‹ Histoire des plantes (volume 4)Chapitre 35 sur 64 · BoDibs-GuIzDi, Botaniipie de la Jeunette, p · texte numérisé non relu

BoDibs-GuIzDi, Botaniipie de la Jeunette, p

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portée en Europe pour cette fabrication, est aujourd'hui un

des principaux objets d'exportation de la côte occidentale d'Afrique.

Le Sagoutier (Sagus rhumphii) originaire des Iles Moluques,

DiplizsdbïGoOglC

CONIFERES. S6B

contient dans son stlpe, souvent volumineux, une fécule Irës- Qoarrissante.

L'Arec {Areca caUcku), arbre de l'Inde et de Ceyian, fournil un cachou très-estimé. L'albumen de sa graine, co>jpépar tranches, saupoudré de chaux et enfermé dans une feuille de poivre bétel, compose un masticatoire très-usité chez les Indiens pour faciliter la digesUon.

Une autre espèce d'Arec (Areca oleracea) est particulièrement recherchée à cause de l'excellence de sa pousse jeune, tendre, et déjà volumineuse, connue vulgairement sous le nom de Chou palmisu.

Les Hotangs (Calamus) ont des tiges grêles, grimpantes, peu ou point feuillues, qui s'étendent quelquefois le long des arbres, en passant'd'une branche à l'autre sur une longueur de 150 à 170 mètres. On en fait ces cannes flexibles et polies, connues en Europe sous le nom de jonc.

Citons encore le Céroxyle des Andes {Ceroxyhn Andicota) dont le tronc s'élève, au Pérou, jusqu'à une hauteur de 60 mètres. Il produit une cire qui exsude de ses feuilles et de la base de leurs pétioles.

Nous mentionnerons, en terminant, les genres de Palmiers dont les espèces sont aujourd'hui les plus répandues dans les serres de l'Europe. Voici leurs noms : Citamxdorea, Oreodoxa, Areca, Seaforlhia, Arenga, Caryota, Calavius, Borassus, Lalania, Geonoma, Corypha, Livûtona, Sabal, Chamxrops, Thrinax, Phcenix, Cocos, Aslrûcaryttm, Jubxa, Diplolhemium, Martinezia, Acrocomia.

PLANTES DYCOTÏLÉDDNES APÉTALES.

Les Pins sont des arbres à feuilles alternes, simples, roides et allongées, persistantes et fasciculées par deux, trois ou cinq. Chacun des fascicules est un petit rameau dont l'axe est trèscourt et dont les feuilles inférieures sont transformées en

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gaine. Ces végélauz habitent les contrées froides des deaz continents, où ils forment de vastes forêts. Ils sont monoi^wt, c'est-à-dire portent sur le même pied des fleurs mâles et femelles. Les fleurs mâles se composent d'un aie floral, le long duquel sont insérées des étamines en nombre considérable. Ces étamines offrent un court fflet et une anthère à deux loges s'ouvrant en dehors par deux fentes longitudinales. Cette anthëreest surmontée d'un connectif dilaté en façon de languette. Les fleurs femelles sont disposées en chaton, et se composent chacune d'un ovaire privé de style et de stigmate, étalé en façon d'écaillé et portant à sa face inlerne deux ovules orlliotropes suspendus Les ligures 295 et 296 représentent les fleurs mâles et femelles

du Pin. Quand ces fleurs ont mûri, les écailles deviennent dures, ligneuses, épaissies en massue à leur sommet. Elles forment alors ce fruit composé, ce cène, qui a donné son nom à la famille tout entière des Conifères. La figure 297 représente le cône du Pin. Les écailles du cône du Pin finissent par s'écarler; les graines qu'il renferme peuvent alors s'échapper et tomber sur le sol, pour la reproduction de l'espèce.

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CONIFERES. 273

Nous citerons parmi les espèces de Pins à feuilles géminées, le Pin sylvestre (flg. 298), le Pin martiime, le Pin pignon, dont les graines sont comestibles, le Pin de Corse; et parmi les espèces à cinq feuilles, le Pindu lord, qui peut atteindre jusqu'à 60 mètres de hauteur.

Les Sapins ne diffèrent des Pins que par leur cône, qui est muni d'écaillés amincies, arrondies au sommet, non épaissies en massue, et par leurs feuilles éparses ou distiques. Tels sont le Sapin pectine, dont les bourgeons sont employés en médecine et dont on retire l'essence de térébenthine; le Sapin élevé, vulgairement connu sous le nom à'Epicea, dont le bois est estimé pour les constructions, et dont on extrait, par incision, une résine nommée galipot, poix-résine, poix de Bourgogne.

Les MéUzes [larix) diflèrent des SapifW en ce que leurs feuilles naissent par Tascicules de bourgeons écailleux et deviennent ensuite solitaires et éparses par suite de l'allongement du bourgeon ; l'imbrication des écailles du cône est très- lâche. Les feuilles de Mélize persistent pendant un hiver.

Le Mélèze d'Europe atteint une hauteur de 30 à 35 mètres. Son bois est rougeâtre, d'un tissu plus serré, d'une durée plus considérable que celui du Sapin. Des fentes de son écorce suinte une térébenthine très-pure, qui est employée dans les arts et dans la médecine.

Les Cèiires se distinguent des Méitzes en ce que leurs feuilles persistent pendant plusieurs années après l'allongement du boui^on et que les écailles du cône sont plus étroitement imbriquées. Le Cèdre du Liban {fig. 299), arbre d'un aspect plein de grandeur, étend à 40 mètres au-dessus du sol ses longs bras horizontaux. Sur le revers de l'Atlas, au nord de l'Afrique, et dans les contrées tempérées de l'Asie, le Cèdre forme des forêts immenses, du plus majestueux et du plus imposant aspect.

Toutes les plantes dont nous venons de parler appartiennent & une vaste section de la famille des Conifères, désignée sous le nom A'Abiéiinées, et offrent un grand nombre de caractères essentiels communs. Les arbres que nous avons maintenant à signaler, les Thuya, les Ifs, les Genévriers, s'éloignent, sous beaucoup de rapports, de la tribu des Abiétinées.

Lea Thuya sont des plantes moncfiques. Leurs fleurs mâles se composent d'un axe floral filiforme, sur lequel s'insèrent de nombreuses étamines, qui ressemblent à des clous portant au-dessous de leur tête quatre anthères uniloculaires. Les (leurs femelles sont disposées en chaton, dont chaque écaille porte deuÂOvules orthotropes dressés. Ceux ci deviennent bientôt charnus et se soudent entre eux. Mais à la maturité, ils se dessèchent, se dessoudent, et s'écartent, pour mettre en liberté les graines. Les Thuya sont des arbres verts, à rameaux comprimés, à très-petites feuilles imbriquées et serrées.

Les Cyprès se rapprochent beaucoup des Thuyas; ils s'en distinguent essentiellement parle grand nombre de graines qui se pressent à la base de chaque écaille.

Les Ifs sont des arbres à feuilles rapprochées, presque distiques, linéaires, aiguës, d'un vert foncé en dessus, et à fleurs dioïques. Les (leurs màles se composent d'un axe floral allongé, le long duquel s'insère un nombre variable d' étamines. Elles ressemblent 6 des clous dont le conneclif serait la tête. A la face inférieure de ce connectif sont adossées six â huit anthères biloculaires, disposées circulairement autour du filet. Les fleurs femelles, solitaires et ceintes de bractées imbriquées, se composent d'un ovule sessile, au centre d'un disque très -développé. A la maturité, ce disque devient charnu, et forme une petite cupule d'un rouge vif qui enveloppe lâchement la graine. L'arbre semble alors couvert de petites cerises.

Le Genévrier commun (Juniperus commvnis) est un arbrisseau indigène, à feuilles vertictllées par trois, étalées, roidcs, et presque épineuses. Cet arbre est mtmoiqw. Les écailles du chaton femelle, au nombre de six, présentent ce fait curieux qu'elles deviennent charnues et constituent par leur soudure une sorte de baie sphérique, noirâtre ou bleuâtre, contenant ordinairement trois graines osseuses. Dans quelques contrées du nord de l'Europe on fait fermenter ces fruits, et l'on en retire une espèce d'eau-de-vie connue sous le nom de gin. Le Juniperut Yirginiana, nommé aussi Cèdre rouge, offre un bois odorant, léger, avec lequel on fabrique les petits cylindres dans lesquels on renferme le graphite de nos crayons.

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BÉTDLINÉES.

Le Bouleau et l'Aune constituent la petite famille des Bétulinées.

L'i4une gluUneux ( fig. 301 ), qui habite le bord des eaux et les lieux marécageux des bois, a des feuilles presque orbicuiaires, souvent tronquées au sommet, crénelées, dentées, coriaces, glabres, d'un vert sombre en dessus, d'un vert pâle en dessous, couvertes, dans leur jeunesse, d'un enduit collant. Cet arbre est monoique. Dès le mois de février, et avant l'apparition des feuilles, il laisse pendre des chatons cylindriques allongés, composés de fleurs mâles, et il dresse vers le ciel des chatons ovoïdes, composés de fleurs femelles.

A l'aisselle de chaque écaille du chaton mAle, on compte trois

Fleur mïle isolés

Ftg. 300. Fleiut da l'AuDC,

fleurs, une médiane et deux latérales. Ces trois fleurs se composent chacune d'un périanthe îi quatre divisions ((ig. 30u) et de quatre étamines opposées à ces divisions, à anthères bîloculajres s'ouvrant en dehors par deux fentes longitudinales. Elles sont entourées, indépendamment de l'écaillé du chaton, par quatre autres écailles secondaires, dont deux sont à droite et deux à gauche.

A l'aisselle de chaque écaille du chaton femelle on observe

FiB. Mi. Aune.

quatre écailles secondaires et deux fleurs. Chacune de ces deux

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ULMACEES. 279

fleurs se compose seulement d'un pistil, dont l'ovaire libre est surmonté d'un style court, divisé en deux branches stigmatiques. L'ovaire présente deux loges ; dans chaque loge est suspendu un ovule anatrope. Les chatons fHictifères sont en forme de cônes de Pin, h écailles persistantes, horizontales, étroitement juxtaposées et rendues cohérentes par une substance résineuse, s'écartant à la fin pour laisser échapper les fruits. Ces fruits sont comprimés, entourés de chaque côté d'une bordure coriace subéreuse ^ ils sont uniloculaires et ne renferment qu'une graine.

Les Bouleaux {Belula alba) sont, comme les Aunes, des arbres monoïques. Leurs feuilles sont alternes, pétiolées, ovales, acuminées, dentées ou doublement dentées, vertes et luisantes en dessus, à face inférieure d'un vert pâle, glabre. Ce sont des arbres à tronc droit, à épiderme lisse, d'un blanc satiné, qui se détache facilement par lames circulaires, à rameaux flexibles, • déliés et retombants:

Les Bouleaux fleurissent au mois d'avril. La couleur blanche de leur écorce produit, au milieu des forëls, les plus heureux effets de contraste avec les couleurs sombres des troncs des Chênes et des Ormes.

L'Orme champitie{Ulmus campestris), vulgairement connu sous le nom d'Orme commun (flg. 302), croît dans les bois monlueux. On le plante fréquemment au bord des chemins et dans les promenades publiques. C'est habituellement un grand arbre, à tige nue, à cime abondamment fournie, conique, formée de fortes branches ascendantes, terminées par des rameaux rapprochés, garnis de ramules serrés et régulièrement distiques. Ses feuilles sont alternes, munies de deux stipules caduques, ovales, aiguës, irrégulièrement obliques à la base, doublement dentées, ordinairement pubescentes et rudes. Elles ne paraissent qu'après les

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fleurs, qui sont rougeâtres et disposées en fascicules sessîles.

Chaque Heur, toujours dépourvue de corolle, se compose

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CUPULIFERES. 281

d'un calice à quatre ou cinq lobes , de quatre à cinq êlamines opposées à ces lobes, à anthères biloculaires , s'ouvrant en dehors par deux fentes longitudinales, et d'ua ovaire libre, / I;

à deux loges , contenant un seul ovule [ ',

anotrope. Le fruit de l'Orme, ou samare {fig. 303), est sec, comprimé, largement ailé, membraneux dans toute sa circonférence, èchancré au sommet, indéhiscent et ' f^K-»»-

Sunara ou Irait do

uniloculaire. lome.

Le tronc à bois dur et serré de rOj-nie fournit le meilleur bois

de cl

CUPUL^'ÈRES.

Le Coudrier (Corylus avellana) est un arbrisseau moncUque ordinairement assez élevé. Il est commun dans les bois, les taillis, les buissons; on le plante souvent dans les haies et les jardins. Ses rameaux sont dressés, effilés, flexibles, à feuilles simples, alternes, doublement dentées, quelquefois superficiellement lobées, accompagnées de deux stipules caduques. Les fleurs mâles sont en chatons pendants, disposés 1 à 3, à l'extrémité des rameaux, ou sur des ramuscules latéraux courts. Ces chatons commencent à paraître vers la un de l'automne, avant ta chute des feuilles, et fleurissent à la fin de l'hiver, avant le développement des feuilles nouvelles. Les fleurs mâles, contenues entre deux petites écailles, ont cinq êlamines, à anthère uniloculaire , s'ouvrant en dehors. Les fleurs femelles se composent d'un calice, à limbe très-petit, denticulé, et d'un ovaire infère, k deux loges, contenant chacune un ovule anatrope suspendu. Cet ovaire est surmonté de deux longs styles, d'un rouge vif. A l'époque de ta fructification, l'involucre a pris un grand développement, il est devenu foliacé, un peu charnu et campanule à la base, ouvert au sommet, et contenant un fruit (noisette) qui est un akène par suite de l'avorlement de l'une des loges et de l'ovule qu'elle renferme. La graine à testa membraneux, mince, contient sous un mince tégument un embryon

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dépourvu d'albumen, à cotylédons plans d'un càté et convexes de l'autre.

Le Charme commun (Carpinus betulus) est ud arbre de taille moyenne, à écorce d'un gris cendré, lisse, mince. 11 fleurit avec les premières feuilles, en avril et mai. Ses (leurs mâles sont disposées en chatons cylindriques, dont les écailles imbriquées protègent directement de six à vingt étamines à filets courts, bifurques, h anthères unilobées, barbues au sommet. Les fleurs femelles, dispesées en façon de grappes dont les bractées extérieures caduques portent chacune deux involucres uniflores, présentent une structure très-analogue à celle des fleurs du Coudrier, 11 en est de même du fruit, qui est accompagné d'une copule foliacée, veinée, réticulée, à trois lobes, dont le moyen esl beaucoup plus grand que les deux autres.

L'importance principale du bois de Charme est dans sa puissance calorifique. C'est un excellent bois de chauffage. On l'utilise dans l'industrie pour la fabrication d'outils divers et de certaines pièces de machines qui, ayant à subir des frottements, doivent oBFrir une grande dureté.

Les Chênes (Qutrcus) sont des arbres monoïques, à feuilles alternes, simples, accompagnées chacune de deux stipules caduques. Les fleurs mâles sont disposée^ en chatons filiformes, grêles, interrompus et pendants (fig. 304). Chaque fleur présente un calice à six ou huit divisions, libres, inégales, frangées, et un nombre égal d'étamioes opposées, à anthères biloculaires, s'ouvrant en dehors par deux fentes longitudinales. La fleur femelle {fig. 305} se compose d'un ovaire infère, surmonté d'un périaathe à trois ou six divisions, etd'un style court, qui se divise en trois branches stigma tiques. Elle est, en outre, entouréti d'une sorte de petite coupe, ou cupule, formée par un repli du pédoncule sur lequel sont insérées un grand nombre de petites bractées imbriquées. Son ovaire présente trois loges, et dans chaque loge sont deux ovules anatropes. A la maturité deux de ces trois loges ont avorté avec leur contenu. Le fruit, que l'on désigne sous le nom de gland (fig, 306), de forme ovoïde ou oblongue, ombiliqué au sommet, à péricarpe coriace et luisant, devient, de cette façon, uniloculaire et monosperme. Celte graine présente sous ses téguments un embryon dépourvu d'albumen, dont les cotylédons,

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CUPULIPERES. «83

convexes en dehora, plans en dedans, sont charnus et farineus. Le fruit est enveloppé à sa base par la cupule dont nous avons parlé plus haut, indurée et ligneuse.

