‹ Histoire des peuples du NordChapitre 120 sur 206 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Norwége et en Danemark par l’absence de beaucoup de petits Rois, Jarls et autres chefs principaux, attii és dans des expéditions lointaines par l’appàt du pillage. Gorm, qui dès sa jeunesse s’était fait remarquer par son goût passionné pour les aventures et son caractère sauvage , — ce qu’il avait de commun avec les autres Normands qui envahirent la France , — se trouvant engagé plus tard dans une expédition maritime le long des côtes de la Baltique, avait pénétré à la tête d’une bande de Vœringjar et d’autres aventuriers jusqu’à Smolensk et Kiew, dans la Russie Septentrionale. Il avait épousé la fameuse Thyra Danuebod, fille d’Hai'ald, Jarl du Juthnd, qui, converti au Christianisme en France , sous le règne de Louis-lc-Débonnaire, avait exigé que sa fille, jeune encore, fût baptisée dans la nouvelle religion. Par l’influence de sa femme et bien que fidèle au culte des anciennes Divinités nationales, adorées par ses ancêtres, Gorm fut amené à tolérer que les missionnaires Chrétiens prêchassent la religion Divine dans ses États (I). Les événements remarquables de ce règne si long et si important sont enveloppés d’une profonde obscurité que les recherches minutieuses des historiens nationaux n’ont pu dissiper entièrement. Si l’on en croit les témoignages des chroniqueurs Germains, le cours de ses conquêtes fut intei*rompu par l’empereur Hcnri-l’Oiseleur, de la race Saxonne, le premier du nom, qui vainquit son fils Knud, le força à embrasser le Christianisme, et Ira-

(1) Siihra, llisl. af Dan. , l, Il , pp. â62 36ÎI, 599 105, 155 liü

versant non-seulement l'Eyder, mais le fameux rempart appelé le Dannewirke, subjugua la contrée qui forme aujourd’hui le duché de Sleswig. Les mêmes chroniqueurs nous apprennent que Henri exigea du monarque Danois, comme condition de paix, l’abolition des sacrifices humains qui étaient encore pratiqués à Lédra en Zélande ; ainsi après la deuxième guerre punique, les Romains imposèrent aux Carthaginois une semblable stipulation. Les historiens et les publicistes Danois , aveuglés par la prétentiorj de faire admettre leur théorie : — que le Danemark avait été gouverné depuis Gorm-le-Vieux comme par une monarchie indépendante, — ont contesté la réalité des événements qui se lapporlent à l’établissement de la Marche de Sleswig au Nord de l’Eyder par l’empereur Henri D’’, et à ses victoires sur le fils de Gorm, suivies d'une paix humiliante pour le monarque Danois. Mais l’authenticité des faits principaux repose sur des preuves trop positives pour être niée impunément, quelles que soient d’ailleurs les nuances de détail des divers incidents qui accompagnèrent ces événements (1).

Ap rès la cessation des hostilités avec l’Empereur, l’archevêque Unni entreprit une mission en Danemark. i*eine Thyra l’accueillit avec respect, et profita de sa présence pour faire baptiser son fils Harald, qui plus tard fut le roi Harald-Blaatand. Beaucoup de Danois, d’une naissance illustre ou d’un

(1) Stilini, llifl. af Dai). , l. II, pp. 506, S'il. — Gram, Observ. de llem ici Aucupis cspediliotic, eic., in Miscell. I.cips., n»* 2i8-2Si. — Schlcgcl, Staals-Rechl des Kûnigrcichs Dài.emark, I. I, p. 19. — Noie, pp. 28, 29.

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