm ^^Wi îl 2^ attaché fkm ftofi^ | des cwvyâSf « W Wlt f^tçiiu dtt fucçès.
^près, §Yp.ir €om:ii la proivi^ce ^ c^mmm^
naent 4^ l^ jpeYplittio^ , Rihiô é(4if pf^. i|i|^ colônî^, d'QH il revint yers I7q5 ^^eq Ttlf» » n((§lYe^r, pt une je^p et jjqlie ^hfiofi, 2i{ii9l4$ ^i^aempîseUe §i^mt-*Quentia.
Ribié prit la diiection de la sall^ dfi IS^ÇolflIft à Iwurfile UdpJftM le titrç d^ Tà^àij^ d'^M^^ .
ITy ftlt jou^ï li« ^^of>i^ ^ qu'il cçiwipq*^ M<H^ift^ couïedien nom^ié Ç^i^ille Sainfr^MÛl^ % pt^W)
d|^^ç fwe w , tiré du ?Q#w ife Çft ¥Q«^ i «b»» ce^e pièce » madame Çc^^^e rein|dis^t le v^% ^e %rgHiçrite §v^ç }^ tajjem tiès di^liflgw4 ;. W 8ecQp4 s^Pt^ aviitout , cel^i de^ voleufiSj j^s(^\xi^
?it wi ÇTanÀ effet, Apf èa |e Mm'n^ vm^J^i tet f>«/j[^ii^^ fto/>j?, et la p^rtpimi^e de^ ^infis^iiif^. $i))i^|p^^ ^Ui$3iWauewp d^ v^\^ ^^ ^o^^C^r répertoire { fp^iâ u'i^yant poi^t viurn is^ çf (t€ ei^treprise^ il quitta Ibieutôt 1^ dic^çUo^-
(k speç(ac)e , i^jirès bonne et n^auy^i^ for-* tvine , tppih^ is^m les ipains d'un feo^lftc d^ letliea (ipp^lé CoAo*Ro3Qy. Ia salW ayant été
flk ftii VàddeVlUfe de dt'cchistâiitë , te ?ti?>îî/r
tteei^a^îhnhhxiè à gVàûd ^ëëtadê, Us Qttàtti pMeè \id Mibniiey qui ràppdftit Tailtieti genre A IfléOtet, produisit d^sset botibei t^cttes ; on mâMtàmé dfe Ctrvélim*^ Ka«fi^Sergm\ n^ciit <}tt'ttfa èûbtèè négatif; ftiab Itt fVft ettdtùrïfi' tit dâ fe l^e//e ad Sow ttûmàrtt , l*Un dès pré-* isûéi yHittàgeii dfe M. Câignei, bBtiitt tiné V^ibiîgtik et méritée.
Mà^^é ces sticcês, lëé petllà Mitttô ilHàiëttt f«rt md.
Nous allons donner une idée de eé AtPffttàeixi ^m les tùmliss» et M tàKé dû Imtilëml du Tciîfplè.
Que^ lès ftutetirs àctiidls de tf ottvâiéiii tépôv- ^ cohtihé par enchàntetnelît dans tes cDulî^ses tt te» iaiffe du Ixmlëtân du Templëdé ce tetni^^- ^ 1 iil ddVrfraiéiit de grands Véuk et i^j^raient l^nts!... Le café de la Gaîte réSâsémblait friutfc itm esta,nïiiïet dé là tue Gué^in-Bbi^seatl «Itt'aa café d*^un théâtre, tû^ àalle ïminènâé , ^ biHàrd dans une diàlhbre au tbnd, de^ tables termoUlûes , des tàbdur tô ëa^sél , dtiatré Vttttmiis quihc[uets qui ftimaient au lieu détlai-s- ^i foilà ce qu'étaient certains caîés du bbU- W du Temple.
Bè i 7tf5 & f 8b5 , il à pafru beàtiCOûp de
N« fttrtipMets aumîytaiëà qui ôccupaîeîit
les oiatis et les habitues des conliises. Hàtons»nou$ de le dire à la gloire de notre époque , s'il- surgissait aujourd'hui de ces niécnaiits écrits , ritidiffiérence et le dégoût en feraient aussitôt justice. Ce qu'il y avait de plus tiiste à cela, c'est que des personnes innocentes
Eassaient souvent pour être les auteurs de ces maleureux ouvrages. A Theui^ qu'il est , la petite littérature est tranchante , acerbe , passionnée si TOUS le voulez , mais du moins elle a cela de consolant, que si Ion se permet une ciitique dure , acrimonieuse, iDJuste même quelquefois, on a le courage de mettre son nom au bas. C'est du progrès...
Lorsqu'un pamphlet anonyme surgit , la fille tremble pour sa mère , le frère pour sa sœur, le mari pour sa femme, l'ami pour son ami.
Je lie ferai pas entendre ici des paroles de colère ; elles ne seraient pas dans l'esprit de mon livre , mais je dirai aux jeunes gens qui me liront, peut-être : Prenez garde à ce que vous écrivez , ne vous laissez pas entraîner trop facilement au besoin de médire... J*ai entendu, dans ma jeunesse , raconter une anecdote qui est resiée dans ma mémoire, parce qu'elle a produit sur moi une vive impression ; el e est touchante et peut servir d'enseignement pour tout le monde.
Il.y a de cela quelque trente ans ; un homme de lettres honorable et dbtingué se trouve iosidté
iS
dans an petit lirre anonyme ; à force de soins , de démarches , il découvre enfin le nom et la demeure de celui qui Tavait outragé; il va pour lui demander satisfaction. 11 arrive dans une vieille maison située dans l'uu des plus vilains &abourfi|s de Paris, monte au cinquième étage... U, miel spectacle s'offre à ses yeux!.... une chambre misérable..., sans meubles , ouverte à tous les vents. . . , un tout jeune homme pâle. . . , souffrant..., abattu par le mal.... et couché sur un grabat..., sans secours... L*homme de lettres Teste immobde devant ce triste tableau !.... il veut parler.. . , la parole expire sur ses lèvres. . . , il s'excuse.,, balbutie.., dit qu'il s'est trompé.., et sort en laissant sur la cheminée une pièce d*or, la seule qu'il eût dans sa poche... : à peine dehors, l'homme outra^'é ne put retenir ses hnnes, ei répétait tout seul : Pauvre jeune homme.... si jeune!.... il avait pouitant bien !^ssez de sa misère ! . . . .
Plus tard , l'offensé fut assez heureux pour faire obtenir un emploi au jeune étourdi qui l'avait afflige..., sans que celui-ci ait jamais su à qui il en était redevable. • •
Par bonheur pour nous, la; liberté, d'écrire ^ venue au secours de la morale, et depuis longues années on n'a vu que de loin à loin ^fgir de ces malheureux ouvrages qui font le ^igrin de ceux qui les écrivent , et qui dispa-
» être n'avez-Yous plus que quelques heures &
» vivre!.... » - . > .
lUartainville et ses amis se prosternèrent aux pieds du prêtre, qui leur fit une allocution touchante, et leur donna sa bénédiction. Un moment après , 1rs uns montaient au tribunal , les autres dans la charlotte.... Ce prêtre, condamné la veille , se nommait Anne-Michet-GuillaunieSaint-Souplet; il était attaché aune paroisse de Paris (i).
Martainville disait souvent : «' Tous ne sauriez croire le bien que nous fit ce prêtre; il nous avait tellement électrisés que nous serions volontiers montes tous dans la charrette a% ec lui. n Une autre anecdote, qui ne fait pas moins d'honneur à son courage , m'a été souvent racontée. Quelques jours avant la chute de Kobes^ pieiTe , iîiartainville assistait à une séance de la Convention, très orageuse ; soit qu'il pensât que l'heure de Robespierre allait sonner, soit qu'un sentiment d'indignation se fût réveillé en lui , il sort de la Cojivention avec deux de ses amis , se rend au faubourg Antoine , comme on disait alors , par où tous les jours passaient les malheureux que l'on conduisait à la mort : U , il interpelle l'ofiicier qui conduisait l'escorte, lui dit que Robespierre vient d'être mis hors la loi, que le règne du sang est fini, engage l'officier à
(i) Moniteur du 19 vento.sc au 11.
