O R G A N U G 1A A PH I E ET PHYSIOLOGIE
et de respiration dont elles sont le siège, que la sève ascendante change de nature, qu’elle s’élabore et se transforme en fluide nutritif.
Quelle est la route que suit, après cette importante modification vitale, la nouvelle sève, ou sève descendante? Tout porte à croire qu’elle circule dans l’écorce. Voici les faits qui autorisent cette opinion.
Si on lie fortement une tige ou une branche, de manière à comprimer l’écorce, il se fait au-dessus de la ligature un bourrelet, qui augmente de plus en plus, et qui paraît provenir de la stase, en cet endroit, des fluides nutritifs venus d’en haut; car la partie de l’arbre située au-dessous de la ligature ne prend aucun accroissement.
Les mômes phénomènes se produisent lorsqu’on pratique sur le tronc des arbres des incisions annulaires ou en spirale. Du reste, des troncs d’arbre autour desquels se sont enroulées des plantes grimpantes ou volubiles, nous offrent une démonstration, pour ainsi dire vulgaire, du fait physiologique que nous signalons. Il se fait au-dessus de la ligature produite naturellement par les plantes grimpantes ou volubiles un bourrelet, un épaississement produit par l’arrêt et le séjour des liquides qui descendent du sommet du végétal à travers l’écorce.
Nous avons énuméré, en parlant de la structure des racines, les causes sous l’influence desquelles se fait l’ascension de la sève. Les causes qui détermineraient sa marche descendante nous sont, avouons-le, complètement inconnues. 11 paraît probable que c’est dans les couches profondes de l’écorce et particulièrement dans ces fibres grillagées du liber dont nous avons indiqué plus haut l’admirable structure, que cette sève chemine; ces fibres sont, en effet, très-riches en matières mucilagineuses et albuminoïdes. Quelques physiologistes considèrent en outre les vaisseaux laticifères comme les réservoirs principaux et essentiels de la sève élaborée. Mais il faut avouer que toute cette question est encore très-obscure.
C’est au printemps que la circulation de la sève se fait avec une grande activité. Alors la plante est gorgée de matières nutritives, qui s’étaient conservées en dépôt pendant 1 hiver. Elle
CIRCULATION
•est pleine de liquides, et ces sucs s’écoulent et se répandent au dehors par la plus légère blessure. Au printemps, la vigne; et d’autres végétaux pleurent, selon l’expression pittoresque con- - sacrée par l’usage. Mais lorsque les feuilles se sont développées, l'active évaporation qui se fait à leur surface, entraîne les liquides à l’extrémité du végétal, d’où ils s’exhalent en vapeurs. \ Alors la vigne et autres plantes ne pleurent plus quand on les blesse.
Quand les rameaux se sont développés et consolidés, le mouvement de la sève se ralentit. 11 se réveille quelquefois vers la fin de l’été, lorsque, le printemps ayant été hâtif, les matériaux que la plante avait préparés pour la végétation de l’année suivante, sont prêts trop tôt, et mis prématurément ■en œuvre. Après la chute des feuilles et quand l’approche de l’hiver abaisse la température extérieure, le mouvement de la sève s’arrête totalement. L’arbre arrive peu à peu à un état de repos presque absolu, qui n’est pas la mort, mais l’attente du réveil.