‹ Histoire des plantes (volume 2)Chapitre 25 sur 93 · PISTIL · texte numérisé non relu

PISTIL

A mesure que nous avançons dans l’étude des organes, nous | voyons la nature se rapprocher sans cesse de son but fonda- 1 mental, qui est la propagation et la conservation de l’espèce, j Le pistil est l’organe essentiel de la reproduction des plantes, ] c’est le plus précieux élément pour les générations futures. , Aussi la nature s’est-elle appliquée à grouper autour du pistil | tous les moyens de protection et de défense. Elle l’a placé au ; centre de la fleur, abrité sous plusieurs enveloppes concen- j triques, et défendu encore de l'extérieur par les filaments des ; étamines, qui forment autour de lui comme un rempart vivant, j Ces diverses enveloppes florales persistent tant que le pistil a ; besoin d’être protégé ou abrité. Elles disparaissent après la fé- ; condation, lorsque l’ovaire s'est fortifié par son propre dévelop- ; pement.

Le pistil est l’organe femelle des végétaux, le gynécée , comme < on le nomme quelquefois, par opposition à Yandrocée, nom qui sert à désigner l’ensemble des étamines ou de l’organe mâle.

Le gynécée présente une des applications les plus remarquables de la doctrine des métamorphoses végétales, popularisée par le célèbre poète allemand Goethe, qui fut en même temps un profond naturaliste. On comprend admirablement la structure, l’origine et les dispositions du gynécée , qu’il soit simple ou multiple, si on le considère comme constitué par la transforma-

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,n d’une seule feuille, ou bien comme résultant de la réunion, la fusion, de la combinaison de plusieurs leuilles en un seul

gane.

De Candolle a nommé carpelles les organes élémentaires dont la union forme le pistil. Le carpelle est au pistil ce que le sépale t au calice, le pétale à la corolle, l’étamine à l’androcée. C’est réunion des carpelles qui forme ordinairement le pistil, comme réunion des pétales forme la corolle, comme la réunion des amines forme l’androcée. Le sépale, le pétale, l’étamine, ne ,ni que des feuilles modifiées; il en est de même du carpelle, ù prend naissance pendant les phases de la végétation, par la Métamorphose des feuilles.

On distingue dans un pistil trois parties : Y ovaire, le style et le ïigmate. Ces trois parties sont très-appréciables : ans la figure 205, qui représente le pistil de la rimevère de la Chine. Le stigmate est représenté ar les lettres stig, le style par les lettres sty, ovaire par la lettre o.

L’ovaire est la partie du végétal qui doit con- ■nirles graines, c’est-à-dire les ovules, lesquels,

■condés et développés, deviendront les graines. a partie, ordinairement un peu épaisse, qui apporte les ovules, porte le nom de placenta ; lie est indiquée sur la figure par la lettre p, auessus du réceptacle r.

Le sommet de l'ovaire se prolonge en un filet, antôt long, tantôt court, qu’on nomme le style t qui est l’analogue de la nervure moyenne le la feuille. Le style porte un appareil glandu- PlstdC1achîne.Uru eux, destiné à recevoir les grains de pollen et à favoriser la féïondation : c’est le stigmate.

Le style n’est point un cylindre plein, comme on pourrait le •roire au premier abord ; son axe est, au contraire, occupé par me sorte de canal qui aboutit à l’ovaire, et descend jusqu’au voisinage des ovules.

Le stigmate , qui est la partie supérieure du pistil, et dont la orme est d’ailleurs très-variable, est essentiellement formé sar une masse de cellules minces, transparentes, lâchement

Fig. 205.

172 ÜRGr ANOGR APHIE ET PHYSIOLOGIE.

unies, enduites d’une matière mucilagineuse gluante. Il est ainsi parfaitement propre à recevoir et à retenir les grains de pollen.

Les carpelles ont plus de tendance à se souder entre eux que les organes plus extérieurs; ce qui tient sans doute à leur plus grand rapprochement, déterminé soit par leur position, soit par la pression des organes extérieurs. Cette soudure peut avoir lieu par les ovaires seuls ; par les ovaires, les styles et les stigmates; enfin par les stigmates seuls.