Fig. M4. Fleur mâle di

Le genre Chêne appartient presque exclusivement à rhémisphère boréal, dont il habite les régions tempérées, ainsi que les

Flg. JOS. Fl«ur [orne

hautes mont^nes des contrées équatoriales. Les espèces qu'il renferme sont nombreuses et difticiles à distinguer. C'est au

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genre Chêne que se rapportent les arbres les plus majestueux lie nos forêts, à tige robuste et à ramification puissante.

Le Quercus iCssUiflora (ClUne, Chine rouvre. Rouvre), représenté par la fig. 307, est un arbre de port et de taille variables, à feuilles pétiolées, oblongues, à peu près ovales, sinuées, à pédoncule fructifère plus court que les pétioles, à fruits arrivant à maturité dans l'année même de l'apparitioa des Qeurs qui les ont produits. Le Qutrcus pedunculaia, ou CfUne pédoncule, est un arbre ordinairement très-élevé, pouvant atteindre 30 à Zh mètres et une énorme circonférence, grâce k sa puissante longévité. Ses feuilles sont brièvement pétiolées ou presque sessiles. Les pédoncules ructifères sont très-longs et les fruits mûrissent, comme ceux de l'espèce précédente, l'année même de l'apparition des fleurs qui les ont produits.

Le Quercus cerris, assez rare et disséminé en France, est remarquable par les écailles de sa cupule, qui sont linéaires, recourbées en dehors et contournées dans leur moitié supérieure. Dans cette espèce, les fleurs femelles restent stationndres pendant une année k partir de leur apparition et ne complètent leur évolution qu'à l'automne de la deuxième année.

Le Qaercus ilex ( Yeuse, Chêne vert ) est un arbre de 1 5 à 1 8 mètres de hauteur, dont les feuilles sont luisantes en dessus, grises ou blanchâtres et tomenteuses en dessous, dont les fruits sont sessiles ou portés par des pédoncules courts, tomenteui:, k cupule tuberculeuse, éeailleuse, cotonneuse. 11 croit dans les lieux arides et découverts de la France méridionale. C'est un combustible de premier ordre. Le boisd'l'etwe est employé, en outre, dans les constructions navales, la menuiserie et l'ébénisterie.

Le Quercus suber (Chêne-liége), dont nous avons déjà parlé au chapitre de l'Écorce, est assez voisin de l'Yeuse. Ses feuilles persistent jusqu'à la fin de la deuxième et même de la troisième année. C'est, comme nous l'avons dit, la partie subéreuse, très développèe,de son ëcorce,qui produit la substance désignée sous le nom de liège. 11 croit sur les coteaux ou sur les montagnes de moyenne élévation, et s'écarte peu du bassin de la Méditerranée. Limité à quelques contrées du midi de la France, le Chéru-tiêge est l'essence dominante des forêts de l'Algérie. Il y constitue, seul ou mélangé, des bois d'une grande étendue.

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Fig. 307. Ch«.e (Ouf rcw iiui-'iuir»).

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ARTOCARPÉES. 287

Le Qwreui coccifera ( Chêne du kermès) est un arbrisseau touffu de S à 3 mètres, à feuilles persistantes, petites, oblongues, cordées, dentées épineuses, vertes et glabres, commun dans les lîeui secs , pierreux et sablonneux de la région méditerranéenne. C'est sur ce petit Chêne que vit le kermès, insecte hémiptère, dont on retirait une belle teinture écarJate avant l'introduction en Europe et l'emploi de la cochenille du Cactm nopal.

I* Hêtre {Fagus sylmtica) est une des essences forestières les plus répandues et les plus importantes. Il atteint de grandes dimensions et peut s'élever jusqu'à 40 mètres. Sa tige, droite et circulaire, demeure apparente jusqu'à l'extrémité de sa cime. Elle est quelquefois nue sur une longueur de SO mètres au-dessous des branches principales. Ses feuilles pétiolées, ovales ou ovales oblongues, ordinairement aiguës ou acuminées, lâchement dentées ou sinuées, ondulées, coriaces, d'un beau vert, à nervures saillantes, ciliées, soyeuses au bord, sont alternes et accompagnées de deux stipules brunâtres. Les fleurs, qui sont uniseiuées, paraissent en même temps que les feuilles, les fleurs mâles sont disposées en chatons globuleux, longuement pédoncules, pendants, à écailles très-petites, caduques. Les lleurs femelles sont enveloppées, au nombre de deux ou trois, dans un involucre commun à deux lobes, recouvert à l'extérieur d'une foule de filaments. Le fruit porte le nom de faîne. La graine contient un embryon sans albumen, dont les cotylédons sont irrégulièrement plissés en dedans et étroitement cohérents. L'huile qu'on retire de cette graine est comestible et bonne pour l'Éclairage.

Le Châtaignier {Castanea vulgaris) est un grand arbre à végétation rapide et doué d'une grande longévité. II peut atteindre une hauteur de 30 mètres, en présentant une circonférence énorme. Ses feuilles sont grandes, pétiolées, oblongues, lancéolées, aigués, fortement dentées, coriaces, glabres, luisantes, à nervures secondaires parallèles très-saillantes, accompagnées de deux stipales caduques.

Les fleurs sont unisexuées et paraissent après les feuilles. Les fleurs mâles forment de très-petits chatons. Chaque fleur mâle se compose d'un calice à cinq ou six divisions, avec autant ou plus d'étamines, & anthère biloculaire, s'ouvrant en dehors. Les

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fleurs ' femelles sont enveloppées, au nombre de deux à cinq, dans un involucre commun quadrilobé, soudé extérieuremenl avec des bractéoles nombreuses, linéaires , inégales. Chaque fleur femelle se compose d'un ovaire infère, surmonté d'un limbe calicinal à 5 à 8 lobes et d'un nombre égal de styles. Il renferme un pareil nombre de loges contenant deux ovules anatropes. A l'époque de la maturité , qui arrive en septembre ou octobre, l'involucre est épais, coriace, chaîné en dehors d'épines vulnérantes, fasciculées, et renferme 1 à 5 fruits uniloculaires par avortement, connus sous le nom de châtaignes. Le péricarpe en est coriace et libreux, tomenteux à la face interne. La graine , sous un tégument membraneux, contient un embryon sans albumen, dont les cotylédons sont volumineux, plissés, à fissures plus ou moins profondes, et, comme on le sait, farineux.

La châtaigne est le principal produit que l'on demande à cet arbre utile. Ce fruit fait la base de l'alimentation des populations pauvres du plateau central de la France.

Amélioré par la culture, le Châtaignier a donné ie Mtaronnitr, dont on connaît un grand nombre de variétés.

Le Figuier {Ficus carira) est originaire des régions méditerranéennes orientale et méridionale. Il fut introduit et cultivé en Europe dés la plus haute antiquité. On le rencontre fréquemment croissant presque spontanément, dans le midi de la France. Le plus souvent à l'état d'arbrisseau, le Figuier peut aussi devenir un arbre de 4 à 5 mètres de hauteur. Les feuilles varient de forme sur le même individu. Elles présentent ordinairement de 3 à 7 lobes, inégaux et obtus. Les fleurs sont unisexuelles et placées sur les parois internes d'un réceptacle commun, percé à son sommet d'une petite ouvei'lure, que pi-otégent un grand nombre de bractées imbriquées. Les fleurs mdles ont un calice à 3 sépales, et 3 étamines opposées à ces sépales, à anthères biloculaires s'ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales. Les

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CANNABINÉES. 289

fleurs Temelles ont un calice formé de 5 sépales et un pistil composé d'un ovaire supère, surmonté d'un style qui se divise en deux branches stigmatiques. Cet ovaire est uniloculaire et renferme un seul ovule. Le fruit (pour le botaniste — car pour les gens du monde le véritable fruit est ce réceptacle épaissi, charnu et succulent qui constitue la Figue), — le fruit, disonsnous, est un akène, et la graine contient, sous ses téguments, un albumen charnu, dans lequel est un embryon recourbé.

l* Chanvre (Cannabis saliva) (fig. 308 et 309) paraît originaire

Pig. SOB. CbaoTre mils.

delà Perse; mais il est depuis longtemps acclimaté dans l'Eu- "'P^ entière. Tout le monde sait que l'un des éléments de son

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écorce, la fibre libérienne, rend cette plante éminemment précieuse pour l'industrie humaine.

Le Chanvre est une plante dioîque, herbacée, annuelle, à feuilles inférieures opposées. Les feuilles supérieures, souvenl alternes, sont profondément découpées en 5 à 7 segments lancéolés, acnminés ou linéaires, fortfîment dentés, rudes, d'un vert pâle en dessous; deux stipules latérales les accompagnent. Les fleurs mâles, disposées en grappe, se composent d'un calice à 5 divi-

F % Mi ChinT c [cmc] c

sions et de 5 étamines opposées à ces divisions, à anthères biloculaires s'ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales. Les fleurs femelles disposées en gloméniles axillaires, feuillus, présentent un calice formé par deux divisions et un pistil composé d'un ovaire supère, surmonté d'un style court et de stigmates filiformes, très-longs. L'ovaire, uniloculaire, renferme un seul ovule. Le fruit est un akène. La graine, sans albumen, renferme un embryon plié sur lui-même.

C'est avec une autre espèce de Chanvre, le Cannabis indica,que

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GANNABINEES. 291

les Indiens font une liqueur enivrante connue sous le nom de Baschich. Les Orientaux en font un abus déplorable.

Le HoMblon (Hwmulus lupiUus), plante vivace, à tiges volubiles, à feuilles opposées, lobées en forme de palme, appartient à la même famille que le Chanvre. On le trouve en Europe, dans les haies, sur le bord des rivières. Le Houblon est cultivé en France, en Belgique, en Angleterre et en Allemagne. Les fleurs femelles sont disposées en épis, compactes, ovoïdes, figurant des cAnes à la maturité par le développement des sépales et des bractées. Les fruits, ou akènes, sont recouverts d'une poussière granuleuse, d'un jaune verddtre ou d'un jaune d'or, trës-odorante, qui contient le principe actif que les chimistes ont nommé lupulin.

Les cAnes de houblon servent à la fabrication de la bière. Ils sont toniques et un peu narcotiques.

Les Sauks et les Peupliers constituent cette petite farniHe,

Les Saules présentent un grand nombre d'espèces, dont la taille t'arie depuis celle d'une plante herbacée jusqu'i^celle d'un grand ari)re. La plupart croissent au bord des eaux et forment des ottraies, que l'on exploite à de courtes périodes, ou que l'on cultive en têtards. Les Saules abondent dans les régions tempétées; ils décroissent sensiblement en nombre vers le midi de l'Europe et dans l'Algérie. Ils servent à consolider les bords des cours d'eau et des rivières, ainsi que les travaux d'endiguement. U Saule fournit au vannier les matières que cet artisan met en œuvre.

Par les grandes dimensions qu'il peut acquérir, le Saule blanc (Qg. 310) est l'espèce la plus importante du genre. II forme des oseraies et des têtards très-productifs.

le Saule pleu]-eur {Salue babylonica), que nous avons déjà figuré page 76, est particulièrement recherché pour la longueur, la flexibililé et les courbes de ses rameaux, qui lui donnent une physionoraife d'une grâce mélancolique. Sa patrie est inconnue. Nous ne possédons que l'individu femelle.

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Le SauU réticulé est un petit arbrisseau étalé, couché, de I i s

décimètres seulement, qui croit dans les Alpes et les Pyrénées. Le Saule herbacé est un très-petit sous-arbrisseau, à tige sou-

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SALICINEES. 293

terruDe, rampante, émettant des rameaux presque complètement herbacés. Il habite les Hautes-Alpes, les Pyrénées, le mont Dore en Auvergne.

Les Saules sont dioïqves. Leurs fleurs sont en chaton et soli-

Fl«. su. Cbatôn bUb

bUoc. Fig. Sn. Ctiilanrem«ll«da

taires, à l'aisselle de chaque écaille du chaton. Elles sont dépourvues d'enveloppes. Les figures 311 et 312 représentent les cha-

Ftg. 11). Fleuri mâlw du

Fie- lU. Flson

tons mâles et femelles du Saule; les figures 313 et 3U montrent les fleurs isolées

Les Peupliers sont très-voisins des Saules, et ne s'en distinguent, quant à la fleur, que par un plus grand nombre d'étamines, qui sont insérées à la face interne d'une sorte de godet.

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FIg. 3ii. Peuplier bUnc

Nous citerons parmi ces grands végétaux : Le Pettplier noir ( Popuius mffra), vulgairement nommé Peuplier suisse. — Le Peuplier blanc (Poputus alba) (Ypréau, Blanc de Hollande), bel arbre à cime ample et fournie, à feuille remarquable par son extrême blancheur en dessous, surtout sur les rejetons et sur les pousses les plus élevées. La figure 315 représente cette espèce.

— Le Tremble {Poputus lremula)j la seule espèce vérilablement forestière du genre, de moyenne taille, à feuilles trèsmobiles, à cause de la longueur, de la gracililé et de l'aplatissement du pétiole. — Le Peuplier pyramidal, originaire du Caucase et de la Perse, qui fut apporté d'Italie en France en 1749, si remarquable par des branches dressées qui naissent presque de la base du tronc et formentensemble une cime longue, étroite, pyramidale ; on ne connaît que l'individu mâle.

CAMPANULAGÊES.

PLANTES DICOTYLÉDONES MONOPÉTALES.

CAUPANULACÉES.

haCampamile cariUon{{ig. 316) qui, par ses grandes corollesépanouies plusieurs à la fois, figure l'ensemble de cloches que l'on nomme carillon, est «ne plante du midi de l'Europe. Sa tige est droite, rameuse supérieuremenl, àfeuilles sessiles, ovales lancéolées, irrégulièrement crénelées, dentées, à fleurs inclinées, disposées engrappe lâche.

Ses fleurs sont régulières et hermaphrodites. Le ca- | lice se compose de 5 sépales. La corolle camjjanu- Uf est divisée dans sa partie supérieure en 5 lobes, alternes avec les sépales.

Les étamines sont au □ombre de 5, libres et non insérées sur le tube de la corolle; leurs anthères sont biloculaires, et les filets sont aplatis et élargis inférieurement, pour Fig. ji». campanule carmon. embrasser l'ovaire. Le pistil se compose d'un ovaire infère, surmonté d'un style, divisé en 5 branches stigmatiques. L'ovaire est à 5 loges. Le fruit est une capsule, qui s'ouvre par la base, en 5 petites loges.

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s» FAMILLES NATURELLES.

Les Gampanulacées sont particulièrement cultivées comme plantes d'agrément. Nous citerons comme exemples la Campanule à feuille de pêcher, espèce indigène, doublant par la culture, et que l'on cultive souvent dans nos plates-bandes; — la Camp(mule pyramidaie, dont la grappe s'élève à pins de 1 mètre; — le Miroir de Vinus (Specularia), dont les petites corolles, en forme de roue, violettes ou blanches, brillent au milieu de nos blés ; — les Jasiones, dont les petites fleurs bleues sont groupées, en tète; ~~ le Walhembergia à feuilles de Jierre, charmante petite plante k fleurs bleues solitaires, longuement pédonculée, à tige filiforme et couchée. '

ROBIACÉES.

Celte famille est l'une des plus importantes du règne végétal, par le nombre de ses espèces et les services qu'elles rendent à l'homme. Avant de signaler les plus remarquables de ces espèces, nous donnerons, comme type de cette famille, une idée de la structure florale d'une espèce commune dans nos champs, le Sherardia arvensts ( fig. 3 1 7 ) .

