MALVACÉES
La Mauve sylvestre (fig. 3t»5) a des tiges droites, ascendantes ou étalées, rameuses, velues, hérissées, surtout au sommet. Les feuilles inférieures sont à peu près orbiculaires, en forme de cœur ou tronquées à la base, à 5 — 7 lobes peu profonds, obtus ; les supérieures offrent de 3 à 5 lobes plus profonds ordinairement. Les fleurs, à corolle purpurine veinée passant au violet sont disposées en fascicules axillaires. Uuelle est l’organisation de ces fleurs?
Le calice offre cinq divisions et il est muni extérieure-
ment d’un involucre, à trois divisions. Cinq pétales alternes, cohérents par la base de leurs onglets, constituent la
Fig. 345. Mauve Sylvestre
corolle. Les étamines, très-nombreuses, sont monadelphes. Elles se présentent comme si leurs filets inégaux, libres seulement dans leur partie supérieure, étaient soudés dans le
MALVACËES.
reste de leur longueur, en un tube qui recouvre l’ovaire. Ces filets sont surmontés d’une anthère unilobée, s’ouvrant par une fente demi -circulaire. Le pistil se compose d’un ovaire multiloculaire, surmonté d’autant de styles qu’il y a de loges. Ces derniers organes sont filiformes, soudés dans leur partie inférieure, et constituent comme une sorte de pinceau. Un ovule ascendant est inséré à l’angle central de chaque loge. Le fruit est composé d’un grand nombre de petites coques, à une seule graine, réunies circulairement autour d’un axe central commun. Les graines renferment sous leur tégument un embryon courbe dans un albumen mucilagineux assez abondant, à cotylédons pliés et emboîtés l’un dans l’autre.
Les tleurs de la Mauve sont tres-employées comme adoucissantes.
La Guimauve officinale (Althxa officinalis) a des tiges de 6 à 12 décimètres, droites et tomenteuses, comme les feuilles, qui sont ovales, dentées et peu profondément lobées. Les fleurs, d’un rose pâle, sont ordinairement fasciculées à l’aisselle des feuilles, rapprochées au sommet des tiges et des rameaux. La racine de la Guimauve, pivotante, fusiforme, charnue, blanche, de la grosseur du doigt, simple ou quelquefois rameuse, est un des médicaments les plus usités. Elle tient le premier rang comme substance émolliente.
Nous citerons parmi les autres espèces les plus remarquables appartenant à la famille des Malvacées, les Cotonniers ( Gossy pium), dont plusieurs espèces sont cultivées en grand dans toute la zone intertropicale, tant en Amérique qu’en Asie et dans le nord de l’Afrique, pour les poils qui recouvrent le testa de leurs graines, et qui forment la matière textile connue sous le nom de coton %• — - les Ketmies (Hibiscus), qui offrent un ovaire à 5 loges, un fruit capsulaire à 5 valves et dont plusieurs espèces font l’agrément de nos jardins : l’une d’entre elles, ï Hibiscus esculentus, fournit par ses jeunes capsules mucilagineuses un ragoût visqueux et un peu fade, recherché en Amérique. Les Malope, les Sida, les Abulilon, sont des membres, intéressants à divers
, 1. Voir sur le coton, sa culture, son produit. Voyer, 3° édition, p. 184-198.
etc., notre ouvrage le Savant du
FAMILLES NATURELLES
titres, de la grande famille des Malyacées, qui abonde surtout dans les régions tropicales.
ROSACÉES
Les Rosacées, autrefois réunies en une seule famille, constituent aujourd’hui toute une classe, comprenant divers groupes. La liose, la llonce, la Spirèe, le Pommier et Y Amandier sont les types de ces groupes, ou tribus , que nous allons successivement passer en revue.
Tribu des Rosacées. — Les Roses ont un calice formé de cinq lanières foliacées, qui alternent avec cinq pétales. Les étamines, périgynes, sont nombreuses et leurs blets libres portent des anthères à deux loges, qui s’ouvrent en dedans par deux fentes longitudinales. Tous ces organes sont insérés sur le bord supérieur d’un réceptacle, sphérique ou ovoïde, resserré à la gorge. Au fond de ce réceptacle, qui ressemble à une ampoule ou à une petite bouteille, se dressent un grand nombre de pistils, libres, dont l’ovaire est uniloculaire, à ovule unique, anatrope, à style allongé, surmonté d’un stigmate obtus. A la maturité, ces pistils sont devenus des akènes, qu’enveloppe le réceptacle, devenu charnu : la graine renferme un embryon droit, dépourvu d’albumen.
Les Rosiers sont des arbrisseaux souvent munis d’aiguillons, à feuilles alternes, à stipules attenant au pétiole, à fleurs terminales solitaires ou en bouquet, d’une beauté noble, d’une odeur suave et sans égale. La Rose a depuis longtemps conquis le sceptre de la beauté sur les plus belles fleurs des jardins et des
champs.
Les nombreuses espèces du genre Rosier se sont croisées à l’infini dans nos jardins, et ont produit des milliers de formes, dont la détermination est très-difficile. Nous nous contenterons de signaler ici : le Rosier sauvage, ou Églantier ( Rosa canina ), espèce indigène’, commune sur la lisière des bois, dont les fruits, d un rouge de corail, renferment une pulpe jaunâtre, acidulé