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CONIFÈRES

Les Pins sont des arbres à feuilles alternes, simples, roides et allongées, persistantes et fasciculées par deux, trois ou cinq. Chacun des fascicules est un petit rameau dont l’axe est trèscourt et dont les feuilles inférieures sont transformées en

FAMILLES NATURELLES

gaîne. Ces végétaux habitent les contrées froides des deux continents, où ils forment de vastes forêts. Ils sont monoïques, c’est-à-dire portent sur le même pied des fleurs mâles et femelles. Les fleurs mâles se composent d’un axe floral, le long duquel sont insérées des étamines en nombre considérable. Ces étamines offrent un court filet et une anthère a deux loges s ouvrant en dehors par deux fentes longitudinales. Cette anthère est surmontée d'un connectif dilaté en façon de languette. Les fleurs femelles sont disposées en chaton, et se composent chacune d’un ovaire privé de style et de stigmate, étalé en façon d’écaille et portant à sa face interne deux ovules orthotropes suspendus Les figures 295 et 296 représentent les fleurs mâles et femelles

Fig. 295. Fig. 296. Fig. 297.

Fleur mâle du Pin sylvestre. Fleur femelle du Pin sylvestre. Fruit du Pin.

du Pin. Quand ces fleurs ont mûri, les écailles deviennent dures, ligneuses, épaissies en massue à leur sommet. Elles forment alors ce fruit composé, ce cône, qui a donné son nom à la famille tout entière des Conifères. La figure 297 représente le cône du Pin. Les écailles du cône du Pin finissent par s’écarter; les graines qu’il renferme peuvent alors s’échapper et tomber sur le sol, pour la reproduction de l’espèce.

Fig. 298. Pin sylvestre.

CONIFERES.

Nous citerons parmi les espèces de Pins à feuilles géminées, le Pin sylvestre (fig. 298), le Pin maritime, le Pin pignon, dont les graines sont comestibles, le Pin de Corse; et parmi les espèces à cinq feuilles, le Pin du lord, qui peut atteindre jusqu’à 60 mètres de hauteur.

Les Sapins ne diffèrent des Pins que par leur cône, qui est muni d’écailles amincies, arrondies au sommet, non épaissies en massue, et par leurs feuilles éparses ou distiques. Tels sont le Sapin pectine , dont les bourgeons sont employés en médecine et dont on retire l’essence de térébenthine; le Sapin élevé, vulgairement connu sous le nom d 'Epicéa, dont le bois est estimé pour les constructions, et dont on extrait, par incision, une résine nommée galipot, poix-résine, poix de Bourgogne.

Les Mélèzes ( Larix ) diffèrent des Sapins en ce que leurs feuilles naissent par fascicules de bourgeons écailleux et deviennent ensuite solitaires et éparses par suite de l’allongement du bourgeon; l’imbrication des écailles du cône est très-lâche. Les feuilles de Mélèze persistent pendant un hiver.

Le Mélèze d’Europe atteint une hauteur de 30 à 35 mètres. Son bois est rougeâtre, d’un tissu plus serré, d’une durée plus considérable que celui du Sapin. Des fentes de son écorce suinte une térébenthine très-pure, qui est employée dans les arts et dans la médecine.

Les Cèdres se distinguent des Mélèzes en ce que leurs feuilles persistent pendant plusieurs années après l’allongement du bourgeon et que les écailles du cône sont plus étroitement imbriquées. Le Cèdre du Liban (tig. 299), arbre d’un aspect plein de grandeur, étend à 40 mètres au-dessus du sol ses longs bras horizontaux. Sur le revers de l’Atlas, au nord de l’Afrique, et dans les contrées tempérées de l’Asie, le Cèdre forme des forêts immenses, du plus majestueux et du plus imposant aspect.

Toutes les plantes dont nous venons de parler appartiennent à une vaste section de la famille des Conifères, désignée sous le nom d ’Abiétinées, et offrent un grand nombre de caractères essentiels communs. Les arbres que nous avons maintenant à signaler, les Thuya, les Ifs , les Genévriers, s’éloignent, sous beaucoup de rapports, de la tribu des Abiétinées.

FAMILLES NATURELLES

Les Thuya sont des plantes monoïques. Leurs fleurs mâles se composent d’un axe floral filiforme, sur lequel s insèrent de nombreuses étamines, qui ressemblent à des clous portant au-dessous de leur tête quatre anthères uniloculaires. Les fleurs femelles sont disposées en chaton, dont chaque écaille porte deux ovules orthotropes dressés. Ceux -ci deviennent bientôt charnus et se soudent entre eux. Mais à la maturité, ils se dessèchent, se dessoudent, et s’écartent, pour mettre en liberté les graines. Les Thuya sont des arbres verts, à rameaux comprimés, à très-petites feuilles imbriquées et serrées.