C'est une petite plante annuelle, à fleurs d'un rose lilas, presque sessiles, disposées en glomérules. Ses fleurs sont hermaphrodites et régulières. Le calice présente 6 dents. La corolle est monopétale, creusée en entonnoir, et divisée en 4 lobes. II y a 4 étamines, alternant avec ces lobes, insérées sur le tube corollin, à anthères biloculaires, s'ouvFant en dedans par deux fentes loi^tudinales. Le pistil se compose d'un ovaire infère, surmonté d'un style divisé en 2 branches stigmatiques. Dans chacune des loges se trouve un ovule anatrope ascendant. Le fruit se divise en deux akènes, couronnés chacun par trois dents du calice. Sous les téguments de la graine, on trouve un embryon un peu courbé, dans un albumen corné. Les feuilles sont simples, opposées, accompagnées de deux stipules latérales, qui ressemblent assez à des feuilles pour laisser croire qu'il y a 6 feuilles verticillées sans stipules.

A côté des Sherardia se placent quelques genres, comme les À$pérules (Asperula), les Graterom {Gaiàun), les Garances -{Ihibia).

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RUBIACÉES.

Une espèce de Rubia (Rubia tïTictorum) est cultivée dans le midi de la France, pour ses racines, qui contiennent un principe colorant d'un beau rouge, dont on fait un usage considérable pour teindre les tissus.

Fig. ai7. Sbentrdki

Les Caféiers (Co/fxa) forment une autre section de la famille des ftubiacées. Ce sont des arbrisseaux toujours verts, dont les feailles lancéolées, ondulées et glabres, ressemblent à celles du Laurier. Ces feuilles sont opposées et accompagnées chacune de

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deux stipules latérales. Les fleurs sont blanches, odoriférantes, agglomérées à l'aisselle des feuilles. Le calice est à 6 dents. La corolleest en entonnoir et à & lobes. Il y a 5 ëtamines et un ovaire biloculaire infère, comme dans le Sherardia. Le fruit est une baie rouge, du volume d'une cerise, formée d'une pulpe douceâtre, peu épaisse, qui enveloppe deux noyaux accolés, dont la paroi est parcheminée. Chacun de ces fruits renferme une graine, convexe extérieurement, plane et creusée d'un sillon du côté interne. L'embryon est court, droit et plan à la base d'un albumen corné, qui constitue la presque totalité de la graine.

Le Caféier, originaire de l'Abyssinie, fut transporté, au quinzième siècle, dans l'Arabie, qui devint pour cet arbrisseau comme une seconde patrie.

A côté des Caféieis se placent les Cephêetis, petits arbrisseaux habitant les forêts vierges du Brésil, dont les racines, appartenant d'ailleurs à plusieurs espèces, sont connues sous le nom de racines d'Ipécacuan/ia, ou de Cephœtis Jpecacwinha, et très-employées comme vomitives. C'est dans l'écorce de ces racines, dont la saveur est acre et l'odeur nauséeuse, que résident les propriétés émé tiques de la plante.

C'est encore à la grande famille des Ru-

biacécs qu'appartiennent les Quinquinas,

arbres ou arbrisseaux toujours verts, qui

habitent les Andes tropicales, entre le

10' degré de latitude septentrionale elle

19* de latitude australe, à une hauteurde

Fig. aiî. 7à800mètresau-dessusduniveaudelamer.

Fieordc Quinquina. Les Quinquinas ont les fleurs (fig. 318)

régulières et hermaphrodites. Le calice est monosépale et

à 5 dents. La corolle, raonopétale en forme de coupe, est

divisée en 5 lobes. Cinq élamines, alternes avec ces lobes, sont

insérées sur le tube corollin et offrent des anthères k 2 loges

qui s'ouvrent en dedans. Le pistil se compose d'un ovaire

infère, surmonté d'un style, divisé en deux branches stigma-

tiques. L'ovaire offre deux loges ; dans chaque loge est un gros

placenta, chargé d'ovules anatropes. Le fruit est une capsule, qui

s'ouvre de haut en bas en deux valves ; les graines sont ailées.

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RUfilAGÉES. 299

Tout le monde sait que c'est daos l'écorce dea Quinqumas que résident les propriétés merveilleuses dont jouit cette plante pour la guérison des fièvres intermittentes. L'écorce du Cinchma calisaya paratt être, parmi celles de toutes les autres espèces, la plus riche en quinine.

Les Quinquinas forment au Péron et au Brésil des forêts immenses, qui, depuis deux siècles, sont exploitées pour leur précieuse écorce.

ti. Weddell, aide-naturaliste au Muséum d'histoire naturelle de Paris, a visité en 1847 les contrées du Pérou où croissent les Quinquinas. 11 a résumé dans un travail justement célèbre ses observations sur la récolte, sur l'origine botanique des diverses écorces, etc. Nous emprunterons à son ouvrage la description des diverses opérations dont se compose la récolte de la précieuse écorce péruvienne.

( Dans les derniers jours de juin 1847, dit M. Weddellje me mettais en marche pour la province de Casabaya. Elle est divisée par la Cordillère en deux régions distinctes : l'une de plateaux, l'autre comprenant une bnguc série de vallées parallèles.... Ce sont elles qui fournissent la majeure partie des quinquinas exportés aujourd'hui de la république péruvienne.... Il serait difficile de donner une idée de tous les trésors de végétation ensevelis dans ses solitudes. La soif de l'or les avait peuplées autrefois, mais la forêt y a repris partout son empire, et la hache du catcaTiUero en trouble seule aujourd'hui le silence.

« On donne le nom do eoscarifieros aux hommes qui coupent le Quinquina dans les bois : ce sont des hommes élevés à ce dur métier depuis leur enfance, et accoutumés par instinct, pour ainsi dire, à se guider au milieu des forêts. Saas autre compas que cette intelligence particulière à l'homme de la nature , ils se dirigent aussi sûrement dans ces iDextricabl'es labyrinthes, que si l'horizon était ouvert devant eux. Mais combien de fois estil arrivé à des gens moins expérimentés dans cet art, de se perdre et de n'être plus revus!

I Les coupeurs ne cherchent pas le Quinquina pour leur propre compte ; le plus souvent ils sontenrdiés au service de quelque commerçant ou d'une petite compagnie, et un homme de confiance est envoyé avec eux ÎL la forêt avec le titre de majordome.... Le premier soin de celui qui entreprend une spéculation de cette nature dans une région encore inexplorée, est de la faire reconnaître par des cascarilleros exercés ; le devoir do ceux-ci est de pénétrer les forêts dans diverses directions, et de reconnaître jusqu'à quel point i! peut être profitable de les exploiter.... Cette connaissance première est la partie la plus délicate de l'opération, et elle exige dans les tiommes qui y sont employés une loyauté et une patience à toute épreuve c'est sur leur rapport que se calculent les chances de réussite. Si elles son

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favorables, on se met en devoir d'ouvrir un sentier jusqu'au poiut qui doit servir de centre d'opérations; dès ce moment, toute la partie de la for*t que commande le nouveau chemin devient provisoirement la propriété de son auteur, et aucun autre cascarillero ne peut y travailler,

t A peine le majordome estait arrivé avec ses coupeurs dans le voisinage dn point à eiploiter, qu'il choisit un site favorable pour y établir son camp , autant que possible dans la proximité d'une source ou d'une rivière. Il j fait construire un hangar ou une maison légère pour abriter les provisions et les produits de la coupe ; et s'il prévoit qu'il doive rester longtemps dans le même lieu, il s'hésite pas à faire des semis de mais et de quelques légumes. L'eipérience, en effet, a démontré qu'un des plus grands succès de ce genre de travaux est l'abondance des vivres. Les cascarilleros, pendant ce temps, se sont répandus dans la forêt, un à un, ou par petites bandes, chacun portant, enveloppées dans son poncho (espèce de manteau), et suspendues au dos, des provisions pour plusieurs jours, et les couvertures qui constituent sa couche. C'est ici que ces pauvres gens ont besoin de mettre en pratique tout ce qu'ils ont de courage et de patience pour que leur travail soit fructueux. Obligé d'avoir constamment i la main sa hache ou son couteau pour se débarrasser des innombrables obstacles qui arrêtent son progrès, le cascarillero est exposé, par la nature du terrain, h une inBnité d'accidents qui trop souvent compromettent son existence même.

t Les Quinquinas constituent rarement des bois à eux seuls; mus ils peuvent former des groupes plus ou moins serrés, épars çà et là au ^ilieu do la forêt ; les Péruviens leur donnent le nom de tœha [manchas). D'autres fois, et c'est ce qui a lieu le plus ordinairement, ils vivent complètement isolés. Quoi qu'il en soit, c'est a les découvrir que le cascarillero déploie toute son adresse. Si la position est favorable, c'est sur la dme des arbres qu'il promène les yeux ; alors aux plus légers indices il peut reconnaître la présence de ce qu'il recherche ; un léger chatoiement, propre aux feuilles de certaines espèces, une coloration particulière de ces mêmes organes, l'aspect produit par une grande masse d'inQorescences, lui feront reconnaître la cime d'un Quinquina h une distance prodigieuse. Dans d'autres circonstances, il doit se borner à l'inspection des troncs dont la couche externe de l'éoorce présente des caractères remarquables; souvent aussi les feuilles sèches qu'il rencontre en regardant h terre , sufiisent pour lui signalerlevoisinagedel'objet de ses recherches, et si c'est lèvent qui les a amenées, il saura de quel cùté elles sont venues. Un Indien est intéressant à cansidérer dans un mouvement semblable, allant et venant dans les étroites percées de la forêt, dardant la vue au travers du feuillage, en semblant Hairer le terrain sur lequel il marche, comme un animal qui poursuit une proie ; se précipitant enfin tout k coup, lorsqu'il a cru reconnaître la [orme qu'il guettait , pour ne s'arrêter qu'au pied du tronc dont il avait deviné, pour ainsi dire, la présence. — Il s'en faut de beaucoup cependant que les recherches du cascarillero soient toujours suivies d'un résultat favorable ; trop souvent il revient au camp les mains vides et ses provisions épuisées ; et que de fois, lorsqu'il a découvert sur le flanc de la montagne l'indice de l'arbre, ne s'en trouve-t-il pas séparé pv un

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RUBIACÉES. 303

torrent 011 un abîme! Des journées alors se passent avant qu'il atteigne un objet que, pendant tout ce temps, il n'a pas perdu de vue.

« Pour dépouiller l'arbre de son écorce, on l'abat à coups de hacbe, un peu au-dessus de sa racine, en ayant soin, pour ne rien perdre, de dénuder d'abord le point que l'on doit attaquer, et comme la partie la plus épaisse, la plus profitable par conséquent, se trouve tout à fait à sa base, on a l'habitude de creuser un peu la terre à son pourtour, afin que la décoTtication soit plus complète. Il est rare, même lorsque la section du tronc est terminée, que l'arbre tombe immédiatement, étant soutenu, soit par les lianes qui l'enlacent, soit par les arbres voisins ; ce sont autant d'obstacles nouveaux que doit vaincre le cascarillero. Je me souviens d'avoir une fois coupé un gros tronc de Quinquina, dans l'espérance de mettre ses fleurs à ma portée, et, après avoir abattu trois arbres voisins, de l'avoir vu rester encore debout, maintenu dans cette position par des lianes qui s'étaient attachées k sa cime, et qui le soutenaient à la manière de haubans. Lorsque enfin l'arbre est à bas, et que les branches qui pourrdent gSner ont été retranchées, on fait tomber le périderiM en le massant, ou mieux en le percutant, soit avec un petit maillet de bois, soit avec le dos môme de la hache ; et la partie vide de i'écorce mise à nu est souvent encore nettoyée à l'aide de la brosse ; puis, après avoir été divisée dans toute son épaisseur par des incisions uniformes qui circonscrivent les lanières ou planchettes que Von veut arracher, elle est séparée du tronc au moyen d'un couteau, avec ta pointe duquel on rase autant que possible la surface du bois, après avoir pénétré par une des incisions déjà pratiquées. L'écorce des branches se sépare comme celle du tronc, à cela près qu'elle ne se masse pas, l'usage voulant qu'on lui conserve sa croûte extérieure ou péridenno.

( Les détails de dessèchement varient un peu dans les deux cas : en effet, les planchettes plus minces de l'écorce des branches ou des petits troncs, destinées à faire du quinquina roulé ou canulo, sont exposées simplement au soleil, et prennent d'elles-mêmes la forme désirée, qui est celle d'un cylindre creux; mais celles qui proviennent des gros troncs, et que l'on destine à constituer le quinquina plat, ou ce que Ton nomme tabla ou plancha, doivent nécessairement être soumises, pendant la dessiccation, à une certaine pression, sans quoi elles se tordraient ou se soulèveraient plus ou moins comme les précédentes. A cet etiet, après une première exposition au soleil, on les dispose les unes sur les autres en carrés croisés, comme sont disposées les planches dans quelques chantiers, afin qu'elles se conservent planes, et sur la pile quadrangulaire ainsi composée on charge quelque corps pesant. Le lendemain, les écorces sont remises pendant quelque temps au soleil, puis de nouveau rétablies en presse, et ainsi de suite; on laisse enfin se terminer le dessèchement dans ce dernier état.

< Mais le travail du cascarillero n'est pas à beaucoup près fini même loraque la préparation de son Écorce est terminée. Il faut encore qu'il rapporte sa dépouille au camp; il faut enfin qu'avec un lourd fardeau sur les épaules, il repasse par ces mêmes sentiers que, libre, il ne parcourait qu'avec difficulté. Cette phase do l'extraction coûte parfois un travail tel-

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lement pénible, qu'on ne peut vraiment pas s'en faire une idée. J'ai vu plu3 d'un district où il faut que le Quinquina soit porté de la sorte pendant quinze à vingt jours avant de sortir des bois qui l'ont produit, et, en voyant h quel prix on l'y payait, j'avais peine à concevoir comment il pouvait se trouver des honunes assez malheureui pour consentir à un travail aussi faiblement rétribué.

• Pour terminer, il me reste un mot à dire sur l'emballage des Quinquinas; c'est le majordome, que nous avons laissé dans son camp, qui s'occupe encore do ce soin. A mesure que les coupeurs lui rapportent les écorces, il leur fait subir un triage, et en forme des bottes, qui sont cousues dans de gros canevas de laine conditionnés ainsi ; les ballots sont transportés à dos d'homme, d'Sne ou de mule, jusqu'aux députa dans les villes, où on les enveloppe de cuir frais, qui prend en séchant une grande solidité. Sous cette forme, ils sont nommés jurons, et c'est ainsi qu'ils nous arrivent en Europe. •

La figure 319 représente, d'après l'ouvrage de M. Weddell, la récolte de l'écorce de Quinquina par les cascarilleros, dans une Torét du Pérou.

Après avoir mentionné les genres de Rubiacées particulièrement remarquables au point de vue de leur utilité, nous croyons devoir citer encore quelques belles espèces qui embellissent nos serres. Telles sont l'Jxora coccinea, bel arbrisseau de Ttle de Ceylan, à feuilles persistantes, un peu charnues^ à fleurs d'un rouge vif, disposées en un corymbe et qui conservent longtemps leur éclat; — \'lxora' odoriâa, de Madagascar, dont les grande» corolles rouges et blancbes exhalent une odeur suave; — le Rmdeletia speciosa de la Havane, à fleurs tubulées, d'un rouge écar^ late en dehors, à gorge jaune-orangé; — les Rogiera du Guatemala;— les BouvardUi du Mexique; — le Luculia gralirsimo in Népaul, dont les corolles roses exhalent un parfum délicieux; — ie Gardénia /^orida, nommé vulgairement /(umin du Cap, etc., etc.

Cette famille est la plus importante de toutes par le nombre immense de plantes qu'elle embrasse. Elle constitue à elle seule environ la dixième partie du règne végétal, fille renferme au- . jourd'liui plus de neuf mille espèces. On trouve ces espèces dis-

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COMPOSÉES

persées dans tous les lieux de la terre, mais principalement dans les régions tempérées et chaudes, particulièrement dans celles de l'Amérique. Les herbes croissent dans les régions tempérées et chaudes ; les arbres dans les tles intertropicales et antarctiques.