»7 surseoir à l'exëeution... En ce momeut, sa voix trouvée des écboSf quelques jeunes gens s^unis* sent à lui ; déjà l*ofBcier, hésitant , allait Taire retourner les cliarrettes, lorsqu'un aide de camp accourut déinentii* la iiouvelle; alovs le çortégc se remit en marche pour la barrière du Trône , que l'on avait appelée la barrière Renversée. Martaih ville, voyant qu'il y avait péril pour ses jours , sans espoir de salut pour les malheureux qu'il vbulait sauver, se perdit dans la foule.... Désigné à la police, il fut obligé de se cacher jusqu'à la chute deRobespieiTe, qui ne se fit pas attendre. Certes de pareils traits prouvent que Maitaiuville avait du «ourage dans le cœur et une grande élévaiion dans les idées. Du i^ste « l'exaltation de ses opinions politiques lui valut souvent des attaques injustes et passionnées.
Yoicî une anecdote plus gaie. Martainville rédigeait^ en 1 794» un journal très royaliste. 13 n soir qu'il était au café des Aveugles, où l'on chantait là Marseillaise et des couplets patriotiques, il est reconnu.... On l'entoure, on l'm* jurie, oh le force à faire comme les autres, à monter sur une table pour chanter un vaudeville républicain. Martainville dit qu'il n'en sait pas. . On lui répond qu'il improvisera. .. Alors il monte sur un tabouret , et chante à haute voix le couplet suivant :
' f^mbrasAons-nous, chers jdCAbms, ' ck»item|is )• tous criii
l paie 4*^H4f^c^| 4^c^^4 ^H tabouret, |ravfx«^ [a ïq^\e eft R^t , «t pliacuû Ip f^a^f^ê fm T^
4irP'
piècas, pflur la plupart, ne hn\\en\ pas pfir lu
çqincçpfipfi ^i TentenU 4ç U $cène , fHfKI^ ^Hff
Wnï U^Rteç rfein^s desprit, ^e fp^tiiçs Pî 99
gaîti i^if^lfl AW(/f Mçiuton^ qui fif uu^fge^tcqnsi-
4^rat4^i RiWé ^ottnal^T'^^ie et k Quç^9d^ Oft^ ihi S^i produisit de boi^pes recettes; ipnUàpr^ 4pHx iiqfiéfi^ d'exp)oi|a|tion, uialgr-é ses capacités hîei| pc^iimps , malgré son ^ctiyité déyqrai^te , )| fut. encore obligé de se retirer def aiit (es béfi-i tiers Nicolet , qui vpi|luvept r^ntr^r daus leuç privilégia 9 ^t Vf xploitçr eux-n^êines.
A î{i ^^iie à'\^ propès asse? \qm , m^ÉWf i^^ve Ni(t;9le^ reijtra dan^ tous se^ dr^i^ , p% |« privilège donné par le gouvernemeuf ^i^ tbéAtv^ de la Gaité fut rendu à son ancien propnè^ taire.
confia i soi) gendre, M- Bourgujgnoq |r^:fp|Qi-
tation du théâtre ^ç la G^it^, Voyant due I étar Jilisseinent Revenait pros|)ère. M, wU^guU gnon voulut çonatfulre pne salle ^euye 4 f9 place de rancienne , qui était tri|»té et ifiçouir inodfe; on démolit. €»i i8o6, (f^ tli^âti*^ bflii en 1760. La ^alle de Nicolet âvfiîl 4wc fli|ne 4^ ans.
Pendant le temps je cette nQ|ive]Ie copfiUruclion qui dura Huit mois. )a troupe qe ]a Maité obtint la permission de jouer 91;^ Ip théâtre des Jeunes Artistes rf çemnient supprii^i^.
tiefiiTayaux de la QpuFelle salle turepf cpnÇéi
à M. l'eyre, hal>ile architecte, boipme de tal^nf
e| de goût. tJne salle élégante et hi^a cçupéè ^
ay^ trois rangs de loges, et des p^inture^
agr^sibles, ^empla^a le vieu^F b4tiinept noir et
enfumé , ancien be|*ceau de Ifi Gaité. Uinaur
guration en eut lieii le 3 npvembr^ 1808 f
par une pièce à ffpectaçle, de Mr Hapdé, t]^
pelé h Siège d^ Uk Gaûé.,.. Cette pièce ofTvait
une pompe extraprdi|iaire,.*.. Lç piélodraïue
continua d'attirer la foule ; IVT. PoMrgujgnpi^ 1
^ s^était adjpipt^ conup^ directeur de la sc^ne,
tm bpnîme ae lettres ^istipgp^, 1^. pubois , Yi|
loa entreprise ^^nqif iou^ les jpprs, 1^. fiour-?
guignçn û, été un dçs djrecteuris les pi)» I^opq-
rables des spectacles de Paris , il apportait danê ses relations avec les ^ens de lettres cette probité consciencieuse, cet honneur sévère qu'il* avait montrés coninie négociant. Que de fois il a aidé de sa bourse des ait stes malheureux ; je pour— rais citer de vieux comédiens qu'il a conservés à son théâtre, en leur payant des appointements qu'ils ne gagnaient plus depuis longtemps ; mais il disait avec bonté ; u Que voulez-vous !..... ce » sont de vieux ouvriers qui ont bâti Védifice , » encore faut-il qu'ils aient jusqu'à leur mort n une petite chambre dedans. »
Les drames de cette époque , qui ont obtenu de grands succès,' sont: f^rt^e tutclaire^ ou le Démon femelle; Peau d'Ane , la Tête de bronze , la Citerne^ l'Homme de la Forêt~î^t»ir^y le Préci-^ pice , Marguei ite d^ Anjou , les lîu'ries ( e Baby^ lone. Les vaudevilles : Tapin^ Taconnet à la Coi/riil/é, Monsieur et Madame Denis ^ la Fa" mille des Jobards , la Fêle de Perrault , ou VHo^ roscope des Ccndri lions \ le Marquis de Ca'obas j Sapliirine , ou te Réveil magique \ le Sabre de bois. Plus tard : Fanfan la Tulipe^ le Grena^dier de Louis Xf"^^ les Maîtresses Ftllesj la Fille GrC" nadicr^ la Partie Jine\ l'Héritage de Jeannette , les Valets en goguette y * te.
Un fait assez curieux , et qui mérite d*être consigne , arriva à propos de l'Enfant du Règlement (x). Ce petit vaudeville avait obtenu beau-
(t) De M. M. Dubois et Brazier, jou^ 1^ 17 janvier
coup de succès , et une partie des spectateurs avait cru y trouver une idée politique; enfin c'était, au dire de, certaines personnes , le Roi de-Rome , que les auteurs avaient voulu peraonnifier. La pièce avait été réprésentée quarantecinq fois de suite, au bruit seul des applaudissements , lorsque défense arriva au théâtre d'en continuer les représentations. Mais, ce jour-là , le duc d*Orléans avait fait demander rbuvrage, etdevait y assister avec sa famille. L'autorîté décida que , puisque le prince désirait la voir, on pouvait encore la jouerpour cette seule fois Peutêtre que la pièce n'aurait jamais été défendue ; mais dans un dessin qui parut , représentant la principale scène, on voyait sur les genoux d'un vieux sapeur l Enfant du Régiment^ dont la tête ressemblait à un portrait du roi de Rome, peint par Isabey. Ce fut ce qui éveilla la sus-^ ceptibilité de la censure; il avait même été question d'incriminer ls$ auteurs, qui certes n'avaient pas eu l'intention de renverser le gouvernement des Bourbons , dont ils étaient les amis. La pièce disparut de l'affiche, et la gravure fut saisie. On a fait comme on fait souvent , beaucoup de bruit pour bien peu de chose ! . . .
