‹ Histoire des plantes (volume 4)Chapitre 38 sur 64 · ROSACÉES · texte numérisé non relu

ROSACÉES

poires dites Bewris, Doyennés, Bergamotes, Saint-Germain, Sitcri twi, Bon chrétien, Metsire-Jean, etc., etc.

Dans le mâme groupe que le genre Pyrus, c'est-à-dire dans la tribn des Pomacées, viennent se ranger : le genre Mespilui, ou Néflier, dont l'ovaire infère (comme celui de tous les genres voisins que nous allons signaler) présente cinq loges bi-ovulées à ovules collatéraux, droits et anatropes; dont le fruit, couronné parles cinq lanières calicinales, renferme cinq noyaux osseux; — le genre Cydonia ou Coignassier, dont les cinq loges ovariennes renferment plusieurs ovules ascendants, et dont le fruit est d'une odear si caractéristique et d'une saveur si âpre; — les genres Sorlnu ou Sorbier; — Cratxgus ou Aubépine Eriobotrya, dont une espèce, le Né/lier du Japon, fournit un fruit jaune, i chair blanche, fondante, sucrée-acidule, comestible, etc., etc.

Tribu des Atnygdaléts. — L'i4nicindier {Amygdalw communis) esl le type de la tribu des Amygdalées, dans la grande classe des Rosacées. Cet arbre, indigène en Afrique, est aujourd'hui cultivé dans l'Europe entière. Les rameaux sont allongés, d'un vert clair, très-lisses et un peu glauques. Les feuilles sont alternes, lancéolées, dentées en scie. Les fleurs paraissent avant les feuilles: elles sont grandes, solitaires ou géminées le long des rameaux.Un réceptacle, creusé en forme de coupe, porte sur ses bords cinq sépales, cinq pétales, quinze à trente étamines , et il abrite un ovaire sessile, uniloculaire contenant deux ovules aDatropcs collatéraux, suspendus au sommet de son unique cavité. 11 est surmonté d'un style terminal. Le fruit est une drupe oblongue, comprimée, à chair fibreuse, coriace, sèche, incomplètement bivalve, s'ouvrant irrégulièrement. Son noyau est rugueux, crevassé, dur. Il renferme ordinairement une seule graine, par suite de l'avorlement des autres.

Xi'Amandier présente deux variétés, dont l'une a les graines douces et l'autre amëres.

Le Pkhtr {Amygdaius persiea) ne diffère essentiellement de l'Amandier que par son fruit, dont la chair est épaisse, charnue, succulente, et par la structure de son noyau, qui est creusé d'anfractuosi(és profondes. Cette espèce, originaire de la Perse, nous oBre trois variétés intéressantes. Dans les deux premières, les fruits sont duvetés; dans la troisième, ils sont lisses. La pre-

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mière variété a la chair adhérente au noyau et ferme; elle comprend les Pavia blanc, jaune, rouge, monstrueux. Dans la seconde variété, la chair est fondante et se détache facilement du noyau ; ce sont là les piches proprement dites, dont les diverses races ont donné des fruits aussi remarquables par leur saveur que par leur beauté. La troisième variété est fort distincte des précédentes par sa pellicule, qui est lisse et non tomenteuse. Elle comprend la piche violeiu, dont la chair se détache facilement du noyau, et le brugnon, dont la cbair adhère au noyau.

Le genre Prunus, dont la fleur présente des caractères identiques à ceux de la fleur du genre Amygdalus, en difTëre surtout par la structure du fruit. Il comprend r>4&ricoiMr, le Prunitr et le Cerisier.

VAbricolia- {Prunus armentûca) donne une drupe veloutée, dont le noyau, lisse, offre un bord obtus et un autre bord muni d'une carène longée par deux sillons latéraux. La patrie de cet arbre est l'Arménie. Il est de moyenne grandeur, à feuilles i peu près en forme de cœur, arrondies, terminées en pointe et dentées. Les fleurs sont blanches et disposées par petits faisceaux, trèa-rapprochés & la partie supérieure des rameaux. Noos citerons l'Abricot p-écoce, dont le fruit de couleur jaunâtre, gros comme une noix, a une chair safranée, dure et un peu amére ; — l'Abricot angoumois, de grosseur moyenne, dont U chair est rouge et parfumée ; — YAbricot commun; — l'Abricolptche, le plus gros de tous, dont la chair est jaune, fondante, et d'une saveur toute particuhëre.