Les fleurs ont, dans cette famille, une disposition tout à fait caractéristique. Elles sont rapprochées en capitules, de manière à figurer une fleur en apparence unique ; mais elles sont, en réalité, formées de la réunion de plusieurs fleurs : de là le nom de Composées Aonné à cette famille. Celte disposition est facile à reconnaître et à comprendre sur ceeapUule, vulgairement ap-

pelé fleur de itarguerile, que nous représentons dans la ligure 320, où l'on voit le capitule dans son ensemble (a), une coupe de ce capitule {b), enfin les fleurs isolées du centre et de la circonférence de ce même capitule (cet d).

Les fleurs d'un même capitule peuvent être toutes de même sorte: hermaphrodites, staminées, pistillées. Elles peuvent être aussi de deux sortes : les extérieures neutres, ou femelles, les intérieures hermaphrodites ou mâles.

Le calice de ces fleurs a des formes très-variables. Il est quelquefois si réduit qu'il semble nul. Ailleurs il forme un godet, ou

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une couronne. On le voit se développer en arêtes, en dénis, en écailles ; il dégénère même en espèces de soies qui forment une aigrette.

La corolle est régulière ou irrégulière. Dans le premier cas, elle est tubuleuse et son limbe offre ordinairement 5 lobes. Dans le second, le limbe parait fendu dans une grande étendue et déjeté au dehors, en une languette dentée au sommet, ou bien il se partage en deux lèvres. Les corolles tubuleuses se nomment fleurons ; les corolles en languette se nomment demi- fleurons.

Les élamines sont insérées sur le tube de la corolle, et alternent avec ses divisions. Les lîlets sont généralement libres, mais les anthères sont soudées par leurs bords, en un tube qui engaine le style. Elles offrent deux loges, qui s'ouvrent en dedans.

Le pistil se compose d'un ovaire uniloculaire, contenant un seul ovule anatrope droit, et il est surmonté d'un style très-mince. Celui-ci se divise en deux branches dans les fleurs hermaphrodites et dans les fleurs femelles, mais il est indivis dans les fleurs mâles. Les branches du style sont munies de papilles stigmatiques et de poils collecteurs. Avant l'épanouissement, le style est plus court que les étamines ; mais à l'époque de la fécondation il grandit rapidement et s'élève dans le cylindre creux formé par les anthères. A mesure qu'il s'élève, les poils collecteurs balayent le pollen que lui offrent les anthères béantes et apparaissent bientét au debors chargés de cette précieuse poussière. On a remarqué que les fleurs femelles sont dépoui-vues de poils collecteurs, que les fleurs mâles n'ont pas de papilles stigmatiques, que les fleurs neutres n'ont ni papilles stigmatiques ni poils collecteurs.

Le fruit est un akène, souvent muni d'une aigrette, propre à favoriser sa dissémination. La graine, solitaire, renferme un embryon droit, dépourvu d'albumen.

Tournefort avait séparé les Composées en Semi-fhsmlfuses, celles où le capitule est entièrement composé de fleurs à corolle ligulée ou à demi-fleurons ; — FloscuUuses, celles où le capitule est entièrement composé de fleurs k corolles tubuleuses ou en fleurons ; — et RadUes, celles où le capitule est formé de fleurs centrales tubuleuses et de fleurs périphériques ligulées.

De CandoUe, dans son Prodrome, partage les Composées en

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COMPOSÉES

trois grandes séries : 1° les Ligulifiores, ou Ckicoracées, qui ont la corolle li^lée , et répondent aux Setni-fîosculeuses de Tournefort; 2" les Labiatifîores , dont les corolles irrégulières sont divisées en deux lèvres ; 3° les TabuUflores, dont les capitules sont ou entièrement formés de fleurons, ou pourvus à la circonférence de demi-fleurons, et qui répondent aux Fiosculeuses et aux Radiées de Tourneforl.

LesIi^/i/?orej,ouCAù-or(ic^ej, poasèdentun suclaiteux, contenu dans un système de vaisseaux laticîfères et contenant des prin-

Fig.33l. Chicorée.

Fig,î

■niée cl« chicorée.

cipes amers, résineux, narcotiques. Les propriétés et les vertus de ces espèces varient en raison des proportions relatives de ces divers principes, selon l'âge des plantes et le développement différent des divers organes.

La Chicorée, ou Chicorée sauvage (Cichorium inlybus), est une espèce indigène, dont les racines sont usitées en médecine La figure 321 représente la Chicorée sauvage, la figure 3S2 une fleur isolée du capitule de cette plante.

Les racines de la Chicorée cultivée, sëchées et torréfiées, sont

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employées par les Fraoçais barbares pour remplacer le Café. On Dunge cuites et en salade les jeunes feuilles de la même plante.

La Chicorée endive, plante méditerranéenne, moins amëre, est mi^x appropriée aux usages de l'alimentation.

Les espèces du genre LaUtte {Lacluea) ont un suc amer, acre, d'une odeur vireuse. On retire de la Laitue cultivée (Laciuca saliva) un suc dont on compose, par l'évaporation , un extrait pharmaceutique, nommé lactucarium, ou thridace, qui est doué d'une action narcotique, et qui est parfois employé en médecine au même titre que l'opium. On mange en salade sur nos tables les jeunes feuilles de la Laitue, dont on cultive diverses variétés dans les jardins potagers.

Nous citerons encore dans ce même embranchement des Composées : les Scorsonères (Scorsonera) , les Salsifis ( Tragopogon) et les Pissenlits (Taraxactim).

Les TubuUflores flosculeuses, nommées aussi Carduacées, contiennent un principe amer, qui leur donne des propriétés stimulantes. Certaines Carduacées sont employées en médecine, comme les Lappa, ou Bardants. D'autres on t joui longtemps d'une grande faveur pour l'usage médical, mais sont aujourd'hui délaissées, comme le Chardon béni {Cnicus benediclus), le Chardon marie {Silybum marianum); la Centaurée jacée et le Chardon étoile; le Bleuet {Cenlaurea cyanns); la Carline acaule (Cartina acaulis). Il en est qui fournissent des principes propres à la teinture, comme le Carlhame (Cartbamus Umtorius), plante annuelle, originaire de l'Inde, et que l'on cultive aujourd'hui en Asie, en Amérique et dans presque toute l'Europe. La couleur tirée du Carlhame est peu solide, mais ses nuances sont trèsbelles et très-variées. Mêlée avec du talc, elle compose un lard, avec lequel les femmes aiment à se colorer le visage. Quelques Carduacées sont comestibles. Tels sont VAnichaiil {Cynara scolymus), dont on mange la base des bractées de l'involucre et le réceptacle commun, en rejettant le foin, c'est-à-dire les trèsjeunes fleurs ; le Cardon (Cynara carduruxlltis), dont on mange la nervure médiane des feuilles, blanchies et rendues charnues par l'étiolement.

Les Tubutiflores radiées comprennent des plantes dans lesquelles un principe amer est ordinairement combiné avec une

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COMPOSÉES. 309

résine ou une huile volatile, tandis que la racine contient une matière plus ou moins analogue à la fécule, connue sous le nom d'inuline. Selon les proportions de ces divers principes, ces ■espèces sont toniques, d'autres stimulantes, d'autres astrin- ^ntes. Nous citerons les Armoises {Artemisia abifinthium, Ârlemisia

Fig. ]:ij' Camomille.

vulgaris, etc.), la Tanaisie (Tanacetum vulgare), les Àchillea ou Mitle-feuUles, les Ptarmiques, dont plusieurs espèces alpines font partie du thé suisse; les diverses Camomilles, telles que la Camomille romaine ou Anthémis nobilis , dont nous représentons (fig. 323) un échantillon à capitules devenus totalement semi-

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flosculeux par la culture, ia Camomille commune ou Matriearia chamomilla, la Camomille ptiante ou Maruta cotula ; la Matricain (Pyrethrum parthenium) , l'Amiai des montagnes, ï'Atinie (Inula helenium), etc., etc.

C'est à la grande division des TubuUflores riu/i^M qu'appartiennent particulièrement les Composées cultivées pour l'ornement des jardins. Telles sont les Chrysanihimes, belles espèces, dont plusieurs croissent naturellement en France, comme la grande Marguerite des p)-és et la Marguerite dorée; — les Astères, planl^ vivaces et automnales, la plupart originaires de l'Amérique septentrionale; — les Cinéraires; — les Gnaphales, qui comprennent beaucoup de plantes d'ornement désignées sous le nom vulgaire d'Immortelles; — les Zinnia; — les Tagéles ou Œiitfti d'Inde; — les Dahlia, dont l'espèce ornementale, originaire du Mexique, avait des fleurs simples, et dont les variétés à fleurs double; se sont peu h peu multipliées à l'infini dans nos parterres, etc., etc.

Les Ulas, les Oliviers, les Frênes, sont les plantes particulièrement intéressantes de la famille des Oléinées.

Les Lilas ont les fleurs régulières et hermaphrodites. Leur calice, monosépale, présente quatre dents,. Leur corolle est hypocratériforme; son tube, très-allongé, est surmonté d'un hmbe étalé, à quatre lobes. Deux ètamines seulement, à anthères biloculaires, s'ouvrant en dehors par deux fentes longitudinales, sont insérées sur le tube de la corolle- Le pistil se compose d'un ovaire supère, surmonté d'un style, divisé en deux branches stigmatiques. Cet ovaire présente deux loges contenant chacune deux ovules anatropes suspendus. Le fruit est une capsule, qui s'ouvre en deuii valves portant la cloison sur leur milieu et ne contenant qu'une seule graine. Celle-ci est pourvue d'un albumen charnu et d'un embryon droit.

Les Lilas sont des arbustes originaires de l'Asie. Leurs feuilles sont opposées et simples; on en cultive deux espèces dans les

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OLÉINÉES. 311

jardins, le Lilas commun (Syringa viUgaris) et le Lilas de Perse {Syringa persica).

L'Otivier est un arbre de moyenne grandeur, d'un aspect triste et sans beauté. Ses feuilles sont oblongues ou lancéolées, entières, glabres supérieurement, blanchâtres, écailleuses inférieurement. Les fleurs de cet arbre forment des grappes axillaires, droites pendant la floraison, penchées à la maturité. Ses fruits sont des drupes, avec noyau uniloculaire par suite de l'avortement d'une loge. Le péricarpe de cette drupe contient une huile fixe, qui tient le premier rang panni les huiles destinées aux usages alimentaires.

Les Troënes sont, comme les Oliviers, assez voisins des Lilas. Leurs feuilles sont astringentes, et leurs baies, que mangent les oiseaux, fournissent une couleur noire, applicable à la teinture des étoffes. Les paysans fabriquent une encre à écrire avec les fruits écrasés du Troène,

Les Frênes appartiennent aussi à la famille des Oléinées.Pour faire connaître la structure des Frhies, nous en étudierons deux espèces.

Le Frêne à fleurs (Fraxinus ormis) est un arbre de 7 à 8 mètres de hauteur, qui contribue & orner les maquis de la Corse. Croissant presque spontanément dans la France méridionale, il est cultivé comme arbre d'ornement. Les feuilles composées du Frine à fleurs offrent de 7 à 9 folioles, sessiles, lancéolées, dentées, vertes et glabres en dessus, un peu plus pâles en dessous, et barbues inférieurement le long de la nervure médiane. Les fleurs paraissent avec les feuilles ; elles sont régulières et hennaphrodites. Le calice se divise en 4 dents, et la corolle, blanche, présente k pétales linéaires très-longs. Il y a 2 étamines et 1 pistil à 2 loges contenant chacune deux ovules anatropes appendus comme dans les Lilas. Mais le fruit est une samare ailée.

Cette espèce de Frêne, et d'autres voisines, laissent couler des fissures ou des blessures faites k leur tronc, pendant la saison chaude de l'année, un suc qui se concrète à l'air. Connu sous le nom de manne, ce suc concrète est doux et nutritif quand il est frais ; avec l'âge il devient purgatif, et sert comme tel en médecine. C'est de la Sicile que l'on retire la manne la plus estimée. Bile est fournie par différentes espèces de Frtnes.

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Le Frêne commun (Fraxinus excelsior) (fig. 324) est un grand arbre qui, dans de bonnes conditions, peut atteindre et dépas-

ser 90 mètres de hauteur, avec un tronc de 8 mètres de circonrérence. Il crott dans les bois de plaines, de collines ou de montagnes peu élevées. 11 fleurit en avril et mai. Ses feuilles présen-

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OLÉINÈES. 313

tent de 9 à 16 folioles opposées, presque sessiles, lancéolées, glabres en dessus, velues en dessous à la base de chaque côté de la nervure moyenne. Les fleurs du Frêne commun, contrairement à ce que nous avons vu dans le Frêne à fleurs, sont complélement dépourvues d'enveloppes. Elles se composent donc seulement, de 2 étamines et d'un pistil. Les fleurs et le fruit ressemtlent aux mêmes organes du Fraxiuvs omus.

GENTIAHEES.

Pour donner une idée de !a famille desGentianées.ilnous suffira d'exposer les caractères de l'un des genres qui la constituent, la Petite Centaurée ( Ery- Ikrxa centaurium) ,parexemple Cfig. 315).

C'est une petite plante commune dans les bois, les prairies, les clairières. Ses feuilles sont opposées, sessiles, entières; ses fleurs, de couleur rose, sont disposées en cime. Ces fleurs sont régulières et hermaphrodites. Le calice, lubulsux, offre 5 divisions linéaires. La corolle esl en forme d'entonnoir, à tube très-long et à limbe à 5 divisions. 5 étamines sont insérées sur le tube de la corolle, et leurs anthères s'ouvrent en

dedans par deux fentes Ion- rig. ais.pciiteccnuarêa

gitudinales. Avant l'épanouissement de la fleur elles sont droites; mais elles se contournent en spirale après l'émission du pollen. Le pistil se compose d'un ovaire supêre, surmonté d'un style filiforme divisé en 2 branches, arrondies au sommet. Cet

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ovaire est uniloculaire et renferme deux placentas pariétaux portant un grand nombre d'ovules anatropes. Le fruit est une capsule s'ouvrani en deux valves, qui portent les g:raines sur leurs bords. Celles-ci renferment un très-petit embryon, dans un albumen charnu.

Le gem-e Gentiane (Gentiana) ne diâ%re du précédent que par des caractères secondaires tirés de la forme de l'ovaire, des placentas, des étamines, elc

On emploie en médecine, comme tonique amer, la racine de la Gentiane jaune, belle espèce qui croit ordinairement dans les montagnes des Alpes et en Bout^ogne, et dont les fleurs nombreuses, grandes et de couleur jaune, sont fasciculées et comme verticiUées,

Les autres espèces de Gentianes sont aujourd'hui à peu près abandonnées par la médecine, mais les botanistes et les amateurs en font grand cas pour leur élégance et la vivacité de leur couleur.

Citons encore, comme appartenant à la même famille, deux des plus gracieux ornements de nos rivières et de nos étangs : le Trifle d'eau ou Menyanthes trifoliala, dont les fleurs disposées en grappe et d'un blanc de neige sont teintes, à l'extérieur, de rose ou de pourpre, et garnies, sur les parois intérieures de leur corolle, de filaments délicats roulés en dedans et d'une blancheur éblouissante ; et le VUlarsia nympkcHdes, rival élégant du Nénufar.

La grande CotuouiJB ( Symphitum officinale) (fîg. 326), que nous prendrons pour type de cette famille, est une herbe à feuilles simples, alternes, sans stipules. Les feuilles radicales sont trèsamples, ovales aiguës ou lancéolées, longuement pétiolées. Les feuilles caulinaires, lancéolées, à limbe décurrent, toutes rudes et pubescentes. Les fleurs, disposées en cUne, sont assez grandes, penchées, blanchâtres, jaunâtres ou violacées, régulières et her-

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BOHHAGINEES. 315

maphrodites. Le calice ofTre 5 sépales lancéolés. La corolle est tubuleuse, à limbe campanule urceolé, à lobes triangulaires, courts, réfléchis en dehors. Au-dessous de ces 5 lobes, la gorge est munie de 5 écailles lancéolées, formant un cône, blanches, planes, chargées, au bord, de papilles cristallines transparentes. 5 étamines sont Insérées sur le tube de la corolle et alternent avec ses lobes. Le fruit se compose de 4 akènes.

