II A GIN K
des murs ; ces crampons (fig. 13, c) sont de tres-coui tes racines adventives qui servent à. soutenir la plante, niais ne la nouirissent pas.
Il est pourtant une plante dont les crampons, qui s’implantent sur d’autres végétaux, y puisent leur nourriture. La Cuscute (fig. 14), nous donne un exemple de ces plantes parasites dont les crampons forment de véritables racines nourricières.
Fig. 14. Tige à suçoirs tle la Cuscute.
La propriété fondamentale des racines, au point de vue physiologique, c'est de tendre sans cesse à s’enfoncer dans le sol; elles semblent donc fuir la lumière du jour. Cette tendance se remarque dès les premiers moments de l’apparition delà radicule dans une graine en germination. Elle est si prononcée, elie paraît tellement inhérente à la vie de tous les végétaux en général, que si l’on essaye de la contrarier, si par exemple on renverse une plante germante, en la plaçant, pour ainsi dire, la tête en bas, la racine et la tige se retourneront d’elles-mèmes, la tige pour tendre vers le ciel, la racine pour s’enfoncer en terre.
20 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
On peut se convaincre, par une expérience fort simple, de la vocation naturelle des liges pour rechercher et des racines pour fuir la lumière du jour. Dans un appartement éclairé par une seule fenêtre, placez sur du coton que vous ferez flotter sur l’eau d’une écuelle, quelques graines de moutarde en germination; vous verrez les petites racines se diriger vers la partie non éclairée de la chambre, et les figelles s'infléchir, pour aller
à la rencontre des rayons lumineux venant de la fenêtre.
Quelle est la cause qui détermine cette naturelle et invincible tendance des racines vers l’intérieur de la terre?
Les racines veulentelles éviter la lumière, dont l’action leur serait nuisible? Cherchentelles l’humidité? Les deux expériences suivantes répondent à ces deux questions.
Placez des graines sur une éponge humideconlenue dans un tube de verre, et éclairez l’appareil par en bas ; quand la plante aura germé et poussé des radicules et des tigelles, vous verrez, comme le représente la ligure 15, les petites racines descendre vers le bas du tube, et par conséquent se diriger du côté de la lumière, plutôt que de ne pas obéir à leur tendance naturelle. Ce n’est donc pas pour éviter la lumière que les racines s'enfoncent dans le sol, car dans cette expérience c’est précisément
vers la lumière qu elles affluent.
Remplissez de terre une boîte dont le fond soit percé de plu-
Flg. 15.
RACINE
sieurs trous, comme le représente la figure 16; placez des graines de haricot dans ces trous, et suspendez l’appareil en plein air. Les radicules ne monteront pas, pour aller chercher cette terre humide. Obéissant à la loi inilexible qui les sollicite, elles descendront dans l’atmosphère, au milieu de l'air sec, et elles ne tarderont pas à s'y dessécher. Ce n’est donc pas 1 humidité que les racines recherchent.
ng. n>-
On a pensé que l’action de la pesanteur pouvait être pour quelque chose dans la direction des radicules. C’est en effet ce qui paraît résulter des expériences suivantes. >
On a fait germer des graines de haricot placées à la circonférence d’une roue de fer ou de Lois, entourée de mousse, pour maintenir l’humidité des graines, et contenant de petites auges pleines de terre, ouvertes de deux côtés (fig. 17). La roue, mise en mouvement dans le sens vertical par un courant d’eau, décrivait cent cinquante révolutions par minute. En raison de ce mouvement de rotation, qui produisait la force particulière connue en mécanique sous le nom de force centri-
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
l'uge, l’action de la pesanteur était comme annulée, et la graine germante, échappant à l’influence de cette force, était uniquement soumise à la force centrifuge. Or, voici ce qui se produisit. Les petites tigelles qui, dans les circonstances normales, se dirigent vers le ciel, c’est-à-dire en sens inverse de l’action de la pesanteur, se dirigèrent en sens inverse de la force centrifuge, c’est-à-dire vers le centre de la roue.. Les radicules qui, dans les circonstances normales, s’enfoncent dans le sol, c’est-à-dire dans la direction de la pesanteur, se dirigèrent dans
Fig. 17. Roue de Knigth.
le sens de la force qui remplaçait ici la pesanteur, c’est-àdire de la force centrifuge, et se rendirent vers la circonférence de cette roue.
dette curieuse expérience, réalisée pour la première lois par Knight, physicien' anglais, a été répétée et modiflée en France par l’ingénieux naturaliste Dutrochet. Si 1 on remplace la roue verticale par une roue horizontale, la pesanteur agit toujours sur les mêmes points de la graine germante; mais comme celle-ci est soumise en même temps a 1 action de la force centrifuge, deve-
RACINE
loppée par 1g mouvement de la roue, les petites ia< ines suivent une direction intermédiaire entre la verticale, que devrait déterminer la pesanteur, et l’horizontale, que devrait déterminer la force centrifuge. Plus le mouvement imprimé à la roue e^L rapide, plus l’angle que fait la radicule avec le plan de la roue est aigu. Lorsque cet angle est nul, la radicule est horizontale et se dirige en dehors de la roue.
Fig. 18. Koue do Knigth tournantjiorizonlalemcnt.
L’influence de la pesanteur sur la direction des racines est mise hors de doute par ces curieuses expériences.
Il faut pourtant reconnaître que tout n’est pas mécanique dans cette tendance des racines à s’enfoncer dans le sol, et qu’il y a là, sans aucun doute, une véritable faculté organique propre à l’être vivant.
Pour terminer ce qui concerne la racine en général, nous donnerons un aperçu de sa structure et des fonctions physiologiques dévolues à cet organe.
Si l’on rapproche et si l’on compare la coupe transversale de la tige et celle de la racine d’un des arbres de nos forêts, il est facile de constater que la différence entre ces deux parties du végétal, se réduit à peu de chose. A l’extérieur de la racine se trouve l’écorce, semblable à celle de la tige des arbres ; seulement son parenchyme n’est jamais vert. A l’intérieur est un cylindre ligneux, représenté par des fibres, des vaisseaux et des rayons médullaires. Le bois forme donc la partie centrale de la racine, qui est presque toujours dépourvue du genre de vais-
24 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
seaux connus sous le nom de trachées ; ce n’est même que d’après ce dernier caractère que la racine se différencie de la tige, au point de vue de sa structure. En étudiant la tige, dans le chapitre suivant, nous apprendrons à connaître, avec tous les détails nécessaires , ces libres ligneuses , ces rayons médul • laires, etc.
Les racines ne saccioissent que par leurs extrémités. Aussi ces extrémités sont-elles toujours jeunes, toujours formées d’un tissu perméable et mou. C’est dans le voisinage de ces extrémités que se fait l’absorption des liquides ou des gaz destinés à
Fig. 19. Coupe verticale de l’extrémité d’une racine, vue au microscope.
pénétrer, dans l'intérieur du végétal. Cette absorption est facilitée et multipliée par des poils radicaux, lins et allongés. La figure 19 représente la partie terminale d’une racine, vue au microscope. Le véritable siège de l’absorption n’est pas situé, comme on pourrait se l’imaginer, à l’extrémité de la radicule, c'est-à-dire au -point S, mais à une certaine distance de cette extrémité, dans la région représentée sur cette figure par la lettre O.
Les matériaux que la plante puise dans le sol, pour les faire passer dans son organisme, ne peuvent être que des liquides ou
RACINE
des gaz. Les corps solides, quelque atténués, quelque divisés qu’on les suppose, même quand ils sont en suspension dans l’eau, ne sauraient pénétrer dans les canaux infiniment étroits qui s’ouvrent, à l’extrémité des racines. Aussi les substances absorbées par les racines ne peuvent-elles y parvenir qu’à l’état de dissolution dans l’eau. Les plus importantes de ces substances pour la végétation sont des sels de potasse, de soude, de chaux, les composés ammoniacaux, le gaz acide carbonique dissous dans l’eau, etc.
Mais quelle est la mystérieuse force qui détermine l’absorption opérée par les racines des plantes, c’est-à-dire le passage d’un liquide extérieur àtravers un organe déjà gorgé de liquides?
Les botanistes s’accordent aujourd’hui à reconnaître que ce résultat est dû à la triple influence, aux actions successives ou combinées, de Y endosmose, de la capillarité et de l'appel déterminé par les feuilles.
Expliquons-nous.
Prenez une petite ves- Fig’ iü- Ap|,areil d'endosraose-
sie, A (fig. 20), formée d’une membrane animale ou végétale, contenant de l’eau sucrée ou gommée et plongez cette petite vessie dans l’eau pure. Le liquide sucré ou gommé, contenu dans la vessie est plus lourd que l’eau pure qui l’environne. Cette densité inégale détermine aussitôt, au travers des parois de la vessie, un double courant : l’un qui va de dehors en dedans, ou de l’eau pure vers l’eau sucrée; l’autre qui marche en sens inverse. Mais le liquide le moins dense passe plus vite que l’autre, et si l’on adapte
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
à la vessie un tube vertical, B, on voit peu à peu le niveau du liquide s’élever dans le tube. C’est là le curieux effet désigné par les physiciens sous le nom d'endosmose.