M. Bourguignon étant mort-, le 19 décembre i8f6; sa veuve continua à diriger ison entreprise,
j8i8, imprima chez Barba, libraire. Palais- Royal ; la |p*avure chez Partout, graveur, rue Sain l- Julien- U- Paorre. {JJKditeur.)
f(ir tt^oriié. C'était tp|)t bono^naeot iif# n^ilsr
Gaien^^ 4e aquyefmx nfivilég^ «ymt été $f^iM:d^ , pa Ofi^nt de iio|iyea||u^ igpeçtfM?l^ fqi ^ie)|( tiHt 4 pe^i; d^ boql^if^r^, (^f î^m^ Ol^vitt^ ilfrÎTèf^t i U |»u)>tÂc bUsé, i^ KacbtM jl^si:^ qu'il y^H^h, d^yLat e^igfa?^$, 4ilMl^i W
|:e^ , pe r^^p^iessiapi^^ plu^ î h «W^dte éçf»(e
çe^ iatéff t doui^ fît tf^BmilJie du bcm viem
plus (^ «mpb^héà^çf 4^ g u^lvi^Sl^f î l» mir JQflr^iR^ dnllifeclair^ çt 4e rjonpir^ ^*W allait, cQii^ipe VEmeiie cj Iç |>iir^|Q(r^ s'en étîlMMt allés.
Le namiQ , qui naguère frémissait en vpy^Qt Defresne dans fa rcmme à deux nmrû, M
Hmàk^êm» ¥i6«ti W%àttai de CuVHHër et idUàMl de rhaéùgàié ; en tftin Maitr^ ce Bdâ SfMty ^ estoyâk èh&nrt éè pdriët iëltii snt te keutefslt en érihiè , dti kii thit )>re^<jii'aU tiët. l«i étèli^niehts de i83o , Idîii de mmencr le fta^h «tait tidlle^ idëes , he titttii tja'etsAttt Mlliini^fttHni;..rlè dfHfiie inbdet'iie Itti plut mmrÈ^êm; il ëbsudtjhhft fd Tbur dit NoHt >bot lll Thikt lié Wûslè , Fi*iiby pdtir Bbcîige ^ FMKâMid^dnt WëdéiiclL-lieiiiâiti^, HlkdBilol- «)te ltoiirj^H>iâ i>biti' itiadbmo^sëllë i^ébrgth», MMe SApuié tvbtii* madahié Doi-tâl. Il; gàinîù 1^ it pmgl^. . ; Sét» niais ciàskiqiies. . . , Dtiiiiëà^ lillfltlMBle^ iollt A l'faetti«ieheoi'é^^ dietijt, s^ idoles..., le croirait-on?... le gUtlith fiéè^àhdë'^ tftilt^ltt à+ec ihdifFérfeîicë?. . . il tenr tîrâitiji Win- ^^Bti OR «oiiHre atnet* sëmMalt Ictii* fflrè .: Vtnii ^ tiëilx ! ; . . t9 liiài» déS àiiëîend jodti! . . . BëàtM- 4ea ^ Mttyetir, ifeisiiage (i), Knlfé, t>elir6tid , Sfefvteri..^ ^(fiH àm bien fait de hiotirîr 1^ mufer», vous *tëè tôlnbés rbitiiiie le cfiêttê ék tWé vu«ré faèhnêtii' ! ^otts ne rou^ *tW Jtas sitf^
y^\ tmui !.. Alla r^jdttîr m hiôns , {ittis^
te 1*tàiitS hc téûleîlt iJlué iritte.
^ politique ,^, w«««« «^ ^ ...- , —
j» Versailles autorisa ses comaradp a lui faire dire un ^^^tK*è Sans la diîipcllc di; rnos|>i6e od »oa corps avait fié dépusc'. ' • *
VaMuée i835futjiiar((uéeparuiiétè9iniieiit dëploiable... Beinai'd-Léon allait succéder à MM. PixéiTcourt , Dubois et Maity; cçs messieurs» voulant laisser à leur successeur un théâtie en pleine prospérité , avaient redoublé de zèle, de soins et de travailj déjà Monsieur de Latude^ ou Trente-Cinq ans dû captii^ité ^ avidt obtenu un succès étourdissant , quatre^Tingts représentations n*avaient pas lasse la curiosité des amateurs du genre , lorsqu'un horrible in<. cendie compromit la fortune des anciens directeurs, et vint, pour un moment , i«n verser les espérances de fiernaixl-Léon, acquéreur de la salle et des bâtiments pour la somme de 5oo,ooo francs.
Une féerie, intitulée Bijou, ou V Enfant de Péim, avait éié montée à grands frais... Cette pièce devait être représentée le lundi 7.* février. Le samedi 2 u à l'unedes dernières répétition» gé^ nérales . . ,on venait d^'essayer unepeti temachine ; il fallait que le tonnerre et les éclaire accompa^ gnassent la scène ; il paraît que Tbomme chargé de tenir le flambeau destiné à figurer les éclairs, Payant tenu trop près d'une toile de frise, un morceau d'étoupe se détacha du flambeau, mit le feu à cette frise, qui bientôt le communiqua à toutes les autres ( 1 ) .
Ci) Od a dit qu'une onvriéie, Acxxx pompim «t m garçon de théâtre araicnt pén dans le« flammes.
Il faut avoir été témoin d'un (^reil sinistre peur s'en faire une^ idée. Voir en moins d*un quart d'heure un théâtre eil feu.., des dépenses considérables dévorées par la flamme, cent
I)ersonnes ne sachant pas comment elles vivront e lendemain !.. Ce coup fut terrible pour les anciens administrateurs , et surtout pour Bernard-Léon. Cétait vraiment pitié de voir cet honnête homme et ce bon comédien , qm nous avait tant fait rire au Gymnase et aii Yaudeville , pleurant à son tour sur les ruines de laGaité!... Mais chacun lui vint en aide; Bernard-Léon reçut des marques d'estime et d*amitiéde toutes les administrations théâtrales , M«l. Poirson , Dormeuil, Arago. Harel,de Ces- Caupenne et d'autres , donnèrent des représentations au béuéfice des malheureux aitistes. Bernard-Léon , revenu du co p qui l'avait frappé , se releva plus foit qu'auparavant , et comme la ^gafté ne meurt jamais en France , Bernard-Léon s'écria : la ^atté est morte j^it^e ta Gutté !
Yoilà que, sur les débris funriants de la vieille salle des grands Hanseurs du rot\ une salle s'est élevée comme par magie , on aurait dit' que les pierres venaient se placer d'elles-mêmes comme iu temps d'Aiiiphion. Neuf mois après sa ruine, ^ 19 novembre i835 , la salle fut ouverte à la lûiile dea curieux qui assi^^ient les portes ; l'afiche était asses bizarre , trois pièces y figu-
èè fahgî,». dl'aHië, et té T^iésû d'horreurs.., ^ fôtlé..'. ; Il y éik àiîàit pbtii* toUs leâ gibûts. là àbitêe fut bHudhte ; à ranciëhiié troupe , âëjâ re^ tliari^ûàble par «{Uëlques tàlentà et beaucoup â'ëntehible, étdiënt venuâ se jbihdré t'héi ië, âêsèrtéui'dëéTâlnêtës, acteur origitiâî; puis tébël, {i^tis(ic bëà àhiUsâtit. Ùnë fehiihé cUarinahté , lliadailbiâëtlë ¥(oûgài*et) a gu^rtbut injérîtë d^ètrë i^hlàrquêe , d'àbbrd pour sa Jolie figiil-è , èivi Mité ^iir ton iàleiit; c'est Uicbhtèàtablëfiiëitt une (ieè pm agiêablêi} cbmédiëiitiës ^Ul sdteiit Iriotitëeâ ém Une Scètiesëconciaif'e.