A côté des Symphiium viennent se grouper d'autres genres, qui en sont très-voisins, comme la Bourrache {Borrago officinatU), dont les corolles rosacées, purpurines dans le bouton, deviennent d'un très-joli bleu après l'épanouissement; — la Bugloae

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{ Anckusa of/tcinalis) ; — la Pulmonait-e {Pulmonaria of/icinalis),

jadis employée en médecine, mais abandonnée aujourd'hui;

— le Myosotis, qui doit k sa fraîche el délicate beauté les noms d.'<XUdeperdri3:, Souviens- laide moi, eXc.i — la Yipérim oa {Echium vulgare), qui se distingue particulièrement par l'étrange irrégularité de sa corolle et l'inégalité de longueur de ses étamines;

— les héliotropes, reconnaissabtes à leur style, et à leur fruit drupacé à k noyaux distincts.

L'Héliotrope d'Europe est sans odeur, mais celui du Pérou, que Joseph de Jussieu introduisit en France, en 1740, est particulièrement recherché pour ses fleurs bleuâtres, dont la suave odeur rappelle beaucoup celle de la Vanille.

UOriie blanche {Lamium (ilbuvi) (fig. 327) est une plante herbacée, vivace, qu'on rencontre fréquemment dans les lieux herbeux, sur le bord des chemins. Elle va nous servir de type pour l'étude de la nombreuse famille des Labiées.

La tige de l'Ortie et ses branches sont carrées; ses feuilles sont simples, opposées, ovales, longuement acuminées, inégalement dentées, un peu ridées. L'inflorescence se compose de petites cimes, contractées, à fleurs sessiles formant dès lors ce que les botanistes nomment des glomérutes, qui naissent à l'aisselle des feuilles supérieures. Les fleurs sont hermaphrodites et irréguliéres. Le calice est monosépale. La corolle est assez grande, blanche, un peu jaunâtre en dedans, monopétale et bilabiée. Les étamines sont au nombre de 4, de longueur inégale, deux petites et deux grandes, et insérées sur la corolle. Le pistil se compose d'un ovaire supère, dont la surface externe et supérieure présente 4 bosses, et d'un style qui s'insère au milieu des quatre bosses, et se termine par deux branches couvertes de papilles stigmatiques. Chaque bosse est une loge de l'ovaire, et cette loge renferme un ovule anatrope. A la maturité, chaque loge devient un akène. La graine ren-

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ferme un embryon droit, entouré d'un albumen charnu, trèspeu développé.

Pig. 137 Ortie bluiehi.

Toutes les Labiées ont les mêmes caractères de végétation et de fructification que VOrtk blanche, à quelques différences près, qui portent sur la forme du calice, sur celle de la corolle, sur le

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nombre et les dimensions relatives des étamines. Ainsi les Sauges et lesRomarins, au lieu d'avoir un calice à 5 dents égales, ou presque égales, ont un calice bilabié ; les Meniha, au lieu d'avoir une corolle bilabiée, l'ont campanulée ou infundibuliforme, à lobes presque égaux.

Les Sauges n'ont que deux étamJnes. Ces étamines offrent une anthère d'une structure extrêmement remarquable. Le connectif est très-allongé et placé perpendiculairement au filet, comme le fléau d'une balance. A l'une des extrémités de ce fléau est une loge pleine de pollen; à l'autre extrémité est un appendice qui représente l'autre loge avortée.

La plupart des espèces de la famille, extrêmement naturelle, des Labiées, sont douées de propriétés stimulantes, dues à une huile essentielle aromatique, qui réside dans les glandes placées sous l'épiderme. Telles sont la Sauge officinale, et plusieurs autres espèces du même genre, —le Romarin ÇRosmarinus officincdis) , — le Serpolet {Thymus serpyllum), — la Menthe poivrée (Meniha piperila, — la Mélisse {Mclissa o/]^ct>ui/ù),dontrinfusion aqueuse, l'eau distillée ou l'essence obtenue par distillation, sont trèsusitées en médecine.

Le Lien-e terrestre {Glechoma hederacea) et VHyssope (Myssojnts offirinalis), qui sont aussi consacrés à l'usage médical, agissent à la fois comme amers et aromatiques. On emploie aussi quelquefois en médecine le Tevcrium Chamadrys, plante dans la- (juelle domine presque exclusivement le principe amer.

On cultive dans nos jardins, comme plantes aromatiques, les Lavandes {Lavatidula fera et Lavandula spica); — le Basilic (Oeymum basiUeum); — la Mélisse {Melissa offvAnalis); — la Marjolaine (Origanum majorana) ; — la Sarriette {Satureia hortefisis) ; — le Tliym ( Thymus vulgaris). Plusieurs Sauges exotiques, comme la Sauge érarlaie, la Sauge grandiflore, font l'ornement de nos parterres. On y cultive encore, parmi les plantes de cette famille, la Monarde didyme, la Physostégie de Virgiràe, le Leonurus queue de lion, la Phlomide tubéreuse, etc., etc.

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Le genre des Solanum, auquel appartiennent la Pomme de terre {Solanum luberosHm), la Douce-amére {Solanum dulcatnara) , la MorelU {Solanum nigrum), adonné son nom au groupe des Solanées. Nous étudierons le Solanum tuberosum comme type de cette famille.

Le calice des Solanum {ùg. 328) -.

ett monosépale, à cinq divisions.

La corolle, monopétale, en Torme de roue ou de godet, présente cinq lobes alternant avec les divisions du calice. Elle porte cinq

èlamines à filets courts, à an- "*'»■"•" -i- p»"».. d. t«,r.. thères biioculaires, s'ouvrant au sommet par deux pores. Le pistil se compose d'un ovaire supère, surmonta d'un style allongé, que termine un stigmate obtus Cet ovaire présente deux loges, et sur la cloison qui les sépare s'insère, pour chaque loge, un gros placenta, chargé d'ovules anatropes. Le fruit est une baie, contenant un grand nombre de graines comprimées, munies d'un albumen charnu et d'un embryon recourbé sur lui-même.

Les Solanum sont des plantes à feuilles alternes, simples et sans stipules, dont la tigeest herbacée, sous-ligneuse ou ligneuse et l'inflorescence très- variée.

La Morelie tubéreuse {Solanum tuberosum), que nous venons de décrire, est connue dans le monde entier sous le nom de Pomme de terre (fig. 329). Cette utile Solanée est originaire des Cordillères du Pérou et du Chili. Nous avbns déjà dit que ses tubercules, dont on fait aMJourd'hui un usage universel comme substance alimentaire, ne sont pas des racines, mais de véritables rameaux souterrains.

Comme plantas intéressantes du genre Solanum, nous citerons : \a Morelle juiire (Solanum nigrum), i\ui croit abondamment le long

DiplizsdbïCoOglC

des murs des villages et dans les lieux cultivés ; son fruit contient un principe actif, cristallisable, vomitif d'abord, puis narcotique;— ïaMélongèiKOU Aubergine (Sotanum melongena), herbe originaire de l'Asie tropicale, répandue par la culture dans la

Fig. n». INHiimc de t«rr< (SalanHin ni6>r<in>m).

région mèdittiTanéenne de l'Europe, aujourd'hui naturalisée en Amérique : son fruit, gros, lisse, ovoïde, ordinairemeut violet, quelquefois jaune, contient une chair blanche, qui devient cohiestible par la cuisson ; — la Morelle ooifire (Solanum oviferum) ou Poule pondeuse, dont la baie a la forme, ia couleur et le vo-

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SOLANËËS. 331

lume d'uD œuf de poule. On mange ses baies coupées par tranches et firites, etc.

Autour des Sotanum se groupent diverses plantes intéressantes que nous devons mentionner. Cîton8d'abordles£yf;o;ierjù:uin,dont une espèce,\a, Tomate {Lycopersicumescutentum},eslcuHiyéG dans tons les jardins et produit un û^it nommé tomaie ou pomme d'àmour, d'un rouge vif, à lobes arrondis, rempli d'une pulpe orangée, aigrelette, et d'un parfum très-agréable. — La Belladone (Atropa belladona), herbe vivace, élégante de port, mais de physionomie suspecte, au feuillage sombre, aux fleurs livides, aux fruits ressemblant à de petites cerises noires. La saveur douceâtre de ses fruits est trompeuse, car ils constituentun violent poison La médecine tire parti^dans un grand nombre de circonstances, des propriétés narcotiques ou calmantes de la Belladone. Le suc exprimé de ses feuilles produit une remarquable dilatation de la pupille, propriété singulière qu'on utilise dans l'opération de la cataracte, pour faciliter l'extraction ou l'abaissesèment du cristallin. — La Mandragore (Mandragora offiùinalis), dont les propriétés sont analogues à celles de la Belladone et qui était employée jadis par les prétendus magiciens et faux sorciers pour produire des hallucinations et troubler la raison; — les physalis, dont la baie peu succulente, légèrement aigrelette, est renfermée dans un calice accrescent, qui finit par se boursoufler et prend une couleur rouge. — Les Piments (Capàcum), dont les baies luisantes, vertes d'abord et rouges à la maturité, contiennent un principe résineux balsamique, trèsdcre, ce qui fait rechercher ses fruits comme condiment dans toutes les contrées du globe.

Les Toiacs {JVicoliana) appartiennent k une autre section delà famille des Solanées. Leurs anthères s'ouvrent par deux fentes longitudinales. Leur fruit est sec ; c'est une capsule qui s'ouvre en deux valves, en laissant dan» le milieu la cloison placentaire, chargée de graines. Le Tabac est l'herbe fameuse qui a fait la conquête du monde : dans toutes les parties du globe on l'aapire en fumée. Ce n'est pas ici toutefois le lieu de nous étendre sor ce sujet*.

1. Voir .notre ouvrage : U Savant du Foy^r, 3< édit., page 414.

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Les Juiquiames {Hyoscyamus) se distingueiit desSolaDum etde leurs congénères, ainsi que des Tabacs, par leur fruit c^tsulaire, qui s'ouvre circulairement à la façon d'une petite botte.

UitouB enfin les Stramoinet ou Datura, dont la capsule, incomplètement quadriloculaire, est ordinairement chargée d'épines ou de tubercules.

Les Primevères {PrùmUa) sont des plantas herbacées, à feuilles simples, alternes et sans stipules. Leur tige est souterraine, et les feuilles forment à la surface du sol une rosette , d*où partent les fleurs, portées sur une hampe. La plupart des espèces de cette famille sont originaires de l'Europe et de l'Asie.

La Primevire offkinak (fig. 330) croit dans nos bois et nos pâturages; la Primevère farineuse et la Primevère auricufe (OretUe amours) croissent dans les Alpes. La Primevtre grondiflore est une espèce indigène, fréquemment cultivée dans les jardins. Ses fleurs offrent des couleurs variées : on cultive la jaune, la purpmine, la blanche, etc. I^a Primevère de la Ckiiie figure agréablement eo hiver dans nos jardinières d'appartement.

Le calice des fleurs de Primevère est monosépale, et forme un tube, terminé par cinq dents au sommet. La corolle est monopëtale, hypocratériforme ; son limbe présente 5 lobes, alternes avec les dentsdu calice ; b étamînes s'insèrent sur le tube de la corolle et leurs deux loges s'ouvrent en dedans, par deux fentes longitudinales. Le pistil présente un ovaire supëre, surmonté d'un style, plus ou moins allongé. L'ovaire est uniloculaire et présente dans son intérieur un gros placenta central, chargé d'un grand nombre d'ovules. Le fruit est une capsule, qui s'ouvre à son sommet en 5 v^ves, pour laisser tomber des graines munies d'un albuaien charnu, enveloppant un embryon droit.

Auprès des Primevères^ nous placerons les Cyclamen, si caractérisés par leur élégante corolle à lobes réfléchis, et parleur tige souterraine, renflée de manière à ressembler à un petit paio

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PRÏMULACÉES. 323

de munition, d'où leur nom vulgaire de pain de pourceau; et les Ly»imaqties, & corolle en rorme de roue. Une belle espèce, le LysimaeMa vulgaris, croit au bord des eaux, en France.

Un peu plus loin des Primeoèrea, viennent se ran^r les Jfou-

,Fig. 130. PiimsTérs otBoinal».

rons (Artagaltis), âoni le fruit s'ouvre en travers, comme une botte à savonnette. Le Mouron des oûeoux.qui sert à la nourriture des oiseaux de volière, n'appartient pas au genre Ànagallis, mais bien & une petite espèce de la famille des Caryoptijinées connue sous le nom de Stelluria média.

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Les Bruyères sont des arbrisseaux à feuilles alternes ou opposées, simples et sans stipules. Quelques espèces croissent en Europe, mais le plus grand nombre est originaire du Cap de Bon ne- Espérance. La Bruyère cendrée ou Bruyère franche {Erica cinerea), la Bruyère commune ou Brande (Calluna vulgaris), sont très-répandues aux environs de Paris. La Bruyère en arbre {Erica arborea) , propre à la région méditerranéenne, domine toutes les autres espèces par sa hauteur, qui peut atteindre jusqu'à 4 ou 5 mètres. Ses fleurs sont très-nombreuses et leur odeur suave se répand à une grande distance. La Bruyère à balai {Erka scoparia) qu'on trouve dans le Nord, l'Ouest et le Midi, tire son nom de son emploi vulgaire; elle croit au sein des bois, dans les lieux stériles et incultes.

Les Erica ont les fleurs règu-lières.

Leur calice est monosépale et divisé en quatre parties, d'ordinaire peu profondes. La corolle de forme variée , globuleuse ou urcéolée , tubuleuse , ou bien en forme de cloche ou de patère, présente 4 lobes, alternant avec les divisions du calice. Ce n'est pas la corolle qui porte, comme cela est ordinaire, les 8 étâ- Fig »i. Btajin. mines qui composent l'androcée : ces étamines s'insèrent sur le réceptacle. Le pistil se compose d'un ovaire supère, surmonté d'un style très-étroit, et d'un stigmate en forme de godet ou de bouclier. L'ovaire présente quatre loges, dans l'angle interne desquelles se trouve un placenta, cbai^ d'ovules anatropes. Il devient un fhiit capsulaire, s'ou-

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ÉRIGINËES. 325

vrant par le dos; les graines, ovales, réticulées, contiennent un embryon, droit dans un albumen charnu.

A cdté des Erica et des CaUvna viennent se ranger les Rhododendrons et les Azalées, auxquels nous devons de si belles espèces d'ornement.

Kos Airelles, dont les baies sont acidulées, sucrées, légèrement astringentes, et qui sont employées comme aliment, appartiennent au genre Vaccinivm. Leur corolle est en forme de grelot; on y trouve 8 étamines, qui s'ouvrent par le haut; mais l'ovaire est infère.

La petite famille des Épacridées, qui pendant l'hiver embellit les serres européennes de diverses et délicieuses espèces d'Epa^ cris, propres surtout à la Nouvelle- Hollande, est très-voisine de celle des Éricinées. Elle s'en distingue surtout par des anthères onilocul aires.

PLANTES DICOTYLÉDONES POLYPÉTALES.

OUBELUFERES.