Ce phénomène, qui a été étudié avec soin par les physiciens, se voit en action dans les fonctions vitales des plantes. Les extrémités radiculaires des végétaux sont remplies de liquides et de sucs plus lourds que l’eau qui imbibe la terre environnante. Par un phénomène d’endosmose, l’infiltration, ou le passage de cette eau, peut donc s’opérer à travers les minces parois du tissu extérieur; de là cette eau s’élève à l’intérieur des vaisseaux de la plante, comme nous l’avons vue s’élever dans le tube de Yendosmomctre. Ainsi se produit un premier mouvement d’ascension.
Mais la lorce de Y endosmose ne pousserait pas bien avant les liquides extérieurs dans les vaisseaux de la plante. Une seconde force qui intervient ici, active singulièrement la marche ascensionnelle du liquide. Quand un liquide a commencé de pénétrer par endosmose à l’extrémité de la racine, la densité du liquide contenu dans ces extrémités radiculaires étant ainsi diminuée, il se fait un courant de celles-ci dans l’intérieur des racines.
C’est la force connue en physique sous le nom de capillarité qui provoque ensuite l’ascension des liquidés dans les parties plus élevées de la racine. La paroi interne de chaque vaisseau de la racine exerce sur le liquide qu’il contient, un effet de capillarité, en d’autres termes, une attraction, qui détruit une partie de l’effet de la pesanteur, et détermine l’ascension du liquide bien au-dessus du niveau anquel il se serait arrêté dans un tube plus large. Le phénomène de la capillarité s’ajoute donc à l’action de Y endosmose pour favoriser l’absorption des liquides par les extrémités radiculaires.
Lorsque la plante est munie de feuilles, il est une troisième /orce qui vient se joindre aux deux autres pour activer l’absorption. Les feuilles sont le siège d’une évaporation considérable. L’eau disparue en vapeur dans l’atmosphère laisse dans les vaisseaux un vide partiel ; ce vide est tout aussitôt comblé par l’afflux des liquides qui remplissent les racines. Ainsi se produit un appel, une sorte de succion, qui entraîne vers les feuilles
RACINE
un afflux de liquides, afflux auquel l’absorption radiculaire est forcée constamment de suffire.
Ainsi endosmose, capillarité, succion par le haut du végétal, telles sont, les forces physiques qui paraissent jouer un rôle dans l’absorption opérée par les racines. Il faut, en outre, pour expliquer ce grand phénomène de la vie des plantes, faire intervenir une force bien supérieure à toutes ces actions physiques : c’est la force vitale, cette secrète et invincible puissance que Dieu seul accorde et dont il dirige les effets.
TIGE
La tige est Taxe du système ascendant du végétal. Elle est garnie, par intervalles, de nœuds vitaux (yeux) d’où s’échappent des feuilles et des bourgeons, disposés dans un ordre parfaitement régulier. La racine ne présente rien de semblable. Ce caractère permet toujours de distinguer dans l’axe végétal ce qui appartient réellement à la tige de ce qui est propre à la racine.
La tige est la partie des plantes qui, dirigée dans l’air, supporte et produit les branches, les rameaux, les feuilles et les fleurs. (Test à travers son tissu que les liquides aspirés par la racine pénètrent dans l’intérieur du végétal, pour lui servir de sucs nourriciers, pour fournir à son accroissement et à l'entretien de ses fonctions vitales.
La forme, la grosseur, la direction des tiges, dépendent du rôle que chaque plante doit jouer dans la vaste population végétale qui couvre et embellit notre globe. Les plantes qui ont besoin pour vivre d’un air pur et souvent renouvelé, sont portées sur une tige droite, robuste ou élancée. Quand elles n'ont besoin que d’un air humide, plus condensé, plus rarement renouvelé; quand elles doivent ramper sur la terre, ou se glisser dans les broussailles, les tiges sont longues, flexueuses et traînantes. Si elles doivent flotter en l'air, en se soutenant sur des végétaux plus robustes, se suspendre aux arbres des forêts, en festons gracieux, en guirlandes légères, elles sont pourvues de tiges flexibles, grêles et souples, pour embrasser, dans leurs élégantes volutes, le tronc des arbres et des arbrisseaux. Ainsi, la nature façonne les formes extérieures des plantes d’après le rôle qu’elle leur a tracé d’avance, et d’après les fonctions qu’elle leur a assignées.
Rien n'est plus variable que le port des tiges végétales qui,
TIGE
dans leur infinie diversité, nous présentent quelquefois des types accomplis de beauté et d’élégance. La sculpture et le dessin
J*ig* ‘^1 . Tronc de chêne
ont emprunté au tronc de certains arbres les modèles d’une architecture élégante ou majestueuse, dont les types, qui nous
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
Fig. 22. Chaume de Seigle.
sont désignées sous le nom de
ont été transmis depuis l’antiquité la plus reculée, se sont conservés jusqu’à nos jours. L’homme a trouvé dans les formes végétales ses premiers dessins d’ornement, de construction et de décor. La tige du Palmier et du Dattier, les feuilles de Y Acanthe , ont donné le modèle des colonnes majestueuses de l’ordre corinthien; les pampres de la Vigne, les guirlandes naturelles des jeunes plantes grimpantes, ont fourni à l’art ancien les types des dessins d’ornement, qui se sont conservés dans notre architecture moderne. G’estpaiT’imitation de la nature que l’art a pris naissance à son origine, et qu’il s’est perfectionné.
Dans le langage botanique, les tiges des plantes ne sont pas désignées par le même nom. Les tiges des arbres de nos climats, comme le Chêne (fig. 21), portent le nom de tronc.
Les tiges des Graminées, ordinairement cylindriques, presque toujours creuses et garnies de nœuds annulaires, d’où partent les feuilles, chaumes (lig. 22); celles des
TIGE
Palmiers , qui ressemblent à des colonnes couronnées d'un chapiteau de feuilles, se nomment stipes (lig. 23).
Fig. 23. Stipe de Palmier.
ha grosseur et l’élévation des tiges varient beaucoup chez les végétaux, iandis que le tronc de certains arbres exotiques,
32 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
comme le monstrueux Baobab, atteint des dimensions gigantesques, les tiges de plusieurs de nos plantes printanières ont à peine la grosseur d’un fil : telles sont celles de la Saxifrage à trois doigts et de la Brave printanière.
« En traversant le Rio Claro, rivière de la province de Goyas (Brésil), dit A. de Saint-Hilaire, j’aperçus sur une pierre une plante qui n’avait pas plus de trois lignes, et que je pris d’abord pour une Mousse. C’était cependant une espèce d’un ordre supérieur et pourvue d’un appareil reproducteur comme nos chênes et nos hêtres. A côté d’elle, des arbres gigantesques élevaient à cent pieds leûr cime majestueuse. »
selon qu’ellesdurentunan,douxansou davantage, on ditqueles tiges sont annuelles, bisannuelles ou vivaces. Les tiges arborescentes qui vivent un nombre d'années plus ou moins considérable, et forment un bois solide, sont dites ligneuses. Les tiges molles des plantes annuelles, bisannuelles ou vivaces, sont dites herbacées; enfin on nomme succulentes les tiges des Joubarbes, des Cactus, de quelques Euphorbes, etc. La figure 2k représente la tige d un Cactus en Heur.
TI (t K.
Dans un grand nombre de plantes, la lige s’élève terme et droite vers le ciel : on la nomme alors tige dressée. Il en est, au contraire, qui n’ont pas assez de consistance pour se maintenir verticales : elles s'étendent sur la terre, et ne lèvent pour ainsi dire que la tète (liges couchées)- ou bien étant couchées, elles se fixent par des racines adventives (liges rampantes). La ligure 25
Fig. 25. Tige couchée «le la Véronique officinale.
représente la lige couchée de la Véronique officinale. D’autres, comme le Lierre, s’accrochent aux corps voisins à l’aide de crampons, ou bien, comme le Liseron, s’enroulent en spirale autour des arbres. Les premières sont dites grimpantes, les secondes volubiles.
Les tiges volubiles ne s’enroulent pas toutes dans le même sens. La direction de l'enroulement des tiges est invariable pour chaque espèce, et résiste môme aux efforts que l’on fait pour la changer. Les unes, comme le Liseron, si nous supposons qu’elles s’enroulent autour de notre corps, vont de droite à gauche; les autres, comme le Houblon, vont de gauche à droite (lig. 26 et 27).
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
« Les lianes qui produisent dans les forêts primitives les accidents les plus variés, dit A. de Saint-Hilaire, et qui communiquent à ces forêts les beautés les plus pittoresques, sont des plantes ligneuses, les unes grimpantes, les autres volubiles. Ce sont des Bigorna, des Bauhinia, des Cissus, etc., et si toutes ont besoin d’un appui, chacune a pourtant un port qui lui est propre. Quelques lianes ressemblent k des rubans ondulés, d’autres se tordent et décrivent de larges spirales. Elles pendent en fes-
Fig. 26. Liseron.
Fig. 27. Houblon.
tons, serpentent entre les arbres, s’élancent de l’un à l’autre, les enlacent et forment des masses de feuilles et de fleurs où l’observateur a souvent peine à rendre à chaque végétal ce qui lui appartient. »
Ces Lianes des forêts d’Amérique sont bien imparfaitement représentées dans nos climats pur le Lierre , le Chèvrefeuille et la Clématite.