Lorsque deux ou plusieurs carpelles se soudent ensemble par les ovaires, il en résulte un ovaire composé de plusieurs ovaires partiels, qui y déterminent autant de loges qu’il y avait d’abord de carpelles. Dans l 'Ellébore fétide (fig. 206), la soudure des

ovaires a lieu par la base seulement ; dans la Nigclle des champs (tig. 207), jusqu’à moitié de leur longueur. Mais le plus fréquemment la soudure se fait jusqu’au sommet.

Lorsque les styles sont soudés entre eux, au moins dans une partie notable de leur longueur, il résulte de cette cohérence un style en apparence unique, mais constitué réellement par autant de styles partiels qu’il y avait de carpelles. Dans ce cas, le nombre des stigmates libres doit, s’ils sont simples, indiquer le nombre des loges de l’ovaire. Les stigmates partiels peuvent également se souder, et constituerun stigmate en apparence unique, mais souvent divisé de manière à indiquer par le nom-

Fig. 2015.

Pistil d’Eilebore fétide

Fig. 207.

Ovaire de Nigelle des champs.

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•e de ses divisions le nombre des carpelles constituants du istil.

Le nombre absolu des loges de l’ovaire pluriloculaire, tout en ant sujet à varier, est le plus généralement de 3 ; puis vient le ambre 2, le nombre 5 et rarement le nombre k. Au reste, ce ombre n’est pas toujours constant aux divers âges de la fleur : arrive quelquefois qu’il se multiplie par la formation de cloisons ont le développement est ultérieur, comme cela se voit dans les ■crveines, les Labiées, qui primitivement n’ont que 2 loges, et lus tard en offrent 4, par le partage ultérieur des loges primitives n deux compartiments, comme cela se voit encore dans les ins, dont les cinq loges primitives se partagent, à un moment onné, en deux par une cloison de nouvelle formation. Ces cloions supplémentaires qui masquent ainsi la struclure initiale de ovaire, se nomment fausses cloisons.

L’ovaire est ordinairement apparent ou libre et on peut 1 aercevoir en regardant au fond de la fleur : on l’appelle alors i mire supère, comme dans les Pavots (fig. 208) et les Lis. D autres fois, le sommet seul de ovaire se montre au fond de ii fleur; il est soudé avec le éceptacle, il faut regarder par dessous la fleur pour l’aperrevoi'r; l’ovaire est dit alors nferc. ou adhérent, comme lans le Caféier, la Garance (fig. 209), les Melons.

Nous avons dit plus haut qu’on appelle ovules les petits corps attachés aux placentas, et qui, plus tard, deviendront des graines. Ces ovules se composent d’un mamelon central nommé nacelle, adhérant par sa base à un double sac qui n’offre qu’une ouverture très-petite correspondant au sommet libre du nucelle. Le sac extérieur se nomme primine, le sac intérieur secondinc. L’ouverture de cette double enveloppe est le micropyle. Le point d’adhérence du nucelle avec ses téguments se nomme la chulaze. Il est des ovules qui n’cnt pas de primine. Il

en est qui n’ont ni primine ni secondine. Mais ces cas sont rares. Le point par lequel les ovules s’attachent, soit directement, soit indirectement au placenta, par l’intermédiaire d’un petit cordon, ou funicule , porte le nom de hile.

Tous les ovules n’ont pas la môme forme. L’ovule de la Rhubarbe (fig. 210) a la forme d'un œuf. Son hile est diamétralement opposé au micropyle.Ce genre d’ovule se nomme orthotrope .

Dans Y Ellébore, au contraire, l’ovule a son point d’attache placé près du micropyleet on remarque sur un de ses côtés un renflement en forme de cordon, qui s’étend sur toute sa lon-

Fig. 210.

Ovule orthotrope de Rubarbe.

Fig. 211.

Ovule anatrope d’Ellébore.

Fig. 21 2.

Ovule campylitrope de Haricot.

gueur et porte le nom de raphê (fig. 211). Ce genre d’ovule

s’appelle anatrope.

Dans le Haricot l’ovule a, de même, son point d’attache placé près du micropyle; mais comme il n’y i^pas de raphé et qu’iRest courbé en façon de rein, on dit qu'il est campylitrope (fig. 212). Telles sont les trois formes principales des ovules. La se-

conde est la plus commune, la première est la plus rare.

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