INFLORESCENCE
On nomme inflorescence la disposition des fleurs sur le végétal.
Les fleurs peuvent être sessiles, selon le langage des botanistes, c’est-à-dire implantées immédiatement sur la tige, ou rattachées médiatement à la tige par un petit support, auquel on donne le nom de pédoncule.
Le pédoncule est ce que l’on nomme vulgairement la queue de la fleur, qui devient plus tard celle du fruit. Le pédoncule est donc aux fleurs ce que le pétiole est aux feuilles, c’est-à-dire un moyen d’attache sur la tige. Toutefois les analogies entre le pédoncule et le pétiole se bornent à la forme extérieure, car ces Jeux organes diffèrent essentiellement par leur organisation intime.
Ces fleurs, dont nous étudierons bientôt avec détail les parties constituantes, poussenbelles au hasard sur les tiges, les branches au les rameaux qui les supportent? Quand on sait avec quelle
régularité admirable, suivant quelles lois rigoureuses, les feuilles ï se disposent sur les rameaux, on est conduit à admettre à priori J que l’ordonnance des fleurs sur les axes végétaux doit obéir à des lois bien déterminées. C’est en effet ce que nous présente la nature ; ces lois, souvent faciles à reconnaître, sont quelquefois masquées, mais jamais enfreintes. Les fleurs sont toujours la terminaison d’un axe, tige ou rameau, et l’ordre qui préside à ; leur disposition sur la tige ou le rameau, n’est que la répétition de l’ordre qui préside à la ramification de cette même plante.
Prenons, pour étudier V inflorescence , quelques végétaux vul-
Fig. 135. Inflorescence en grappe. (Groseillier rouge.)
gaires,etexaminons la disposition des fleurs dans chacun d’eux. Dans le Groseillier rouge (fig. 1 35) l’axe floral porte, de distance en distance, des feuilles modifiées, qu’on appelle bractées; à l’aisselle de chacune de ces bractées naît le pédoncule terminé par une fleur. C’est là le type de la grappe.
L’inflorescence de la Verveine ou Verveine officinale ( fig. 136) ne se distingue de celle-ci que par la grande brièveté des pédoncules : elle constitue un épi.
L’Avoine (fig. 137) nous fournit un exemple des modifications que peut subir la grappe. Sa fleur est une grappe ramifiée.
FLEUR
U épi prend le nom de chaton, quand il est formé de fleurs unisexuelles. Nous représentons ici, comme exemple (fig. 138 et 139), le chaton mille du Saule et le chaton femelle.
Dans le Cerisier de Sainte-Lucie (fig. 140), les pédoncules nés
Fig. 136. Inflorescence en grappe ramifiée, (Avoine.)
Fig. 1 37. Inflorescence en epi (Verveine officinale.)
sur l’axe principal, s’allongent plus à la partie inférieure de cet axe que vers son sommet, en sorte que l’ensemble des fleurs forme comme une sorte de parasol à rayons inégaux : ce parasol s'appelle cohjmbe.
Dans VAstrantia (fig. 141), l’axe de l’inflorescence est très-
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
court, et porte à son extrémité élargie un certain nombre d’axes secondaires assez allongés et égaux entre eux, de façon que les
Fig. 140. Inflorescence en corymbe. Fig. 141. Inflorescence en ombelle simple.
(Cerisier de- Sainte-Lucie.) (.Astrantia.)
fleurs semblent partir du même point pour arriver à la même hauteur. Ici le parasol a des rayons égaux; ce groupe de fleurs se nomme ombelle.
Fig. 138. Chaton mâle du Saule.
Fig. 139. Chaton femelle du même Saule.
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FLEUR
Dans la Marguerite (fig. 142), des lleurs sessiles et nombreuses s’insèrent à la surface d’un axe élargi en une sorte de plateau pour former un capitule.
Fig. 142. Inflorescence en capitule. (Marguerite.)
Tous ces modes d'inflorescence ne sont que des modifications de l’un d'entre eux, que l’on peut prendre pour type : la grappe. Ils paraissent atteindre parfois un certain degré de complication, sans que la simplicité de leur ordonnance en soit pour cela di-
Kig. 143. Corymbe compose. (Alisier des bois.)
minuée. Ainsi, dans ['Alisier des bois (fig. 143), des corymbes de fleurs se disposent en corymbes. Dans la Carotte, le Cerfeuil (fig. 144), les ombelles se disposent elles-mêmes en ombelle.
Dans le Troène , dans la Vigne (fig. 145), l’inflorescence est formée de petites grappes, disposées elles-mêmes en grappes. Dans le Blé (fig. 146), les épis se groupent en épis. Il existe donc des corymbes composés, des ombelles composées , des grappes composées ou panicvles et des épis composés.
Fig. 14*. Ombelle composée. (Cerfeuil.) Fig. 1 45. Grappe composée. (Vigne.)
Dans tous les cas que nous avons mentionnés jusqu’ici, le nombre des fleurs de même génération était indéterminé pour chaque groupe. Il n’en sera plus de même désormais.
Examinons, par exemple, le mode de distribution des fleurs dans la petite Centaurée (fig. 147). La tige se termine par une fleur; un peu au-dessous de cette fleur, cette tige portait une paire de feuilles, et à l'aisselle de chacune d’elles est né un
FLEUR
araeau secondaire, terminé de même par une ileur. Chacun le ces rameaux s’est comporté comme la tige, c est— à-dii e qu il ! donné naissance à deux rameaux tertiaires terminés chacun w une fleur, et ainsi de suite. On voit de cette façon qu’à chaque ramification le nombre des axes, et par conséquent celm
Fig. 146. Épi composé. (Blé.) Fig. 147. Inflorescence en cime. (Petite Centaurée.)
des fleiirs, est doublé. On voit de plus que la floraison dans cette plante va de la base vers le sommet, ou, ce qui revient au même, du centre vers la circonférence. Cette sorte d’inflorescence porte le nom de cime, et dans ce cas particulier, elle est dite clirholome .
ORGrANOGrRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
L’inflorescence du Myosotis ou de Y Héliotrope est également une cime. Comme dans ces plantes l'axe multiple de l’inflorescence va souvent jusqu’à former un véritable enroulement, qu’on a comparé très-mal à propos à celui de la queue d’un scorpion, la cime du Myosotis, de Y Héliotrope, etc., porte le nom de scorpio'ide (fig. 148).
Fig. 148. Inflorescence scorpioïde.
(Myosotis.)
Fig. 149.
Spathe d’Arum maeulatum.
Dans le Marronnier d’Inde, l’axe principal porte un nombre indéterminé de petites cimes scorpioïdes. C’est une inflorescence mixte entre. les deux formes principales que nous avons indiquées jusqu’ici : c’est une grappe de cimes scorpioïdes.
On donne le nom général d ’involucre à un ensemble plus ou moins considérable de bractées, disposées en verticille sur un
FLEUR
)U plusieurs rangs, qui entourent et semblent protéger les leurs (capitules des composées). Cependant, dans le groupe naturel des Arums, l’involucre est monophylle et se nomme spathc. Il enveloppe l’inflorescence avant l’épanouissement des fleurs. Nous représentons (fig. 149) la spatlie de Y Arum macu- , latum.
Nous craindrions de fatiguer l’attention du lecteur en insistant davantage sur l’inflorescence, sujet que nous n’avons fait qu’effleurer, et quia été l’objet des études les plus approfondies de la part des botanistes.
Mais arrivons à l’étude des parties constitutives de la fleur.