‹ Histoire des plantes (volume 2)Chapitre 76 sur 93 · MOUSSES · texte numérisé non relu

MOUSSES

qui protège l’urne presque tout entière, est la coi/fe. Enfin, le filet qui continue la tige et supporte l’urne, est appelé soie.

Cette urne résulte du développement d’un petit appareil fait en sorte de bouteille à long col, traversé dans toute sa longueur par un canal très-évident, ouvert, épanoui à son sommet et qui n est pas sans analogie avec le pistil des plantes supérieures; on le nomme archègone. Dans le jeune âge, plusieurs archégones étaient renfermés dans la rosette terminale des tiges (3 et 7) : mais un seul de ces archégones se développe pour former l’urne portée par une longue soie.

L’apparition de ces archégones est contemporaine de celle des appareils fécondateurs. Ceux-ci apparaissent au centre des rosettes terminales de tiges différentes de celles qui portent les urnes, car les Polytrics sont dioïques. Ces appareils fécondateurs consistent en petits corps grisâtres allongés (4), plus ou moins fusiformes et accompagnés de filets cylindriques, qui se nomment paraphyses. Ce sont des sacs celluleux qui s’ouvrent par en haut, et dont le contenu s’échappe par saccades, à un moment donné, jusqu’à ce que l’organe soit complètement vide.

Quand on examine la matière ainsi projetée hors du sac, on voit qu elle est constituée par un tissu à mailles peu distinctes, dont chaque cellule renferme un petit corps enroulé sur luimême et oflrant un renflement très-sensible sur un point de sa circonférence. Ces petits corps sont dans un mouvement de lotation presque continuel. Le tissu qui les contient se dissout promptement au contact de l’eau. Le petit sac, qu’on nomme anthéridie, s’aplatit et se dessèche après l’émission des corpuscules mobiles qu’il contenait, et qu’on désigne sous le nom d anthérozoïdes.

Nous avons dit que 1 apparition des archégones est contemporaine de celle des anthéridies. Quelles que soient les difficultés qui paraissent s’opposer à ce que les anthérozoïdes parviennent jusqu’à ces archégones, il est impossible de nier que ce transport ait lieu, caron a trouvé dans les archégones de certaines Muscinées des anthérozoïdes vivants qui avaient déjà parcouru Je tiers de la longueur du col.

Il résulte donc de la structure des archégones et des anthéndies, et de l’observation si curieuse que nous venons de signa-

1er, que la sexualité de ces petites plantes est aujourd’hui hors de doute. Elle est encore confirmée par ce fait, dont l’illustre observateur Hedwig faisait son principal argument en faveur de cette sexualité, que dans les Mousses dioïques, les archégones n’arrivent à leur complet développement que quand les individus munis d’anthéridies croissent dans leur voisinage.

Le type si gracieux des Fougères à haute tige est d’un effet saisissant. Ces plantes rivalisent avec les plus beaux Palmiers, lorsqu’elles s’élèvent à quinze et vingt mètres de hauteur, en laissant retomber du sommet de leur tronc, en forme de co-

lonne, un panache de feuilles mille fois découpées. Le bourgeon qui couronne son extrémité, se recourbe toujours en une sorte de crosse, dont la courbure gracieuse ajoute encore à l’élégance de la forme générale de ce beau végétal. Le tronc des Fougères arborescentes s’allonge toujours par le sommet, sans augmenter en diamètre; il est marqué de haut en bas, de cicatrices laissées par la chute des feuilles (fig. 392, à). Ces cicatrices ont une forme régulière et sont presque contiguës vers le sommet de la tige; mais plus bas, elles sont légèrement déformées et plus espacées. On a conclu de là que la tige gi andit en longueur quelque temps encore après la chute des leuilles-

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