Les Cyprès se rapprochent beaucoup des Thuyas; ils s’en distinguent essentiellement par le grand nombre de graines qui se pressent à la base de chaque écaille.

Les Ifs sont des arbres à feuilles rapprochées, presque distiques, linéaires, aigués, d’un vert foncé en dessus, et à fleurs dioïques. Les fleurs mâles se composent d’un axe floral allongé, le long duquel s’insère un nombre variable d’étamines. Elles ressemblent à des clous dont le connectif serait la tête. A la face inférieure de ce connectif sont adossées six à huit anthères biloculaires, disposées circulairement autour du filet. Les Heurs femelles, solitaires et ceintes de bractées imbriquées, se composent d’un ovule sessilc, au centre d’un disque très-developpé. A la maturité, ce disque devient charnu, et forme une petite cupule d’un rouge vif qui enveloppe lâchement la graine. L arbre semble alors couvert de petites cerises.

Le Genévrier commun ( Juniperus communis ) est un arbrisseau indigène, à feuilles verticillées par trois, étalées, roides, et presque épineuses. Cet arbre est monoïque. Les écailles du chaton femelle, au nombre de six, présentent ce fait curieux qu’elles deviennent charnues et constituent par leur soudure une sorte de baie sphérique, noirâtre ou bleuâtre, contenant ordinairement trois graines osseuses. Dans quelques contrées du nord de l'Europe on fait fermenter ces fruits, et l’on en retire une espèce d’eau-de-vic connue sous le nom de pin. Le Juniperus Virginiana, nommé aussi Cèdre rouge, offre un bois odorant , léger, avec lequel on fabrique les petits cylindres dans lesquels on renferme le graphite de nos crayons.

Fig. 299. Cèdre du Liban.

BÉTULINEES.

BÉTULINÉES

Le Bouleau et l’aune constituent la petite famille des Bétulinées.

V Autre glutineux (fig. 301), qui habite le bord des eaux et les lieux marécageux des bois, a des feuilles presque orbiculaires, souvent tronquées au sommet, crénelées, dentées, coriaces, glabres, d’un vert sombre en dessus, d’un vert pâle en dessous, couvertes, dans leur jeunesse, d’un enduit collant. Cet arbre est monoïque. Dès le mois de février, et avant l’apparition des feuilles, il laisse pendre des chatons cylindriques allongés, composés de fleurs mâles, et il dresse vers le ciel des chatons ovoïdes, composés de fleurs femelles.

A l’aisselle de chaque écaille du chaton mâle, on compte trois

Bractée portant deux fleurs femelles.

Fig. 300. Fleurs de l’Aune.

fleurs, une médiane et deux latérales. Ces trois fleurs se composent chacune d’un périanthc à quatre divisions (fig. 300) et de quatre étamines opposées à ces divisions, à anthères biloculaires s’ouvrant en dehors par deux fentes longitudinales. Elles sont entourées, indépendamment de l’écaille du chaton, par quatre autres écailles secondaires, dont deux sont à droite et deux à gauche.

Chaton mûr.

Bractée portant trois fleurs miles.

Fleur mile isolée

278 FAMILLES NATURELLES

A l’aisselle de chaque écaille du chaton femelle on observe

Fig. 301 . Auno.

quatre

écailles secondaires et deux fleurs. Chacune de ces deux

ULMAGEES.

fleurs se compose seulement d’un pistil, dont l’ovaire libre est surmonté d'un style court, divisé en deux branches stigmatiques. L’ovaire présente deux loges; dans chaque loge est suspendu un ovule anatrope. Les chatons fructifères sont en forme de cônes de Pin, à écailles persistantes, horizontales, étroitement juxtaposées et rendues cohérentes par une substance résineuse, s’écartant à la fin pour laisser échapper les fruits. Ces fruits sont comprimés, entourés de chaque côté d’une bordure coriace subéreuse; ils sont uniloculaires et ne renferment qu’une graine.

Les Bouleaux ( Betula alba) sont, comme les Aunes, des arbres monoïques. Leurs feuilles sont alternes, pétiolées, ovales, acuminées, dentées ou doublement dentées, vertes et luisantes en dessus, à face inférieure d’un vert pâle, glabre. Ce sont des arbres à tronc droit, à épiderme lisse, d’un blanc satiné, qui se détache facilement par lames circulaires, à rameaux flexibles, déliés et retombants.

