LILIACÉES
Nous représentons dans la ligure 285 la fleur du Lis, et dans la figure 286 le port de cette plante, qui nous servira de type pour cette famille.
Les enveloppes protectrices de la fleur du Lis (fig. 286) se composent de six folioles, dont l’ensemble forme une admirable coupe blanche et odorante. De ces six folioles, les trois extérieures constituent un calice pèlaloïde; les trois intérieures, qui sont alternes avec les premières, et un peu différentes de forme et de couleur, constituent la corolle.
Fig. 285. Corolle pétaloïde du Lis.
L’androcée se compose de six étamines disposées sur deux verticilles, !t filets blancs, à anthères allongées, biloculaires, fixées par leur dos, remplies d’un pollen jaune, et s’ouvrant longitudinalement.
Le pistil du. Lis se compose de trois carpelles, comme on peut s’en assurer par l’examen de ses parties constitutives. L’ovaire, qui est libre ou supère, présente extérieurement trois grosses côtes, et intérieurement trois loges, dont les cloisons
LILIACEES
Fig. 280. Le Lis.
gus. Des ovules nombreux s’insèrent, en deux séries, ù l’angle central des loges. Le style, épais au sommet, est couronné
I répondent aux trois sillons extérieurs profonds. Ce sont trois . feuilles carpellaires soudées entre elles par leurs bords conti-
FAMILLES NATURELLES
d’un stigmate à trois lobes. Le fruit mûr forme une capsule qui "'t s’ouvre, non par décollement des cloisons, mais par le milieu q du dos de chaque loge, c’est-à-dire par déhiscence loculicide. La : graine présente un embryon droit dans l’axe d’un albumen 1 charnu.
Le Lis est une plante vivace, à tige bulbeuse. Ce bulbe est | écailleux (fig. 287 ), à feuilles inférieures lancéolées, les supé- Heures linéaires, les dernières ovales lancéolées. Ses fleurs forment une grappe blanche.
Cette plante a donné son nom à la belle et nombreuse famille 1 des Liliacées, qui abonde surtout dans les régions tempérées 2
et subtropicales de l’ancien ] continent.
Parmi les plantes intéres-1 santés de cette famille, nous j citerons les Aloès, qui croissent | dans les régions chaudes de 1 l’Océan, Y Ail, Y Oignon , la Civette, | la Scillc, Y Échalote, le Poireau, | Y Asperge ; parmi les Liliacées!
cultivées pour 1 ornement des 3 jardins, les Tulipes, les F rit il- j laires, les Jacinthes, les Hétnerocalles, etc.
Nous croyons devoir mentionner ici l’un des représentants les plus extraordinaires de la famille des Liliacées, le lira cœna, ou Dragonnier de l’Inde orientale et des Canaries , si remarquable par son port, son Fig. 28". Bulbe de lis. vaste développement et le grand
âge qu’il peut atteindre. Tous les voyageurs vont admirer à Ténérifîe un Dragonnier gigantesque, qui, selon la légende, était adoré des Guanches, peuple primitif de Pile de Ténérifîe. C’est peut-être le plus vieux de tous les végétaux connus. Nous reviendrons dans une autre partie de ce volume sur le Dragonnier d’Orotaxva.
IRIDÉES
IRIDÉES.
Dans l'Iris (fig. 288) l’enveloppe extérieure de la fleur, ou le
Fig. 288. Iris germanica.
('alice, est composée de trois pièces richement colorées, étalées
FAMILLES NATURELLES
en dehors. Les pétales, alternes avec les sépales, se recourbent vers le sommet de la fleur. Ces six divisions, qui étaient libres dans la jeune plante et disposées sur deux rangs, se réunissent plus tard, et forment un périanthe en apparence unique, et fait en forme de tube à la base. Si l’on abaisse les divisions externes de la fleur, on aperçoit trois étamines à filets larges et aplatis, à anthères allongées, bifurquées en forme de fer de flèche, s’ouvrant en avant par deux sillons longitudinaux, remplies de volumineux grains de pollen. Ces étamines, d abord complètement indépendantes du périanthe, sont, a l’état adulte, unies à cet organe. Le pistil se compose d’un ovaire infère surmonté d’un style, soudé par la base avec le tube du périanthe, et terminé par trois lames pétaloïdes stigmatifères. L’ovaire présente trois loges, qui renferment des ovules nombreux anatropes, disposés sur deux séries, à l’angle interne de chaque loge. Le fruit est capsulaire et s’ouvre en trois panneaux portant une cloison sur leur milieu. Les graines, horizontales et aplaties, offrent un embryon droit, placé dans l’axe d'un albumen charnu.
Nos Iris ont un rhizome horizontal, rameux, charnu, trèsépais, une tige simple ou rameuse; des feuilles la plupart en fascicules radicaux, pliées longitudinalement et soudées dans presque toute leur longueur par les deux moitiés de leur face interne, la nervure moyenne correspondant au bord extérieur ; les feuilles caulinaires sont alternes et engainantes. Une sorte de grappe composée réunit les fleurs, qui sont d un giand volume et exhalent une odeur agréable.
La brillante famille des Iridées habite surtout les régions tempérées extratropicales. Parmi les espèces intéressantes qui la constituent, nous citerons : Y Iris d’Allemagne, que nous venons d’analyser; — 17m de Florence, dont le rhizome, doué d’une odeur de violette très-prononcée, est d’un grand usage dans la parfumerie ; — le Safran cultivé, espèce indigène, dont les stigmates en forme de crête contiennent une huile volatile trèsodorante, unie à un principe amer : on les emploie en médecine et dans la teintnre;-les Glaïeuls, h fleur bilabiée, la plupart originaires de l’Afrique australe; — la Tigridie queue de Paon, dont les fleurs sont remarquables par leur grandeur, l’originalité de leur forme et la vivacité de leurs couleurs ; — les Ixta, etc.