ACCROISSEMENT DES VÉGÉTAUX
l’accolade 2, le bois de la seconde année. La couche génératrice est placée au point de séparation de ces deux éléments : elle est indiquée par la lettre c. Des cellules, des fibres, des vaisseaux résultent de la transformation des éléments délicats de ce tissu générateur. En d’autres termes, il se fait en ce point, par suite de la transformation du cambium, de l’écorce de dehors en dedans, — du bois, de dedans en dehors. Les rayons médullaires se continuent sans interruption et sans modification à travers les couches nouvelles; mais il peut s’en former de nouveaux, qui, sans être en relation avec la moelle, se prolongent jusqu’à l’écorce.
Ce qui s’est passé pendant la deuxième année se renouvelle pendant la troisième, la quatrième, etc. Il résulte de là une conséquence fort utile dans la pratique. Comme il est permis de distinguer par certains caractères les couches successives qui se forment d’année en année, l’âge d’un arbre se trouve pour ainsi dire inscrit sur sa tranche. Dans le Chêne, par exemple, il est très-facile de distinguer les couches annuelles, et voici pourquoi. La transformation de la zone génératrice en bois se continue depuis le printemps jusqu’à l’automne, et par conséquent sous des influences climatériques assez différentes. 11 se forme d’abord des gros vaisseaux à l’époque où la circulation de la sève est la plus active ; puis on ne voit plus apparaître que des vaisseaux d’un calibre beaucoup plus petit et moins nombreux. Vers la fin de l’année, quand la végétation se ralentit, il ne se forme plus que des fibres ligneuses. Il résulte de ces différences extrêmes entre le bois de printemps et le bois d’automne, que le passage de ce dernier au premier est très-facile à saisir, et que les diverses formations annuelles apparaissent dès lors comme autant de zones concentriques.
En résumé, c’est par la couche génératrice que s’opère l’accroissement des arbres en diamètre.
Si l’accroissement annuel d'un arbre se faisait dans des conditions extérieures sensiblement égales pendant toute la durée de la végétation, on conçoit qu’il n’y aurait pas de ligne de démarcation entre chaque période annuelle de végétation et qu’il n’y aurait dès lors pas de zones concentriques. C’est ce qui a lieu dans certains arbres des pays chauds dont la végétation n’éprouve ni accélération d’activité, ni temps d’arrêt assez
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
prononcé. Ici l’âge des arbres ne se trouve en aucune façon inscrit, comme pour les arbres de nos climats, sur la section de la tige.
Nous devons faire ici deux remarques importantes. Le nouveau bois participe seulement à la nature de la partie extérieure du cercle ligneux ; l'étui médullaire ne se renouvelle pas. D’autre part, de nouvelles cellules se forment constammentdans la partie moyenne de la zone génératrice, faute de quoi l’accroissement cesserait dès que toutes les cellules de cette zone seraient transformées en les éléments du nouveau bois et de la nouvelle écorce.