G ANN AUI NE ES
fleurs femelles ont un calice formé de 5 sépales et un pistil composé d’un ovaire supère, surmonté d’un style qui se divise en deux branches stigmatiques. Cet ovaire est uniloculaire et renferme un seul ovule. Le fruit (pour le botaniste — car pour les gens du monde le véritable fruit est ce réceptacle épaissi, charnu et succulent qui constitue la Figue), —le fruit, disonsnous, est un akène, et la graine contient, sous ses téguments, un albumen charnu, dans lequel est un embryon recourbé.
CANNABINÉES.
Le Chanvre (Cannabis sativa) (fig. 308 et 309) paraît originaire
Fig. 308. Chanvre mile.
de la Perse; mais il est depuis longtemps acclimaté dans l’Europe entière. Tout le monde sait que l’un des éléments de son
290 FAMILLES NATURELLES
écorce, la fibre libérienne, rend cette plante éminemment précieuse pour l’industrie humaine Le Chanvre est une plante dioïque, herbacée, annuelle, à feuilles inférieures opposées. Les feuilles supérieures, souvent alternes, j sont profondément découpées en 5 à 7 segments lancéolés, acuminés ou linéaires, fortement dentés, rudes, d'un vert pâle en dessous; deux stipules latérales les accompagnent. Les fleurs mâles, disposées en grappe, se composent d’un calice à 5 divi-
sions et de 5 étamines opposées à ces divisions, à anthères biloculaires s’ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales. ; Les fleurs femelles disposées en glomérules axillaires, feuillus, j présentent Un calice formé par deux divisions et un pistil composé d’un ovaire supère, surmonté d’un style court et de stigmates filiformes, très-longs. L’ovaire, uniloculaire, renferme un seul ovule. Le fruit est un akène. La graine, sans albumen, renferme un embryon plié sur lui-même.
C’est avec une autre espèce de Chanvre, le Cannabis indica,(] ue \
CANNA BINÉES.
| les Indiens font une liqueur enivrante connue sous le nom de Haschich. Les Orientaux en font un abus déplorable.
Le Houblon ( Humulus lupulus ), plante vivace, ù tiges volubiles, à feuilles opposées, lobées en forme de palme, appartient à la même famille que le Chanvre. On le trouve en Europe, dans les haies, sur le bord des rivières. Le Houblon est cultivé en France, en Belgique, en Angleterre et en Allemagne. Les fleurs femelles sont disposées en épis, compactes, ovoïdes, figurant des cônes ù la maturité par le développement des sépales et des bractées. Les fruits, ou akènes, sont recouverts d'une poussière granuleuse, i d un jaune verdâtre ou d’un jaune d’or, très-odorante, qui contient le principe actif que les chimistes ont nommé lupulin.
Les cônes de houblon servent à la fabrication de la bière. Ils j: sont toniques et un peu narcotiques.
SALICINÉES.
Les Saules et les Peupliers constituent cette petite Amiille.
Les Saules présentent un grand nombre d’espèces, dont la taille varie depuis celle d’une plante herbacée jusqu’à celle d’un grand
■ aibie. La plupart croissent au bord des eaux et forment des oseraies, que 1 on exploite à de courtes périodes, ou que l’on cultive en têtards. Les Saules abondent dans les régions tempérées; ils décroissent sensiblement en nombre vers le midi de 1 Europe et dans l’Algérie. Ils servent à consolider les bords des cours d’eau et des rivières, ainsi que les travaux d’endiguement.
■ Le Saule fournit au vannier les matières que cet artisan met en
• œuvre.
Par les grandes dimensions qu’il peut acquérir, le Saule blanc (fig. 310) est l’espèce la plus importante du genre. Il forme
• des oseraies et des têtards très-productifs.
Le Saule pleureur ( Salix babylonien ), que nous avons déjà figuré page 76, est particulièrement recherché pour la longueur, la
1 flexibilité et les courbes de ses rameaux, qui lui donnent une physionomie d’une grâce mélancolique. Sa patrie est inconnue. Nous ne possédons que l’individu femelle
292 FAMILLES NATURELLES
Le Saule réticulé est un petit arbrisseau étalé, couché, de 1 à -2
Fig. 310. Saule blanc
décimètres seulement, qui croît dans les Alpes et les Pyrénées Le Saule herbacé est un très-petit sous-arbrisseau, à tige sou-
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SALIGIN EES.
terraine, rampante, émettant des rameaux presque complètement herbacés. Il habite les Hautes-Alpes, les Pyrénées, le mont Dore en Auvergne.