JttâU tdràqiiè, clâùs i^ pëÙte f^^^^ îe Tîs.^k ^iiortktésj Béfhârd-Lëôh se indrilià , td ^âllë irHnbtà sôuâ les àpplàddisèëinëhts ; il ëëiiibtait ^ûe le {ititbllc voulàil ki \:éixioiQiie\: tôUtë là part ^U*il àyàît prise à èbri ihalbëur. Àusài, lé f iëûr pèf ëxtîelieiice» le îbbiitë^n-trâîn btiand- Iriêhiê, le cUiâiniei* Fàtd^ lé cpmmii^ h'e&màîh^ te j^ërrticjUiér Poudrétj lé iburhisseur Dèîàdu" randière{\\y ne put, ou .ne purent cacher tlhé émbtibti vî^iî^ë... teS tarifiez vinrent d'àboM, énsâité... lé riiîè.
A ITicùrë bû je ctbs hia clirohibue , 1è Uièâtre âë là Gàtté tient a*ënrëgistrer ûii briltant suc-
Yf) Vcfsô^iragëà ic #*'aftf, it ftnhhieur JtHn hupàaijd^ €éiffet\r Ht tflt f'ef riAtUi^ de AiM/è <re 41^- «im^^-Xiîèow ^l«i '9ei'qiinhi»«>ti « cicm «n tfs^e du Gymnase.
ces , avec un draine de M. Gabriel , compose sur la fameuse complainte :
« Jamais je n'^p^urrons oublier » A ce follicbon de pompier. , .
W^m «ft #fle f ûiM ionm mfH 4^ mmt^9 àm «mf^f;- 4^ ! ci hmt MfMmmea po^stfaii
MW« ^t %r#TOes «# sufiraifiit pia 4 k cou»
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THÉÂTRE DE L'AHBIGU-GOSflQUE
Nicohs-MÀlard Audinot , acteur et auteur de la Comédie-Italienne, a été le fondateur du thëâtre de l'Ambîgu-Comique. Son entreprise naquit du ressentiment et de Findignation dont un bomine est toujours anime quand il éprouve une grande injustice. Ayant essuyé un
Case-droit à la Comédie-Italienne , il loua une raque à la foire Saint Germain , dans laquelle il établit des marionnettes, à qui il faisait jouer des con>édies et des opéras Chaque figure imitait un acteur ou une actrice des Italiens. Po-
Ïichinel était censé le gentilhomme de la cham^ re en exercise , distribuant des faveurs et des grâces avec un grotesque à faire pouffer de rire. Cette caricature fil courir tout Paris..
Quand ses marionnettes commencèrent à s'épuiser homme actif et intelligent, Audinot Imagina de bâtir une salle de apectacle ailleurs^ afin d'abandonner la foire Saint-Germain : il loua un terrain sur le botilevart du Temple, et fit élever le théâtre de VAnibigu^Camique^ dont l'inauguration eut lieu le 9 juillet 1769; mais la gêne que la police lui imposait relativement à
ses critiques des autres spectacles nuisant beau* coap à rintérêt du sien , il fit succéder bientôt des enfants à ses marionnettes. Deux auteurs » comme lui disgraciés de la Comédie^Italienne , Moline et JPIainchesne^ devinrent ses fonrnissenrs habituels. La liberté, qu'ils croyaient propre à ce genre de spectacle , leur donnait lien ay glisser souvent des choses plus que grivoises. IFaboixl les oisifs et la basoche s'y portèrent, en* suite les femmes de la cour ne dédaignèrent pas de s'y montrer; en peu de temps, ce petit spectacle devint le rendez-vous de la cour et de la TÎlle, et fut plus fréquenté que son voisin Nicolet, même quand celui-ci montrait son fameux singe.
En 1771 , des officiers aux gardes-françaises €t d'autres régiments donnèrent une représentation publique sur le théâtre d*Audinot. M. le doc de Choiseul , encore ministre de la guerre, ayant trouvé cette représentation fort indécente et indigne de l'eut militaire, ordonna que tous les officiers qui y avaient prispart fussent mis au For*> TEvéque ; mais cette punition n'eut pas lieu , ]>ar égard pour M. le duc de ( hartres, qui avait assisté au spectacle et avait beaucoup applaudi. . . On lit dans les Mémoires de Bachaumont de la même année 1771 : <« l^s amateurs du thél» " tre sont enchantes de voir la foule se porter à » VAmbigu-Comique , pour y applaudir une » tix>upe d'enfants qui v font fureur; ils espè-
» UWi ^ c«ite troupe devieiidr^ WM ^pèiae 4f p mmnm^ t «m le jorweronl d^ nijeu 4'«nr )» tMt wetlIflQrs qn'iU aiiooiiG«i>t déjA àm dia? f |i««itioi|s décidées, et don^^nt le^ plue gnmd^s » etpértuces; mei» lee purtmne de| ui«euc« gé? n n^ÎMefit eÎDcèreme^t sur ci;tle iAveniion ^ i|ui « va tes eorroioprê jusque dans leur spurce , «| » qtii 9 par la lice pce ÎQtFoduite snr cette st^^e , ik en forme autant qne i^qle de Ubertioage que n de talents dramatiques ( i }. . . «
Ijb Trioifipk^ dp l'Aimur ei d^ fÀmUié ^ qui n'était autre ebose que l'opéra à^AlcuU^ réduit cil pi'oportÎQnné i ce tliéàire^ y attifait beaqeoup de molide. M. l-arcbevêque oe Paiis se plaigaîc au lieutenant-général de police de ce .qia«, daiks eet puvmge , il y avaif un grapd^prétils et et un chcsttv de prêtres , dont W robes ref^seqi* 'blai^tà deaaubcs. Audinot représenta à M* de Sartiiies qu*é l'Opéra cela se pratiquait tous les iours; que dans Aihalie^ k la Cémédie-Fi^n?f aiaey toute la pompe des anciennes cérémonîea judaïques était déFeloppée. M. de Sarlines n'ayant pris aucune nie^re a ce sujet i Audisoi eontit)i|a de jouer sa pièce^ et le public y courut.
Avant la révolution, toutes les {ûècea de» l&éâtres du faoulevart étaient soumises k la œnlure des comédiens frappais et des eoniér-
• (i ) Ilfotif pci^flons que, danscen tcwpi, ii y aitelt beaucaHf d-e]|a^éiJ)iio9 e) d^JHlo|isi«.
(liens italiens , an) jpouvaient en permettre pu pp empêcher la te^sentâtion. fi)) 177P , Pr<- Tille rennplîisait \è$ fbnclicmt de cen^r poiif laCçinédi&^Friinçaise, et Hesse p<)^r le Tnéltr^
tJne clid$^ que Pon aura peine à crpirf! . c*est {Hèles spectjicles forq^ns, toujours p^rsectit^ parler g^nds théâtres, |oiiiràatent de beaucoup de liberté, et pouâsaîeùt même; U licence âusit loin que possible, mais pourvu qu'ils n'empié* tassent jamais sur les privilèges des tl^éâtres royaux ; ce gùe I on voulait avant tout ^ c'et^if ^ife leurs ouf râ^^s ne ressemblassent çn rien 4
nne
naît Fénssent les mq^urs plutôt qa'un principe drainatiqMe. On a affiché çur I^ boulevart duTemple urip pièce intitulée Ùadefon Fnq^ietf ou Amant de$soiis. Amant dessus, Amar\t dê'danj. Calait tout simplement trois amants qu| se cachaient^ l'un sous une aimoir^, Tautre dessus, 'et le troisième dedans. Le titr^ était Iieaucoup plus obscepe que la pièce. Pourquoi letolérait-on? parce que, comthc j^ viens de le dire, Vouvrage n'avait pas forme de cçmédiei et quehdignitedeMM. lespo^nédien^du roi n'était pas compromise.