L'Angélique (fig. 332), jolie plante herbacée cultivée dans nos jardins, est vivace et crott dans les montagnes du sud et de l'est de la France. Sa racine, assez volumineuse, est pivotante. Sa tige, d'un vert bleuâtre, parvient à plus d'un mètre de hauteur. Cette tige est creuse, comme le pétiole des feuilles, qui sont grandes et découpées. Les fleurs de VÂngélique forment de petites ombellules, disposées elles-mêmes en ombelles. Elles sont petites et de couleur verdâtre. Le calice présente un limbe formé de 5 dents, très-petites. La corolle se compose de 5 pétales libres, elliptiques, entiers, courbés fu dedans. Il y a 5 étamines alternant avec les pétales, saillantes, attachées au filet par leur dos, s'ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales. Le pistil se compose d'un ovaire infère, surmonté de deux styles divei^ents, terminés par un petit stigmate ovoïde. Cet ovaire

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présente deux loges; chaque loge renferme un ovule analrope suspendu. A la maturité, le fruit, qui est ailé, constitue deux akènes (un pour chaque loge), lesquels finissent par se séparer et demeurent suspendus à l'extrémité de deux filets qui sont des prolongements du réceptacle. Chaque akène renferme une graine presque entièrement formée d'un albumen corné, vers

pig. m.

l'extrémité supérieure duquel est niché un petit embryon cylindrique'

La famille des Ombellifères est une des plus importantes du règne végétal, autant par le nombre des espèces qui la composent, que par les propriétés médicinales et économiques propres à ces plantes, lin des traits caractéristiques de l'organisa-

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OMBKLLIFÊRES. 337

tiondes Ombellifères consiste dans la présence, au sein du fruit ou de la graine, de réservoirs ou canaux, qui contiennent des builes volatiles aromatiques.

L'ÀngilUnie (Archangelica of^inalis) que nous venons d'examiner, renferme en abondance un suc aromatique et stimulant. On la cultive principalement pour les confiseurs, qui préparent avec ses jeunes tiges des conserves sucrées, parfumées, dépouillées de l'amertume et de l'Acreté de la plante. h'Angéliqxu sylvestre, qui croit aux environs de Paris, au bord des eaux et dans les lieux marécageux, a des propriétés analogues, mais à nn moindre degré. Il en est de même de l'Impératoire et de la Livêche.

Un grand nombre d'Ombellifères cultivées dans toute l'Europe fournissent des fruits d'une saveur chaude et aromatique, qui ont été employés de temps immémorial comme condiment. Tels sont VAnis (Pimptnella anisum), le Cumin (Cuminwm cymi~ nutn), YAnelh {Anefhwn graveolem), la Coriandre {Coriandrum saiivwn), le Carvi {Carum carvi), le Fenouil (Fcmiculum vtilgare), etc.

Plusieurs Ombellifères occupent dans nos potagers une place importante. La racine de la Carotte sauvage (Daucus carola), si commune dans nos prairies, est petite, dure, fibreuse, d'une saveur acre. Cette racine, à l'état agreste, ne saurait être mangée ; mais sous l'influence de la culture elle devient charnue, volumineuse, féculente et sucrée, tout en demeurant aromatique.

Le Panais (Pastinaca sativa) croît spontanément dans les prairies de toute l'Europe. 11 a, comme la Carotte, une racine pivotante, que la culture a rendue alimentaire, mais dont la cbair est pâteuse et légèrement amëre.

h'Ache odorante (^Apium graveolens) prend le nom de Céleri lorsqu'elle fôt cultivée. Ses racines, très-âcres à l'état sauvage, et d'une odeur forte, prennent, sous l'inQuence de la culture, nne saveur plus douce. Ses longs pétioles, quand ils ont été décolorés et attendris par le séjour de la plante dans l'obscurité, ne sont pas indignes de paraître sur nos tables.

Le Persil {Pelroselimum Mttvum), indigène dans le midi de l'Europe, est maintenant cultivé partout, à cause de ses feuilles. Il en est de même du Cerfeuil (Scandix cerefolitim).

amedb,G00^\c

Quelques Ombellifères ont des propriétés vénéneuses on narcotiques, n faut citer en première ligne à cet égard la grandt Ciguë ou Cigvi officinale (Conium maeulatwn). On la trouve sur le bord des chemins, dans les décombres, les cimetières, an voîsin^e des habitations. Sa racine est en forme de fuseau et de couleur blanche. Sa tige herbacée, droite, rameuse, haute de 1 à 2 mètres, glabre, c'est-à-dîre sans poils, cylindrique, glauque, un peu striée, est marqoée de taches d'une couleur pourpre foncée. Ses feuilles sont alternes, trës^andes, découpées, à folioles allongées, profondément dentées. Ses fleurs sont blanches, petites, disposées en ombelles terminales, composées d'environ 10 à 13 rayons. Les pétales sont presque égaux, k peu près en forme de cœur, sesslles. Le fruit, globuleux, offre sur chacune de ses deux moitiés latérales cinq côtes saillantes et crénelées, en sorte qu'il parait tout couvert de petites aspérités ou de tubercules arrondis.

Toutes les parties de la grande Cigul, froissée entre les doigts, exhalent une odeur herbacée, vireuse et désagréable. Personne n'ignore que cette plante constitue un poison violent pour l'homme et pour beaucoup d'animaux. Les moyens propres à combattre l'empoisonnement par la grande Cigu» consistent k provoquer le vomissement et & administrer ensuite des boissons toniques. La CiguS a été connue depuis les temps les plus reculés. C'est en buvant le suc de cette plante que Socrate et Phocion furent récompensés des services qu'ils avaient rendus h la Grèce.

Ia Cigui vireute { Cicuta virosa) est encore plus active et plus délétère que la grande Cigui ; elle est heureusement très-rare dans les environs de Paris, où elle crott sur les bords des étangs, des fossés et des marais tourbeux.

Citons enfin \'(Ethwa cynapium, ou petUe Cigui, qui se trouve communément dans les lieux cultivés.

Dans les potagers, on peut facilement prendre la petite Cigui, lorsqu'elle n'est point encore suffisamment développée, ou en fleurs, pour le Persil, auquel elle ressemble beaucoup. On la distingue de cette herbe potagère aux caractères suivants. Les feuilles du Persil sont deux fois divisées, ses folioles sont loiges, partagées en 3 lobes sub-cunéiformes et dentés ; la petite Cigvl

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OMBELLIFËRES. 3S9

a les fenilles trois fois divisées, ses folioles sont plus nombreuses , plus étroites, aiguës , incisées et dentées. D'ailleurs, l'odeur du Persil est agréable et aromatique, tandis que celle de la Cigui est nauséabonde et vireuse. Si les deux plantas sont en fleur, on les distinguera au premier coup d'œil, car les fleurs du Ferait sont jaunâtres, tandis que celles de la CiguS sont blanches. La tige présente aussi pour ces deux plantes des caractères différentiels : celle de la petite Cigul est presque lisse, rougeâtre inférieurement, et un peu maculée de rouge foncé; la lige de notre légume aromatique est, au contraire, cannelée et dé couleur verte.

La petite Ciffué renferme un alcaloïde organique, la cicutine, qui agit comme les poisons narcotico-âcres.

La Vigne {Yitis vinifera) est un arbrisseau sarmenteux, originaire de la Mingrélie et de la Géorgie, entre les montagnes du Caucase, de l'Ararat et du Taurus. Ses feuilles sont cordiformes, À 5 lobes sinués-dentés. La Yigtie peut se cramponner aux objets le long desquels elle grimpe, à l'aide de vrilles, qui naissent des rameaux, juste en face du point où sont insérées les feuilles. Les fleurs de la Yigne sont disposées en une panicule multiflore, que tout le monde a vue au printemps. Ses fleurs, très-petites et verdâlres, ont une odeur douce qui, au printemps , parfume les campagnes du midi de la liYance, où cet arbuste est cultivé sur d'immenses surfaces.

Quelle est l'organisation des fleurs de la Yigne (fig. 331)? Le calice est très-court, et se compose de 5 dents, à peine visibles. La corolle est formée de b pétales cohérents au sommet, et se détachant par le bas tout d'une pièce, comme une petite calotte, après la floraison. A ces 5 pétales sont opposées 5 étamines à filets libres, à anthères biloculaires s'ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales et attachées sur te filet par leur dos. Au centre de la fleur se dresse un

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ovaire libre, entouré, h sa base, par un disque glanduleux, et surmonté d'un stigmate sessile h tète aplatie. Cet ovaire est divisé en deux loges et chaque loge renferme deux ovules collatéraux ascendants à la base de la cloison et anatropes. Chacun de ces ovaires devient une baie globuleuse qui est le grain de raisin et qui contient (lorsqu'il n'y a pas eu d'avortement ) quatre graines ou pépins. Ces graines, dont le test est osseux, renferment un très - petit embryon , droit, dans l'axe d'un albumen charnu trèsabondant.

Nous ne reviendrons pas ici sur les variétés de la VigTie , sur les li- , mites actuelles de sa culture, sur la préparation des vins, etc., détails que nous avons exposés dans un autre ouvrage, le Savant du foyer. Nous ajouterons Fig.Mî. piEor de u vigne. seulement que les con-

génères américaines de la Vigne produisent des baies acerbes, et qu'une espèce appartenant au genre Cissus, voisin des Yitis, et particulièrement connue sous le nom de Vigne vterjre, sert à former d'élégants berceaux, ou à tapisser ta nudité de nos murs d'un magnifique manteau de feuilles d'un beau vert luisant, qui deviennent pourpres àl'automne.

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RIBÉSIACÉES.

Les GroseitUers (fig. 334) sont des arbrisseaux souvent armés d'épioes placées au-dessous de la feuille. Celles-ci sont alternes ou fasciculées, à limbe palmilobé, à pétiole dilaté à la base. Les fleurs sont disposées en grappes axillaires dans les espèces dépourvues d'aiguillons; solitaires, ou peu nombreuses, dans les espèces à aiguillon. Leur calice est monosëpale, à & divisîoDs, et la corolle a 5 pétales libres alternant avec les sépales; 5 étamines périgynes sont opposées aux sépales. Leurs filets sont libres, leurs antiiëres biloculaires , s'ou vrant en dedans par deux fentes longitudinales. Le pistil se compose d'un ovaire infère, surmonté de deux styles courts, à stigmates obtus. A l'intérieur de l'ovaire, qui est uniloculaire, on observe deux placentas, chargés d'o- , ^

' ° Pig. asi. Fleur daGroadllierraugg.

vules nombreux, horizontaux et anatropes. Le fruit est une baie, couronnée par le limbe persistant du calice et les pétales desséchés. Les graines qu'il renferme (dont le tégument externe devient gélatineux, tandis que l'interne estcrustacé)contiennent un albumen presque corné, très-abondant, à la base duquel se trouve un trèspetit embryon droit.

Plusieurs espèces de Groseilliers sont cultivées dans les jardins

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comme plantes d'ornement, tels sont les R^es aurtwn, RSxs «onguinewn, etc., ou comme plantes alimentaires, tels sont le Bibes uva crispa, ou Groseiilier à maguereau, le Hibes rubmm ou Groseillier à grappes et le Rites nigrum ou Cassis. Le premier est un arbuste très-épineux, surtout à l'état sauvage; ses fleurs sont solitaires ou géminées, et varient beaucoup dans les jardins pour la grosseur et la couleur des fruits. Le second n'est pas épineux ; ses fruits en grappe sont rooges ou blancs. Le troisième a des grappes lâches de baies noires, contenant, ainsi que les feuilles, un principe résineux aromatique.

RENONCULACÉES.

Pour donner une idée suffisante de cette importante famille, nous étudierons successivement l'Ancolie, l'Ellébore, le Pied iTaouelte, l'Âconil, la Renoncule, la Clématite et la Pivoine.

Les gens de la campagne, frappés de la forme et de l'élégance de l'Ancolie (Hg. 335), ont nommé ses fleurs GarUs de Noire- Dame. Ses pétales sont façonnés en forme de cornets creux, recourbés à leur extrémité. I! y en a 5, qui alternent avec autant de sépales, plans et pétaloïdes. Les étaraines sont nombreuses, disposées en lO phalanges, dont 5 alternent avec les pétales et 5 alternent avec les sépales. Leurs anthères sont appliquées contre les filets par toute leur face intérieure et s'ouvrent par deux fentes latérales. 10 de ces étamines, représentées seulement par des filets dilatés sous forme d'écailles membraneuses d'an blanc argenté, plissées sur leurs bords, s'appliquent sur le pistil. Ce dernier organe se compose de 5 ovaires libres, uniloculaires, contenant plusieurs ovules anatropes, insérés sur deux séries verticales contiguës. Ces ovaires se changent, à la maturité, en 5 follicules libres. Les graines qu'ils renferment contiennent un embryon très-petit, placé à la base d'un albumen corné très-abondant. Quant aux organes de la végétation, les tiges sont solitaires, ou plus ou moins nombreuses, droites.

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BENONCULACÉES. 333

pluriHores, rameuses supérieurement. Les feuilles, la plupart

Fig. tIS. Aucolia.

radicales, sont longuement pétiolées, à divisions de premier ordre longuement pétiolulâes et à lobes incisés.

VoiHYAncolU ( Âguilegiavulgaris) dans sa simplicité primitive,

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telle qu'on peut la trouver dans les bois montueuz, sur la linta« des forêts, à Bondy, Montmorency, Saint-Germain, Versailles, etc. Mais la culture a opéré dans l'AncoUe des modifications bien curieuses. On voit fréquemment, en effet, les 5 pétales en cornet en renfermer d'autres, emboîtés par séries, pendant que 5 autres séries semblables se trouvent vis-à-vis des sépales- Il pevA même arriver que la fleur soit entièrement composée de séries de cornets embcttés les uns dans les autres. Dans d'autres variétés, au contraire, au lieu de cornets creux, on ne trouve pins que des pétales ovales et presque plans, souvent en nombre considérable. Comme dans tous ces cas les étamines deviennent d'autant plus rares que les pétales surnuméraires deviennent plus nombreux, on est porté à penser que la formation de ces pétales n'est pointsans quelque relation avec la métamorphose ^s étamines.

Les Ellébores ont un calice à 5 sépales, une corolle à 5-10 pétales, courts, tubuleux, bilabiés, des étamines en nombre indéfini et des pistils dont le nombre varie de 3 i 10. lis sont un peu cohérents à la base, et l'ovaire contient deux séries d'ovules, comme dans le genre Ancolit. Le fruit est égalemeat un follicule.

Pour donner au lecteur une idée de l'aspect des plantes propres à ce genre , nous lui présenterons le Pied d« Griffon on Ellébore fétide (Helleborus fœlidtu) assez commun dans les lieux pierreux, sur les bords des chemins, dans les clairières des bois, aux environs de Paris. C'est une plante à odeur vireuse, dont la souche épaisse, ordinairement verticale, se termine par une racine pivotante. Les tiges, qui persistent pendant l'hiver, sont longues de 3 à 7 décimètres, robustes, droites, nues dans leur partie inférieure, feuillues supérieurement; elles se partagent en rameaux florifères. Les feuilles, toutes caulînaires, très-coriaces, d'un vert foncé, sont pétiolées, à segments lancéolés, étroits, dentés, ordinairement libres jasqu'A la base. Les fleurs sont penchées, disposées en corymbe rameux. Les sépales sont concaves, dressés, verdâtres, souvent bordés de pourpre. Les follicules sont oblongs, terminés en un long bec.

Tous les Ellébores interessent les amateurs de jardins, parce

DiplizsdbïGoOglC

RENONCULACÈES. 335

que la plupart fleurissent pendant l'hiver, tels sont en particulier l'Ellébore noir ou Rose dt Notl, et le petit Ellébore jaune connD des botanistes sous le nom d'Eranthis hyemalis, qui fleurit dès que les neiges commencent à fondre.

Les Dauphinettes (Delphiniwm) ont un calice à 5 sépales pétaloides, inégaux, le supérieur redressé en cornet pointu, en éperon, ou comme la queue d'un dauphin, ce qui leur a fait donner leur nom. Les pétales, au nombre de quatre dans certaines espèces, sont réduits à un seul dans d'autres, par suite de phénomènes d'avortement et de soudure ; car  l'origine il y a toitjours huit pétales, dont six se développent par paire en face de trois des sépales, et dont deux se développent isolément eo Ëice des deux autres sépales. Quoi qu'il en soit, les deux pétales supérieurs dans un cas, le pétale unique et supérieur dans l'autre cas, se prolongent en un cornet pointu, inclus dans réperon du calice. Les étamines, très-nombreuses, sont disposées en huit séries, opposées aux huit pétales originaires. Les carpelles, au nombre de un à cinq, libres, sessiles, vertiùllés et qui se changent plus tard en follicules, occupent le centre de la fleur.