Le fruit du Prunier est glabre, couvert d'une efflorescence glauque. Le noyau présente un bord arrondi et creusé d'un sillon, et un autre bord longé par deux sillons latéraux. Tous les Pruniers cultivés à fruit alimentaire ont pour souche mère deux espèces qui n'en font peut-être qu'une : les Prunus inâliiia et domeslica.

Le Prunier domestique est un arbre de 3 à 7 mètres de haut, très-rameux, à rameaux étalés, à feuilles elliptiques, aigu&s, crénelées, dentées. Ses fleurs, d'un blanc verdâtre, paraissent avant les feuilles. On le rencontre dans les haies et sur les bords des bois de toute la France, mais jamais dans l'intérieur des forêts, ce qui fait supposer qu'il n'est pas indigène. Le Prunus m-

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BOSAGÉES. 868

àtiHa est un ari>risseaa de s à 5 mètres, à rameaux quelquefois épineux. Ou le trouve en France dans les mêmes stations.

Les variétés de Pruniers les plus estimées paraissent originaires de l'Orient, et probablement de Damas ; le nombre de ces variétés est très-considérable. Les unes ont le fruit arrondi, jaune, comme dans la Mirabelle, la Prune drap-d'or. Chez d'autres, le fruit est arrondi, vert, taché de pourpre, comme la Reine-Claude. Chez ceux-ci, il est ovale et globuleux, bleuâtre ou violacé, comme le Damas jww tardif, Damas violet, etc.: chez ceux> là, il est presque arrondi et couleur de cire, comme la Stdnt»- Calherine, le Perdrigon blanc, etc. Il en est dont la chair, douce, est i peine sapide. Un arôme un et délicat place les autres au premier rang des meilleurs fruits.

Le Ceritier {Prunus cerasvs) donne un fruit (drupe) & surface glabre, sans efflorescence glauque. C'est un arbre assez élevé, à tronc droit, cylindrique, couvert d'une écorce lisse et luisante, h feuilles ovales, aiguës, dentées et fermes. Les fleurs du Ceriner, blanches et précoces, forment des panicules.

Cette espèce comprend plusieurs variétés, parmi lesquelles nom citerons le Cerisier guindovx, dont les fruits variés par la culture fournissent la Cerise de Montmorency, le Guindoux de Paris; — la Cerise d'Italie; — le Cerisier Gobet {Cerise à courte queue, gros Gobet, Griotle rouge, Cerise de Kent); — le Grioltier {grosse Griotte, Griotte noire).

Une autre espèce de Cerisier est le Cerisier tardif (Prunus semf)erporens), dont les fleurs et les fruits paraissent ensemble, en automne.

Le Merisier {Prunus avium) donne des fruits connus sous !e nom de mêmes , qui servent â la fabrication de l'eau de cerises (kirschwasser) et du ratafia.

Le Bigarreautitr, espèce voisine de la précédente, donne des fruits en cœur {bigarreauji:) assez gros, noirs, rouges ou jaunes, à chair se séparant difficilement du noyau. C'est le contraire qui a lieu dans le fruit du Guignier, espèce très-voisine de celle-ci, et qui nous donne les fruits variés connus sous les noms de Guigne rouge. Cerise de Peniecéte, etc.

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FAMILLES NATUBELLES.

CRASSOLACEES.

Cette famille comprend les plaates commnnément appelées grasses, en raison de l'abondance d'eau qu'elles renferment dans leur tissu et de leurs formes généralement épaisses.

VOrpin (Sedum acre) (fig. 348) nous servira de type. Cest une petite plante grasse, très-commune sur les vieux murs, les toits de chaume, les endroits pierreux et sablonneux qui sont expo-

sés au soleil. Une souche grêle, couchée et rampante, donne çâ et là des rameaux droits couverts de feuilles courtes, sessiles, charnues, qui ressemblent à de petits œufs, cependant un peu aplaties en dessus, et portant cinq ou six fleurs, disposées en une sorte de cime scorpioïde.