Audinot était comédien passable et auteur médiocre ; il q-h Uissé qa'im peut ^^9^^ f ^^ Tofmelîer, sur la k«puUtion duqttil il « véci)
soixante ans, encore cette pièce n'avait-^lle pas réussi dans rorigine ; car Quêtant , auteur du Maréchal, et de beaucoup d'ouvrages joués aux foires Saint-Geniiain et Saint-Laurent, la retoucha et la fit rejouer à laGoinédie-Ilalienne en 1765. Elle resta longtemps au répertoire. La Dame Blanche porta malheur au Tonnelier; à la deuxième représentation de cet opéra, le Tonne^ lifir fut sifflé si horriblement, qu'il n'a oncques depuis reparu sur l'affiche.
Audinot tenait au théâtre les rôles dits à tablier, emploi que Chenard a illustré depuis à rOpéra-Comique. 11 parait qu'Audinot avait des manières très robustes en scène, car on a dit de lui : a Audinot a rendu au naturel la grossièi^etc » .des mœurs du peuple. <>
Son théâtre fut, comme tous les petits spectacles , en butte à la haine et à la jalousie des Î grands ; mais une circonstance, heureuse pour ui, consolida son. succès. « En 1772 fi), nia- » dame Dubarry . qui cherchait tous les moyens n de distraire le roi , que l'ennui gagnait aisé- » ment , avait imaginé de faire venir Audinot i> jouer à Clioisy, avec ses petits enfants (2). » C'était la première fois que ce directeur forain » paraissait devant S; M. On a donne d'abord ;
(i)- Mémoires de Baohttumont, année 1779. (%) On viei^ de voir que Ntcolet avait reçu le même hiMineur.
» // ny a plus d*Enfants, petite comédie en » prose d'un sieur de Nougaret, où il y a de la » naïveté , mais des scènes d'une morale peu M épurée. La Guinguette, ambigu-comique de » M Plainchesne , c'est une image riante et spi- » rituelle de ce qui se passe dans les tayemesy » un joli Téniers, On a fini par le Chai botté, " ballet pantomime du sieur Arnould , on n'a »pas même oublié /a Fricajisée, comte- danse » très polissonne. Madame Dubarry s'amusait )> inBuiinent , et riait à gorge déployée , lé » roi souriait quelquefois. En général , ce » divertissement n'a pas paru Vt^ècter beau- » coup (i). »
Peu à peu , Audinot devint plus scrupuleux sur le choix des ouvrages qu'il taisait représenter par ses petits comédiens. L'abbé Delillea peint l'empressement du public pour ce spectacle dans
ce joli vers :
*Chez Audinot^ Penfance attire la vîeîHesse. »
Parmi les eniants qui brillaient dans cette jfoupe, on distinguait la fille d'Audinot , Eula- '^e ) qui, dès l'âge de huit ans, se faisait remar^ ^^r par sa belle Toix et son intelligence pn^ce, ^l'exemple de J. Monnet, qui avait mis son nom ^1^1 épigraphe laiiue placée en tête de son Aik^
(') Mémoires de Bachaumont.
ctaït ies^it ;' les afiniini§|f^te»rs }>f^i ^IfireDit | phtenir, ym h 4*^ 4p l'apî^ee 1 711 , wp. ^Wf; ^^ ConpU QHi r^i^eai|;PA||ibiprIîoffî^ Mrpii
|^t)#ti*e^ jle la dernière pViss^î P« 0?Ji»M9iss^
f^ren\ défpftdHS, ce qui qçc^sipnqfft \j^\\p grai^dç ÏÏ^^ÎW aii hpuIpv^Kt. Peu (le jou|-8 çtpri^§» Tautorite décida que ce spectacle re^çofiy^er^if 1^ Wtt«i9HP » h PW^^le et la ^^»^, mai^ qn'û ^erait i^te çf)oi^Ptttip^ de 1 2,909 îf yr?^ rfç ^l^f x\d?: ppeïa. Qéta^^ 4e fargeut qt>^ l'o^i VQ^I^t ^tirp^ taut; 4è? qn'QU put jeté le gâteau fi^^^ \^ SAÇiMe de Cerbère, il cessa d'aboyer et de. pi9|*4fe. A mesure que nous approchions de la révolution, les tbédt^e^ empiéuîpi^ «ir leuv^ pi?i^l^(^ > à des enfants de dix ans succédèrent des jeunes fjfi» àa quinte à du-bi^it. Datt^r ¥ar«iiAe et d^aufres: cemédiong du TbéA|rerf cuMaiit y om }oiic dan» leuv jeuBesan. Un acteur 4e.i|pi«^u*e piods trpîs poncés, niiotmé U potii M«rei|ii» y joxuàt les avlequki9 n dana nm pièce i^tîti^t s Mùkiojwi dans mb lie ^ f e peiit Alai^q r^Mté-sentait Vendredi (i). Les ouvrages enfantins fi- (1) Voir le chapiue BonU^'^vî du Tempiie,
rtûi jrtatre & cités prêtés plus corsécsi et pelit à
pcdt' le tnéâtt^ âè l'Ahtbigu-Cmhiqtié devînt un
ffalâirie ëbmiiie iià autre. Ud getire qii*i) âVàH
âaofité, ^ qtri y fit hiletii*, était cdut dti k
grande pâhlomime historique oil rbmane^qtie.
fje Mtislj^ (k P'try le VapitnlÀe Cbokj ht FotiÊt^
Noire, His'rcute et Ûiripktih , teà Qïiaftie JUé
Jynï&n , tdnt sihgdltèiTthettt intéressé ho$ pèi^ t
tn0à» tlo^ |)ântofhiitie,({iti ^ dbtitït liti de ces èUc-^
cè^ coittnlè cfti êa vdît )^^ti étstit fe MaHdf^laî â^à
LàgiÈ. tJiié àvÈfntïire âhitfe dailfeîa forêt de Vii-
lef^CôtterêW, eh atâit foai-ni Je ?ûjét. Une jëiiriè
et jertle ttHè la tta versait séitfe i (Jûàtlfl eHé ftti:
abrêtéë pkt AètiX vWëurà , <|ui ^ après Ihi âvbit
prîè tdtii dg ^u*dlé posisétiait , là gatrôttèfédl â
an di-brë , poUf liii fane iatik doiitè st)tHrrîf dé
pto^ affreux irstîtéiriëiltà...; vndlÈ, par bbnlieiir;
ttù.trrai^ tnârécUal Aç& Idgiâ deà dlrigbtià delà
rettiè, qtii ^rendait étl s^mt^ti-e. ayant enttendti
tes téié dé là Victiihé , éotiriït â elle, ititt W to-
feiift eii fttîte, détacha k jcnnè nile,dla recbti-
dtii^t tëst^ctÙBU^emeni â sef pdt^lits: €èlte »èlte
àtftitHi, insérée dàtis tbuteà les gazette^, ittefftlt
jti^<jti*& la tour. Là fèiiie voulut tojr ^oH di-a-
gôb; on le lui pi-éserita, il i-eçttt de Maiie-Atltcli-
hHtë tin accueil trèâ toixthkht , et nhë scfmmë
(^à^ent àtefe laquelle il àtbëta $bti cbngé^ et ste
màMa avefc la tliaiinântè fiUfe qu'il avait sauvée.
pat- soit cdtiragè.
