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compte quelquefois jusqu'à 6 rangs de chaque côté de la veine médiane ; ses canaux résinifères ont un diamètre plus petit. —Chatons mâles ovoïdes, légèrement pédicellés, ayant environ 435 lignes de longueur ; fleurs femelles en chatons ovoïdes, d'un rouge violacé, longs de 6-8 lignes, d’abord dressés, puis se recourbant brusquement après l’imprégnation. Cônesovoides, d'un rouge brun, de 1-1} pouce de longueur, légèrement pédonculés ; écailles minces, longues de 6 lignes environ, ondulées et denticulées ; graine noire à aile ovale, plus petite que celle du P. alba; embryon ordinairement 4-cotylédonné, rarement plus.
Cet arbre fleurit au mois de juin, environ huit jours plus tard que le P. alba, et fructifie la même année. La germination des graines se fait au bout de 3-4 semaines, et demande une très-grande humidité; après que le jeune plant s’est décoiffé par la chute de son périsperme, il présente généralement 4 feuilles cotylédonnaires, qui ont la forme des feuilles ordinaires et se font remarquer par le vert sombre qui caractérise le feuillage du P. nigra.
Dans les localités les plus favorables au développement du P. nigra et dans les lieux où le Pin blanc est devenu
rare, on exploite cette espèce d'Épinette ; on les débite en planches et en madriers, et le bois est employé aux mêmes usages que celui de l'Épinette blanche. Ces deux espèces de Picea n'offrent aucune différence dans la structure, la coloration, la légèreté et les autres qualités ” du bois; elles ont la mème valeur, ct leur prix est le
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méme sur les marchés de Québec. Dans certaines parties du Canada, on fait avec les feuilles une boisson qui remplace le thé. « La petite Epinette noire, qui se traîne sur «les rochers et dont les feuilles infusées dans l’eau « chaude fournissent un breuvage préféré au thé par les « planteurs..…....» (M. Ferland, Voyage au Labrador),
C'est encore avec cette espèce d’Épinette que l'on fait la petite bière, appelée aussi bière d'Épinette. On sera peut-être curieux de connaître le procédé employé en Ganada il y a plus de cent ans; nus l’extrayons du Traité des arbres et arbustes de M. Duhamel. Paris, 1755. | « En Canada l’on fait avec l'Epinette blanche, qui est une espèce d’Epicia dont les feuilles et les cônes sont
plus petits que ceux de celui qu'on cultive en France,
une boisson très-saine, qui ne paraît point agréable la première fois qu'on en boit, mais qui le devient
lorsque l'on en a usé pendant quelque temps. *
« Comme l'on peut faire cette liqueur avec notre Epicia, et qu'en tout temps elle peut ètre à fort grand marché, nous croyons devoir en donner ici la recette...
« Pour faire une barrique d'Epinette il faut avoir une chaudière qui tienne au moins un quart de plus.
« On l’emplit d’eau, et, dès que cette eau commence à être chaude, l’on y jette un fagot de branches d’Epinette
* ILest évident que ect auteur se trompe, car c'est avec l'Épinctte noire qu'on à toujours fabriqué la petite bière, Li)
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« rompues par morceaux : ce fagot doit avoir environ 21 « pouces de circonférence auprès du lien.
« On entretient l'eau bouillante jusqu’à ce que la peau « de l'Epicia se détache facilement de toute la longueur « des branches.
« Pendant cette cuisson on fait rôtir à plusieurs re- « prises, dans une gfande poële de fer, un bhoisseait « d'avoine ; on fait encore griller une quinzaine de « galettes de biscuit de nter, ou à leur défaut 12 où 15 « livres de pain coupé par tranches ; et quand toutes ces « matières sont bien rôties, on les jette dans la chau- « dière, et elles y restent jusqu'à ce que l’Epinette soit « bien cuite.
« Alors on retire de la chaudière toutes les branches « d'Épinette, et l’on éteint le feu. L’avoine et le pain se « précipitent au fond ; il faut ensuite retirer avec une « écumoire les feuilles d’Epieia qui flottent sur l'eau. « Enfin l'on délaye dans cette liqueur six pintes de mé- « lasse, ou gros sirop de sucre, où à son défaut 12 à 15 « livres de sucre brut.
« On entonne sur le champ cette liqueut dans une bar- « rique fraîche qui ait contenu du vin rouge ; et lorsque «l'on veut qu'elle soit plus colorée, on y laisse la lie et « cinq à six pintes de ce vin. Quand cette liqueur n'est
« plus que tiède, on délaye dedans une chopine de levure
« de bière que l'on brasse bien fort, afin de l'incorporer « avec la liqueur ; ensuite l'on achève d'emplir la bar- « rique jusqu'au bondon que l'on laisse ouvert,
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