Les tiges dont nous avons parlé jusqu’ici sont aériennes; mais
il en est de souterraines. Le Sceau de Salomon (fig. 28) présente une tige souterraine, épaisse, charnue, blanchâtre, creusée, a sa face supérieure, de cicatrices correspondant à la base d’anciennes tiges aériennes (de lâ le nom de sceau qui est resté à cette plante). Cette tige souterraine se termine, à son extrémité antérieure, par un axe feuillu et florifère placé en arrière d’un
Fig. 28. Sceau de Salomon.
bourgeon terminal, qui se développera l’année suivante. Beaucoup de plantes comme 17m, le Jonc fleuri , le Trèfle d'eau, le Carex, présentent également des tiges souterraines. La figure 29 représente la tige souterraine de 17m germanica.
Ces tiges ont reçu des botanistes le nom de rhizomes. Elles rampent obliquement ou horizontalement sous le sol, et végètent par leur partie antérieure, pendant que leur partie postérieure se détruit peu h peu par l’âge. Ce mode d’existence des tiges souterraines est parfaitement mis en évidence par la figure 30, qui représente la végétation d’un jet de Carex. On y voit un axe horizontal rampant, qui présente à la fois des écailles ou feuilles
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
modifiées, et des fibres radicales, et qui émet, de distance en distance, des pousses feuillues. La pousse 1 n'a qu'un an; au printemps suivant, elle prendra la forme de la pousse 2; l’année
suivante elle donnera des fleurs et des fruits, comme on le voit sur la pousse 3, dont l’évolution signalera le terme de son existence, comme le montre le n° 4.
Une autre sorte de tige souterraine bien remarquable est celle
TIGE
qui forme la partie centrale et essentielle des bulbes , ou oignons. Coupez longitudinalement un bulbe de Jacinthe ou de Lis, vous verrez qu’il se compose d’un plateau charnu, plus ou moins conique supérieurement, tronqué inférieurement, constituant une
Fig. 30. Tige souterraine de Carex ; pousses de trois années.
tige courte, à entre-nœuds très-rapprochés. Ce plateau donne naissance, par sa face supérieure, à des écailles charnues (feuilles modifiées) pressées les unes contre les autres, et h un bourgeon central, formé de feuilles et de fleurs rudimentaires, tandis que de sa face inférieure partent des fibres radicales (fig. 31 et 32).
ORGANOGR APHIE ET PHYSIOLOGIE.
Pans la Jacinthe , les écailles forment des gaînes complètes, qui s’emboîtent les unes dans les autres : son bulbe est tuniqui. Dans le Lis (fig. 33 et 34 ) les écailles, plus étroites, ne se recouvrent qu’à la manière des tuiles d’un toit : son bulbe est écailleux. Dans le Safran (fig. 35 et 36), la tige extrêmement développée, de forme globuleuse ou déprimée, ne porte que quelques écailles minces et membraneuses; son bulbe est solide et superposé.
Le rhizome et le bulbe ne se distinguent que par le plus ou
Fig. 31. Bulbe de Jacinthe. Fig. 32. Bulbe de Jacinthe (coupe verticale).
moins de longueur du plateau et la consistance plus ou moins charnue des feuilles souterraines.
Nous avons maintenant à étudier la structure des tiges chez les différents végétaux. Pour en donner une idée exacte, il nous suffira de considérer : 1° la tige des arbres de nos forêts ; 2° celle des Palmiers; 3° celle des Fougères arborescentes.
Les tiges ligneuses des arbres de nos forêts sont intéressantes
TIGE
à connaître sous plus d’un rapport. La nature a rassemblé tous les moyens pour donner aux arbres la force nécessaire pour résister aux dangers et aux causes de destruction qui les menacent. Leur cime ample et touffue ,1e feuillage énorme qu’ils supportent, l’élévation extrême à laquelle ils parviennent au terme de leur accroissement, les exposent à l’impétuosité des tempêtes de l’air. Pour braver toute la violence des vents, leur tronc devait être d’une solidité inébranlable. La nature les a
construits dans ce but particulier de résistance. Elle accumule, année par année, dans leur intérieur, des couches successives de plus en plus solides. A mesure que le végétal grandit et a besoin d un support plus puissant, elle resserre et consolide davantage ces anneaux intérieurs concentriques qui, par leur réunion,
foi ment le tissu compacte et robuste des arbres de nos forêts.
A son origine, c’est-à-dire au moment où la jeune tige sortie
ORÜANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
de terre commence à s’élever dans l’air, on ne remarque autre chose, à l’intérieur de cette tige, qu'une moelle abondante, entourée de quelques vaisseaux (trachées). Mais à mesure que la plante grandit, des éléments nouveaux s’interposent entre la moelle et l'écorce ; et quand le tronc s’est allongé, fortifié, il
Fig. 35. Bulbe de Safran. Fig. 3ti. Bulbe de Safran (coupe verticale).
présente une structure intérieure assez compliquée, qui assure sa résistance contre les actions du dehors.
Cette structure intérieure du tronc des arbres de nos torêts est l’objet sur lequel il convient d’attirer maintenant l’attention du lecteur.
Un simple coup d’œil jeté sur la section d’une bûche de bois destinée au chauffage permet de reconnaître que la tige des arbres de nos forêts présente trois parties essentielles, qui sont, en allant de dedans en dehors, la moelle, le bois et l’écorce. Examinons de plus près chacune de ces parties intérieures de la tige d’un arbre indigène.
TIGE
La moelle forme une sorte de colonne au centre de l’axe ligneux comme on le voit sur la figure 37, qui représente la coupe horizontale d’un tronc d ’Êmble. Dans les tiges très-grosses et très-vieilles, son diamètre paraît extrêmement petit, et l’on a même longtemps admis que la moelle linit par disparaître complètement du tronc des vieux arbres. Mais il n en est rien. On s’est même assuré, par des mesures exactes, que ce diamètre demeure sensiblement invariable depuis le moment où le jeune
axe ligneux a commencé à se consolider, jusqu’à l’époque de son plus complet développement.
La moelle est formée par une réunion de cellules, selon le terme scientifique. Nous n’avons pas encore prononcé ce nom, qui revient si souvent dans le langage des botanistes; c’est ici le lieu de s’expliquer à ce sujet.
La cellule est l’organe primitif dans toute structure végétale. C’est une sorte de sac, constitué par une membrane transparente. Ce sac est fermé complètement. Tantôt il est vide, tantôt il recèle une matière dans son intérieur. La figure 38 représente des cellules végétales coupées en travers. Elles sont, comme on le voit, de forme à peu près circulaire. Quand les cellules s’accroissent elles se compriment mutuellement, si bien que leur forme, d’abord circulaire, devient polyédrique (lig. 39).
42 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
Ijfi moelle des jeunes arbres, telle qu elle est représentée dans la figure 39, n’est autre chose qu’une agrégation de cellules qui, d’abord de forme sphérique, sont devenues polyé-
Fig. 38.
Fig. 39. Tissu de la moelle centrale.
driques par suite de leur accroissement et de leur compression mutuelle.
Le tissu médullaire paraît de très-bonne heure frappé d’atonie, surtout dans les parties centrales.
Entre la moelle et l’écorce se trouvent des zones concentriques
Kig. 40. Coupe verticale d'un tronc de Chêne de 18 ans (couches ligneuses comprenant le bois et l'aubier).
qui portent le nom de couches ligneuses, et dont l’ensemble forme ce qu’on appelle vulgairement le bois. Si l’on examine une tige de Chêne, de Pommier, de Cerisier, etc., on voit une différence très-sensible entre les couches ligneuses les plus intérieures
TIGE
qui sont plus foncées et d’un tissu plus dense, et les extei ieures qui sont, au contraire, d’une teinte plus pâle et d’un tissu plus mou. Sur la figure 40, qui représente la coupe verticale d’un tronc de Chêne âgé de dix-huit ans, l’aubier est représenté par la lettre A, le bois par la lettre B, l’écorce par la lettre E.
Au centre est la moelle, avec l'aspect étoilé qu’elle présente souvent dans le Chêne. Les rayons médullaires, sur lesquels nous aurons à revenir, sont très-apparents sur cette figure.
On donne le nom d’aubier à l’ensemble des couches les plus extérieures du bois, et celui de cœur du bois, ou duramen, aux plus intérieures. Dans quelques arbres, et notamment dans ceux qui ont peu de dureté, comme le Peuplier, le Saule, le Marronnier, etc., la ligne de démarcation entre le bois et l’aubier est peu sensible. Elle est, au contraire, très-prononcée dans les bois durs. Ainsi, dans Y Ébène, le cœur du bois est d’un noir intense, tandis que l’aubier est blanc; dans l’Arbre de Judée, le cœur est jaune et l’aubier blanc ; dans le Phyllirea , le cœur est rouge et l’aubier blanc.
Les ouvriers qui travaillent le bois savent que l’aubier a moins de solidité que le cœur, et que ce dernier doit être seul employé pour les ouvrages en bois.
Examinées en masses, les couches ligneuses sont d’autant plus dures qu’elles sont plus intérieures. Etudiée isolément, chaque couche est d’autant plus compacte qu’on l’examine plus vers sa partie externe. Au reste, toutes les couches ne sont pas d’une épaisseur égale, ni entre elles, ni dans leurs diverses parties.
