‹ Histoire des peuples du NordChapitre 9 sur 206 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

« entre l’Islande et cette terre (c’est-à-dire les iles € Feroëet Shetland, etc.), et enfin cette contrée (la < Bretagne) jusqu’à sou arrivée à Sciringesheal ; « et pendant tout ce trajet il laissait à gauche Nord- « vegc (la Norwége). Au sud de Sciringesheal existe « dans la contrée (Dancmai-k) une baie immense for- « mée par une vaste mer, si large que l’on ne peut en « voir les bords opposés. En face, et de l’autre côté, « serait le Gotland (le Jutland), puis après le Si7- < tende (Sleswig). Il ajoute qu’il mit cinq jours à « naviguer de Sciringesheal au port appelé par les € hommes Æt-Hœthum (1), situé entre les Vi- « nedtim , les Seaxum et les Angles, au-dessous des € Dene. En se dirigeant de Sciringesheal vers ce € port, il eut à sa gauche le Denamearc (2) (Hal- € land (3) et peut-être la Zélande), et à droite il lon- € gea pendant trois jours une large mer (le Cattégat); c deux jours avant, il avait touché à Hoethum, à * Gotland , à Sillende et à plusieurs lies (ces terres « étaient habitées par les Engles avant leur établis- € sement ici); puis enfin il eut à sa gauche, pendant

qui ne correspond pas avec les autres parties du voyage. L'Islande fut découverte pour la première fois par les Norwégiens, en 861 , et était sans nul doute bien connue d'Ohler.

(1) C'est-à-dire la cité de Sleswig, dont le vieux nom Islandais était Heidabær.

(3) La contrée habitée par les Danir ou DansKir, tribu de Goths, établie en Scanie, ainsi appelée de ce qu'elle occupait les terres plates {daim mark), entre les montagnes du Gothland et la mer. Malte-Brun, Geogr., liv. CXLIX, p. 577. (Note du Tr. ducteur.)

(5) Halland ou llalmstad , préfecture ( Laen ) de Suède , dans la partie sudouest de la Gothie. {Note du Traducteur.)

c deux jours, les lies qui appartenaient auDcnamearc « (Fionie (1) Laaland , Laugeland , Falster, Moen , « Alsen, Femeren et Bornholm). »

Cette description très-curieuse contient, en outre , le récit d’un voyage fait par Vulfstan , navigateur Danois , dans la partie méridionale de la Baltique, que le roi Alfred recueillit de sa propre bouche.

Vulfstan raconte qu’il alla de lloethum àïruso(sur les bords du lac Dreusen, dans les parties orientales de la Prusse) en sept jours et sept nuits , le bateau étant à la voile pendant tout le temps.

Adi-oite était Veonodland , à gauche Lan</fl/a«d, Lœland y Falster et Sconey (la Scanie) (2), qui appartiennent toutes au Deuamearc. « J’avais aussi « à gauche, » ajoute-t-il, « Buryundaland (Born- « holm) (3), qui avait un Roi particulier choisi par t les indigènes. En quittant Burgundaland , je lais- « sai à gauche les contrées de Blccingaeg, Meore « et le Gotland, qui appartiennent au Sveon (la « Suède). A droite et pendant tout le trajet jusqu’à c Viole-Mutha,ou Bouches de la Vistulc, j’avais Veo- € nodland (la contrée des Vendes). »

Le voyage de Vulfstan ne s’étendit pas au-delà de la rivière d’Illing et du lac sur les bords duquel était situé Truso , dans VEslland. Mais , pendant le

(1) Funen, Fyen ou Fionie, tic du Danemark, dans la Baltique.

[Kolc du Traducteur.)

(2) Laland , Laaland ou Lalland, Ile du Danemark, dans la Baltique,

entre Falster et Langcland. {Note du Traducteur.)

(3) Bornholm, Boringia, lie da Danemark. (Note du Traducteur.)

CIIAPITKE I.

moyen âge, les communications, nécessitées par le commerce ou les besoins de la guerre, devinrent fréquentes et actives entre les Scandinaves et les contrées situées au sud et à l’est de la Baltique (1).

Ces communications se sont multipliées , comme nous le verrons plus Und , par la conversion des pays du Nord au Christianisme pendant les ix® et x® siècles. Les expéditions en Orient de Harald Sigui'dson et de Sigurdr Magnusson (le Pèlerin), dont l’une était dirigée vers Constantinople en pénétrant par la Russie (Gardan'ki), et l’autre vers le Levant en traversant la mer du Nord cl entrant dans la Méditerranée par le détroit de Gibraltar, étaient de véritables voyages de découvertes pour les habitants du Nord. Les Rois et les Jarls de Norwége et de Danemark ont pris une part glorieuse aux Croisades , et les moines de ces pays , ainsi que de l’Islande , ont souvent voyagé en pèlerins à Rome et dans la Terre-Sainte. Les itinéraires de ces expéditions et de ces voyages ont contribué à répandre dans le Nord , pendant le moyen âge, des notions , plus ou moins exactes , sur la géographie et sur l’état actuel de ces régions du Midi et de l’Orient , qui avaient été le berceau de la civilisation humaine, et où on en retrouvait de beaux restes dans l’empire chancelant des Grecs et dans les villes de l’Italie , qui conservaient encore leur organisation municipale romaine (2).

(1 ) Rask, Ottars og Uirstecns Korte Reideberclnitiger, etc., dans les Tran. saclions de lu Skandinavisk Liltoratursclskab pour 181.^.

(2) Voyez notre chapitre xvi pour les aventures romanesques de Harald Sigurdson et de Sigurdr-le-Pélerin.

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