l'bttt ^^àri^àUa Verset* des hhtîes tctx 3ïàrécîitiî
des Logis p je crois même que le bëros assista, en uoiforme à plusieurs représentations. Ces pantomimes étaient montées avec le plus grand soin. Vers 179^9 on en donna une appelée i)o^ roihée, dans laquelle il y avait une procession magnifique , les prêtres en aubes , les chaatres portant chapes , les enfaints de choeur, les châsses, les reliques, les évcques, les cardinaux , les pénitents blancs et noirs, les croix , les bannières, enfin tous les signes de la religion défilant sur le théatie, au milieu des cris et- des applaudissements d'une multitude qui commençait déjà à ressentir les atteintes d'uu mal qui devait plus tard enfanter tant d'excès. Les saturnales au théâtre ne faisaient que pré céder celles que nous devions voir dans les rues. Hélas! un an après, 98 avait sonné!... Et nous avons vu des processions d'un autre genre !.. I>es ^lises pillées, dévastées, les vases sacrés livres à d'horribles profanations, des comédiens hourgeof s babilles eu prêtres, se livrant aux plus infâmes sacrilèges....; j'ai vu, moi, étant enfant, un malheureux revêtu de l'habit saceidotal, et dans un état complet d'ivresse, courir dans le, faubourg Saint «Martin , avec de fausses hosties dans un saintpciboire, donnant la comnmiiion aux passants , se jouant ainsi de ce que l'homme a de plus saint et de plus sacré sur la terre : de Dieu et des croyances! Eh ! qu'on ne vienne pas dire que l'influence des théâtres n'a pas de pouvoir
sur les masses?... Comment vonKez»vous que ce peuple qui avait \ u tourner en dérision les objets qu'il était accoutumé à respecter ne se livi^t pas à des excès l'eprésentés devant lui sur le théâtre ? Du moment qu'il en avait ri , il n'éoiit pas loin de s'y abandonner lui-même..... C'est ce qu'il a fait en 1 798, c'est ce qu'il a fait en i83i, c'est ce qu'il ferait encore, c'est ce qu'il fera toujours, loi*squ'au lieu de le retenir dans les limites de la raison, de ne lui donner que des émotions douces, des idées généreuses, religieuses même, dont nous avons tous besoin et dont il ne faut pas nous déshériter, vous lui direz qu'il peut rire de tout, se moquer de tout, insulter à tout. Ah! ce n'est pas toujours le peuple qui est le plus coupable ! ce sont ceux qui le poussent en avant, qui l'excitent, l'exaltent, le démoralisent et qui, après son triomphe, le laissent , ce pauvre peuple avec une misère de plus, misère la plus affreuse de toutes.., celle de ne croire à rien ! . . .
Eu 1 790, Ai^dinot avait pris pour associé Arnould, qui devint aussi son auteur privilégié, sou faiseur de pantomimes; la troupe était assez remarquable; MM. Picardeaux, Saint-Aubin , Tliofnassiu,Lebel, Cardinal, Dufresiioy,Lafitte, et les demoiselles Langlade, Bigolt^au, Simonet, Rochetin ; quant au pauvre Bordier, qui jouait admirablement les petits-maîtres et les abhés, et qu'on avait surnommé le Mole des boulevarts,
il avait été pendu à Rouçn qi 1 769, pour avoir pris part , aisait-on , à uue émeute ae ^grains , 0U8citée à cette époque pour préluder à la révolution. On assure que ce comédien mourut aat- Sent. Dans une pièce de Poinpigny, intitulée /« amoneur Prince, au moment de monter dans la cheminée, il disait : « Y inonterai-je? ou n'j » monterai-je pas^.... » Quand il fut au Imsde la fatale échelle, on prétend que Bordier dit en riant au oourreau : « Dis donc..., y monteraii> je ou n'y monterai-je pas,?.... » Et il monla d'un pas ferme en saluant la populace qui le ouait.
C'était ce fiordier qui chantait avec tant de cuarmes cette romance que toute la France a 0ue et répétée :
* jc ne Totis dirai pAh fat me,
j» Votre rang me ië dëfetid ;
» Mais le Dieu quiTetit qu^oa ftiine,
» Ne consulte \)sls le rang.
» QTuand Adonis a dit j'^aime,
Ji Vénus oublia sa cour :
» On est égaux <|uand on aime,
» Tous les cœurs sont a Tamour. »
Une démbiselle Masson (i) a fait cburir la capitale à ia BeUe au bois dormanL Audinot l'étant retiré, son théâtl e passa entre les mains d*tttic foule de directeurs , mais qlii h'eurent
(») Voirie chapitre BouUwatl du Temple.
aiicuft h chance de leur deyaucier. (.es pi-ih-* cipaux ont été : Picardeaux , Coffin-Ros/iy, RectDr-€baussier , GamaiHe Saint- AuUn , B^ r&Bd , etc. Cuvelier, pendant longtemps, y fhcf h foule par ses pantomimes ple'i^e$ drimagina« . tioa et de spectacle ; c'est le Diable, ou la Bohé^ mienne ^ P Enfant au Malheur ^ VHéroïnç amérir caine^ joués par Yicherat , Bitiuer , Julie Bi^conrtet Flore,qui ont lait lesbeauxjours derAmbigu. Vers 1 798, ce théâtre allait de mqj en pis j aucune administration ne pouvait tenir. Corse se présenta. Corse venait de quitter le thëâtrp Mdntansier, où il ne gagnait que de modique appointements ; ce comédien, voyant Tétat a^atoûie où était tombé le pauvre Aml^ign dçpuis longues années, ne désespéra pas de le çelev'er. Un nommé de Puisaye, riche capitaliste, comptant sur son intelligence, lu^i offirit des fonds. 1^ salle fut rebadigeonnée et réouverte par îat. noui^elie administration, comme on faisait alor^. Le succès ne sembla ps^ d'abord répondre \ l'intelligence du nouveau directeiu-jCt ]w. de Puisaye allait abandonner la spéculation, quand îe Weux Aude, 1^ père des Cadet Roussel^ donna Madame Angot au sérail de Conslçvfitinople. Ja- ™^s, je crois, les annales i^^nn théâtre n'ont enregistré une vogue semblable ; deux cents rè-
trésentations consécutives n'avaient point lassé ^ curiosité des Parisiens. Il est vrai que Corse y était d'une bouffonnerie achevée. C'est à
partir de cette pièce que va commencer la fortune de Corse ; à dater de Madame jingoi , la foule reprend le chemin de l'Ambigu ; une série de .mélodrames pleins d'intérêt vont y ramener les anciens beaux jours. Caignez, que Ton a surnommé le Racine du mélodrame, Guilheit- Pixérécourt, qui en est devenu le CorncUle^ y feront jouer le Jugement de Sahmon^ la Porët d*Hermanstadty Tekéli, la Femme à deux Maris^ et tant d'autves ouvrages qui ont battu monnaie au boulevart du Temple. Ces mélodrames rapportèrent à Corse plus de onze cent mille francs de bénéfices en moins de quinze ans; c'est presque incroyable, et pourtant cela est vrai.