L’élément qui domine dans le bois, celui qui lui communique sa dureté, c’est la fibre ligneuse (fig. 41). C’est un élément cellulaire, allongé, terminé en pointe à ses deux extrémités. Les parois des cellules qui le constituent sont très-épaisses, ordinairementsi épaisses que leur cavité intérieure en est fort réduite. Au reste, l’épaisseur et la coloration des fibres varient avec la partie du bois, l’âge de la tige, et l’essence même de l’arbre que l’on considère.
Les fibres ligneuses sont pressées les unes contre les autres,
Fig. 41.
Fibres ligneuses vues au microscope.
44 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
appliquées bout à bout, et comme enchevêtrées de manière à constituer un tissu dit fibreux, très-difficile à entamer lorsqu’on le coupe en travers, mais se divisant très-facilement, au contraire, lorsqu’on l'attaque longitudinalement. Les parois de ces fibres épaisses présentent fréquemment des parties non épaissies qui se présentent sous la forme de ponctuations.
Les fibres ligneuses ne sont pas les seuls éléments constitutifs du bois. Coupez transversalement un rameau de Vigne (plante chez laquelle les éléments dont nous voulons parler acquièrent un volume considérable), et appliquez l’œil à un bout; si le rameau est droit, vous pourrez apercevoir le jour à l’autre bout. Si vous examinez, soit à l’œil nu, soit à la loupe, la surface de section de ce même rameau, vous pourrez reconnaître qu’elle est percée d’un nombre considérable de petites ouvertures, d’inégal volume. Introduisez un cheveu ou un fil très-fin dans une de ces ouvertures béantes, et vous arriverez à faire apparaître ce fil à l’autre extrémité du rameau. 11 existe donc, dans l’intérieur de ce rameau de vigne, des canaux continus. Ces canaux, formés d’une paroi propre, portent le nom de vaisseaux.
Si l’on coupe avec netteté une portion de la surface transversale d’une bûche de Chêne ou d’Orne, on s’apercevra que le bord interne de chaque zone ligneuse présente un certain nombre de petits trous, distincts à l’œil nu ou à l'œil armé d’une simple loupe, et qui sont les orifices de vaisseaux assez volumineux. Dans l’épaisseur de la zone ligneuse les vaisseaux sont beaucoup plus petits et parfois presque indistincts. Si l’on soumet au même examen le bois de Charme, de Tilleul ou d 'Érable, le bord interne de la zone n’est plus occupé par de gros vaisseaux; elle est presque tout entière criblée par les ouvertures de vaisseaux plus petits et plus égaux entre eux, et qui deviennent indistincts vers le bord externe de chaque zone. Ces vaisseaux portent le nom de vaisseaux lymphatiques.
Quelle est la structure de ces divers vaisseaux ? Ils ressemblent à un cylindre qui offrirait, de distance en distance, des étranglements plus ou moins marqués, et des lignes transversales qui les divisent en autant d’articles superposés. A ces étran-
glements, à cos lignes, correspondent parfois, à l’intérieur du vaisseau, des débris de diaphragmes transversaux. En un mot, ces cylindres paraissent formés de cellules mises bout à bout, et dont les cloisons se seraient détruites. Leurs parois extérieures offrent des ponctuations, des raies, des réseaux, souvent du plus bel effet, et qui résultent des inégalités d’épaississement que ces parois ont subi, inégalités qui obéissent à certaines lois de régularité et d’élégance.
La ligure 42 représente les vaisseaux du Melon. D’après l’aspect particulier que présentent leurs tuniques extérieures, qui sont marquées de petits points, de sillons etde raies, on les nomme vaisseaux ponctués elvaisseuux rayés.
Il est une partie spéciale du bois dans laquelle les vaisseaux sont pourtant d’une nature différente de celle que nous venons d’indiquer ici. On les trouve autour de la moelle, dans la portion la plus interne du cercle ligneux, et jamais ailleurs. Ces vaisseaux, avec les fibres peu épaisses qui les accompagnent, ont reçu, et gardé malheureusement, le nom d’étui médullaire.
Il n’y a, en effet, ici qu’une réunion de vaisseaux etaucune sorte d’étui. L’image VaiS8eaux dutV(vaiSseail, Ponc que ce mot rappelle n’est pas de nature tués et vaisseaux rayés du Melon.;
à faire comprendre l’importante modification de structure que nous signalons dans les vaisseaux les plus internes du cercle ligneux. On donne à ces vaisseaux le nom de trachées.
La figure 43 représente, vue au microscope avec un très-fort grossissement, cette partie centrale des arbres, improprement désignée sous le nom d’étui médullaire. On voit les trachées, c’està-dire les vaisseaux dont nous parlons, touchant d’un côté à la moelle, qui est au centre du végétal, et de l’autre aux fibres ligneuses.
lia structure des trachées est bien singulière. Ce sont des sortes
de fibres allongées, plus effilées encore à leurs extrémités. Un croirait au premier aspect que ces vaisseaux sont très-finement rayés en travers et que leur tunique externe est continue ; mais si l’on vient à exercer sur eux la plus légère traction, on les voit se dérouler, comme un ressort à boudin. Ces vaisseaux sont donc formés d’un fil spiral contourné en hélice et à tours
de spire contigus. Tous ces tours de spire sont réunis par une membrane; mais cette membrane est si prodigieusement mince qu’il est difficile d’en retrouver les traces lorsque la spire a été déroulée.
Une dernière particularité à signaler dans la section de la tige d’un arbre de nos forêts est cet assemblage de lignesdivergentes qui portent le nom de rayons médullaires. Il est facile de voir, sur une coupe transversale d’une tige d’arbre, que la masse du bois est traversée par un grand nombre de lignes rayonnantes, qui partent toutes de l’écorce, pour converger vers la moelle. Mais elles n’y arrivent pas toutes; il en est un certain nombre qui s’arrêtent dans des couches plus ou moins profondes, sans atteindre jusqu’à la moelle. Ces lignes rayonnantes résultent de la section transversale de lames cellulaires dont on voit ainsi la , tranche et dont la longueur et l’épaisseur
Fig. 43. Trachées entourées #
de ta moelle et des fibres SOnt \ariableS.
ligneuses. La figure 44 représente les rayons mé-
dullaires d’un tronc de Chêne-liège sur une coupe pratiquée horizontalement.
La figure 45 montre les mêmes organes dans une tige d’ Érable coupée dans le sens horizontal et grossie au moyen du microscope. RM sont les rayons médullaires qui vont du centre à la circonférence de la tige. Les trachées , les fibres ligneuses et les vaisseaux, sont représentés par les lettres T, FL, V, et la moelle par la lettre M
Fig. 45. Rayons médullaires d’un tronc d’Érable, vus au microscope (coupe verticale).
Tandis que les fibres et les vaisseaux ne contiennent jamais de matières nutritives solides, les cellules qui forment, par leur réunion, les rayons médullaires, sont le siège d’une abondante production de petits granules d’amidon.
TIGE. 47
La plupart des arbres sont pourvus de rayons médullaires d’une seule espèce; quelques-uns seulement présentent à la fois des rayons plus épais et des rayons plus minces. Ainsi, dans le
Fig. 44. Rayons médullaires d’un tronc de Chéne-liége (coupe horizontale).
Chêne ou le Charme on trouve à la fois des rayons minces et des rayons épais, tandis que dans les Saules et dans l 'Érable les rayons sont sensiblement égaux.
L’écorce de nos arbres est essentiellement formée des tissus fibreux et cellulaire. Mais il est facile de comprendre combien
O-HGANOUHAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
Il H
sont variées la forme, la disposition et la structure de ces éléments, lorsqu’on considère la variété extraordinaire d’aspect des écorces de nos arbres et la diversité de leurs produits. L’explication de tout ce qui concerne la structure de l’écorce nécessiterait de tels développements et présenterait de telles difficultés, que nous sommes forcé de nous limiter beaucoup sur ce sujet, et de nous borner à indiquer les principaux caractères de l’écorce considérée dans la généralité des arbres de nos climats.
L’épiderme enveloppe, à l’extérieur, l’écorce, comme toutes les autres parties du végétal. Mais son existence est tout à fait temporaire. Cet épiderme est détruit de bonne heure, tant par l’accroissement du végétal que par l’action des agents extérieurs. Mais il n’en est pas de même de la couche sous-jacente, connue sous le nom de suber, et dont les cellules sont de forme cubique, intimement unies entre elles, à parois minces, d’abord incolores et se colorant plus tard en brun.
Dans plusieurs arbres, le suber ne prend que fort peu de développement. Mais il n’en est pas ainsi dans le Chêne-liège. Dans ce bel arbre qui fournit à l’homme un de ses plus importants produits commerciaux, le suber présente un développement extraordinaire : ce n’est autre chose que le liège (en latin suber).
C’est vers l’âge de cinq ans que le suber , qui compose la plus grande partie de l’écorce du Chêne-liège, commence à prendre un accroissement remarquable. Alors toute l’activité de la végétation semble se concentrer sur cette partie de l'arbre. De nouvelles cellules apparaissent à la face interne de la zone primitive, et repoussent au dehors celles qui ont été précédemment formées. Indépendamment de ces cellules, dont l’accumulation successive constitue la masse du liège, il s’eu forme d’autres, plus courtes, plus foncées, en forme de table, oti de lame, qui divisent la masse du liège en zones successives d’accroissement. Cette masse prend peu à peu une grande épaisseur. Si on l’abandonnait à elle-même, elle se crevasserait si profondément quelle deviendrait impropre aux usages auxquels le liège est destiné. Aussi faut-il l’enlever avant qu’elle durcisse et se gerce.
