‹ Histoire des peuples du NordChapitre 167 sur 206 · CHAPITRE XVH · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVH

zins, et plus laid contre les Italiens eux-inémes. Ils conquirent la plus grande partie des provinces de Naples et de Sicile, qui furent définitivement acquises à la dynastie Normande, descendue de Tancrède, par les investitures de différents Papes. Les Normands importèrent dans cette partie de Tltalie leure mœurs, leurs lois et leurs institutions ; les contrées soumises à leurs armes continuèrent à prospérer sous leur domination jusqu’à l’extinction de cette race, vers le commencement du troisième siècle. Leurs possessions correspondaient aux limites actuelles .du royaume des Deux-Siciles, et leur passage dans ce pays a laissé des traces indélébiles sur sa constitution politique, malgié de fréquentes révolutions, malgré de nombreux cbangements de dynasties.

Les Normands surpassaient tous les peuples transalpins de l’Europe dans leur zèle pour les pèlerinages. Une dévotion si ardente et si active fortifiait à la fois leur esprit et leur coiqis; puis les dangers de la route et le désir de voir des pays qui leur étaient inconnus stimulaient leur ardeur; la crédulité et l’espéiance embellissaient à leurs yeux la scène du monde. 11 se liguaient pour leur défense mutuelle pendant le voyage, et les voleurs des Alpes , qu’attirait l’habit du pèlerin, étaient souvent châtiés par le bras du guerrier. Quelques uns des pèlerins qui allaient en Terre-Sainte, ou qui en revenaient, prenaient la route de terre, mais le plus grand nombre préférait la voie plus courte de la MédileiTauée, malgré les périls qu’elle ofïrait, surtout pour les marins de celle époque, qui n’osaient s’éloigner des côtes et

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qui cherchaient chaque soir un ahri près du rivage.

Une nef Amalfîtainc parut un jour dans le golfe de Salerne ; quarante chevaliers la montaient ; ils paraissaient fatigués d’un long voyage ; leurs manteaux de pèlerins, les escarcelles suspendues à leurs ceintures, les branches de palmiera qu’ils portaient à la main, et les longues barbes qui ombrageaient leurs mentons, tout annonçait qu’ils revenaient de la Palestine. Bientôt ils ont doublé .les hauts parages d’Amalfi, celte cité si célèbre par son immense commerce sur les rives qu’ils viennent de quitter, et sous l’étendard de laquelle ils voguaient en ce moment. Vers le fond du golfe, sur le plan incliné d’une petite colline, ils voient s’élever eu amphithéâtre la ville de Salerne, entourée alors de hautes murailles. Là régnait Gaimar, un des chefs Lombards les plus puissants de l’Italie. Frappé de l’air noble que conservent ces étrangers, sous les modestes vêtements qui les couvrent , Gaimar les accueille avec une bienveillante hospitalité, et par ses soins empressés s’efforce de leur Élire oublier les fatigues et les dangers auxquels ils ont été exposés dans leur lutte contre les Infidèles. Une occasion dans laquelle ils pourront s’acquitter de la dette de l’hospitalité s’offre bientôt aux nobles pèlerins. Des Sarrazins, venant réclamer le ti'ibut annuel que paient les Chrétiens poui’ se racheter de leurs brigandages, débarquent sur la côte. Déjà Gaimar, résigné à subir les conditions des Infidèles, que ses sujets n’osent combattre, a donné l’ordre de recueillir les contributions qui doivent servir à payer la rançon de res États. Les chevaliers

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