CHAPITRE VI
une colonie de Goths devant les ai*mes victorieuses de Darius , fils d’Hystapc (cinq cents ans avant Jésus- Christ), se serait réfugié sur les bords méridionaux de la Baltique , et de là , traversant la Suède , subjuguant et chassant les habitants pi imilifs, serait devenu le premier fondateur de la race Normande dans toutes ses mmificatious (1). \je récit suivant est la légende de YOdin historique telle qu’elle est racontée par TYnglinga-Saga :
< Si nos notions sont exactes , > dit Snorre , c la sphère du monde dans laquelle s’agite la race humaine, est coupée de baies et de golfes ; de grandes mers , alimentées par l’Océan , pénètrent dans l’intérieur des terres. C’est un foit bien connu qu’une mer s’étend depuis le détroit de Gibraltai' ( Njorvasund) jusqu’en Palestine {Jorsala-land). il y a, à partir de cette mer et vers le Nord-Est , un golfe appelé la Mei'-Noire, qui sépare les trois parties du monde : la ten-e située à l’Est est appelée par les uns Europe , Enea par les autres. Au Nord de la Mer-Noire est la terre la plus grande , ou la fi*oidc Svithjôd (Svecia ou Scythia Magna). Ees uns prétendent que la grande Svithjôd n’est pas d’une étendue moindre que la Serkland ( Afrique du Nord ) , d’autres la comparent même à la grande Bla-land (Æthiopia Magna). La jiartie septentrionale de Svithjôd et la partie méridionale de Blaland sont incultes par deux raisons opposées ; l’une
(1) Grœtera Suhm, t.I,pp. 23-31. — Suhm.om Odin, etc., cap. II, p. 69. — Schœr.ing om [de NorsAes. — Opriiidelse , cap. III, p. 76, et seq.
par suite de glaces eonliniielies , et l’autre à cause de l’excessive chaleur. La grande Svithjôd contient plusieurs provinces peuplées de ti-ibus , de moeurs et de langages différents. Là sont des géants et des nains ; là des hommes noirs , des dragons et d’autres hôtes sauvages d’une grosseur prodigieuse. En allant vers le Nord dans les montagnes bien au - delà de la contrée habitable , on trouve une rivière que l’on devrait appeler le Tanaïs , mais qui porte le nom de TanasquisI ou Vanasquil , et qui, traversant la Svithjôd, vient se jeter dans la Mer- Noire. La conti'ée entouiée par les bras de cette rivière s’appelait à cette époque Vanaland ou Vanaheimr, et séparait les trois parties du monde, celle de l’Est appelée Asie, et celle de l’Ouest appelée Europe.
« La contrée située en Asie, à l’est de TanasquisI, s’appelait Asaland ou Asa-heimr , et la capitale Asgârd. Là régnait Odin ; là aussi était un grand emplacement destiné aux sacrifices. Douze pontifes (Hofgodar) présidaient dans les temples aux cérémonies religieuses, et étaient en même temps les juges de la loi. On les appelait Diar ou Drottuar, et le peuple leur devait respect et obéissance. Odin était un chef puissant qui conquit maints royaumes. Toujours heureux dans les combats , ses guerriers croyaient que la victoire suivait ses armes. Loi*sque son peuple partait pour la guerre ou d’autres expéditions , il levait les mains sur eux et les bénissait; ils se croyaient alors invincibles. Dans quelques périls qu’ils se trouvassent, ils invoquaieut son nom et étaient sauvés.