X PRÉFACE
tant de merveilles, qui fait naître en nos Ames l'involontaire et puissante sympathie que les plantes nous inspirent. Personne, en effet, ne sanrait rester indifférent à l'aspect des tableaux que la végétation étale à nos yeux. Une plante, une fleur détachée de sa tige, suffisent pour remuer notre cœur, pour nous rappeler le sol natal, les joies évanouies ou les affections perdues. Nous comprenons le transport de sentiments qui fait que le sauvage arraché des bords de l'Orénoque embrasse en pleurant l'arbre de son pays, et les larmes qui coulaient des yeux de J. J. Rousseau k la seule vue d'une Pervenche.
Par suite de cette sympathie naturelle, l'homme a toujours demandé aux plantes les symboles divers de ses sentiments et de ses affections. Chez tous les peuples, des tresses de feuillage couronnent le front du vainqueur, ou récompensent la vertu. De frais bouquets, des guirlandes gracieuses, président aux fêtes qui marquent les époques heureuses de notre vie. Des fleurs ont orné notre berceau et elles couvriront notre tombe. Des guirlandes de feuilles et de fleurs ont embelli nos fêtes, de noirs Cyprès ombrageront notre dernier asile.
Il ne faut donc pas être surpris que l'étude des plantes soit aussi ancienne que la civilisation. Les livres sacrés nous parlent d'une foule de plantes qui étaient cultivées ou révérées par les premiers hommes. Les anciens poètes en ont tracé de gra> cieux tableaux ; Homère les a chantées sur la lyre. Combien d'autres ont célébré dans leurs vers le plaisir des champs, le charme des ombrages et les vertus des plantes I Hésiode, Théocrile, Lucrèce, Virgile, Horace, Ovide, Tibulle, Glaudien, les ont décrites tour à tour. Dans la littérature moderne, les plantes ont bien souvent inspiré le génie des poètes, qui se sont plu à en tracer les plus séduisantes peintures. Citons en exemple Le Tasse, l'Arioste, Métastase, Darwin, Pope, Thomson, Gessner, Rapin, Saint-Lambert, Parny, Delille, Koucher, Castel, J. J. Rousseau,
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Bernardin de Saint-Pierre, et, de nos jours, Victor Hugo et Lamartine.
Les plantes fournissent à tous les âges de la vie des distractions agsréables ou des enseignements utiles.
L'enfance aime les fleurs; elle se platt à les rechercher. Les fleurs font dans le jeune Age le charme des promenades champêtres; elles éveillent nos premières sensations. Nous saluons celles qui se rencontrent sous nos premiers pas, car notre cœur nous dit qu'elles ne sauraient nous être indifférentes.
Ce goût, naturel à la tendresse de l'enfance, ne s'affaiblit point dans la jeunesse. La simple culture d'un jardin procure au jeune homme des plaisirs sans cesse renaissants; c'est un fertile enseignement pour son esprit et son cœur. La jeune fille se plalt k retracer de son pinceau les formes capricieuses des fleurs, é. imiler l'éclat brillant de leur coloris. Quel intérêt nouveau s'ajouterait à cette simple reproduction des lignes extérieures, si la jeune fille pouvait y joindre une connaissance eiacte de ces végétaux élégants dont elle aime à retracer les contours t
Ces pures et délicates jouissances ne s'évanouissent pas avec l'âge mûr, comme les amusements stériles de la jeunesse : elles prennent une direction plus sérieuse. Pour peu que nous ayons porté notre attention sur te spectacle de la nature , ces productions que nous avons considérées dans le jeune Age, isolément et sans but particulier, nous offrent plus tard un intérêt que nous n'avions pas soupçonné. La végétation , prise dans son ensemble, revêt un caractère tout particulier de grandeur qui nous étonne. Nous apprenons à considérer les plantes dans leur généralité. Leurs harmonies naturelles, leurs rapports avec le reste des êtres vivants, leur commune origine, tout nous conduit à l'idée d'un Dieu créateur. En contemplant les secrets et merveilleux ressorts qui régissent le mouvement et la vie, en
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