L’écorçage du Chêne-liège n’a aucun inconvénient pour cet arbre si l’on a soin de ménager la partie nouvellement formée du
Fig. 46. Récolte de l’écorce du Chêne-liége.
TIGE
subcr, et par conséquent les couches vivantes et sous-jacentes de l’écorce. Cette opération peut se pratiquer dès que les arbres ont 25 à 30 centimètres de circonférence; elle se fait pendant l’été. On commence par creuser dans l’écorce une entaille longitudinale et plusieurs incisions transversales, distantes les unes des autres de 1 mètre. On bat l’écorce, pour rompre l'adhérence du liège, et on la sépare des tissus sous-jacents, sous la forme de tronçons cylindriques, à l’aide du manche d’une cognée, courbé et aminci à son extrémité (fig. 46).
Le Chêne-liège est un arbre propre aux pays chauds; l’Algérie possède beaucoup de forêts de cet arbre en exploitation. Les récoltes du liège se font ordinairement de huit en huit ans dans chaque forêt.
Le suber repose immédiatement sur une masse cellulaire bien différente. En effet, les cellules qui constituent cette couche sont polyédriques: elles sont plus épaisses et plus lâchement unies. Elles sont colorées en vert. Cette coloration est due à la présence de la chlorophylle, matière propre à tous les organes verts des végétaux, et qui est appliquée à la face interne de la paroi cellulaire. La chlorophylle se présente, à l’état adulte, sous la forme de globules arrondis, très-petits, formés d’une substance albuminoïde et de matière grasse, renfermant quelquefois dans leur intérieur de petits noyaux d’amidon et paraissant pénétrés superficiellement de la matière colorante verte.
Aux trois formations corticales que nous venons de signaler, il faut en ajouter une quatrième, qui porte le nom de liber, et qui paraît généralement formée d’assises composées alternativement d’éléments à parois épaisses et d’éléments à parois minces. Les premières sont des fibres d’un blanc brillant, plus longues et plus grêles que les fibres ligneuses , leurs parois, très-épaisses, sont souvent ponctuées et extrêmement tenaces.
Les fibres du liber rendent à l’industrie des hommes un important service, puisqu’elles fournissent les matériaux des cordages, des fils et des tissus les plus solides. Nous représentons dans la figure 47 les fibres du Chanvre comme exemple vulgaire de l’élément végétal connu sous le nom de liber. Ces fibres sont réunies en faisceaux. Ces faisceaux, disposés en cercles concentriques et fréquemment anasto-
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
mosés entre eux, constituent des couches superposées trèsminces, qui représentent comme une sorte de toile, d’un tissu plus ou moins lâche. On avait anciennement comparé l’ensemble de ces couches à un livre dont chaque feuillet serait formé par une couche : de là le nom, assez impropre, de liber.
Les assises d’éléments à parois minces sont formées de cellules qui, au printemps, renferment de la fécule et de fibres très-remarquables, dont les parois, très-minces, offrent des ponctuations
volumineuses, occupées par un grillage d'une délicatesse admirable, par un réseau dont les mailles n’ont souvent pas plus de î^j de ligne en diamètre. Ces fibres, dont le rôle physiologique paraît considérable, portent le nom de fibres (jrillarjèes.
Nous ne terminerons pas l’examen de l’écorce sans signaler l’existence d’un produit qui, dans ces dernières années, a singulièrement occupé les botanistes :
nous voulons parler du latex g t des vaisseaux laticifères.
Dans l’écorce et dans la moelle de certains arbres on a reconnu la présence de vaisseaux très- différents de ceux dont nous avons parlé jusqu’ici. Ces vaisseaux sont remarquables à la fois par leur structure et par leur contenu. Ce sont des tubes, simples ou ramifiés, qui tantôt sont complètement indépendants, tantôt se rattachent les uns aux autres en un tout continu. Tandis que les vaisseaux du bois sont formés de cellules que l’on peut séparer les unes des autres par l’emploi de moyens convenables, les cellules qui constituent les vaisseaux laticifères sont au contraire si intimement fondues entre elles, qu’aucune action ni chimique ni mécanique ne peut les séparer.
Les vaisseaux laticifères contiennent un suc généralement coloré. On constate aisément, sous le microscope, que ce liquide
Fig. 47. Fibres libériennes du Chanvre.
TIGE
se compose d’un sérum incolore, tenant en suspension des glo bules très-nombreux et très-petits, auxquels il doit sa coloration. Ce liquide se nomme latex. Mais ce qui frappe surtout 1 obseï valeur c’est le mouvement de circulation qui est propre au latex. La transparence des parois vasculaires et la présence des granules rendent ce mouvement très-sensible.
Le latex abonde dans certains végétaux. Placez sur le porte-
objet du microscope, et sous une mince lame de verre, une jeune feuille de grande Chélidoine (fig. 48) tenant encore au rameau, ou bien un sépale de la même plante, dont le latex est jaune orangé, ou bien encore un pétale de Pavot, dont le latex est blanc, une stipule du Figuier élastique , etc., on verra, dans tous ces cas, le latex descendre dans une branche du réseau des vaisseaux laticifères, remonterdans une autre, revenir quelquefois à son point de départ, en un mot, circuler avec une rapidité d’autant plus grande, que la température est plus élevée et la végétation plus active.
La gutta-percha, le caoutchouc, l’opium, proviennent du latex de certaines plantes.
Fig. 48. Vaisseaux laticifères
Les éléments qui entrent dans la com- de la chelldoineposition du tronc des arbres de nos forêts, sont, on le voit, assez complexes. Après avoir décrit en détail chacun de ces éléments, nous mettrons sous les yeux du lecteur une figure d’ensemble, destinée à résumer les notions qui viennent d’être présentées.
La figure 49 représente la section, à la fois horizontale et verticale, d’un tronc d 'Érable dans le cours de sa deuxième année. Les éléments contenus dans l’accolade du chiffre 1 représentent le bois de la première année; ceux de l’accolade 2, le bois formé pendant la deuxième année; et l’accolade 3, les éléments de l’écorce.
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ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
On voit au centre de la tige la moelle M, sous la forme de cellules à section polyédrique. Les trachées, ou étui médullaire , qui font suite à la moelle et l’enveloppent de toutes parts, sont représentées par les lettres T, EM. Viennent ensuite trois groupes de fibres ligneuses FB; des vaisseaux du bois, VP, alternent avec les trois groupes de fibres ligneuses.
L’écorce embrassée par l’accolade 3 fait suite à ces éléments. On y remarque les fibres du liber représentées par les lettres FC
Fig. 49. Coupe d’un tronc d’Érabie.
(fibres corticales), et les éléments du suber représentés par les lettres ES; les vaisseaux laficifères sont représentés par les lettres VL, et la couche herbacée par les lettres EC. L’épiderme EP, hérissé de quelques poils externes, termine cet ensemble.
Les rayons médullaires s’aperçoivent assez nettement sur la tranche horizontale; ils partent de la moelle et s’arrêtent à la portion du bois appartenant à la seconde année. On les voit aussi sur la tranche verticale, indiqués par Les lettres RM.
Après avoir passé en revue tous les éléments constitutifs du tronc des arbres de nos forêts à feuilles membraneuses, nous avons à parler de la structure de la tige des arbres verts.
TIGE
Les arbres verts (Pins, Sapins) se distinguent immédiatement des arbres dont il vient d’être question, par la structure de leur bois, qui est exclusivement formé de larges fibres, sans apparence de gros vaisseaux. Ces fibres ligneuses (fig. 50) présentent, en outre, cette particularité curieuse d’offrir sur chacune de leurs faces latérales (celles qui regardent les rayons médullaires) une rangée de ponctuations entourées d’une alvéole
Fig. St. Coupe transversale d’une tige de Sapin.
très-remarquable. Ce bois est parcouru par des conduits i ésinifères , sortes de lacunes dans lesquelles s’accumule la
résine, produite par des cellules spéciales qui les environnent.
La figure 51 représente la section transversale de la tige du bois de Sapin. On voit que les arbres verts présentent, comme les arbres de nos forêts, un canal médullaire central, des couches ligneuses concentriques et des couches corticales.
Mais les vaisseaux du bois n’existent pas et les rayons médullaires sont peu apparents.
L’aspect général des Palmiers est bien différent de celui de nos arbres indigènes. Leur stipe élancé, d’une épaisseur sensiblement égale depuis la base jusqu’au sommet, complètement nu, c’est-à-dire ne se divisant pas en branches et en rameaux, les fait ressembler à une sorte de haute colonne, qui serait surmontée d’une touffe épaisse de feuilles.