On trouve fréquemment aux environs de Paris, dans les moissons, dans les champs cultivés, le Delphinium consolida, connu Tulgairement sous le nom de Pied cCalouetle des champs. Pied d'alouette sauvage. Éperon de chevalier. Sa tige est grêle, droite, à rameaux nombreux; ses feuilles, découpées en petites lanières; ses fleurs, bleues ou blanches, en grappes courtes, forment un panicuie.

On cultive de fort belles espèces de Dat^hineltes dans les jardins, teUes que les Delphinium elatum, Delphinium grandiflo~ n*Tn,etc.,espècesvivaces, originaires de la Sibérie; une des plus élégantes est le Delphinium Ajads, plante originaire d'Orient et d'Algérie, qu'on rencontre souvent dans le voisin^e des jardins, d'où elle a disséminé ses graines.

Le genre Aconit {Aeçnitum) offre cinq sépales pétaloïdes, inégaux, dont le supérieur façonné en forme de casque {fig. 336) recouvre la corolle. Ce dernier organe se compose de s & S pétales, dont les deux supérieurs oŒrent un onglet allongé, et se t en capuchon renversé, tandis que tes inférieurs sont

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très-petits, fitiformes, souvent nuls. Les étamines, nombreuses, sont disposées eo séries, comme dans les Dauphwieikt; on trouve au centre de la fleur 3 à 5 pistils qui deviennent des follicules.

h' Aconit est une herbe narcotico-âcre , très- vénéneuse, mais qui, appliquée avec discernement, constitue un médicament éminemment utile. On l'emploie contre les névralgies, les paralysies, les rhumatismes, l'infection purulente, etc.

L'espèce la plus vénéneuse est l'Aconil ferox, qui croit dans l'Himalaya, en Asie. L'Aconit napelbu Fig, »«. Fi«ur de lAMmii nipei. est notre espèce officinale. Elle est très-rare aux environs de Paris, mais les touristes la rencontrent fréquemment dans les montagnes de la Suisse et du Jura. Elle élève k 12 décimètres de hauteur ses tiges droites, simples, un peu rameuses supérieurement, munies de Teuilles d'un vert foncé et luisantes en dessus, d'un vert pâle en dessous, à 5-7 segments, divisés en lobes oblongs, incisés. Ses fleurs, qui sont bleues et d'un aspect élégant, forment des grappes allongées ; on voit deux petites bractées au-dessous de chaque fleur.

Les Retioncvies {Banuncuius) (fig. 337 ) ont le calice coloré en Fig, 331. HCDoncuie ygj.|. gj composô de cinq sépales.

La corolle présente cinq pétales, munis, à la base interne de leur ongIet,d'une écaille, ou d'une fossette nectarifère. Les étamines et tes pistils sont très-nombreux. Les premières offrent la structure ordinaire; mais les seconds.qui sont disposés en tète globuleuse ou oblongue et prolongés en un bec court, renferment un seul ovule, ascendant et anatroi>e. Us deviennent plus tard des akènes.

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RENONGULACÈES. 337

Beaucoup d'espèces de ce genre possèdent une propriété vésieante, c'est-à-dire qu'appliquées sur la peau, elles y produisent une irritation qui va jusqu'à déterminer la destruction de. l'épiderme et la formation d'une petite plaie : telles sont les Ranuncultis flammuta (petite Douve), Ungtia [grande Douve), arvensis {Batsinet des champs), bulbosus (pied de CorIHu, pied de Coq), acris (Bassinet, Bassin dor), sceleratus {scélérate), qui sont communes aux environs de Paris. Quand on distille ces plantes avec de l'eau, le liquide condensé et recueilli contient un principe très- Acre. Les animaux ne touchent pas aux Benoncules, quand elles sont fraîches; cependant ces plantas desséchées sont bonnes pour faire du foin.

A côté des Benoncules, nous citerons les Anémones, les Uépaliques, les Adonis.

Le&Clémaliles (Clematis) ont un calice à quatre divisions pétaloides et sont dépourvues de corolle. Les étamines et les pistils sont nombreux comme dans les Renoncules. Ces pistils sont uniloculaires ; ils deviennent des akènes à graine renversée el surmontés d'une sorte de queue plumeuso, résultant de l'accroissement du style après la floraison. Les fouilles des ClémalUts sont opposées, et leur tige ordinairement ligneuse, sannenteuse, grimpante.

Dans les haies, les buissons, les taillis du nord dé la France, on trouve souvent le Clematis vilalba (vulgairement Herbe aux gueux), dont les feuilles pilées, appliquées sur le corps, pro. duisent la rubéfaction, la vésication et l'ulcération de la peau. Les mendiants se servent quelquefois de cette plante pour se procurer des ulcères artificiels et momentanés : de là son nom vul^ire. Ses fleurs sont blanches, disposées en panicules axillaires. On rencontre quelquefois dans le voisinage des jardins le Ciemaiis ftammula (vulgairement ClémcUite odorante), que l'on plante assez souvent pour garnir les palissades et les lierceaux, et qui se distingue de l'espèce précédente par ses sépales tomenteux seulement aux bords. On entoure fréquemment les bosquets de C/emaiis viticella, dont les sépales sont violets, pourpres ou roses et dont la fleur double par la culture.

On voit quelquefois à côté de cette dernière espèce VAtragine

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des Alpes, remarquable par la beauté de ses grandes fleurs, d'un bleu violet. Le genre Atragène se distingue du genre Clemaiis par l'existence d'une corolle composée de pétales nombreux plus courts que les sépales.

Les Pivoines (Pxonia) ont le calice foliacé, coriace, persistant, h sépales inégaux. La coroUe se compose de cinq, six, dii pétales orbiculaires , presque égaux. Les pistils, en nombre variable, renferment un grand nombre d'ovules. Les fruits sont des follicules coriaces. Le réceptacle se gonfle en un disque charnu, qui peut former comme une sorte de sac. Les graines sont munies d'un arille assez peu développé.

Les Pivoines sont des plantes herbacées, vivaces ou suffrutescentes, à feuilles alternes. Elles font, dès le printemps, l'ornement de nos jardins. Tous nos lecteurs connaissent la Pivoine mouton (vulgairement Pivoine en arbre), dont les pétales sont tantét blancs, marqués à la base d'une tâche pourpre, tantôt rosés et qui doublent par ta culture. Les Chinois, qui la cultivent depuis quinze cents ans, en ont obtenu plus de deux cents variétés. La Pivoine a été introduite en France au commencement du siècle actuel.

Citons encore la Pivoine officinale, à pétales roi^es, ou roses, ou panachés, dont les fleurs doublent facilement, et qui était jadis fameuse dans la sorcellerie; la Pivoine corat' (vulgairement Pivoine mâle), etc.

Les Pavou ont un calice à deux sépales caduques, une corolle à quatre pétales, de nombreuses étamines, munies d'un long filet et dont les anthères s'ouvrent latéralement par deui fentes longitudinales. L'ovaire, uniloculaire, est partagé presque complètement par plusieurs lames placentaires qui, partant des parois, s'avancent presque jusqu'au centre, et portent ua grand nombre d'ovules anatropes, insérés sur toute leur surface. Le stigmate se penche sur l'ovaire en une sorte de collerette, dont te bord est découpé en autant de dents qu'il y a de

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, PAPAVÊRACÉES. 339

placentas pariétaux, et porte un nombre égal de crêtes veloutées papilleuses Le fruit est une capsule ovale, oblongue, ou qui s'ouvre par de petites valvules placées au-dessous du stigmate. liGS graines, très-petites, renferment un minime embryon, placé à la base d'un albumen charnu et oléagineux.

Les Pavots sont des herbes à suc laiteux blanc, à feuilles dentées; les feuilles partant de la racine sont pétiolées, les feuilles partant de la tige sont sessiles ou embrassantes. Leurs pédoncules solitaires, uniflores, sont penchés avant la floraison.

Nous signalerons particulièrement trois espèces de Pavots, 1° Le Coquelicot, ou Pavot-coq {Papacer rhœas), est trës-commun dans les champs de blé, dont il forme, avec les Bleuets, te plus gracieux ornement. Ses pétales mucilagineux, amers, sont émolhents et légèrement narcotiques

2' Le Pavot du Levant, ou Pavot de Toumefori, à pétales de couleur écarlate ou orange , à onglet de couleur noir pourpre, ne difière que peu du Pavot à bractées {Papaver bracteatum).

3° Le Pavot somnifère (PapavRr somniferum), dont on distingue deux variétés : l'une nommée Pavot blanc (fig. 338), parce que ses graines sont ordinairement blanches, et particulièrement cultivée pour en extraire l'opium; l'autre nommée Pawt ncir, parce que ses graines sont noires, et qui fournit t'huile douce connue sous le nom à'huile d^œillette.

Tout le monde sait que l'opium n'est autre chose que le suc épaissi du Pavot blanc. Ce suc découle de plaies faites aux ovaires, peu de temps avant leur maturation.

La Chéiidoine ou Grande Éclaire {Cfulidonium mojus) appartient à la famille des Papavéracèes. C'est une plante vivace, à suc d'un jaune rougeâtre, qui jouit encore d'une certaine réputation pour la guérison des verrues. Ses tiges sont droites, rameuses, pubescentes, à longs poils épars, étalés. Ses feuilles ont trois à sept segments ovales, lobés, à lobes incisés, crénelés, glauques en dessous. Ses tleurs, qui sont Jaunes et disposées en ombelle simple, diffèrent très-notablement de celles du Pavot par la structure du pistil. Cet organe se compose, en effet, d'un ovaire uniloculaire, offrant seulement deux placentas pariétaux, et surmonté d'un style court, à stigmate bilobé. Le fruit est une

capsule linéaire et s'ouvre en deux valves qui se détachent de la hase au somniel, en laissant persister le châssis formé par

les placentas. Les graines présentent en outre cette particularité remarquable, d'aire munies d'une petite excroissance celloleuse blanche, en Taçon de cimier.

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CRUCIFÈREH. 3^1

Citons encore dans cette iain\\\e,VEscholizia Cali/ornica, herbe fivace, à fleurs solitaires, grandes, d'un jauned'or, se fermant par les temps pluvieux, et dont les sépales cohéreols par la base se détachent d'une seule pièce à la façon d'un petit chapeau pointu.

CHUCIFEBES.

Cette famille est une des plus naturdles du règne végétal. Kbidier un des genres qui la composent, c'est les étudier tous. Prenons pour type la fleur d'une Giroflée (fig. 339).

Cette fleur est régulière. Le calice se compose de quatre sépales libres, droits, dont les deux latéraux sont bombés à la tiase. La corolle présente quatre pétales, alternant avec les sépales, unguiculés, à limbe étalé, entier. Les étamines sont léiradynames, c'est-à-dire au nombre de six, dont quatre plus grandes et deux plus petites, et hypogynes. Leurs anthères sont bilocuialres et s'ouvrent en dedans, par deux fentes longitudinales. A leur base se trouve un disque, composé de glandes, dont deux d'un vert foncé enchflssent pour ainsi dire !e pied des deux petites étamines, tandis que les quatre autres, beaucoup plus petites, sont placées en dehors des longues étamines. Le pistil s? compose d'un ovaire très-allongé, surmonté d'un style assez court, dont le stigmate est bilobé. Cet ovaire présente deux loges h l'état adulte. H était cependant, dans le Jeune ége, uniloculaire, avec deux placentas pariétaux, chargés d'ovules. Ce n'est qu'à une certaine période du développement qu'une lame, partie de l'un de ces deux placentas pariétaux, et s'avançant vers l'intérieur, a rencontré la lame provenant du placenta opposé, s'est soudée avec elle, et a constitué ainsi une cloison, qui a divisé la cavité ovarienne en deux compartiments. A la maturité, cet ovaire est devenu une sdiijue, dont les graines, dépourvues d'albumen, renferment un embryon  cotylédons plans et à radicule latérale, c'est-à-dire repliée sur la commissure des cotylédons.

Nous avons déjà dit que toutes les Crucifères sont construites

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sur un grand type commun. Cependant quelques caractères secondaires lires de la régularité ou de l'irrégularité de la corolle, de la forme du fruit et de l'embryon, etc., servent à distinguer les genres. C'est ainsi que les JberU ont deui pétales beaucoup plus grands que les autres ; — que le fruit, qui est une silique dans la Giroflée, est une silicule dans les Thtaspi; — qu'il devient lomeniacé dans les Raphanus , monosperme et indéhiscent dans r/i(itû,etc.

Quant à l'embryon, la radicule ne se replie pas toujours sur^ l'intervalle des deux cotylédons, comme dans la Gtroflie; elle peut se replier sur leur dos, comme dans VIsatit.

Ces cotylédons peuvent n'être pas plans, mais plies longitudinalement , enroulés sur euimômes, etc.

Parmi les plantes

remarquables ap-

Fig. J3». Giroflée. parteuaut à cette

vaste famille végétale, nous nous contenterons de citer : le CoctUta-

ria officinal (Cochlearia officinalis), qui est le plus puissant des

antiscorbuliques; — le Cresson alénois (Lepidium salivum); — le

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VIOLARIÉES. 343

Creaion de fotOaine (Nasturtium officinate); — le Raifort (CoclUearia armoracia); — le Radis {Raphanussativus), dont les deux variétés (Radis noir et Petite Rave) paraissent sur nos tables; — le Chou rave {Brassica râpa), dont la racine charnue est un peu acre et presque sucrée; — le Colza {Brassica oleifera), dont les graines fournissent une huile employée pour l'éclairage; — le Chmt potager { Brassica oleracta), qui nous donne le Chou vert, le Chou cabuSfle Chou-fteur, le Brocoli, etc.; — laMotilarde noire (Sinapit nigra), dont les graines renferment une huile fiie et une huile volatile très-âcre, à laquelle il faut rapporter leur vertu excitante; — la Guède {haiis tinctoria), dont la racine fournit un principe colorant bleu, nommé pastel; — diverses espèces à'Eiis', de Lunaires; — l'Alyssum saxalile {Corbeille d'or); — les Matlhiola (Quarantaine); — les Cheiranlhus; — les Hesperis (Juliennes), qui sont cultivés comme plantes d'ornement.

Presque toutes les plantes de la famille des Crucifères contiennent un suc d'une saveur flcre et piquante, due à la présence d'une huile volatile, qui tantôt préexiste toule formée, tantôt peut se développer sous l'influence de l'eau chaude, comme on l'observe dans la graine de Moutarde. La présence de cette huile dcre et excitante communique à la plupart des plantes de la famille des Crucifères des vertus antiscorbutiques dont la médecine tire parti.

Certaines Crucifères sont employées comme aliments, à cause des principes mudlagineux et sucrés qu'elles renferment , et qui corrigent l'âcreté de leur suc. D'autres fournissent, par leurs graines, une huile, que l'on utilise pour l'éclairage. On cultive très-peu de plantes de cette famille pour l'ornement des iardins.

VIOLAHIEES.

La YiokOe (Qg. 340), type de cette famille, a des fleurs irréguliëres, accompagnées chacune de deux bractées. Le calice a cinq sépales, et chacun de ces sépales présente k sa base un petit

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appendice qui descend au delà de son point d'insertion. La corolle se compose de cinq pétales; l'inférieur, échancré, plus grand, se termine, à sa base, par un éperon court et obtus , et il se dirige en bas, avec les deux latéraux qui sont entiers et barbus; les deux supérieurs, également entiers, sont dirigés en haut. Il y a cinq étamines, alternant avec les pétales, telles sont presque sessiles, légèrement soudées entre elles par leurs anthères. Elles sont biloculaires et s'ouvrent en dedans, par deux l'entes longitudinales. Chaque anthère est surmontée d'une petite languette mince et jaune, qui est un prolongement du connectif.