Les Saules sont dioïques. Leurs fleurs sont en chaton et soli-
daires, à l’aisselle de chaque écaille du chaton. Elles sont dépourvues d’enveloppes. Les ligures 311 et 312 représentent les cha-
Fig. 313. Fleurs mâles du Saule blanc. Fig. 314. Fleurs femelles du Saule blanc.
tons mâles et femelles du Saule; les ligures 313 et 314 montrent les fleurs isolées
Les Peupliers sont très-voisins des Saules, et ne s’en distinguent, quant à la fleur, que par un plus grand nombre d’étamines, qui sont insérées à la face interne d’une sorte de godet.
FAMILLES N AT U H ELLES
Fig. a 1 5. peuplier blanc.
Nous citerons parmi ces ; grands végétaux : Le Peu- 1 plier noir ( Populus ni- 1 gnt), vulgairement nom? ' mé Peuplier misse. — Le 1 Peuplier blanc ( Populus alba) ( Ypréau , Blanc de Hollande ), bel arbre cime ample et fournie, à feuille remarquable par son extrême blancheur en dessous, surtout sur les rejetons et sur les pousses les plus élevées. La ligure 315 représente cette espèce.
— Le Tremble ( Populus t mutila ), la seule espèce véritablement forestière du genre, de moyenne taille, à feuilles très-, mobiles, à cause de la longueur, de la gracilité et de l'aplatissement du pétiole. — Le Peuplier pyramidal, originaire du Caucase et de la Perse, qui fut apporté d’Italie en France en 1749, si remarquable par des branches dressées qui naissent presque de la base du tronc et forment ensemble une cime longue, étroite, pyramidale; on ; ne connaît que l’individu mêle.
•LA N TE S DICOT Y LËDON ES MONOPËTA L ES .
CAMPANULACEES.
La Campanule carillon (fig. 316) qui, par ses grandes corolles é| nouies plusieurs à la lois, ligure l’ensemble de cloches que l’on nomme carillon, est une plante du midi de l’Europe. Sa tige est droite, rameuse supérieurement, àfeuilles sessiles, ovales lancéolées, irrégulièrement crénelées,
• dentées, à fleurs inclinées, disposées engrappe lâche.
Ses fleurs sont régulières
■ et hermaphrodites. Le calice se compose de 5 sépales. La corolle campanu-
• léc est divisée dans sa partie supérieure en 5 lobes,
; alternes avec les sépales.
Les étamines sont au nombre de 5, libres et non : insérées sur le tube de la corolle ; leurs anthères sont biloculaires, et les i filets sont aplatis et élar-
gis inférieurement, pour
Fig. 316. Campanule carillon.
embrasser lovaire. Le pistil se compose d’un ovaire infère, sui monté d un style, divisé en 5 branches stigmatiques. L’ovaire
est à 5 loges. Le fruit est une capsule, qui s’ouvre par la base, en 5 petites loges.
296 FAMILLES NATURELLES
Les Campanulacées sont particulièrement cultivées comme plantes d’agrément. Nous citerons comme exemples la Campanule à feuille de pêcher, espèce indigène, doublant par la culture, et que l'on cultive souvent dans nos plates-bandes; — la Campanule pyramidale, dont la grappe s’élève à plus de 1 mètre; — le Miroir de Vénus ( Specularia ), dont les petites corolles, en forme de roue, violettes ou blanches, brillent au milieu de nos blés; — les Jasiones, dont les petites fleurs bleues sont groupées, en tête ; — le Walhembergia à feuilles de lierre, charmante petite plante à fleurs bleues solitaires, longuement pédonculée, à tige filiforme et couchée.
RUBIACÉES.
Cette famille est l’une des plus importantes du règne végétal, par le nombre de ses espèces et les services qu’elles rendent à l’homme. Avant de signaler les plus remarquables de ces espèces, nous donnerons, comme type de cette famille, une idée de la structure florale d’une espèce commune dans nos champs, le Sherardia arvensis (fig. 317).
C’est une petite plante annuelle, à fleurs d’un rose lilas, presque sessiles, disposées en glomérules. Ses fleurs sont hermaphrodites et régulières. Le calice présente 6 dents. La corolle est monopétale, creusée en entonnoir, et divisée en 4 lobes. 11 y a 4 étamines, alternant avec ces lobes, insérées sur le tube corollin, à anthères biloculaires, s’ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales. Le pistil se compose d’un ovaire infère, surmonté d’un style divisé en 2 branches stigmaliques. Dans chacune des loges se trouve un ovule anatrope ascendant. Le fruit se divise en deux akènes, couronnés chacun par trois dents du calice. Sous les téguments de la graine, on trouve un embryon un peu courbé, dans un albumen corné. Les feuilles sont simples, opposées, accompagnées de deux stipules latérales, qui ressemblent assez à des feuilles pour laisser croire qu’il y a 6 feuilles verticillées sans stipules.
A côté des Sherardia se placent quelques genres, comme les Aspérités ( Asperula ), les Gralerons { Galium ), les Garances ( Rubia ).