Quelle est la structure intérieure de ce stipe? Pour s’en faire une idée, il faut savoir que le mode de développement du Palmier diffère du mode de développement du groupe d’arbres (pie nous venons de considérer. Les Palmiers ne s’accroissent
Fig. 52. Coupe d’une tige de Palmier.
pas, comme nos arbres verts et comme les arbres de nos forêts, par des couches concentriques, qui viennent se déposer entre le bois et l’écorce. Dès lors, la structure intérieure de leur stipe doit présenter des dispositions autres que celles que nous venons de mettre en relief. Ici, plus de canal central unique, destiné à loger la moelle; plus de couches concentriques séparant nettement la moelle, le bois et l’écorce; plus de rayons médullaires divergeant du centre à la circonférence. Qu’on coupe en travers un stipe de Palmier (fig. 52), et l’on verra tout de suite qu’il ne diffère pas moins du tronc de nos arbres par son organisation
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intime que par son aspect extérieur. On y chercherait en vain cette moelle centrale, ces zones concentriques, ces lignes rayonnantes, qui caractérisent si nettement le bois de nos arbres indigènes. On y voit apparaître, sur un fond de couleur pâle, de petites taches d'une teinte foncée, formées par un tissu plus solide. Ces petites taches, arrondies ou en demi-lune, sont plus nombreuses , plus pressées, plus colorées, et en général plus
Fig. 53. Figure théorique de la structure des faisceaux internes ou filets du Palmier.
volumineuses vers la circonférence du stipe qu’elles ne le sont dans les parties centrales. Ce stipe semble donc formé au premier abord de deux sortes de tissus : l’un peu résistant, constituant, pour ainsi dire, la niasse; l’autre très-solide, et formant de petits îlots à l’intérieur du premier.
L’examen microscopique a fait voir que le premier de ces tissus est exclusivement formé de cellules, et peut se comparer
à la moelle de nos arbres indigènes; et qn’il est traversé par des faisceaux ou filets très-résistants, dont la marche tortueuse dans l’intérieur du tronc est tracée théoriquement à l’aide de la figure 53, sur laquelle les lettres A, B, C, 1), représentent les divers entre-croisements de ces filets au milieu de la moelle.
Les filets qui traversent les tiges des Palmiers et des arbres appartenant au même groupe naturel, présentent des dispositions très-intéressantes à connaître. La structure anatomique de chacun d’eux ne paraît pas être la même dans toute la longueur; elle semble se simplifier à mesure qu’on s’éloigne du point où
Fig. 54. Coupe d'une tige de Fougère arborescente.
il abandonne la tige, pour entrer dans une feuille. Dans cette partie supérieure, à la fin de son trajet, le faisceau dont nous parlons revêt la structure caractéristique des tiges de nos arbres indigènes, y compris l’étui médullaire. Il présente, en effet, des trachées, des vaisseaux ponctués et rayés, plus ou moins volumineux, des fibres ligneuses, etc.
Les Fourjères arborescentes des pays chauds se rapprochent beaucoup plus, par leur aspect, des Palmiers, que de nos arbres indigènes. Leurs troncs élancés, simples et nus, d’une épaisseur à peu près égale de la base au sommet, portent à une
TIGE
grande hauteur une touffe de feuilles. Cependant les Fougères diffèrent beaucoup des Palmiers par leur structure intérieure. Autour d’une moelle abondante sont allongés des faisceaux volumineux, offrant sur la section transversale de la tige une forme sinueuse plus ou moins irrégulière et hiéroglyphique, et groupés en un cercle vers la périphérie du tronc. C’est ce que montre la figure 54, qui représente la coupe horizontale d’une tige de Fougère arborescente.
Les faisceaux qui traversent de haut en bas un stipe de Fougère arborescente, présentent une bordure noire, formée de fibres très-résistantes, imprégnées d’une couleur bistre, en dedans de laquelle se trouvent du tissu cellulaire et un petit nombre de vaisseaux de divers ordres.
Parmi ces vaisseaux nous citerons particulièrement des tubes prismatiques, offrant sur chacune de leurs faces des fentes horizontales très-rapprochées les unes des autres, et à distance égale, et connus sous le nom de vaisseaux scalariformes.
La figure 55 montre quelle est la structure et la disposition relative des vaisseaux scalariformes dans un tronc de Fougère. Ces vaisseaux sont représentés sur cette figure avec l’amplification qu’ils présentent quand on les regarde au microscope.
Fig. 55. Vaisseaux scalariformes des Fougères.
BOURGEON
Nous avons encore étudié que des racines tortueuses, difformes, et des troncs dénudés. Avant de considérer, dans les branches, les rameaux, les feuilles et les fleurs, la parure des végétaux, nous devons nous arrêter sur les parties des plantes qui renferment tous ces éléments. Nous voulons parler des bourgeons , qui cachent sous leur verte enveloppe la source de ces brillants ornements de la nature que chaque année voit naître et mourir. Le bourgeon est, en effet, comme le berceau de la jeune plante : il suffirait à lui seul pour produire un individu nouveau, et souvent l’horticulteur s’en empare et produit, par son moyen, de merveilleuses multiplications. Mais dans les circonstances ordinaires le bourgeon n’est pas destiné à se séparer de la plante-mère. C’est elle qui le nourrit, le fortifie, l’accroît, jusqu’à ce qu’il soit devenu lui-même un organe concourant, avec les autres, à la vie de la plante.
Le bourgeon peut être considéré comme un élément fondamental dans la plante, qui, sans lui, ne tarderait pas à périr. C’est le bourgeon qui , chaque année, répare les pertes qu’a déterminées la végétation; il remplace les fleurs, les feuilles, les rameaux disparus. C’est par lui que le végétal s’accroît, qu’il prolonge son existence; c’est lui qui, à chaque printemps, efface les marques de la vieillesse chez les hôtes de nos bois : le bourgeon est le véritable renouveau du monde végétal.
Aussi, dans une plante, tout est-il bourgeon, on peut le dire. Il n’est presque aucune partie qui n’en produise : les racines, les feuilles, les fleurs même, peuvent donner accidentellement naissance à des bourgeons, car la nature ne perd jamais de vue le phénomène essentiel de la vie organique, c’est-àdire la production d’êtres nouveaux.
On peut distinguer deux sortes de bourgeons : les bourgeons à
BOURGEON
bois, qui produisent des branches et des feuilles ; et les bourgeons à fleurs, qui contiennent à la fois des feuilles et des Heurs.
Il ne faut pas, d’ailleurs, confondre les bourgeons avec les simples boutons de peurs, qui ne contiennent que des fleurs près de s’épanouir : un bouton de rose, un bouton d'œillet, ne renferment que la fleur qui va s’ouvrir, tandis que le bourgeon, dans sa masse serrée et complexe, renferme tous les éléments propres au développement de la jeune plante, et, comme nous venons de le dire, il suffirait à lui seul pour produire un individu nouveau.
Les bourgeons sont le premier fige et la première forme des axes végétaux. Ils sont placés au sommet des axes qu’ils doivent prolonger, ou à l'aisselle des feuilles, (liiez les plantes herbacées en général, et chez un grand nombre d’arbres des contrées équinoxiales, dont la végétation n’éprouve pour ainsi dire aucun repos, les bourgeons sont mis, c’est-à-dire que toutes les jeunes feuilles se ressemblent, et donnent, en grandissant, de véritables feuilles. Mais dans les pays dont l’hiver, plus ou moins rigoureux, détruirait des organes aussi délicats, les feuilles les plus extérieures, celles qui doivent recouvrir les autres, subissent certaines modifications qui les transforment en organes protecteurs. Elles se changent en écailles, membranes coriaces, qui souvent sont garnies à l’intérieur d’un duvet abondant, d’une bourre épaisse, ou enduites d’un suc résineux, insoluble dans l’eau et conservant bien la chaleur. Grâce à cet abri protecteur, le rudiment de la jeune pousse est si exactement calfeutré, si bien emmaillotté, qu’il est parfaitement à l’abri des injures de l’air. L’expérience a prouvé que des bourgeons détachés de l’arbre, et dont on avait recouvert la cicatrice d’un vernis, ont pu rester très-longtemps sous l’eau sans éprouver la moindre altération.
Les écailles sont toujours des feuilles modifiées; cependant ce n’est pas constamment la même partie de la feuille qui les constitue. La nature emploie divers procédés pour transformer une feuille en écaille. Au reste, entre les écailles d’un bourgeon et les feuilles qu’il renferme, on trouve souvent une série de formes intermédiaires qui mettent complètement, en lumière les diverses métamorphoses dont une feuille est le siège, quand elle passe insensiblement d’un état à l’autre. La figure 56, qui représente chez le Groseillier le passage insensible de la feuille à l’état
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
d 'écaille, montre suffisamment les transitions graduelles d’un organe à l’autre, pour qu’il soit inutile d'entrer dans plus de détails à cet égard.
Les feuilles ne sont pas toujours disposées de la même manière
dans le bourgeon, soit qu’on les considère isolément, soit qu’on les considère dans les positions qu’elles occupent les unes par rapport aux autres. Le mode de vernation, selon le terme adopté par les botanistes, est quelquefois un caractère distinctif trèsutile aux forestiers qui veulent connaître les essences des arbres pendant l’hiver. Nous devons donc en dire quelques mots.
Fig. 57. Bourgeon du Tulipier.
Fig. 58. Bourgeon d'Amandicr.
Considérons d!abord chaque feuille indépendammentdes autres. Voici les différentes situations que la feuille peut affecter dans l’intérieur du bourgeon. Elle peut être pliée transversalement, de manière que la partie supérieure soit appliquée sur la paitie
BOURGEON
inférieure, comme dans le 7 ulipier (fig- 57); pliée dans sa longueur, de manière que 1 une des moitiés s applique exactement sur l’autre, comme dans Y Amandier (tig. 58); plissée un certain nombre de fois en éventail, comme dans le Bouleau (fig. 59) ; rou-
lée sur elle-même en cornet, comme dans le Balisier ( fig. 60) ; roulée par les deux bords qui se réfléchissent soit en dehors, comme dans la grande Patience (fig. 61), soit en dedans, comme dans le Peuplier (fig. 62).