Les Bouleaux fleurissent au mois d’avril. La couleur blanche de leur écorce produit, au milieu des forêts, les plus heureux effets de contraste avec les couleurs sombres des troncs des Chênes et des Ormes.

ULMACÉES.

L'Orme champêtre (Ulmus campest ris), vulgairement connu sous le nom d 'Orme commun (fig. 302), croît dans les bois montueux. On le plante fréquemment au bord des chemins et dans les promenades publiques. C’est habituellement un grand arbre, à tige nue, à cime abondamment fournie, conique, formée de fortes branches ascendantes, terminées par des rameaux rapprochés, garnis de.ramules serrés et régulièrement distiques. Ses feuilles sont alternes, munies de deux stipules caduques, ovales, aiguës, irrégulièrement obliques à la base, doublement dentées, ordinairement pubescentes et rudes. Elles ne paraissent qu 'après les

280 FAMILLES NATURELLES

fleurs, qui sont rougeâtres et disposées en fascicules sessiles

Fig. 302. Orme.

Chaque fleur, toujours dépourvue de corolle, se compose

CUPULIFÈRES.

d’un calice cà quatre ou cinq lobes , de étamines opposées à ces lobes, à anthères biloculaires, s’ouvrant en dehors par deux fentes longitudinales, et d’un ovaire libre, à deux loges , contenant un seul ovule anotrope. Le fruit de l’Orme, ou samare (fig. 303), est sec, comprimé, largement ailé, membraneux dans toute sa circonférence, échancré au sommet, indéhiscent et uniloculaire.

Le tronc à bois dur et serré de l’Orme fournit le meilleur bois de chauffage.

quatre à cinq

Fig. 303.

Samare ou fruit de l’Orme.

CUPULIFÈRES.

Le Coudrier ( Corylus avellana) est un arbrisseau monoïque ordinairement assez élevé. Il est commun dans les bois, les taillis, les buissons; on le plante souvent dans les haies et les jardins. Ses rameaux sont dressés, effilés, flexibles, à feuilles simples, alternes, doublement dentées, quelquefois superficiellement lobées, accompagnées de deux stipules caduques. Les fleurs m-Ues sont en chatons pendants, disposés 1 à 3, h l'extrémité des rameaux, ou sur des ramuscules latéraux courts. Ces chatons commencent à paraître vers la fin de l’automne, avant la chute des feuilles, et fleurissent à la fin de l’hiver, avant le développement des feuilles nouvelles. Les fleurs mâles, contenues entre deux petites écailles, ont cinq étamines, à anthère uniloculaire, s'ouvrant en dehors. Les fleurs femelles se composent d’un calice, à limbe très-petit, denticulé, et d’un ovaire infère, à deux loges, contenant chacune un ovule anatrope suspendu. Cet ovaire est surmonté de deux longs styles, d’un rouge vif. A. l’époque de la fructification, l’involucre a pris un grand développement, il est devenu foliacé, un peu charnu et campanulé à la base, ouvert au sommet, et contenant un fruit (noisette) qui est un akène par suite de l’avortement de l’une des loges et de l’ovule qu’elle renferme. La graine à testa membraneux, mince, contient sous un mince tégument un embryon

282 FAMILLES NATURELLES

dépourvu d'albumen, à cotylédons plans d’un côté et convexes de l’autre.

Le Charme commun ( Carpinus betulus ) est un arbre de taille moyenne, à écorce d’un gris cendré, lisse, mince. 11 fleurit avec les premières feuilles, en avril et mai. Ses fleurs mâles sont disposées en chatons cylindriques, dont les écailles imbriquées protègent directement de six à vingt étamines à filets courts, bifurqués, à anthères unilobées, barbues au sommet. Les fleurs femelles, disposées en façon de grappes dont les bractées extérieures caduques portent chacune deux involucres uniflores, présentent une structure très-analogue à celle des fleurs du Coudrier. 11 en est de même du fruit, qui est accompagné d'une cupule foliacée, veinée, réticulée, à trois lobes, dont le moyen est beaucoup plus grand que les deux autres.

L’importance principale du bois de Charme est dans sa puissance calorifique. C’est un excellent bois de chauffage. On l’utilise dans l’industrie pour la fabrication d’outils divers et de certaines pièces de machines qui, ayant à subir des frottements, doivent offrir une grande dureté.

