‹ Histoire des phlegmasies ou inflammations chroniques, fondée sur de nouvelles observations de clinique et d'anatomie pathologique. Ouvrage présentant un tableau raisonné des variétés et des combinaisons diverses de ces maladies, avec leurs différentes méthodes de traitementChapitre 43 sur 61 · PREMIÈRE SÉRIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SÉRIE

Des Irritations extérieures , mécaniques ou chimiques, venant de l'extérieur.

Les causes les plus efficaces des péritonites , chez les hommes , sont les percussions des corps extérieurs, gros €t pesans, sur les parois du ventre, ou les chutes que l’on fait sur cette partie, surtout s'il se présente quelque corps saillant qui déprime

HISTOIRE DE LA PÉRITONITE. t 397

les muscles de l'abdomen ; les pressions lentes ou subites qui occasionent le frottement des surfaces séreuses , par exemple, quand une roue de voiture passe sur le ventre, quand on est foulé aux pieds des hommes ou des chevaux, etc, Les effets de la contusion ne sont quelquefois sensibles que dans cette membrane ; ou bien si les viscères y ont participé, leur tissu se rétablit, tandis que celui du péritoine , ainsi que sa fonction, restent lésés: Les commotions générales qui dépendent des chutes sont quelquefois dirigées particulièrement sur le péritoine, et peuvent également y établir un foyer d'irritation permanent.

Les hémorrhagies sont souvent le résultat de l’action de cette première série. L'inflammation rouge, sèche , c’est-à-dire avec peu d’exsudation liquide, avec des produits membraniformes, des adhérences intimes organisées, en sont le plus ordinairement l'effet. Toutes ces altérations se forment avec beaucoup de lenteur lorsque le sujet est sain , vigoureux, et peu sujet aux aberrations des mouvemens capillaires.

Les irritations chimiques, que j'ai rangées dans la même catégorie, ne se rencontrent ordinairement que chez les animaux, où l’on peut provoquer des péritonites en injectant des liquides plus ou moins irritans dans la capacité du bas-ventre. Bichat a déterminé quels étaient les liquides qui se refusatent le plus à l’absorption, et qui produisaient le pius eflicacement la phlogose. La chirurgie sa

sert de ce mécanisme pour guérir les hydrocèles. Quelques médecins ont osé le proposer pour tarir, par une adhérence générale, la source de certaines hydropisies acites, par défaut d'équilibre entre l’exhalation et l’absorption. Si cette pratique était mise à l’essai , il en résulterait une péritonite,

Les péritonites par l’action d’un corps étranger pénétrant, quel qu'il soit, sont encore produites de la manière que nous indiquons ici.

Page 1