CHAPITRE XIII
mépriser les Divinités populaires de sa patrie ; et cependant , comme chef de son peuple , il devait leur offrir les sacrifices accoutumés pour obtenir une saison favorable, la paix ou la victoire. Il fit un jour, dans une assemblée nationale, l’aveu solennel de sa nouvelle croyance avec la conviction profonde de l’impuissance des faux Dieux adorés par la nation. « Je promets et je jure solennellement, » dit-il, < ne plus sacrifier aux Divinités nationales , mais d’adorer ce Dieu qui seul a créé le monde et tout ce qui existe, le soleil, les étoiles, les enfants des hommes, et par l’aide duquel je puis subjuguer ce royaume de Norwége ; et quand bien môme Thor serait à mes côtés, quel secours poumi-je attendre d’un Dieu dont la seule puissance réside dans un tronc d’arbre ou dans une pierre? >
Hakon, fils d’Harald, qui avait été élevé dans la nouvelle religion , à la cour d’Athelstaue, son second père, ramena d’Angleterre quelques missionnaires chrétiens, et proclama hautement son intention de les protéger dans la propagation de leur foi. Il convoqua une assemblée nationale du peuple; là, il se leva et déclara à tous, « — riches ou pauvres, nobles, Œ paysans ou serfs, jeunes ou vieux, hommes ou « femmes, — que son désir et sa volonté étaient qu’ils « soient tous baptisés, et qu’ils aient foi dans un a seul Dieu , le seul vrai , le fils de Marie (dédai- « gnant l’inutile adoration des Divinités Païennes,
« désormais impuissantes), jeùnautchaque vendredi, « et se reposant chaque septième jour. » Mais, ni les Jarls, ni les prêtres, ni le peuple, ne parurent
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disposés à adopter celle proposilion. Des murmures éclatèrcul de toules paris dans l’assemblée ; un propriétaire foncier, riche et {x>pulaire, se leva et répondit au Roi en ces termes : « Lorstjue tu nous « as tous convoqués ici , à Drontheim , en assem- « blée générale , proclamant ainsi notre ancien « droit et nos vieux privilèges, ce fut pour nous, fl ô Roi ! un sujet de joie et de remerciements : fl loi’sque nous t’avons choisi pour Roi. nous pen- « sioiis que le Ciel nous avait accordé le plus beau « des présents. Mais aujourd’hui nous lisons dans fl le fond de ta pensée; nous voyons que toi, qui fl nous a rendu notie liberté perdue, lu veux nous « imposer un nouveau joug d’esebvage, aussi lourd « que celui dont tu nous as délivré. Tu voudrais « nous faire répudier cette foi , cette croyance de « nos pères, plus sages, plus braves et meilleurs « que nous, et dans laquelle, nous et loi, avons fl toujours trouvé prospérité et bonheur. Souviens- « toi donc, Hakon, et pourquoi faut-il te le rappeler, « de la grande preuve d’amour et d’affection que « nous t’avons donnée en te nommant notre chef « et notre législateur. Ce code de lois que tu as établi fl et que nous avons sanctionné dans l’assemblée « du peuple , nous voulons religieusement l’obser- « ver; et nous te respecterons et t’obéirons comn:c « Roi tant que chacun de nous vivra. Mais ne nous fl demande rien d’illégal ; car nous sommes décidés « à le refuser et à te désobéir. Quant à ce que tu « réclame de nous aujourd’hui, avec une insistance * et un zèle maladroits, comme si tu prétendais nous
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