Nous n’entrerons pas dans plus de détails à ce sujet, les figures 63, 64 et 65, qui représentent la coupe verticale des bourgeons de Sauge, de Lilas et d'iris, suffiront à mettre en évidence les rapports mutuels des jeunes feuilles chez un certain nombrede végétaux, quand elles sont encore renfermées dans le bourgeon.
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
Dans presque tous les arbres de nos pays, les bourgeons apparaissent au printemps, s’arrêtent bientôt dans leur développement, et ne s’allongent qu’au printemps suivant, lisse ramifient donc très-lentement, et il n’y a chaque année qu’une seule production de branches.
Fig. 61 . Bourgeon de la grande Patience.
Cependant le Pêcher et la Vigne produisent annuellement deux générations de branches. C’est que leurs bourgeons écailleux qui sont demeurés stationnaires pendant 1 automne et l’hiver de l’année précédente, s’allongent au printemps, et donnent naissance, à l’aisselle de leurs feuilles, à des bourgeons, lesquels,
BOURGEON
au lieu de rester stationnaires et de se développer seulement au commencement de la saison prochaine, croissent, au contraire, sans interruption, et produisent de nouvelles branches. Les horticulteurs leur ont donné le nom de prompts bourgeons. Les branches qui en proviennent portent à leur tour des bourgeons écailleux, qui ne se développent que l’année d’après, et que l'on appelle bourgeons dormants.
Fig.* 63. Coupe transversal des feuilles
dans un bourgeon de Sauge.
Fig. 64.
Coupe d'un bourgeon de Lilas.
Fig. 6 J. Bourgeon de Peuplier.
Fig. 66. Bourgeon d’iris.
Nous avons parlé jusqu’ici des bourgeons normaux qui naissent à l’aisselle des feuilles, ou qui terminent les axes. Il en est d’autres qui se montrent sur la plante sans ordre, et dont on ne peut prévoir à l'avance le lieu d’origine. Ce sont les bourgeons adventifs. Ces productions accidentelles peuvent se mon trer sur toutes les parties du végétal, sur la tige, les feuilles, les fleurs et les racines. Les racines des Sumacs, par exemple, celles du Peuplier de Hollande , du Faux acacia, courent horizontalement dans le sol, très-près de la surface et produisent
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
des bourgeons advmtifs, qui ne tardent pas à s’enraciner et à multiplier la plante, si bien que cette famélique postérité devient souvent en peu d’années gênante ou nuisible.
La formation des bourgeons acloentifs est très-fréquemment déterminée par des irritations accidentelles que produisent ùla surface des tiges et des racines des causes extérieures , comme la roue d’une voiture qui vient froisser un tronc d’arbre, ou la blessure qu’a faite à une racine le soc d’une charrue, etc.
Fig. 66. Saules coupés en têtards.
La production de bourgeons adventifs sur des arbres à la suite des plaies qui leur sont faites, est journellement utilisée dans la culture.
Si l’on coupe à ras de terre, dans un bois, les plants qui, abandonnés à eux-mêmes, seraient devenus des arbres, on les transforme en souches, qui se couvrent plus tard de branches de même âge et de même force : on transforme une futaie en un taillis.
Ces Saules dont le tronc énorme, court, souvent difforme et
BOURGEON
caverneux, est surmonté d’une épaisse touffe de branches (fig. 66), ces têtards, comme on les appelle vulgairement, doivent leur singulier aspect à la coupe réglée et périodique à laquelle ils sont soumis. Par suite de cette mutilation, il se forme un grand nombre de bourgeons adventifs, et par conséquent il se développe plus tard autant de branches sensiblement égales. On coupe ces brandies pour faire des tuteurs pour les jeunes arbres, des échalas dans les pays vignobles, etc.
Ce n’est guère qu’à l’àge de vingt-cinq ou trente ans que le Peuplier d'Italie est abattu pour en faire des planches de quelque valeur; mais cet arbre est, en outre, émondé tous les cinq ans. Les plaies résultant de l’émondage se couvrent de nombreux bourgeons adventifs, et produisent ainsi un nombre considérable de branches, qu’on emploie à faire des clôtures, des piquets et des bourrées pour le chauffage.
Les bourgeons sont placés sur la tige pour y puiser leur nourriture et s’y développer en branches. Il résulte de là qu’on peut, sans dommage pour ces organes, les séparer de la plante sur laquelle ils ont pris naissance, à la condition de les porter sur uneautre plantequi puisse, pour ainsi dire, leur servir de nourrice. Les horticulteurs profitent de cette circonstance pour faire produire à un sauvageon de plus belles fleurs. A cet effet, ils mettent à nu le bois du sauvageon par une incision corticale ayant la forme d’un T, et ils appliquent sur cette plaie la face interne d’un lambeau d’écorce pris sur l’espèce qu’on change de nourrice, lambeau auquel adhère naturellement un jeune bourgeon; c’est là la greffe en écusson.
La figure 67 montre la manière dont opère le jardinier pour greffer en écusson. A, représente la branche de sauvageon greffée, avec l’incision en forme de croix; B, le sujet à greffer sur le sauvageon; C, la greffe mise en place. Le bourgeon continue de croître et de se développer sur celte nouvelle tige où on l’a transplanté : il y produit des feuilles et des fleurs. On peut, de cette manière, changer à volonté l’espèce végétale primitive en une autre qui produit des feuilles et des fleurs différentes. L’opération de la greffe joue un rôle considérable dans l’horticulture.
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
Les procédés connus sous le nom de taille et d'ébourgeonnement, sur lesquels nous ne saurions nous étendre ici , ont pour but de supprimer une certaine quantité de bourgeons, afin que la
Fig. 67. Greffe en écusson.
nourriture absorbée par la tige principale, ne se repartissant que sur un plus petit nombre de bourgeons, ces organes soient dès lors plus vigoureux et plus productifs.
BRANCHES
La branche se forme par le développement du bourgeon, et ce bourgeon naît, comme nous l'avons déjà dit, à l’aisselle d'une feuille.
La branche n’étant qu’une tige secondaire qui émane de latige principale, doit présenter les mêmes modifications de forme, de structure et de disposition des feuilles qu’on observe dans les tiges proprement dites. Cependant une ressemblance complète n’existe pas toujours entre la tige et ses branches. Ainsi dans le Petit Houx ( ftuscus aculealus) (fig. 68) les rameaux sont courts et prennent si bien, en s’élargissant, la forme de feuilles, qu’au commencement du siècle dernier tous les botanistes les considéraient comme tels. Mais un observateur attentif ne s’y trompera point s’il considère que ces organes aplatis et d'apparence foliacée naissent à Vaisselle d’écailles qui sont les véritables feuilles, et portent des fleurs, caractères exclusivement propres aux branches.
Dans quelques plantes les branches se dilatent outre mesure; mais dans d’autres elles restent grêles : leur bourgeon terminal avorte, elles deviennent pointues à leur extrémité qui s’endurcit; en un mot, elles se changent en épines. C’est ce que nous présente 1 ’Hippophae rhamnoides , le Mespilus oxyacantha , etc.
Une modification extrêmement curieuse et importante de la forme et de la consistance des branches nous est fournie par ceux de ces organes qui, dans la Pomme de terre ( Solanuvi luberosum ), se développent sous terre. La partie souterraine de la tige de cette plante (fig. 69) porte des feuilles rudimentaires, à l’aisselle desquelles se développent des rameaux qui s'étendent plus ou moins horizontalement, et sont chargés eux-mêmes de feuilles avortées. Ces rameaux, très-grêles à leur origine, se renflent à leur extrémité, se remplissent de fécule et finissent
ORGANOGR APHIE ET PHYSIOLOGIE.
par constituer ce que l’on nomme le tubercule de la Pomme de terre. Si l'on examine, en effet, une Pomme de terre, on voit qu’elle est chargée d’écailles, régulièrement disposées. A l’aisselle de ces écailles se trouvent des bourgeons. Chacun sait
que ces bourgeons se développent d'eux-mêraes dans nos caves, au retour de la belle saison, et poussent alors de véritables branches. Il y a donc une grande différence entre le tubercule de la Pomme de terre et celui du Dahl'm, par exemple. Le tuber-
BRANCHE
cule du Dahlia est une véritable racine, il n'a pas de nœuds vitaux; au contraire, celui de la Pouvnc de terre est une tige poit a n t des nœuds vitaux.
Fig. 69. Rameaux souterrains de Pomme de terre (Solunum tuberosum).
La longueur et la direction des branches par rapport à la tige mère sont extrêmement variées. Cette variété donne à chaque plante son port spécial, sa physionomie particulière.
Si les branches les plus basses, formées les premières, continuent à s'allonger dans la même proportion, les supérieures étant plus courtes à mesure qu’elles s’approchent du sommet.
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
Si les branches du milieu dépassent celles du bas, la cime figure
la cime de l’arbre est conique ou pyramidale, comme dans les Sapins (fig. 70).
Fig. 70. Sapin.
BRANCHE
une boule ou un ovoïde, comme il arrive pour le Marronnier d'Inde , quand il n’a pas été mutilé par la taille (fig. 71).
