CHAPITRE I
« dressés à la chasse de ces animaux , et beaucoup « plus estimés par les Finnois. Other était un des « hommes les plus importants de ces contrées ; ses « troupeaux ne comptaient pas moins de vingt têtes « à cornes, vingt moutons et vingt porcs, et le peu « de terre qu’il labourait l’était avec ses chevaux.
€ Les revenus de cette contrée consistent surtout
< dans le tribut payé par les Finnois, en peaux de 1 daims , en plumes d’oiseaux , en os de baleine , eu « cordages faits de boyaux de baleine ou de boyaux « de phoque. Chacun paie suivant son avoir; les « plus riches en peaux de quinze martinets, cinq
< rennes , une peau d’ours, dix boisseaux de plumes,
« un manteau de peau d’ours ou de loutre, deux
< cordages (ayant chacun soixante aunes de long),
« l’un en boyaux de baleine , l’autre en boyaux de 1 phoque. *
Ohter ajoute encore < que la contrée habitée par « les hommes du Nord est très-longue et très-étroite,
« et que toute la partie propre au pâturage et au la-
* bour, parfois hérissée de rochers, est située sur le « bord delà mer; à l’Est sont des montagnes arides
* et incultes, parallèles aux terres cultivées qu’habi- « tent les Finnois; la terre cultivée, très-large à
* l’est, se rétrécit au nord ; à l’est, sa largeur est do 1 60 milles et même davantage en quelques endroits; « vers le milieu , elle a à peu près 50 milles de large ,
< quelquefois un peu plus; au nord, où elle forme la
* partie la plus étroite, il n’y a que 5 milles de distance « entre la mer et les montagnes : ces dernières sont « si larges en quelques parties , qu’un homme pour-
« rail à peine les traverser dans une semaine , et i d’autres en quinze jours de marche. En face et « au sud de cette terre est située Sveotand (la « Suède); de l’autre cété des montagnes et en face € de cette terre (la Norwége) est Cwenatand (1), « habitée par les Cwetias, les Qnenes ou Quans. € Les Cîvenas et les hommes du Nord , dans leurs « excursions réciproques, atteignaient quelquefois « jusqu'à ces montagnes. On trouve au-delà de grands « lacs (l’eau fraîche , et les Cwenas , pour y arriver, « portent leurs bateaux sur leurs épaules à travers € les terres; c’est alors qu’ils se livrent à leurs dépré- « dations sur les hommes du Nord : leurs bateaux « sont petits et légers. »
Ohter avait aussi navigué dans la Baltique , et il donne la description d’un port éloigné au sud de Halgoland, (pii doit être la province actuelle de Christiansand , et qu’il appelle Sciringesheal.
Ohter dit, en outre , < que le comté qu’il habite « s’appelle Halgoland, ajoutant que personne n’ha- <r bitait au nord de ce comté. La distance d’Halgo- « land à cette partie située au sud de cette terre « appelée Sciringesheal , est telle , qu’un mois ne « suffirait pas pour en faire le trajet, en ne voya- « géant pas la nuit , et avec l’espoir d’avoir chaque « jour un vent favorable. Pendant ce voyage , Ohter « ne se serait pas éloigné des c(îtes ; il aurait eu à « droite Isaland (Islande) (2); les îles qui existent
(1) La contrée Biluée entre le golfe de Bothnie et le mont Sevo, qui sépare aujourd’hui la Suède et la Norwége.
(S) Le professeur Rask a sagement substitué ce mot à celui d'Irlande,