AUSTRALIE
La faune et la flore de l’Australie sont tellement différentes de celles des autres parties du monde que, dans l’état actuel de nos connaissances géologiques, il paraît impossible de considérer cette partie du monde comme contemporaine des autres. L’étude des animaux et des plantes de l’Océanie porte le naturaliste à penser que ces contrées renferment une création organique en arrière sur celle du reste de la terre, et à faire admettre dès lors qu’elle a apparu postérieurement aux continents de l’Europe, de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique. On se croirait transporté à l’époque secondaire ou tertiaire. En effet, tous les Marsupiaux appartiennent h un type de mammifères inférieurs que 1 on ne trouve plus que dans les terrains jurassiques à l’état fossile, et les végétaux présentent des anomalies telles, qu’ils ressemblent davantage à ceux de l’époque tertiaire qu’à ceux d.e nos jours. Ils présentent des formes plus anciennes que celles des végétaux contemporains. Plus des neuf dixièmes des espèces qu’on trouve entre les 33' et 35' degré sud de la Nouvelle-Hollande, sont absolument propres à ces régions. Plusieurs constituent des familles complètement distinctes; d’autres forment des familles qui sont à peine représentées sur d’autres points du globe. Celles mêmes qui appartiennent à des groupes connus et répandus, déguisent leurs affinités naturelles sous des formes tellement insolites qu’on les a nommées les masques du règne végétal. Les espèces de deux genres, Y Eucalyptus parmi les Myrtacées, l’Acacia parmi les Légumineuses, forment peut-être, par leur nombre et par leurs dimensions, la moitié de la végétation qui couvre ces terres. Leurs feuilles sont réduites à des phyllodes. Ces phyllodes, et même aussi les limbes de feuilles vérita-