Un outre, deux de ces étamines, les antérieures, sont pourvues à leur base d'une sorte de queue, qui se loge dans le cornet creux du pétale inférieur. Le pistil se compose d'un ovaire libre, sui> monté d'un style ascendant, renflé un peu au-dessus de sa base, et terminé par un stigmate effilé en bec. A l'intérieur de l'ovaire, qui est uniloculaire , on remarque trois placentas pariétaux chargés d'ovules droits, anatropes. Le fruit est une capsule qui s'ouvre en trois valves, portant

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JUGLANDÉES. 346

chacane un placenta dans leur milieu. Les graines contiennent un embryon droit, dans l'axe d'un albumen charnu.

La Violette est une plante acaule, ou sans tige, dont la hauteur ne dépasse pas de l à s décimètres. Ses feuilles radicales, ou portées sur des stolons, sont aiguës ou ovales, crénelées ou en forme de cœur. Les stipules sont ovales, acuminées ou lancéolées. Les fleurs, à odeur suave, d'un violet foncé ou d'un bleu rougeâtre, sont portées chacune sur un pédoncule grêle, qui se réfléchit au sommet.

Telle est pour le botaniste la Violette (Viola odorata), doulles poètes donneraient assurément une autre description.

Tout le monde sait qu'on en trouve aux environs de Paris d'autres espèces qui, au grand désappointement des promeneurs, sont inodores ; telles sont la Yiolellesylveslre, la Violette de chien, elc.

Qu'est-ce que la Pensée? Cette Jolie plante appartient aussi au genre Viola, mais à une section de ce genre. En effet, dans les Pensées, les pétales supérieurs et latéraux sont dirigés en haut; l'inférieur seul est dirigé en bas, et de plus, le stigmate est urcéolé, globuleux.

La Pensée (Viola tricolor) présente deux variétés : l'une, la Pensée sauvage, dont la corolle ne dépasse pas le calice; l'autre, la Pensée des jardins, dont les pétales dépassent plus ou moins le calice. La culture fait considérablement varier les couleurs et les dimensions de la Pensée.

Le Noyer commun {Jugions regia) (fig. 341) est un grand arbre, à écorce blanchâtre, plus ou moins gercée suivant l'âge, à tige cylindrique, nue, se partageant en grosses branches, qui forment une cime ample et arrondie. Les feuilles sont al[ernes,glabres, coriaces, composées, à 7 ou 9 folioles ovales aiguës, su- - perSciellement sinuées, d'une couleur vert sombre. Le Noyer est indigène dans leCaucase,la Perse et l'Inde.Cet arbre ne prospère et ne fructifie abondanuoent que lorsqu'il est isolé.

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Le Noyer est monoïque. Les fleurs mâles et femelles sont disposéesen chaton ; seulement dans les chatons femelles les fleurs

sont peu nombreuses. Les chatons mâles, à écailles lâchement imbriquées, sont pendants, cylindriques, très-caduques, placés

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TILIACÉES. 347

àJ'aisselIe des feuilles qui sont tombées l'année précédente. A l'aisselle de chaque écaille, on observe une fleur, qui se compose d'un périanthe à six divisions et d'un nombre variable d'étamines, dont les anthères, à deux loges, s'ouvrent en dehors par deux fentes longitudinales.

Les fleurs femelles, agrégées 1 à 4, au sommet des jeunes rameaux, offrent une enveloppe extérieure très-courte, à peine dentée, et une enveloppe intérieure à quatre divisions. Au centre de la fleur s'élève un stjle court, qui se divise bientât en deux lames stigmatiques. L'ovaire est infère, uniloculaire et ne renferme qu'un seul ovule. Il est subdivisé, par de fausses cloisons partant du placenta, en quatre loges incomplètes au sommet et à la base et en deux loges incomplètes dans le reste de son étendue. Le fruit est une drupe, dont la partie charnue fibreuse (le brou) se déchire en fragments irréguliers, et dont le noyau, très-dur, hgneux, est composé de deux valves concaves, irrégulièrement creusées de sillons anastomosés. La graine est très-inégalement bosselée, tortueuse, quadrilobée au sommet et à la base, k lobes séparés par des cloisons. Son tégument propre extérieur, d'abord blanchâtre, puis d'un jaune plus ou moins foncé, est d'une remarquable astringence. L'embryon, dépourvu d'albumen, est droit. Les cotylédons épais, charnus, huileux, bilobés, semblent figurer les circonvolutions et les anfractuosités du cerveau des animaux vertébrés. Ce sont ces cotylédons qui forment la partie comestible de la noir.

Les TilleiUs sont de grands arbres, à bois blanc et léger. Leurs feuilles sont ovales, brusquement acuminées, dentées, pubescentes ou glabres. Elles sont alternes, distiques, munies de stipules caduques. Les fleurs présentent ce caractère remarquable, d'être disposées en corymbes axillaires, paucillores, Â pédoncule soudé, dans sa moitié inférieure, avec une bractée membraneuse et blanchâtre.

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Le TiUeul commun ou Tilleul de Hollande {Tilia platypln^la) (lîg. 343) est disséminé dans les bois de plaines, de collines et de montagnes; il ne dépasse pas l'altitude de UO mètres. On le plante dans les parcs et les promenades publiques. Ses bourgeons sont velus. Ses feuilles adultes sont un peu pubescentes à leur face inférieure.

Le Tilleul sylvestre (Ti/Miïi/lDeîirû), qu'on trouve planté çàelià dans les parcs et sur nos promenades, et qui, de plus, est assez commun dans les bois des environs de Paris, se distingue aisément de la première espèce, par ses bourgeons glabres , ses

feuilles adultes, souvent très-petites, k face inférieure glabre, ne présentant de poils qu'aux angles de ramification des nervures. Mais arrivons à la description de la fleur (lig. 34S).

Le calice offre cinq sépales lancéolés, la corolle cinq pétales plus longs que les sépales. Les élamines sont hypogynes, trèsnombreuses, libres ou irrégulièrement polyadelphes à leur base- Leurs filets, allongés, portent deux loges, s'ouvrant en dehors par deux fentes longitudinales. L'ovaire est libre et présente ordinairement cinq loges bi-ovulées, à ovules anatropes. Le style est simple et le stigmate a cinq lobes. Le fruit est une capsule coriace, indéhiscente, uniloculaire parla disparition des cloisons

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GÈRANIACÉES. 351

et ne contenant qu'une ou deux graines par avortement. Les graines renferment, au sein d'un albumen cliarnu, un embryon à cotylédons presque enroulés, foliacés.

Les Oeurs du TUleui contiennent une huile volatile, du sucre, du mucilage, de la gomme et du tannin. On les emploie en médecine comme antispasmodiques.

De tous les végétaux indigènes les Tilievis sont ceux dont le liber est le plus fortement organisé. Aussi l'emploie-t-on à faire des cordages. Le bois, qui se laisse facilement travailler, est mis en œuvre par les menuisiers, les tourneurs et les sculpteurs.

.On cultive dans nos serres le Sparmannia africana, joH arbrisseau du cap de Bonne-Espérance, à feuillage toujours vert, à fleurs blanches disposées en ombelles et dont les anthères sont irritables.

Pour donner au lecteur une idée suffisante de cette Éamille, dont il rencontre à chaque instant des espèces sous ses pas, soit dans la campagne, soit dans les jardins, nous étudierons succes- ■ sivement les genres Géranium, Erodium et Pelargonium.

Les Geraniitm ont un calice à cinq sépales, une corolle hypogyne à cinq pétales libres, un androcée composé de dix étamines, dont cinq grandes et cinq petites. Ces dernières sont extérieures et opposées aux pétales; les grandes étamines ont à leur base une glande nectarifère. Les filets de ces étamines sont légèrement soudés à leur base, et portent des anthères à deux loges, s'ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales. Le pistil sa compose d'un ovaire à cinq loges, surmonté de cinq styles, plus ou moins soudés dans leur partie moyenne, mais libres vers leur sommet et portant le stigmate le long de leur bord interne. Chaque loge de l'ovaire contient deux ovules anatropes ascendants. Le fruit est une capsule à cinq loges, ne contenant qu'une seule graine par suite d'avortement et se détachant avec élasticité d'une sorte d'axe central de la base au sommet. La graine

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renferme sous ses téguments ud embryoQ sans albumen, dont les cotylédons flexueux s'embottent l'un dans l'autre.

On voit fréquemment dans les haies, les buissons, dans les lieux frais , sur les vieux murs , i'Herbe à Robert ou le Bec de ffrue {Géranium Roberlianum) (fig; 344), qui exhale une odeur forte, et fleurit du mois d'avril au mois d'août. Cette plante, qui a quelques usages en médecine, est annuelle, à tiges ascendantes difTuses ou droites, souvent rougoJtres^ velues k poils

Fig. as. Citui]aia Bec dt grae.

étalés, glanduleuses, surtout au sommet. Les feuilles sont divisées en 3 à 5 segments pétiolulés. Les pédoncules sont plus longs que les feuilles. Les pétales sont purpurins et veinés de blanc.

Les Erodium, dont une espèce, VErodium à feuilles de dguf (Erodium cicutarium), est très-commune dans les environs de Paris, ont le calice et la corolle des Géranium. Hais, des dix éiamines, cinq seulement sont fécondes. Celles qui sont stériles.

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GÉRANIiCÉES. 863

c'est-à-dire dépourvues d'anthères, sont petites, à filets aplatis, et sont opposées aux pétales dans le verticille extérieur. Le fruit diffire aussi par quelques particularités de celui des Géranium.

Les Peiargonium sont particulièrement remarquables par l'irrégularité de leurs fleurs. Dans le calice, le sépale postérieur se prolon^, à sa base, en un éperon ou cornet nectarifère creux et étroit, adhérent au pédoncule. La corolle porte des pétales généralement inégaux : les deux du haut sont souvent plus grands, les trois autres dissemblables entre eux. Quant à l'androcée, tandis que dans les Erodium le verlicille extérieur a avorté complètement, dans les Peiargonium^ au contraire, trois des étamioes seulement de ce verticille sont stériles.

Les Peiargonium sont des plantes originaires du cap de Bonne- Espérance. Une huile volatile qu'elles renferment leur donne une odeur forte, quelquefois désagréable. On en cultive en Europe un grand nombre d'espèces, que l'horticulture a variées à l'infini. Nous citerons entre autres : le Peiargonium à feuilles zonies {Peiargonium zonale), dont les feuilles sont marquées d'une bande brunâtre et dont les pétales sont rouges ou rouge&tres, ou roses ou blanchâtres; le Pelargoniwn inquinans, dont les feuilles visqueuses, cotonneuses, tachent les doigts en brun de rouille et dont les pétales sont écarlates ou carnés, et le Peiargonium odoratissimum.

La Mauoe sylvestre (ûg. 345) a des tiges droites, ascendantes ou étalées, rameuses, velues, hérissées, surtout au sommet. Les feuilles inférieures sont à peu près orbiculaires, en forme de cœur ou tronquées à la base, à 5 — 7 tobes peu profonds, obtus ; les supérieures offrent de 3 à 5 lobes plus profonds ordinairement. Les fleurs, à corolle purpurine veinée passant au violet, sont disposées en fascicules axillaires. Quelle est l'organisation de ces fleurs?

Le calice ol&e cinq divisions et il est muni extérieure-

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ment d'un involucre, à trois divisions. Giuq pétales alternes, cohérents par la base de leurs onglets, constituent la

corolle. Les étamines, très-nombreuses, sont monadelphes. Elles se présentent comme si leurs âlets inégaux, libres seulement dans leur partie supérieure, étaient soudés dans le

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MALVAGÉES. 355

reste de leur longueur, en un tube qui recouvre l'ovaire. Ces filets sont surmontéa d'une anthère unilobée, s'ouvrant par ane fente demi -circulaire. L^ pistil se compose d'un ovaire multiloculaire, surmonté d'autant de styles qu'il y a de loges. Ces derniers oi^anes sont filiformes, soudés dans leur partie inférieure, et constituent comme une sorte de pinceau. Un ovule ascendant est inséré à l'angle central de chaque loge. Le fruit est composé d'un grand nombre de petites coques, à une seule graine, réunies circulairement autour d'un axe central commun. Les graines renTerment sous leur tégument un embryon courbe dans un albumen mucilagineux assez abondant, à cotylédons plies et emboîtés l'un dans l'autre. Les fleurs de la Mauve sont très-employées comme adou-

La Guimauve officinate (Ahhxa offkinalts) a des tiges de 6 à IS décimètres, droites el tomenteuses, comme les feuUles, qui sont ovales, dentées et peu profondément lobées. Les fleurs, d'un rose pftie, sont ordinairement fasciculées à l'aisselle des feuilles, rapprochées au sommet des tiges et des rameaux. La racine de la Guimauve, pivotante, fusiforme, charnue, blanche, de la grosseur du doigt, simple ou quelquefois rameuse, est un des médicaments les plus usités. EUe tient le premier rang comme substance émoUiente.

Nous citerons parmi les autres espèces les plus remarquables appartenant à la famille des Malvacées, les Cotonniers {Gossyfrium),dont plusieurs espèces sont cultivées en grand dans toute la zone intertropicale, tant en Amérique qu'en Asie et dans le nord de l'AfVique, pour les poils qui recouvrent le testa de leurs graines, et qui forment la matière textile connue sous le nom de coton'; — les Ketmies {Btbiscus), qui offrent un ovaire à 5 loges, un fruit capsulaire à 5 valves et dont plusieurs espèces font l'agrément de nos jardins : l'une d'entre elles, ï'Hibiscus escu- Untus, fournit par ses jeunes capsules mucilagineuses un ragoût visqueux et un peu fade, recherché en Amérique. Les Malope, les Sida, les Abutilon, sont des membres, intéressants à divers

t. Voiriur le coloD, »a culture, soa produit, etc., notre ouvrai le Savant du Fof/er, 3* édiiîoii, p. i84-l&8.

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titres, de la grande famille des Malvacées, qui abonde surtout

dans les régions tropicales.

Les Rosacées, autrefois réunies en une seule famille, constituent aujourd'hui toute une classe, comprenant divers groupes. Là Rose, la RotiCê, la Spirie, le Pommier et l'Amandier sont les types de ces groupes, ou tribus, que nous allons successivement passer en revue.

Tribu des Bosacéet. — Les Roses ont un calice formé de cinq lanières foliacées, qui alternent avec cinq pétales. Les étamines, périgynes, sont nombreuses et leurs filets libres portent des anthères à deux loges, qui s'ouvrent en dedans par deux fentes longitudinales. Tous ces organes sont insérés sur le bord supérieur d'un réceptacle, sphérique ou ovoïde, resserré à la gorge. Au fond de ce réceptacle, qui ressemble à une ampoule ou à une petite bouteille, se dressent un grand nombre de pistils, libres, dont l'ovaire est uniloculaire, à ovule unique, anatrope, à style allongé, surmonté d'un stigmate obtus. A la maturité, ces pistils sont devenus des akènes, qu'enveloppe le réceptacle, devenu charnu : la graine renferme un embryon droit, dépourvu d'albumen.

Les Rosiers sont des arbrisseaux souvent munis d'aiguillons, à feuilles alternes, à stipules attenant au pétiole, à fleurs terminales solitaires ou en bouquet, d'une beauté noble, d'une odeur suave et sans égale. La Rose a depuis longtemps conquis le sceptre de la beauté sur les plus belles fleurs des jardins et des champs.

Les nombreuses espèces du genre Rosier se sont croisées à l'inûni dans nos jardins, et ont produit des milliers de formes, dont la détermination est trës-dif&cile. Nous nous contenterons de signaler ici : le Rosier sauvage, ou ÈglarUier (Rosa canina), espèce indigène, commune sur la lisière des bois, dont les fruits, d'un rouge de corail, renferment une pulpe jaunâtre , acidulé

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