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ORCHIDÉES

Nous représentons comme type de la famille des Orchidées la plante, très-répandue dans les campagnes du nord de la France, qui porte le nom vulgaire de Pentecôte, et le nom scientifique d’Orchis maculata, ou Orchis taché (fîg. 289).

Les enveloppes de la fleur de l’Orchis taché se composent de six pièces pétaloïdes, disposées sur deux rangs et alternes entre elles (fig. 290). Iles trois extérieures il y en a deux latérales un peu étalées; celle du milieu est recourbée en avant, de manière à former une sorte de casque avec deux des divisions du verticille interne , qui sont semblables. La troisième division a, au con-

traire, une forme

Fig. 289. Orchis maculata.

toute particulière : elle s’étale en dehors comme un large tablier

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pendant, et se prolonge en bas en un éperon creux : c’est le labelle delà fleur. La corolle est donc essentiellement irrégulière.

Lorsque les six pièces de l’enveloppe florale ont été enlevées, on a devant les yeux une colonne centrale qui offre en avant deux loges, dont les ouvertures longitudinales regardent le tablier. Au-dessous, on observe un godet à peu près carré, luisant et visqueux. Si avec une aiguille on entr’ouvre les loges dont il vient d’être question, on verra qu’il y a dans chacune d’elles un corps pyriforme, dont la partie supérieure, renflée, se compose de petites massules anguleuses, reliées entre elles par une sorte de réseau élastique et dont la partie inférieure s’allonge en

une sorte de pédicule. Ces deux pédicules s enchâssent par leur base dans les compartiments contigus d’une petite pochette.

Si l’on abaisse l'un des corps pyriformes vers le godet, il y adhère avec force, et l’on peut aisément s’assurer quelephénomène se produit spontanément dans la nature, et que les massules polliniques émettent, sur

Fig. 290. Fleur de l'Orchis maculata. Cette Surface visqueuse, deS

tubes très-fins qui ne tardent pas à pénétrer dans l’épaisseur de son tissu. Ce godet est donc un stigmate, ces corps pyriformes sont donc des masses polliniques, et les deux loges qui les renferment constituent une anthère. Ainsi, dans cette curieuse fleur, le style et l’androcée sont réunis pour former la colonne centrale, et il n’y a qu’une étamine.

Au-dessous du point d’insertion des divisions florales, la colonne se continue en une sorte de queue verdâtre, parcourue par six côtes longitudinales et tordue sur elle-même. C’est l’ovaire qui comme ou le voit, est infère. Cet ovaire offre une seule loge et renferme un très-grand nombre d’ovules extrêmement petits, insérés sur trois placentas appliqués à la paroi interne de l’ovaire.

Le fruit est capsulaire et s’ouvre en trois valves qui portent les

On GUIDÉES.

placentas sur leur milieu, pendant que les nervures médianes restent en place, réunies par leur base ainsi que par leur sommet.

Examinons enfin les organes de végétation de la môme plante.

Sa partie souterraine présente deux griffes inégales (lig. 291), dont l’une est ridée, flasque, et parait épuisée de sucs, et dont l’autre est plus blanche, plus volumineuse, plus ferme. La première, en effet, a servi au développement de la tige aérienne actuelle qui se termine par une grappe de fleurs, tandis que l’autre doit fournir au développement, qui se fera l’année prochaine , d’un jeune bourgeon feuillu. Ces deux griffes, en forme de palmes, sont des racines nutritives. Sur le haut de ces racines on peut même apercevoir encore un troisième petit bourgeon, qui ne se développera que deux ans après. Chez d’autres espèces indigènes, la racine, au lieu d’être palmée, est ovoïde.

Ces deux sortes de productions radiculaires sont

toujours accompagnées Fig. 291. Racine d.0rcWs macuiata. de racines ordinaires, cylindriques, dont l’absorption est la lonction principale. Les feuilles de VOrchis macuiata sont engainantes, s échelonnent en spirale sur la tige; leur limbe, lancéolé, est ordinairement semé de taches noires.

L étude que nous venons de faire d’une des Orchidées que l’on rencontre le plus fréquemment dans le nord de la France, ne saurait donner une idée suffisante des formes remarquables que nous offre ce magnifique groupe de plantes, ornement des forêts tropicales. Beaucoup d'Orchidées tropicales sont épiphytes.

mais non parasites, c’est-à-dire qu’elles croissent, sans y puiser leur nourriture, dans les fentes des arbres, dans les angles des rameaux, pour s’y dresser ou s’y suspendre avec grâce. Leurs

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fleurs disposées en épi, en grappe, en corymbe, de petite ou de grande taille, sont souvent décorées des couleurs les plus riches et les plus variées, et répandent parfois un suave parfum; elles offrent toujours un aspect original. Certaines Orchidées ressemblent à une mouche, d’autres à une araignée; celles-ci à un papillon, celles-là à un homme qui serait pendu par la tête. La diversité de leur taille, de leur port, de leurs fleurs, leur étrange beauté, font de ce groupe naturel de plantes un des ornements

les plus recherchés de nos serres.