Les Chênes ( Quercus ) sont des arbres monoïques , à feuilles alternes, simples, accompagnées chacune de deux stipules caduques. Les fleurs mâles sont disposées en chatons filiformes, grêles, interrompus et pendants (fig. 304). Chaque fleur présente un calice à six ou huit divisions, libres, inégales, frangées, et un nombre égal d’étamines opposées, à anthères biloculaires, s’ouvrant en dehors par deux fentes longitudinales. La fleur femelle (fig. 305) se compose d’un ovaire infère, surmonté d’un périanthe à trois ou six divisions, et d’un style court, qui se divise en trois branches stigmatiques. Elle est, en outre, entourée d’une sorte de petite coupe, ou cupule , formée par un repli du pédoncule sur lequel sont insérées un grand nombre de petites bractées imbriquées. Son ovaire présente trois loges, et dans chaque loge sont deux ovules anatropes. A la maturité deux de ces trois loges ont avorté avec leur contenu. Le fruit, que l’on désigne sous le nom de gland (fig. -306), de forme ovoïde ou oblongue, ombiliqué au sommet, à péricarpe coriace et luisant, devient, de cette façon, uniloculaire et monosperme. Cette graine présente sous ses téguments un embryon dépourvu d’albumen, dont les cotylédons,

CUPULIFERES.

convexes en dehors, plans en dedans, sont charnus et farineux. Le fruit est enveloppé à sa base par la cupule dont nous avons parlé plus haut, indurée et ligneuse.

Le genre Chêne appartient presque exclusivement à l'hémisphère boréal, dont il habite les régions tempérées, ainsi que les

Fig. 305. Fleur femelle du Chêne. Fig. 30i>. Fruit du Chêne.

hautes montagnes des contrées équatoriales. Les espèces qu’il renferme sont nombreuses et difliciles à distinguer. C’est au

FAMILLES NATURELLES

genre Chêne que se rapportent les arbres les plus majestueux de nos forêts, à tige robuste et à ramification puissante.

Le Quercus sessiliflora (Chêne, Chêne rouvre , Rouvre), représenté par la fig. 307, est un arbre de port et de taille variables, à feuilles pétiolées, oblongues, à peu près ovales, sinuées, à pédoncule fructifère plus court que les pétioles, à fruits arrivant à maturité dans l’année même de l’apparition des fleurs qui les ont produits.

Le Quercus pedunculata, ou Chêne pédonculé, est un arbre ordinairement très-élevé, pouvant atteindre 30 à 35 mètres et une énorme circonférence, grâce à sa puissante longévité. Ses feuilles sont brièvement pétiolées ou presque sessiles. Les pédoncules ructifères sont très-longs et les fruits mûrissent, comme ceux de l’espèce précédente, l’année même de l’apparition des fleurs qui les ont produits.

Le Quercus cerris, assez rare et disséminé en France, est remarquable par les écailles de sa cupule, qui sont linéaires, recourbées en dehors et contournées dans leur moitié supérieure. Dans cette espèce, les fleurs femelles restent stationnaires pendant une année à partir de leur apparition et ne complètent leur évolution qu’à l’automne de la deuxieme année.

Le Quercus ilex (Yeuse, Chêne vert ) est un arbre de 15 à 18 mètres de hauteur, dont les feuilles sont luisantes en dessus, grises ou blanchâtres et tomenteuses en dessous, dont les fruits sont sessiles ou portés par des pédoncules courts, tomenteux, à cupule tuberculeuse, écailleuse, cotonneuse. Il croît dans les lieux arides et découverts de la France méridionale. C’est un combustible de premier ordre. Le boisd 'Yeuse est employé, en outre, dans les constructions navales, la menuiserie et l’ébénisterie.

Le Quercus suber (Chêne-liège), dont nous avons déjà parlé au chapitre de l’Écorce, est assez voisin de l'Yeuse. Ses feuilles persistent jusqu’à la fin de la deuxième et même de la troisième année. C’est, comme nous l’avons dit, la partie subéreuse, très développée, de son écorce, qui produit la substance désignée sous le nom de liège. Il croît sur les coteaux ou sur les montagnes de moyenne élévation, et s’écarte peu du bassin de la Méditerranée. Limité à quelques contrées du midi de la France, le Chêne-liège est l’essence dominante des forêts de l’Algérie. Il y constitue, seul ou mélangé, des bois d une grande étendue.

Fig. 3o7. Chèr.e (Quercus sessiliflorny

ARTOC ARPÉES.

