‹ Histoire des plantes (volume 4)Chapitre 12 sur 64 · CIRCULATION · texte numérisé non relu

CIRCULATION

Tien, d'ailleurs, de plus aisé que de constater directement la présence de la sève dans l'intérieur du bois. Telle est donc la vraie route suivie par Ta sève ascendante.

Un physiologiste anglais, Haies, à qui l'oa doit un grand nombre d'expériences propres à éclairer l'histoire du mouvement des sucs nourriciers dans les végétaux, voulut connaître avec quelle force la sève s'élève dans les tiges. Il adapta au sommet d'un chicot de vigne, au printemps, un tube à double courbure, dont une branche ascendante était soipeasement fixée sur la section transversale du cep, l'anse inférieure étant remplie de mercure. La sève, en s'écoulant, s'accumulait dansles branches intérieures de l'appareil, et repoussait peu à peu le mercure, dont la colonne soulevée finit par monter jusqu'à un mèti:e {fig. 131).Cet écoulement de sève avait donc lieu malgré le poids d'une colonne de mercure d'un Diètre de hauteur, augmenté du poids de l'atmosphère. Haies a calculé que la force qui pousse la sève dans la vigne, est cinq foisplus grande que celle qui pousse le sang dans une grosse artère chez le cheval.

Parvenue dans les feuilles , la sève est mise en contact avec l'air, par les innombrables ouvertures, ou scomaces, qui communiquent avec les lacunes et méats creusés dans la substance du parencnyme. La respiration de la plante, c'est-à-dire l'ac- "*■ t3i.App»r.u<i.H«i« tion chimique que l'air exerce sur les li- «jurcëa pu u lin quides qui remplissent les feuilles, jointe '"'"'"p»™'»'^"'»'"^'"à l'exhalation de vapeurs dont les mêmes organes sont le siège, transforme, modifie la sève ascendante, de même que chez les animaux l'air modifie le sang veineux dans les vaisseaux sanguins et dans le poumon, et le change en sang artériel. Ainsi c'est dans les feuilles, et par suite des phénomènes d'exhalation

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186 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.

et de respiration dont elles sont le siège, que la sève ascendante change de nature, qu'elle s'élabore et se transforme en fluide nutritif.

Quelle est la route que suit, après cette importante modification vitale , la nouvelle sève, ou sève descendante? Tout porte à croire qu'elle circule dans l'écorce. Voici les faits qui autorisent cette opinion.

Si on lie fortement une tige ou une branche , de manière à comprimer l'écorce, il se fait au-dessus de la ligature un bourrelet, qui augmente de plus en plus, et qui paratt provenir de la stase, en cet endroit, des fluides nutritifs venus d'en haut; car la partie de l'arbre située au-dessous de la ligature ne prend aucun accroissement.

Les mêmes phénomènes se produisent lorsqu'on pratique sur le tronc des arbres des incisions annulaires ou en spirale. Du reste, des troncs d'arbre autour desquels se sont enroulées des plantes grimpantes ou volubiles, nous offrent une démonstration, pour ainsi dire vulgaire, du fait physiologique que nous signalons. 11 se fait au-dessus de la ligature produite naturellement par les plantes grimpantes ou volubiles un bourrelet, un épaississement produit par l'arrêt et le séjour des liquides qui descendent du sommet du végétal & travers l'écorce.

Noua avons énuméré, en parlant de la structure des racines, les causes sous l'influence desquelles se fait l'ascension de la sève. Les causes qui détermineraient sa marche descendante nous sont, avouons-le, complètement inconnues. Il paratt probable que c'est dans les couches profondes de l'écorce et particulièrement dans ces /îbres grillagées du liber dont nous avons indiqué plus haut l'admirable structure, que cette sève chemine ; ces fibres sont, en effet, très-riches en matières mucilagineuses et albuminoïdes. Quelques physiologistes considèrent en outre les vaisseaux laticifères comme les réservoirs principaux et essentiels de la sève élaborée. Mais il faut avouer que toute cette question est encore très-obscure.

C'est au printemps que la circulation de la sève se fait avec une grande activité. Alors la plante est goi^e de matières nutritives, qui s'étaient conservées en dépôt pendant l'hiver. Elle

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