Au point de vue pratique, les substances utiles que l’homme

retire de cette famille sont le Salep et la N anille.

Le Salep est une fécule fournie par les racines tubéreuses des Orchis et des Ophrys , qui en contiennent une abondante quantité, et un autre principe analogue à la gomme. Quant à la Vanille, c’est le fruit d’un arbre exotique, dont 1 espèce est

encore indécise.

« Le genre Vanilla, dit M. Duchartre, est encore aujourd’hui 1 un des plus mal connus parmi tous ceux qui composent le régné végétal. L .incertitude est telle à son égard, qu’on ne sait à quelle espèce b°tanique attnbuer les fruits préparés que le commerce nous apporte d Amérique : et surtout du Mexique. Un fait est cependant acquis aujourd hui, c est que les capsules du Vanilla planifolia , convenablement préparées, sont aussi dches en parfum que les meilleures de celles que le commerce nous apporte5 du ^Mexique. Or, comme cette eepto croit «ta J*les parties de l’Amérique qui fournissent ce précieux produit il est fort probable, sinon tout à fait certain, qu’une bonne portion de celui-ci provient de cette espèce aujourd’hui la mieux connue de toutes. »

PALMIERS

Les Palmiers se placent au premier rang des espèces végétales, autant par la beauté majestueuse et ''élégance de leur port que par les services qu’ils rendent aux habitants de régions tropicales, auxquels ils fournissent tout à la fois le

pain, l’huile et le vin. ,

Nous étudierons le Dattier comme type de ce groupe

végétaux.

Fig. 292. Le Dattier.

nom de Prince du règne végétal, élève jusqu’à 25 ou 30 mètres son

PALMIERS

Ce bel arbre (lig. 292), que l’on a désigné, avec raison, sous le

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stipe droit et colomnaire. Il est couronné par une ample touffe de quarante à cinquante feuilles, dont la longueur peut atteindre 3 et 4 mètres, et qui présentent des folioles linéaires, lancéolées, roides, en forme de glaive, disposées comme les barbes d une plume. De l’aisselle des feuilles naissent des spathes coriaces, d’une seule pièce, qui s’ouvrent d un seul côté, poui donnei passage à de longues panicules rameuses, connues sous le nom de régimes, et qui portent de petites fleurs qui sont mâles ou femelles. Notons bien que les spathes de fleurs mâles et les spathes de fleurs femelles appartiennent à des individus différents, car le Dattier est un arbre dioïque. Personne n’ignore que pour faire produire des fruits à cet arbre on a recours à la fécondation artificielle des fleurs femelles au moyen des fleurs mâles. Cette opération a été mise en pratique en Orient dès les temps les plus reculés.

La fleur mâle du Dattier présente un petit calice à sépales très-courts, une corolle à trois pétales beaucoup plus grands, et six étamines, munies de longues anthères linéaires, dont les deux loges s’ouvrent en dedans par deux fentes longitudi-

Il cl 1 G S

La fleur femelle présente en dedans d’une double enveloppe florale dont chaque verticille est formé de trois pièces, trois pistils distincts, surmontés chacun d’un stigmate en forme de crochet. De ces trois pistils un seul se développe, mûrit, et devient une baie ovoïde allongée, à épiderme mince, d un rouge jaunâtre, à pulpe solide un peu visqueuse, à endocarpe représenté par une mince pellicule enveloppant le noyau, qui est la graine même. Cette graine est cylindrique, amincie à ses deux extrémités, profondément sillonnée d’un côté sur toute sa longueur et offrant de l’autre, en son milieu, une petite empreinte circulaire, véritable opercule, destiné à tomber au moment de la germination pour laisser sortir la radicule de l’embryon, connue nous l’avons montré au chapitre de la Germination , à propos du Balisier. Cet opercule correspond en effet à une petite fossette dans laquelle cet embryon est placé de manière que son grand axe (si l’on peut parler de grand axe pour une si petite chose) est perpendiculaire à la surface de la graine. Cel e-cr esU reste presque entièrement constituée, comme on le son dans

PALMIERS

la figure 293, qui montre une coupe de la graine de Dattier, par un albumen dur, corné et dont les cellules, à parois très- ■ épaisses, sont gorgées de matières albuminoïdes et de matières ^grasses.

Le Dattier, propre à l’Arabie et au nord de 1 Afrique, est l’arbre par excellence des oasis, celui qui doit, selon le langage imagé des Orientaux, plonger son pied dans l’eau et -sa tête dans le feu du ciel. On le plante comme marbre d’ornement, en Corse, en Sardaigne, idans le nord de l’Italie, aux îles Ioniennes et dans la Grèce septentrionale. Mais dans ces contrées il ne mûrit pas, ou ne mûrit qu’ini complètement.