Le Quercus cocci fera (Chêne du kermès ) est un arbrisseau loufl'u de 2 à 3 mètres, à feuilles persistantes, petites, oblôngues, cordées, dentées épineuses, vertes et glabres, commun dans les lieux secs, pierreux et sablonneux de la région méditerranéenne. C’est sur ce petit Chêne que vit le kermès, insecte hémiptère, dont on retirait une belle teinture écarlate avant l’introduction en Europe et l’emploi de la cochenille du Cactus nopal.

Le Hêtre ( Fagus sylvatica ) est une des essences forestières les plus répandues et les plus importantes. 11 atteint de grandes dimensions et peut s’élever jusqu’à 40 mètres. Sa tige, droite et circulaire, demeure apparente jusqu’à l’extrémité de sa cime. Elle est quelquefois nue sur une longueur de 20 mètres au-dessous des branches principales. Ses feuilles pétiolées, ovales ou ovales oblongues, ordinairement aiguës ou acuminées, lâchement dentées ou sinuées, ondulées, coriaces, d’un beau vert, à nervures saillantes, ciliées, soyeuses au bord, sont alternes et accompagnées de deux stipules brunâtres. Les fleurs, qui sont unisexuées, paraissent en môme temps que les feuilles. Les fleurs mâles sont disposées en chatons globuleux, longuement pédoncirlés, pendants, à écailles très-petites, caduques. Les fleurs femelles sont enveloppées, au nombre de deux ou trois, dans un involucre commun à deux lobes, recouvert à l’extérieur d’une foule de filaments. Le fruit porte le nom de faîne. La graine contient un embryon sans albumen, dont les cotylédons sont irrégulièrement plissés en dedans et étroitement cohérents. L’huile qu’on retire de cette graine est comestible et bonne pour l’éclairage.

Le Châtaignier ( Castanea vulgaris ) est un grand arbre à végétation rapide et doué d’une grande longévité. Il peut atteindre une hauteur de 30 mètres, en présentant une circonférence énorme. Ses feuilles sont grandes, pétiolées, oblongues, lancéolées, aiguës, fortement dentées, coriaces, glabres, luisantes, à nervures secondaires parallèles très-saillantes, accompagnées de deux stipules caduques.

Les fleurs sont unisexuées et paraissent après les feuilles. Les fleurs mâles forment de très-petits chatons. Chaque fleur mâle se compose d’un calice à cinq ou six divisions, avec autant ou plus d étamines, à anthère biloculaire, s’ouvrant en dehors. Les

FAMILLES NATURELLES

fleurs femelles sont enveloppées, au nombre de deux à cinq, dans un inVolucre commun quadrilobé, soudé extérieurement avec des bractéoles nombreuses, linéaires, inégales. Chaque fleur femelle se compose d’un ovaire infère, surmonté d’un limbe calicinal à 5 à 8 lobes et d’un nombre égal de styles. Il renferme un pareil nombre de loges contenant deux ovules anatropes. A l’époque de la maturité, qui arrive en septembre ou octobre, l’involucre est épais, coriace, chargé en dehors d’épines vulnérantes, fasciculées, et renferme 1 à 5 fruits uniloculaires par avortement, connus sous le nom de châtaignes. Le péricarpe en est coriace et fibreux, tomenteux à la face interne. La graine, sous un tégument membraneux, contient un embryon sans albumen, dont les cotylédons sont volumineux, plissés, à fissures plus ou moins profondes, et, comme on le sait, farineux.

La châtaigne est le principal produit que l’on demande à cet arbre utile. Ce fruit fait la base de l’alimentation des populations pauvres du plateau central de la France.

Amélioré par la culture, le Châtaignier a donné le Marronnier , dont on connaît un grand nombre de variétés.

ARTOCARPÉES.

Le Figuier ( Ficus carica) est originaire des régions méditerranéennes orientale et méridionale. Il fut introduit et cultivé en Europe dès la plus haute antiquité. On le rencontre fréquemment croissant presque spontanément, dans le midi de la France. Le plus souvent à l’état d’arbrisseau, le Figuier peut aussi devenir un arbre de 4 à 5 mètres de hauteur. Les feuilles varient de forme sur le même individu. Elles présentent ordinairement de 3 à 7 lobes, inégaux et obtus. Les fleurs sont unisexuelles et placées sur les parois internes d’un réceptacle commun, percé à son sommet d’une petite ouverture, que protègent un grand nombre de bractées imbriquées. Les fleurs mâles ont un calice à 3 sépales, et 3 étamines opposées à ces sépales, à anthères biloculaires s’ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales. Les '

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