Quelle est l'ot^nisation de chacune de ces fleurs? On y

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GRASSULAGÉES. 365

trouve UD calice, composé de 5 pièces charnues, 5 pétales libres; des étamines en nombre double des pétales, à 61et aplati, pointu au sommet, à anthère biloculaire, ïntrorse ; enfin un pistil, composé de i> carpelles libres, uniloculaires, renfermant plusieurs ovules anatropes, horizontaux, insérés à la suture ventrale de chaque carpelle. A la maturité, ces carpelles deviennent secs et s'ouvrent en dedans par cette suture, de manière à constituer autant de follicules, qui renferment des graines extrêmement petites.

Cette petite herbe peut être considérée, avons-nous dît, comme type des plantes grasses ou de la famille des Grassulacées, ces singuliers végétaux qui peuvent vivre dans les terrains les plus arides, et s'y maintiennent frais, à cause de la masse de liquides qui se trouve mise en réserve dans leur tissu charnu, et de leur transpiration presque nulle.

Le genre Crassula, qui a donné son nom à la famille qui nous occupe, est remarquable par la structure de sa fleur, que l'on prend souvent comme type de symétrie florale. Cette fleur présente, en elTet, 5 sépales, 5 pétales alternes avec les sépales, 5 étamines alternes avec les pétales, et 5 carpelles alternes avec les étamines.

La Joubarbe des toits appartient au genre Sempervivwn, dont le calice offre 6—20 divisions, la corolle 6 — 20 pétales, l'androcée 12 — 40 étamines, le pistil 6 — 30 carpelles. Tout le monde a vu s'élever, au-dessus du toit des chaumières, cette belle plante, à feuilles succulentes, disposées en rosette, du centre desquelles s'élève une tige droite, cylindrique, garnie de feuilles épaisses et terminée par des épis scorpioïdes de fleurs purpurines.

Nous citerons parmi les nombreuses espèces exotiques que cette famille fournit à l'horticulture, la Crassute écarlale et la CrassuU blanche du Cap; — le Roohea à feuilles m faux de la même région botanique, arbrisseau chargé de fleurs rouges, odorantes et de longue durée ; — le Cotylédon orbiculaire du Cap, à feuilles glauques, farineuses, bordées de rouge, à corolle & limbe rougeâtre roulé en dehors; — YEcheveria écartate, du Mexique, à feuilles en rosette, épaisses, à fleurs d'un rouge vif disposées en cime.

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Cette famille compose un groupe plus naturel qoe le précédent.

Les CacUei sont des plantes originaires de l'Amérique. Elles sont à la fois charnues et ligneuses. Leur tige, simi^e ou rameuse, présente les formes les plus variées et l'aspect soaYent le plus étrange. Tantôt elle se dresse comme une longue colonne cannelée ; tantôt elle se ramasse en une sphère massive. Elle s'efBle en rameaux cylindriques, ou s'aplatit en façon de raquette. Rien en un mot n'est plus varié que Taspect des nombreux (Joctui qui croissent naturellement en Amérique avec une étrange profusion, et que l'art a rassemblés en grandes quantités, dans nos jardins d'étude ou d'agrément. La tige des Cactées est ordinairement dépourvue de feuilles, dont l'existence n'est que rappelée pour ainsi dire par un coussinet, situé sous le bourgeon. Cependant le genre Pereshia offre de véritables feuilles pétiolées, grandes et oblongues, caduques en hiver! Les bourgeons, situés à l'aisselle de la feuille, sont de deux ordres: l'inférieur est garni d'épines, le supérieur se développe en rameaux et en fleurs.

La figure 349 représente un Cactus cultivé dans dos jardins, le Mamiilaria elephatUidens.

Les fleurs des Cactus sont régulières et hermaphrodites. Leurs enveloppes se composent d'un grand nombre de divisions, dont les plus extérieures ont beaucoup d'analogie avec les sépales, et les plus intérieures ressemblent à des pétales. On ne saurait toutefois trouver la limite précise entre le calice et la corolle. Les étamines sont très -nombreuses, et oSVent des anthères biloculaires et introrses. L'ovaire est infère, et surmonté d'un style allongé, divisé en plusieurs branches stigmatiques. Cet ovaire est uniloculaire et présente, à son intérieur, autant de placwitas pariétaux qu'il y avait de branches stigmatiques. Sur chacun de ces placentas on trouve un grand nombre d'ovules anatropes. Le

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