RENO N GUL AGEES
que la plupart fleurissent pendant l’hiver, tels sont en particulier Y Ellébore noir ou Rose de Noël, et le petit Ellébore jaune connu des botanistes sous le nom d ’Eranthis hyemalis, qui fleurit dès que les neiges commencent à fondre.
Les Dauphinellcs ( Delphinium ) ont un calice à 5 sépales pétaloïdes, inégaux, le supérieur redressé en cornet pointu, en éperon, ou comme la queue d’un dauphin, ce qui leur a fait donner leur nom. Les pétales, au nombre de quatre dans certaines espèces, sont réduits à un seul dans d’autres, par suite de phénomènes d’avortement et de soudure ; car à l’origine il y a toujours huit pétales, dont six se développent par paire en face de trois des sépales, et dont deux se développent isolément en face des deux autres sépales. Quoi qu’il en soit, les deux pétales supérieurs dans un cas, le pétale unique et supérieur dans l’autre cas , se prolongent en un cornet pointu, inclus dans l’éperon du calice. Les étamines, très-nombreuses, sont disposées en huit séries, opposées aux huit pétales originaires. Les carpelles, au nombre de un à cinq, libres, sessiles, verticillés et qui se changent plus tard en follicules, occupent le centre de la fleur.
On trouve fréquemment aux environs de Paris, dans les moissons, dans les champs cultivés, le Delphinium consolida, connu vulgairement sous le nom de Pied d'alouette des champs, Pied d'alouette sauvage, Éperon de chevalier. Sa tige est grêle, droite, à rameaux nombreux; ses feuilles, découpées en petites lanières; ses fleurs, bleues ou blanches, en grappes courtes, forment un panicule.
On cultive de fort belles espèces de Dauphinellcs dans les jardins, telles que les Delphinium elatum. Delphinium grandiflorum, etc., espèces vivaces, originaires de la Sibérie ; une des plus élégantes est le Delphinium Ajacis, plante originaire d’Orient et d Algérie, qu’on rencontre souvent dans le voisinage des jardins, d’où elle a disséminé ses graines.
Le genre Aconit ( Aconitum ) offre cinq sépales pétaloïdes, inégaux, dont le supérieur façonné en forme de casque (fig. 336) recouvre la corolle. Ce dernier organe se compose de 2 à 8 pétales, dont les deux supérieurs offrent un onglet allongé, et se terminent en capuchon renversé, tandis que les inférieurs sont
très-petits, filiformes, souvent nuis. Les étamines, nombreuses, sont disposées en séries, comme dans les Dauphinelles ; on trouvé au centre de la fleur 3 à 5 pistils qui deviennent des follicules.
L’Aconit est une herbe narcotico-dcre, très- vénéneuse, mais
qui, appliquée avec discernement, constitue un médicament éminemment utile. On l’emploie contre les névralgies, les paralysies, les rhumatismes, l’infection purulente, etc.
L’espèce la plus vénéneuse est
Fig. 336. Fleur de l'Aconit napei. est notre espèce officinale. Elle est très-rare aux environs de Paris, mais les touristes la rencontrent fréquemment dans les montagnes de la Suisse et du Jura. Elle élève à 12 décimètres de hauteur ses tiges droites, simples, un peu rameuses supérieurement, munies de feuilles
d’un vert foncé et luisantes en dessus, d’un vert pâle en dessous, à 5-7 segments, divisés en lobes oblongs, incisés. Ses fleurs, qui sont bleues et d’un aspect élégant, forment des grappes' allongées ; on voit deux petites bractées au-dessous de chaque fleur.
Les Renoncules ( Ranunculus )
La corolle présente cinq pétales, munis, à la base interne de leur onglet, d’une écaille, ou d’une fossette nectarifère. Les étamines et les pistils sont très-nombreux. Les premières offrent la structure ordinaire; mais les seconds, qui sont disposés en tête globuleuse ou oblongue et prolongés en un bec court, renferment un seul ovule, ascendant et anatrope. Us deviennent plus tard des akènes.
Y Aconit ferox, qui croît dans l’Himalaya, en Asie. L’Aconit napellus
(fig. 337) ont le calice coloré en vert et composé de cinq sépales.
Fig. 337. Renoncule.
RENONGULA CÊES.
Beaucoup d’espèces de ce genre possèdent une propriété vésicante, c'est-à-dire qu'appliquées sur la peau, elles y produisent une irritation qui va jusqu'à déterminer la destruction de l'épiderme et la formation d’une petite plaie : telles sont les II an unculus flammula ( petite Douve), lingua ( grande Douve), arvensis ( Bassinet des champs), bulbosus (pied de Corbin, pied de Coq), acris ( Bassinet , Bassin d'or), seeleratus ( scélérate ), qui sont communes aux environs de Paris. Quand on distille ces plantes avec de l’eau, le liquide condensé et recueilli contient un principe trèsâcre. Les animaux ne touchent pas aux Renoncules, quand elles sont fraîches; cependant ces plantes desséchées sont bonnes pour faire du foin.
A côté des Renoncules, nous citerons les Anémones, les Hépatiques, les Adonis.
Les Clématites ( Clematis ) ont un calice à quatre divisions pétaloïdes et sont dépourvues de corolle. Les étamines et les pistils sont nombreux comme dans les Renoncules. Ces pistils sont uniloculaires; ils deviennent des akènes à graine renversée et surmontés d’une sorte de queue plumeuse, résultant de l’accroissement du style après la floraison. Les feuilles des Clématites sont opposées, et leur lige ordinairement ligneuse, sarmenteuse, grimpante.