•Ehbien! que pensez-vous que les hommes qui firent faire tantdebounes recettes touchèrent de droits d'auteurs? je vais vous le dire : on achetait alors une comédie en un diCie deux cents francs une fois payés; on donnait neuf francs pour une pièce en trois actes par représentation . Ainsi le Jugement de Salomon^ Tékéli^ qui ont mis dans la caisse de l'administration cinquante mille écus chacun, dans l'espace de quatre mois, ont rapporté à leurs autejurs neuf cents francs! . . . heureusement que l'on a un peu changé tout cela depuis quinze ans. Après la mort de Corse ( i ), arrivée en
(j) Corse était né en jan\ier 17C0; il se livra d^almrd la pcînlure, cl fut c'icve de Vit n ; il lu niiitta poiirU'
1816, inadaïuc de Puisaye testa seule qodque temps à la léte de radininistration ; mais ne pouvant fournir à toutes les nécessites que ce genre (l'e:^ploitation jéclamait, M. Audinot, fils de l'ancien fondateur, rentra dans le privilège de sou père seulement en 1828; il prit pour associés MM. Francoui et Sennepart. A partir de cettci époque jusqu'à celle de sa moit, arrivée eu 1826, M. Audinot adniinistra son théâtre avec boniit'ur et intelligence ; ses manières polies lui méritèrent toujours l'affection de ses pensionnaires et l'estime des auteurs. Sans conserver la vogue dont il avait joid sous la direction de Corse, r Ambigu-Comique n'en était pas moins très suivi ; des succès honorables , une troupe toute dévouée, une économie sage sans être parcimonieuse, tout promettait à IVI Audinot une «le de prospérité , lorsque la mort vint le frapper presque inopinément. M. Atidinot avait placé de confiance trois cent mille francs chez un agent de change; cet homme fit faillite en lui empoiiant plus do la moitié de sa fortune. Il apprit cette triste nouvelle la veille de la fêle de
'l»ciîrr, et «Irhiita chez Audinot : il joua sucressivcmcat
ipOSR
^i'tiituhin iiarbei'ousse avec Victor Ducangc il avait '«issi rccurrigc Vtivroîne américaine, pantomime liclcti ^rnunld. '
sa femme; ce coup lai fut plus sensible pour elle que pour lui , et , peu de jours après , il i^ourut (fune inflammation à la goi*ge. Madame Audinot supporta cette perte avec résignation, elle tint tête à l'orage et continua de diriger l'entreprise avec MM. Sennepart et SchmoU ( i). Fsirnii les comédiens qui ont brillé sur la scène de l'Ambigu , pendant l'espace de trente ans, c'est à dire de 1800 à 1 83o, citons : Tautin^ Frenoy, Raffilc, Dumpnt, Stokley père et fils, Christmann , Joigny, et ce Révalard , le tyranmodèle , le type des brigands passée , présents et futurs. Ce fut ce Révalard qui exploita plus tard une troupe de comédiens de province. On raconte sur lui de$ anecdotes assez plaisantes. Un soir qu'il avait donné un mélodrame dans lequel on faisait le bombardement d'une ville , la oourre d'un soleil alla frapper une personne placée à l'orchestre, mais qui, heureusement, ne fqt pas blessée. Le lendemain, comme Révalard craignait que Taccident de la veille ne nuisit à la recette du jour, il fit mettre sur l'affiche en gros caractères : « Les pei^onnes qui , ce soir, » nous honoreront de leur présence sont pré- » venues que le bombardement de la ville n'aura » plus lieu qu'à l'arme blanche, >> On a fait un petit conte de cette naïveté , le voici ;
(i) Almanach des SpectacUêy année 1817, chez Barba, Palais Royal.
Bans un mcluclrame nouveau.
Comme on bomburdail: une Til|e, Une bourre très incmle A-lla donner dans le cliapeau Dé madame de Sottenville,
Sui 8ur*'k-chan)p s<; irouviiqt mal, ers dt; sa loge est eqim^uiç'e, E^t dans le foyer promenée, RcTint bieiitôt du coup fatal, Craignant qu^une semblable scène Me compromit ses inte'réts, hf directeur vient sur la scène, Et par ces mots ramène enlin la paix ; « Jnessieurs, à oatér de dimanche, 9 Pour pacer tout événement, » yovLS êtes pre'yenus que le bowbmrdement n Ne se fera qi^à Tarnie Élanche (i*). »
Cette ingénuité rappelle celle de Tacteur Tautin , oui , voyant à la Bibliothèque du rôi Farmure de Francots /", demanda sous quel règne ce conquérant faisait ses exploits ; l'eniployé lui répondit en souriant : « Mais il faisait M sous lui. »
On a dit encore que ^évalard , après avoir donné , diLfis une petite ville de province , plursieurs représentations qui n'avaient attiré personne , afficha la veille de son départ : « La » troupe de M* Bévalard , touchée ^é l'accueil » empressé que les habitant^ ne cessent de liii
(i) Ce petit «ont^ rimé est de M. Brazi^. ^
{lYoie de ^Editeur .)
M faire, a riioniieiir de les provenu* qu'au lii'ii » de partir samedi, ainsi qu'il Tavait annùnco, ini >» et ses camarades quitteront la ville demain » matia à six heures, n
La seconde période du mélodrame a été aussi très brillante à l'Ambigu. Aa Bataille de Pul" taiva, Thérèse y Clara^ le Fils bannie le Songe, le Beli^éderj Calas , Lisùelh , ou la Fille du La" hourcur, Cardillac , C Auberge des Adrets , et beaucoup d'autres ouvrages marquèrent le passage de MM. MélesviUe, IVczel, Overnay, Autîcr , Hubert , Frédéric , fioirie , Victor Ducange, etc. M. Yarez, que Fadministrati on s'était attaché depuis lon<^ temps en qualité de régisseur général, a été et est encore la providence du . luéiodraïue et des auteurs. M. Yarez entend mer- , veilleusement la mise en scène, et l'on sait que ce n'est pas la partie la moins import<intc de ce fffiive de spectacle : ses conseils, son goût , son extrême obligeance l'ont rendu précieux aux gens de lettres, qui n'ont jamais eu qu'a se louer de son scèle. M. Yarez est aussi l'auieur de quelques pièces agréables, représentées an boulevart : C Appartement à loucr^ le Rclour à la Chaussée îVAntin , le Tartufe de VUla'^c , etc, ; toutes ont obtenu du succès. M. Yarez , en quittant l'Ambigu, est entré, en 1 8017, au théâtre de la Gaité, où il remplit les mêmes Ibnctions qu'à l'Ambigu-CIomique.
Le théâtre de l'Ambigu bâti en 1 769 , après
avoir existe plus d'un demi^siècle, devait finir cotniiie finissent presque toutes les salles de spectacle y par le feu !.... Dans la nuit du 1 3 au 1 4 juillet 1827, le théâtre de l*Ainbigu-Coiuiquc fat consumé , le jour anniversaire de la mort de M Audinot. On venait de répéter après le spectacle , afin de juger de TefTet a'un feu d'artiûce qui devait figurer dans un mélodrame nouveau intitulé : la Tabatière. Peu d'instants après, l'incendie éclata et se communiqua si rapidement, qu'en moins d*une heure le tbéâtre et la salle furent entièrement détmits ; les bâtiments du côté de la rue Basse ont seuls été préservés. Le concierge nommé Couroy , et un pompier, ont péri dans les flammes. Le 19, le ministre de l'intérieur accorda un nou* veau privilège, jusqu'en 1840, à madame veuve Audinot et à M. Sennepart, son associé, et donna à ce dernier le titre de directeurgérant.
On s'occupa bientôt de relever un théâtre à 1 existence duquel était attachée celle de tant d'artistes. Mais rautorité ayant exigé qu'd lut isolé des deux côtés , l'ancien terrain fut jugé ^op petit , alors on acheta un hôtel qui appartenait à M« de Murinais, situé rue de Bondy, ^u coin du boulevart. Des actions furent créées, les ouvriers mirent la main à l'œuvre , et vingttrois mois après avoir été incendié , le 7 juin 'H?.(), le théâtre de l'Ambigu s'inaugura delà
manière la plus brillante. La sanë , censlruifè par les soins de MM. Hitorff et Lccointe, est une des plu3 jolies de la capitale; des artistes distingués concoururent aux einbelUssements , les p^intui^es ont été exécutées pai^ MM. Jouanis et besfonts^ines ; les figures du foyer et celles du plajfond de la salle sont de M. Gosse.
