RGAN0GRAPHIE ET PHYSIOLOGIE
composent de six divisions^ blanches , d'un tissu délicat, analogues à des pétales. L'ensemble de ces divisions constitue-t-il une corolle? Nullement. Sans parler des différences de forme, de grandeur, de structure et de position, qui n'échappent point aux yeux d'un observateur attentif, on a pu constater que les pièces du verticille externe du Lis se développent successivement comme des sépales, et que les pièces du verticille interne se développent simultanément. On a conclu de cette observation, qu'en dépit des apparences il y a dans le Lis un calice et une corolle, en d'autres termes une corolle pètaldide.
Fig. 168. Corolle pétalolde du Lis.
Dans les Joncs, à l'inverse de ce qui se passe dans le Lis, on trouve une sorte de double calice. Des considérations analogues à celles qui précèdent ont porté à accorder à ces plantes une véritable corolle. Il faut donc admettre que dans le Lis le calice est blanc et pètalmde, que dans le Jonc la corolle est verte et sèpaloUk.
Jetons un coup d'œil sur les formes principales de la corolle. Lorsqu'elle est monopétale et régulière, les six formes principales qu'affecte la corolle n'ont pas besoin d'être décrites autrement que par la figure que nous allons en donner et l'adjectif qui les qualifie.
FLEUH. 159
La corolle est infwulibali forme ^ c'est-à-dire en entonnoir, dans le Tabac (fig. 169); tubuleuse dans la. grande Consolide (fig. 170); campanuléey ou en forme de cloche, dans le Liseron (fig. 171) ou dans la Campanule; hypocratèriforme, ou en forme de coupe, dans le Lilas (fig. 172), ou dans le Jasmin; rosacée dans la Bourrache (fig. 173) ou la Lysimague; v/rcéoUe dans V Arbousier (fig. 174).
Fig. 169. Corolle Fig. 170. Corolle tubuleuse Fig. i7l. Corolle campanulée
intundibuliforme du Tabac, de la grande Consoude. . du Liseron.
Fig. 172.
Fig. 173.
Fig. 17*.
Corolle hypocratériforme
Corolle rosacée
Corolle urcéolée
du Lilas.
de la Bourrache.
de l'Arbousier.
Lorsque la corolle est monopétale et irrégulière , ses formes principales se réduisent à trois. Dans la Sauge (fig. 175) ou le ïjimium, etc., le limbe corollin placé au sommet d'un tube plus ou moins allongé se partage transversalement en deux parties qu'on appelle lèvres : la lèvre supérieure, présentant deux divisions, est constituée par deux pétales réunis presque jusqu'au
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sommet; la lèvre inférieure, présentant trois divisions, est constituée par trois pétales réunis plus ou moins haut. Cette corolle, dite labiée, caractérise un groupe très-important du règne végétal.
Dans le Muflier {ûg, 176), la gorge de la corolle labiée, au lieu d'être largement ouverte, est fermée par un renflement de la lèvre supérieure.
c Parmi les monopétales irrégulières, dit Jean-Jacques Rousseau, il y a. une famille dont la physionomie est si marquée qu'on en distingue aisément les membres à leur air. C'est celle à laquelle on donne le nom de fleurs en gueule, parce que ces fleurs sont fendues en deux lèvres dont Pouverture , soit naturelle , soit produite par une légère compression des doigts, leur donne Pair d'une gueule béante. Cette famille se subdivise en deux sections ou lignées : Tune des fleurs en lèvres ou labiées^ l'autre des fleurs en masque ou personnées; car le mot latin persona signifie un masque, nom très-convenable assurément à la plupart des gens qui portent parmi nous le nom de personnes. »
Dans \^ Chicorée, ou le Pissenlit (ûg. 177), la corolle, cylindrique à sa partie inférieure, se fend d'un côté, et s'étale en une lan-
^îy>
Fig. 175. Corolle bllabiée Fig 176. Fig. l77.CoroUe ligalée
de la Sauge. Corolle du Muflier. ' du Pissenlit.
guette plate, que terminent quelques petites dents. Cette corolle est dite ligulée. Cette forme de corolle appartient à un nombre considérable de plantes qui composent le plus vaste groupe naturel de tout le règne végétal, celui des Composées. Toumefort avait distingué dans les corolles polypétales régu-
lières, trois formes principales, qu'on retrouve dans un grand nombre de fleurs, en général, dans celles d'une même famille. Les corolles cruciformes ont quatre pétales disposés en croix et ordinainement munis d'un onglet, caractère propre aux plantes du groupe des Crucifères. La figure 178 représente la corolle cruciforme de la Moutarde. Les corolles caryophyllées ont cinq pétales à onglet très -long, caché par le calice. La figure 179 représente une corolle de ce genre, celle de VOEUlet, Les corolles rosacées ont cinq pétales, sans onglets et ouverts, disposés comme dans la Rose simple
Fig. 178. Corolle de Moutarde.
Pig. 179. Corolle d'Œillet.
Fig. 180. Corolle de Rose simple.
Tournefort avait également classé toutes les modifications de la corolle polypétale irrégulière sous deux noms particuliers : elles étaiieni papilionacées ou anomales. Le Pois (fig. 181 et 182) a une corolle papilionacée, V Aconit une corolle anomale. Arrêtonsnous un instant sur la première forme.
f La première pièce de la corolle , dit encore Jean- Jacques Rousseau dans sa troisième Lettre sur la Botanique^ est un grand et large pétale qui couvre les autres et occupe la partie supérieure de la corolle, à cause de quoi ce grand pétale a pris le nom de pavillon. On rappelle aussi IVtcndard. Il faudrait se bouchor les yeux et l'esprit pour ne pas voir que ce
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pétale est ]k comme un parapluie pour garantir ceux qu'il couvre des principales injures de Pair-
Fig. 181.
Corolle papilionacée
du Pois.
Diverses parties
de la corolle du Pois.
« En enlevant ce pavillon, vous remarquerez qu'il est emboîté de chaque côté par une petite oreillette dans les pièces latérales de manière que sa situation ne puisse être dérangée par le vent.
« Le pavillon ôté laisse à découvert ces deux pièces latérales auxquelles il était adhérent par ses oreillettes. Vous trouverez , en les détachant , qu'emboîtées encore plus fortement avec celle qui reste, elles n'en peuvent être séparées sans quelque effort. Aussi les ailes ne sont guère moins utiles pour garantir les côtés de la fleur que le pavillon pour la couvrir.
t Les ailes ôtées vous laissent voir la dernière pièce de la corolle, pièce qui couvre et défend le centre de la fleur et l'enveloppe, surtout pardessus, aussi soigneusement que les trois autres pétales enveloppaient le dessus et les côtés. Cette dernière pièce, qu'à cause de sa forme on appelle la nacelle^ est comme le colTre-fort dans lequel la nature a mis son trésor à l'abri des atteintes de l'air et de l'eau. »
Rousseau décrit ici la fleur du Pois, corame application des principes qu'il vient de poser.