La tige présente la forme d’un parasol, comme dans le Pin
Fig. 71 Marronnier d'Inde.
il Italie (fig. 72), si ce sont les branches du haut qui prennent le plus giand développement. Dans toutes ces circonstances, c’est, nous le répétons, la direction, le mode d’insertion des branches qui donnent au végétal son port, son aspect particulier.
mm
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
Les branches partent de la tige sous un angle variable, quelquefois très-aigu, quelquefois droit. La cime effilée d’un Cyprès
Fig. 72. Pin d'Italie.
(fig. 73), comparée à l’espèce de large dômeformant les branches d’un Chêne ou d’un Cèdre, nous donne une idée de la différence de ces deux sortes de ramifications, et le port de chacun
BRANCHE. 75
de ces arbres met bien en relief l’influence qu’exerce le
Fig. 73. Cyprès.
mode de ramification sur la forme d’un végétal quel qu’il soit.
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
Dans certains arbres, les brandies prennent une direction particulière, qui est l’inverse de ce qui se voit habituellement. Au lieu de s’élever vers le ciel, elles s’inclinent vers la terre. Le Saule pleureur (fig. 74) nous donne un exemple bien frap-
Fig. 74. Saule pleureur.
liant et bien connu de ce mode de direction des branches et des rameaux. Les branches les plus longues de ce bel arbre retombent par leur propre poids, et le dessinateur de jardins tire un très-heureux parti de cette disposition naturelle, en plantant le
branche.
long d’un bassin, au bord d’une pièce d’eau ou d’un ruisseau, cet arbre élégant et à l’aspect mélancolique.
Kig. 75. Sophora du Japon
Les branches du Sophoradu Japon, ou Sophora pleureur (fig. 75),
sont aussi longues que celles du Saule pleureur , son congénère; mais comme elles ont une certaine raideur, elles se rebroussent dès leur origine, pour se diriger vers le sol.
Nous avons dit plus haut que la branche peut être considérée comme une tige secondaire émanant de la tige principale, dans laquelle elle puise sa nourriture. Si donc on offre à cette tige secondaire, à cette branche, un autre moyen de se nourrir, on peut la séparer de l’axe principal qui la porte, et l’on parvient à constituer ainsi un individu libre et distinct. C’est sur ce
Fig. 76* Marcottage par inclinaison.
fait naturel que sont fondés les procédés de multiplication des plantes connus dans l’horticulture sous le nom de marcottage, bouturage et greffe.
Courbez vers le sol humide une branche flexible, maintenez-la en terre, de façon à lui faire produire des racines (fig. 76); une fois ces racines développées, la branche pourra vivre par ellemême, elle n’aura plus besoin de la tige qui lui a donné naissance; on pourra la séparer de cette tige, la sevrer pour ainsi dire. C’est là l’opération du marcottage par inclinaison : la branche ainsi traitée s’appelle marcotte.
Mais toutes les branches qu’on voudrait marcotter ne sont pas
BRANCHES
toujours assez voisines du sol, ni assez flexibles pour être courbées jusqu’au degré nécessaire. Dès lors, comme on ne peut les abaisser vers la terre, on élève la terre jusqu’à elles. A cet effet, on prend des vases de diverses formes, qu’on remplit de terre ;
on les maintient, d'une façon quelconque, à la hauteur de la branche à marcotter, et l’on place le vase de manière que la branche puisse le traverser de haut en bas. Le vase est, pour (*la, percé d un trou à son fond, ou fendu sur le côté, afin qu’on
Fig. 77. Marcottage par élévation.
ORGANOGRAPHIE et physiologie.
puisse y introduire la brandie. La terre étant entretenue humide, la portion de branche renfermée dans le pot ne tarde pas à pousser des racines adventives, et ces racines sont bientôt en nombre suffisant pour qu’on puisse, au bout d’un certain temps, la sevrer et la transplanter ailleurs (fig. 77). C’est le marcottage par approche.
Le bouturage ne diffère du marcottage qu’en ce que la partie delà plante qu’on veut faire enraciner pour la multiplier, est détachée de la plante mère, et complètement abandonnée aux forces de la nature. Coupez une branche, même très-volumineuse, de Saule ou de Peuplier, et enfoncez-la dans le sol humide: elle poussera des racines adventives, elle deviendra un nouveau Saule ou un nouveau Peuplier.
Mais toutes les plantes ne s’accommodent pas de ce facile procédé de multiplication. 11 en est dont les boutures ne prennent, selon l’expression consacrée, qu’à l’aide d’artifices plus ou moins compliqués. Il en est même qui résistent à tous les moyens connus de bouturage. C’est qu’une bouture se trouve généralement dans cette triple alternative : mourir d’inanition, se dessécher ou pourrir, et que le problème à résoudre par le jardinier multiplicateur, et qui consiste à favoriser la formation rapide des racines, à établir un juste équilibre entre les pertes aqueuses que subit la bouture et la quantité d’eau qu’elle absorbe, n’est pas sans offrir de grandes difficultés.
Ce n’est pas ici le lieu d’exposer les procédés à l’aide desquels on peut arriver à bouturer avec succès. Nous nous bornerons à dire que les boutures ne se font pas seulement par les branches, comme dans l’exemple que nous avons cité plus haut. On peut faire des boutures avec des racines, des rhizomes, des feuilles et même des fragments de feuille; mais ce dernier procédé n’est usité que pour certaines plantes exotiques qui, dans nos serres, ne fructifient point et ne se ramifient qu’à peine.
Le marcottage et la bouture ne sont pas les seules opérations dans lesquelles on fasse intervenir les branches comme moyen de multiplication. Il en est une autre, Tune des plus importantes du jardinage ; c’est l’opération de la greffe, dont nous avons déjà dit un mot à propos du bourgeon. Elle a pour but de sou-
BRANCHES
der un végétal à un autre qui lui sert de soutien et lui fournit
la matière de son alimentation.
On voit quelquefois, dans un bois, certains arbres, particulièrement les Charmes, dont une branche s’est soudée d’elle-môme à celle d’un arbre voisin de môme espèce. Ce qui se passe spontanément dans la nature, on le pratique artificiellement dans la
Fig. 78. Greffe en approche.
Préparation des sujets.
Fig. 7U. Greffe en approche.
Juxtaposition des sujets.
culture et le jardinage. On enlève sur les deux sujets des lambeaux d’écorce et de bois de même longueur et de môme largeur; on met en contact ces plaies égales, et on les maintient en place avec des ligatures, qu’on recouvre de mastic. C’est là la greffe en approche. La figure 78 montre la manière de préparer les deux sujets que l’ori veut greffer par approche;
ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
la figure 79 fait voir les deux sujets fixés l’un sur l’autre par des ligatures.
Dans la greffe en fente, on tronque horizontalement le sujet et l’on y pratique une fente verticale de quelques centimètres. On insère dans cette fente la branche à greffer chargée de bourgeons, qu’on a taillée en biseau à son extrémité inférieure. On établit un contact intime entre les parties mises à nu dans la greffe et le sujet, et l’on assure la durée de ce contact par des ligatures et du mastic. On voit sur la figure 80 ces deux opérations successives. La greffe en fente s’opère également bien sur des tronçons de racines.
C’est au moyen de l'opération de la greffe que le jardinier et l’horticulteur changent avec avantage les produits d’un végétal de même espèce, lui font porter des fleurs et des fruits autres que ceux qui sont propres à la tige principale, enfin qu’ils rajeunissent. un arbre ou un arbrisseau déjà âgés.
Fig. 8U.
Greffe en fente.
FEUILLES
Nous avons étudié les bourgeons, qui renferment dans leur verte enveloppe les promesses du printemps. A l'heure marquée par le réveil de la nature, ce berceau des organes foliacés s’entr’ouvre peu à peu, et bientôt les jardins, les campagnes et les bois sont recouverts d’un dôme éclatant de verdure.
L’époque de la renaissance des feuilles est celle qui exerce la plus douce influence sur l’âme humaine. Quand la végétation nouvelle vient décorer nos campagnes et donner aux branches et aux rameaux des arbres, longtemps dénudés par les frimas, cette nuance du vert printanier si reluisante et si vive, tous les êtres animés ne peuvent se défendre d’une délicieuse impression. La verdure renaissante, c’est la révélation des beaux jours; la première parure des campagnes, c’est l’annonce du brillant cortège des fleurs et du tribut des fruits savoureux. La nature renouvelée offre tout à la fois aux yeux et à l’esprit le plus séduisant spectacle. Et quel plaisir ne nous procurent pas, dans les jours brûlants de l’été, le calme et la fraîcheur que nous goûtons sous les ombrages!
Si les feuilles n’ont pas la couleur éclatante et diaprée des fleurs de nos champs ou de nos parterres, leur vert tapis, aux nuances variées, repose l’œil et conserve la vue. Le mouvement des feuilles se balançant avec grâce au souffle des vents, vient aussi animer le paysage et lui donner une sorte d’existence.
Mais les feuilles ne sont pas uniquement destinées ù faire l’ornement des campagnes et à nous procurer de doux ombrages. La nature, comme on le verra plus loin, leur a assigné une importante fonction : celle d’assainir et de purifier l’atmosphère, de ramener à sa composition normale l’air altéré par la respiration des animaux. Partout le Créateur a su allier, à l’élégance