Le tronc du Dattier fournit par incision un liquide sucré, nommé lait de Palmier, qui,

; après avoir subi la fermentation, prend une . saveur vineuse. Distillé, ce liquide fournit un ; alcool de très-bon goût. Le stipe du même . arbre procure aux indigènes leur combustible et leur bois de construction. Ses feuilles sont employées pour la couverture des maisons, et les nègres confectionnent avec ses folioles des paniers, des nattes, des cnapeaux, etc.

Le cadre de cet ouvrage ne nous permet pas de présenter l’histoire des diverses espèces de Palmiers, si nombreuses et si intéressantes au triple point de vue de leur structure, de leur beauté, de leur utilité. Nous nous bornerons à signaler quelques espèces remarquables entre toutes par leurs formes.

Le Cocotier (Cocos nucifera) habite toute la zone torride et se plaît au voisinage des mers. Il s’élève à la hauteur de 30 mètres, et se couronne d’un chapiteau de feuilles pennées, c’est-à-dire en forme de plume, longues de 6 mètres. Son fruit est une drupe, grosse comme la tête d’un homme, à mésocarpe fibreux, à endocarpe osseux. La graine est presque entièrement formée d’un albumen à chair blanche et ferme à l’intérieur; le centre de cet albumen est occupé par une liqueur claire, agréable, rafraîchissante, une sorte de lait végétal. On retire du Cocotier une huile fixe qui sert à l’éclairage et à la préparation des aliments.

Fig. 293.

Graine du Dattier.

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Toutes les autres parties du Cocotier sont utiles à l’homme, soit pour le vêtir, soit pour l’abriter.

Nous emprunterons à un ouvrage moderne le récit, allégorique ou réel, qui va suivre, et qui donne, sous une forme assez piquante, une idée du parti infiniment varié que les habitants : des contrées chaudes de l'Amérique tirent du Cocotier et de ses produits :

« Un voyageur parcourait ces pays situés sous un ciel brûlant, où la fraîcheur et l’ombre sont si rares, et où l’on ne trouve qu’à des distances considérables quelque habitation où l’on puisse goûter un repos que la fatigue de la route rend si nécessaire. Accablé et haletant, ce pauvre voyageur aperçoit une cabane entourée de quelques arbres au tronc droit, élevé et surmonté d’un gros bouquet de feuilles très-grandes, dont les unes relevées et les autres pendantes avaient un aspect élégant et agréable. Rien d’ailleurs, autour de cette cabane, n’annonçait un terrain cultivé. A cette vue qui ranime ses espérances, le voyageur rassemble ses forces épuisées, et bientôt il est reçu sous ce toit hospitalier. Son hôte lui offre d’abord une boisson aigrelette, qui le désaltère et le rafraîchit. Lorsque l’étranger eut pris quelque repos, l’Indien l’invita à partager son repas ; il servit divers mets contenus dans une vaisselle brune, luisante et polie; il servit aussi du vin d’une saveur extrêmement agréable. Vers la fin du repas, il offrit à son hôte des confitures succulentes, et lui fit goûter d’une fort bonne eau-de-vie. Le voyageur étonné demanda à l’Indien qui, dans ce ; pays désert, lui fournissait toutes ces choses. — « Mes Cocotiers, lui ré- . pondit-il. L’eau que je vous ai offerte à votre arrivée est tirée du fruit ] avant qu’il soit mûr, et il y a quelquefois des noix qui en contiennent trois ou quatre livres. Cette amande d’un si bon goût est le fruit dans sa maturité ; ce lait, que vous trouvez si agréable, est tiré de cette amande ; ce chou , si délicat est le sommet d’un cocotier ; mais on ne se donne pas souvent ce , régal, parce que le cocotier dont on a ainsi coupé le chou meurt bientôt . après. Ce vin dont vous êtes si content est aussi fourni par le cocotier ; on fait pour cela des incisions aux jeunes tiges des fleurs ', il en découle une liqueur blanche, qu’on recueille dans des vases, et qui est connue sous le nom de vin de palmier. Exposée au soleil, elle s’aigrit et donne du vinaigre. Par la distillation, on en obtient celte bonne eau-de-vie que vous avez goûtée. Ce même suc m’a encore fourni le sucre pour ces confitures que j’ai faites avec l’amande. Enfin toute cette vaisselle et ces ustensiles qui nous servent à table ont été faits avec la coque des noix de cocos. Ce n est pas tout : mon habitation elle-même je la dois tout entière à ces arbres pré cieux ;leur bois a servi à construire. ma cabane, leurs feuilles sèches et tressées en forment le toit; arrangées en parasol, elles me garantissent du soleil dans mes' promenades; ces vêtements qui me couvrent sont tissus avec les filaments de ces feuilles ; ces nattes qui me servent à tant d’usages

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