Un prologue en vaudeville , appelé la Muse du Boulei^arty de MM. Léopold, Jules Dulong et Saint-Amand, parut au lever du rideau. Madame la duchesse de ^erri, que Ton était toujours sur de rencontrer là où il y avait une bonne action A faire, honora de sa présence cette inauguration. On ne sache pas qu'elle ait jamais refusé d'assister à un bénéfice d'acteur ou d'actrice ; on Pa toujours vue se montrer avec le même empressement aux théâtres des boulevarts comme aux théâtres royaux. Elle savait que sa présence attirait la foule, aussi allait-elle volontiers à toutes les représentations, il suffisait de la prévenir la veille , comme elle disait avec son extrême bonté. Pauvre femme ! maintenant que tu es sur la terre d'exil ;, puissent tons ceux que tu as secourus si noblement te rendre en réconnaissance tout ce que tu as semé en bien^ts!...
Ici les destinées de l'Âmbigu-Gomique vont cesser d'être brillantes ; des dépenses considérables en constructions, une troupe un peu vieille, des pièces pas assez jeunes , un public inquiet, di fficile , que d'entraves ! . . . .
Madame Audinot et M. Sennepart se retljèrent. iVl. Tournémine , homme de lettres , se mit en leur lieu et place comme directeur. Frédérick-Lemaître, qui s^était déjà acquis de la réputation comme comédien à l'ancienne salle, dans Cardillac , et V Auberge des Adrets , fut choisi comme directeur de la scène ; mais leura efforts réunis n'eurent pas le succès quUls pouvaient espérer. Ils appelèrent à leur secoure madame jborval , la femme-drame , dont la réputation grandissait ; l'air lui manquant , elle retourna à la Portc-Saint-Martin, car il faut un grand cadi^e à ce grand talent.
Au milieu de toutes ces révolutions dramatiques, vint i83o! Le tdéâtre de l'Ambigu ,
comme plusieurs spectacles de Paris, exploita la circonstance. Alors nous revîmes en scène les couvents , les moines, les religieuses , les prétres^ les évêques, les croix, les bannières; le Christ même figura dans quelques pièces ; peu s^en fallut que l'on ne célébrât la messe entre deux vaudevilles. Notre peuple est quelquefois bizarre , il rit volontiers des prêtres , et malgré lui il est forcé de reconnaître leur |>ouvoir et leur autorité.
En 1 8 f 5, le cardinal Fescb était à Lyon, peu-* dant que Napoléon marchait vers Paris. Le peuple, rassemblé devant l'hôtel de la préfecture et sachant que le cardinal devait y être , 1^ demandait à tout moment , et dès que Son Émi-
uençe paraissait , le peuple criait à la fois : « A n bas la calotte , et vive le cardinal Fesch ! »
Du reste , Thistoire de tous les théâtres est la même daus les tf^mps de révolution. Le moyen d'être calme avec la fièvre?
M. d'Aubijjny, l'un des auteurs de la Pie voleiise, fut un moment directeur de l'Ambigu , mais il ne fit que passer -, enfui , à M. Lenioteyer succéda, vers 1 8 32 , M. le baron de Cès- Cau penne.
Depuis cette époque, l'Ambigu-Comique est demeuré dans une bonne posture. De nouveaux auteurs, plein s d'avenir ont travaillé pour cette scène. MM. Anicet-Bourgeois , Francis Cornu , Maillan, Dmnanoir, Paul Fouclier, delà Boulaye, Desnoyers, Fontan, Alboise, Herbin , Malcfille, Montigny, y ont fait représenter successi veulent : le Festin de Ballhazar , les Quatre Sergents de la Rochelle^ Cara^age, le Royaume des Femmes^ le Juif errant ^ le Curé Mérino^ Glenarçon^ le Facteur^ Jeanne la Folle ^^ le Pen^ siowiat de Mon/ereau,etc, . .
L'Ambigu-Comique vient d'enregistrer un nouveau succès avec Nabuchodonosor^ titre qui remplit bien l'affiche. Avant que MM. Anicet et Francis songeassent à mélodramatiser ce roi de Babyloiie, Déranger avait chansonné ce pauvre roi , qui rêva sept ans qu'il était bceuf, toutefois après avoir fait fondre sa statue en or, et ordonné à tous ses sujets de l'adorer. Plu-'
sienrs de nos rois d*aiijottrd'liui sont plus modestes , ils ne foni pas faire leur statue eo or; mais il en est telle ou telle qui , u'ëiant qu'en terre cuite ou en plâtre , n'a moins coûté aux contribuables que celle de Nabucbodonosor (i).
THEATRE BES ASSOCIEë.
I/origine de ce petit spectacle fut assex singulière. Un bateleur, dont la physionomie grotesque exprimait, d'une manière hideuse , u.ais souvent caractéristique, les différentes sen* sati<ms, acquit sur le boulevart du Temple le surnom de grimacier.
D'abord il se montra en public , monté sur une chaise , et s'en remettait à la générosité de «m auditoire; sa dernière grimac<* était toufonrs ceUe de la supplication , et souvent son escarcelle se trouvait remplie jusqu'au boixl.
\\) Aprrs la retraile lîc Bernard - Léon , &I. Je Wini df Ct*9-Cativrnne oblint le pri«i1rpc du lliéljre ae b Gatti^y en cnmulavec celui ^e 1 Ambi«ii ; n ais il YbBtclcquittf r rcDlrcprÎM de ce derniei et d^en abandnni}f|. la gestion à MM. Coumiol et Cormon» bomiM «ItUrw.
3iQ
« Laisscz-îfeiir prendre im pieu chez vous^ * Ile en auront bientôt pris quatre. »
C'est k boii-libinttîe qui l'a dit, et lé bontidmtiie avait raisoti. Nous soiniiies empiêteiirs de notre nature , nous faisons comme les petits oiseaux , nous essayons nos ailes avant de volerj si nos plumes sont assez fortes , nous planons ; si nous tombons du nid , tant pis pour nous , on nous foule aux pieds i on nous écrase : trop iieui^eux alors si les oiseaux qui volent jusqu'au ciel nous permettent de ramasser un grain de uiU sur li^ letre.
Le grimacicir du boulevart du ï^emple ^ monté sur ^a chaise, rêva qu'il pouTatt s'élerer plus haut. Yoyant qu'il avait la vogue , qae la foule l'entourait , il imagina de quitter le fdein air, fit construire une baraque en bots , et au lieu de leadre la main lui-même ^ il força le public à venir prendre des billets à sa porte. , Celle spéculation lui réussit ; coiitefit éè ses bénéfices^ il céda son fonds de boutique à un eatrépr.etieur de marionnettes ; mais il mit pour condition qu'il serait toujours grimacier en chef et sans partage , et qu'il pafàîtrâit dans les entr'actes. C'est là sans doute l'origine du titre : Théain des Jsdoiciés. Les marionnettes servirent bientôt de passefm à àtè» coiiiédiëhs en personnes tiatijrélies ,
Si
ainsi qu'on l'annoiiçait autrefois sur le bouleyart.
U &qt rem^rqq^r qii« ce 9mi de^ oNimn-
jettes qui ont toujours eu droit de fléchir la sévérité de MM. les gentikhouimes ordinaires de la chambre du roi. Peut-être que, se considérant eux-mêmes comme de grandes mfirionnettes , ils se croyaient obligés d'être utiles aux petites. Et vice versa.
Le grimacier et les marionnettes disparurent : une salle fut bâtie et ouveite vers Tannée 1774»
Les comédiens y chantaient des couplets en rhonneur de M, Lenoir^ tieutenant de police, qui avait autorisé Touverture du tnéâtre. Les voici, ils sont curieux par leur naïveté et leur adulation , et prouvent qu'à cette époque un lieutenant de police était un petit roi qui trouvait aussi des poètes pour l'encenser. Les temps sont bien changés ] . . .