Dans les haies, les buissons, les taillis du nord de la France, on trouve souvent le Clematis vilalba (vulgairement Herbe aux gueux), dont les feuilles pilées, appliquées sur le corps, produisent la rubéfaction, la vésication et l’ulcération de la peau. Lis mendiants se servent quelquefois de cette plante pour se procurer des ulcères artificiels et momentanés : de là son nom vulgaire. Ses fleurs sont blanches, disposées en panicules axillaires. On rencontre quelquefois dans le voisinage des jardins le Clematis flammula (vulgairement Clématite odorante), que 1 on plante assez souvent pour garnir les palissades et les berceaux, et qui se distingue de l’espèce précédente par ses sépales tomenteux seulement aux bords. On entoure fréquemment. les bosquets de Clematis viticella, dont les sépales sont
violets, pourpres ou roses et dont la fleur double par la culture.
On voit quelquefois à côté de cette dernière espèce 1 ’Atragène
FAMILLES NATURELLES
des Alpes , remarquable par la beauté de ses grandes fleurs, d’un bleu violet. Le genre Atragène se distingue du genre Clcmatis par l’existence d’une corolle composée de pétales nombreux plus courts que les sépales.
Les Pivoines ( Pæonia ) ont le calice foliacé, coriace, persistant, à sépales inégaux. La corolle se compose de cinq, six, dix pétales orbiculaires, presque égaux. Les pistils, en nombre variable, renferment un grand nombre d’ovules. Les fruits sont des follicules coriaces. Le réceptacle se gonfle en un disque charnu, qui peut former comme une sorte de sac. Les graines sont munies d’un arille assez peu développé.
Les Pivoines sont des plantes herbacées, vivaces ou suffrutescentes, à feuilles alternes. Elles font, dès le printemps, l’ornement de nos jardins. Tous nos lecteurs connaissent la Pivoine mouton (vulgairement Pivoine en arbre), dont les pétales sont tantôt blancs, marqués à la base d’une tâche pourpre, tantôt rosés et qui doublent par la culture. Les Chinois, qui la cultivent depuis quinze cents ans, en ont obtenu plus de deux cents variétés. La Pivoine a été introduite en France au commencement du siècle actuel.
Citons encore la Pivoine officinale , à pétales rouges, ou roses, ou panachés, dont les fleurs doublent facilement, et qui était jadis fameuse dans la sorcellerie; la Pivoine corai/ (vulgairement Pivoine mâle), etc.
PAPAVÉRACÉES.
Les Pavots ont un calice à deux sépales caduques, une corolle à quatre pétales, de nombreuses étamines, munies d’un long lilet et dont les anthères s’ouvrent latéralement par deux fentes longitudinales. L’ovaire, uniloculaire, est partage presque complètement par plusieurs lames placentaires qui, partant des parois, s’avancent presque jusqu’au centre, et portent un grand nombre d'ovules anatropes, insérés sur toute leur surface. Le stigmate se penche sur l’ovaire en une sorte de collerette, dont le bord est découpé en autant de dents qu'il y a de
PAPAVÊRACÉES.
placentas pariétaux, cl porte un nombre égal de crêtes veloutées papilleuses Le fruit est une capsule ovale, oblongue, ou qui s ouvre par de petites valvules placées au-dessous du stigmate. Les graines, très-petites, renferment un minime embryon, placé à la base d’un albumen charnu et oléagineux.
Les Pavots sont des herbes à suc laiteux blanc, à feuilles dentées; les feuilles partant de la racine sont pétiolées, les feuilles partant de la tige sont sessiles ou embrassantes. Leurs pédoncules solitaires, uniflores, sont penchés avant la floraison.
Nous signalerons particulièrement trois espèces de Pavots.
1° Lo Coquelicot , ou Pavot-coq ( Papaver rhœas ), est très-commun dans les champs de blé, dont il forme, avec les Bleuets , le plus gracieux ornement. Ses pétales mucilagineux, amers, sont émollients et légèrement narcotiques
2° Le Pavot du Levant , ou Pavot de Tournefort , à pétales de couleui écarlate ou orange, à onglet de couleur noir pourpre, ne différé que peu du Pavot à bractées ( Papaver bracteatum).
3° Le Pavot somnifère ( Papaver somniferum), dont on distingue deux variétés : l'une nommée Pavot blanc (fig. 338), parce que ses gi aines sont ordinairement blanches, et particulièrement cultivée pour en extraire l’opium; l’autre nommée Pavot noir, parce que ses graines sont noires, et qui fournit l’huile douce connue sous le nom d’huile d’œillette.
Tout le monde sait que l’opium n’est autre chose que le suc épaissi du Pavot blanc. Ce suc découle de plaies faites aux ovaires, peu de temps avant leur maturation.
La Chélidome ou Grande Éclaire ( Chelidonium majus) appartient ù la famille des Papavéracées. C’est une plante vivace, à suc d’un jaune rougeâtre, qui jouit encore d’une certaine réputation pour la guérison des verrues. Ses tiges sont droites, rameuses, pubescentes, à longs poils épars, étalés. Ses feuilles ont tiois à sept segments ovales, lobés, à lobes incisés, crénelés, glauques en dessous. Ses fleurs, qui sont jaunes et disposées en ombelle simple, diffèrent très-notablement de celles du Pavot par la structure du pistil. Cet organe se compose, en effet, d’un ovaire uniloculaire, offrant seulement deux placentas pariétaux et surmonté d’un style court, i stigmate bilobé. Le fruit est une
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capsule linéaire et s’ouvre en deux valves qui se détachent de la base au sommet, en laissant persister le châssis formé par
Fig. 338. Pavot somnifère.
les placentas. Les graines présentent en outre cette particularité remarquable, d’être munies d’une petite excroissance celluleuse blanche, en façon de cimier.