‹ Histoire des plantes (volume 2)Chapitre 54 sur 93 · I.ABIÉES · texte numérisé non relu

I.ABIÉES

U Ortie blanche (Lamium album. ) (Fig. 327) est une plante herbacée, vivace, qu'on rencontre fréquemment dans les lieux herbeux, sur le bord des chemins. Elle va nous servir de type pour l’étude de la nombreuse famille des Labiées.

La tige de l 'Ortie et ses branches sont carrées; ses feuilles sont simples, opposées, ovales, longuement acuminées, inégalement dentées, un peu ridées. L’inflorescence se compose de petites cimes, contractées, à fleurs sessiles formant dès lors ce que les botanistes nomment des glomérules, qui naissent à l'aisselle des feuilles supérieures. Les (leurs sont hermaphrodites et irrégulières. Le calice est monosépale. La corolle est assez grande, blanche, un peu jaunâtre en dedans, monopétale et bilabiée. Les étamines sont au nombre de 4, de longueur inégale, deux petites et deux grandes, et insérées sur la corolle. Le pistil se compose d'un ovaire supère, dont la surface externe et supérieure présente 4 bosses, et d’un style qui s’insère au milieu des quatre bosses, et se termine par deux branches couvertes de papilles stigmatiques. Chaque bosse est une loge de l’ovaire, et cette loge renferme un ovule anatrope. A la maturité, chaque loge devient un akène. La graine ren-

LABIEES.

ferme un embryon droit, entouré d’un albumen charnu, trèspeu développé.

Fig. 327 Ortie blanche.

Toutes les Labiées ont les mêmes caractères de végétation et de fructification que Y Ortie blanche, à quelques différences près, qui portent sur la forme du calice, sur celle de la corolle, sur le

FAMILLES NATURELLES

nombre et les dimensions relatives des étamines. Ainsi les Sauges et les Romarins, au lieu d’avoir un calice à 5 dents égales, ou presque .égales, ont un calice bilabié; les Menthes, au lieu d’avoir une corolle bilabiée, l’ont campanulée ou infundibuliforme, à lobes presque égaux.

Les Sauges n’ont que deux étamines. Ces étamines offrent une anthère d’une structure extrêmement remarquable. Le connectif est très-allongé et placé perpendiculairement au filet, comme le fléau d’une balance. A l’une des extrémités de ce fléau est une loge pleine de pollen; à l’autre extrémité est un appendice qui représente l’autre loge avortée.

La plupart des espèces de la famille, extrêmement naturelle, des Labiées, sont douées de propriétés stimulantes, dues à une buile essentielle aromatique, qui réside dans les glandes placées sous l’épiderme. Telles sont la Sauge officinale, ut plusieurs autres espèces du même genre, — le Romarin ( Rosmarims officinalis) , — le Serpolet (Thymus serpyllum), — la Menthe poivrée ( Mentha piperita, — la Mélisse (Métissa officinalis) , dont l'infusion aqueuse, l’eau distillée ou l’essence obtenue par distillation, sont trèsusitées en médecine.

Le Lierre terrestre (Glechoma hederacea) et ï’Hyssopc (Hyssopus officinalis), qui sont aussi consacrés à l’usage médical, agissent à la lois comme amers et aromatiques. On emploie aussi quelquefois en médecine le Tcucrium Chamœdrys , plante dans laquelle domine presque exclusivement le principe amer.

On cultive dans nos jardins, comme plantes aromatiques, les Lavandes (Lavandula vera et Lavandula spica); — le Gasilic (Ocyrnum hasilicum ); — la Mélisse (Melissa officinalis ); — la Marjolaine (Origanum majorana)-, — la Sarriette (Salureia hor ternis) ; — le Thym (Thymus vulgaris). Plusieurs Sauges exotiques, comme la Sauge écarlate, la Sauge grandi flore , font l’ornement de nos parterres. On y cultive encore, parmi les plantes de cette famille, la Monarde didyme, la Physoslègie de Virginie, le Leonurus queue de lion, la Phlomide tubéreuse, etc., etc.

Page 1