DEUXIÈME SÉRIE
Des irritations mécaniques ou chimiques dont la source est dans l'individu.
À cette cause doivent se rapporter les frottemens et les pressions que le développement considérable de l'utérus occasione chez les femmes grosses, chez celles qui ont une môle, ou tout autre corps étranser, dans le tissu ou dans la cavité de ce viscère. La tuméfaction des ovaires , les kystes extraordinaires qui remplissent l'abdomen, et toutes les tuméfactions qui soulèvent la membrane séreuse, et qui, en la déplaçant, üraillent le üssu qui l’unit aux parties qu’elle recouvre, rentrent dans cette série de causes. Il faut encore mettre sur la même ligne les efforts violens et long-temps soutenus , le tremblement des fièvres intermittentes, lorsque les viscères abdominaux, et surtout la rate, sont subitement gonflés par le mouvement centripète des
fluides, les contractions violentes et répétées des muscles de l’abdomen et de l’estomac dans le vomissement , quelle qu’en soit la cause, les tiraillemens, pressions, frottemens qui ont lieu dans les cas de constriction du colon et du rectum , lors des constipations opinitres , dans les rétrécissemens ou étranglemens des intestins et dans les hernies.
Les irritans chimiques dont la source est dans l'individu , sont les épanchemens de fluides qui ne sont point susceptibles d’être absorbés entièrement, ou qui sont sans cesse versés sur la surface , tels que la bile et le chyle, qui peuvent s’extravaser par rupture de leurs conduits; le sang, dont le coagulum forme toujours corps étranger, quoique la sérosité soit résorbée ; les matières stercorales et l'air, dans les cas de perforations spontanées du conduit digestif; l’urine, soit qu'elle s’'épanche par rupture de la vessie , soit qu'après avoir été repompée, elle soit exhalée par les capillaires du péritoine, ce qui n’est point impossible ; enfin, la sérosité elle-même , surtout lorsqu'elle est empreinte de qualités stimulantes, comme il arrive quand l'exhalation péritonéale supplée à l'urine et à la transpiration chez les sujets où elle est âcre. — La pression, la distension que le péritoine éprouve par le poids du liquide, lorsque le sujet est doué de muscles vigoureux, et qu'il fait de l'exercice ou des efforts, sont encore, on n’en saurait douter, : une cause très-puissante de l’inflammation consécutive de cette membrane.