‹ Histoire des plantes (volume 4)Chapitre 45 sur 64 · I. Fnena 'éiicnlBiii · texte numérisé non relu

I. Fnena 'éiicnlBiii

la plus connus de ces végétaux inférieurs. Le Fucus visicukux est une Algue qui croit abondamment sur les rochers, au bord de l'Océan et de la Méditerranée. Elle sert, dans le Nord, à couvrir les toits rustiques. On la coupe deux fois l'an, pour la brûler, et

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retirer de ses cendres de la soude, ou bien pour fumer les terres. La partie plane de sa fronde bifurquée est parsemée de vésicules globuleuses, pleines d'air, qui sont probablement destinées à soutenir la plante dans l'eau, et remplissent la même fonction que la vessie natatoire des poissons. Des tubercules mamelonnés recouvrent l'extrémité de ces bifurcations de la fronde.

Si l'on retire de l'eau certains échantillons de ce Fucus, k l'époque où ces tubercules sont bien développés, on s'aperçoit bientôt que leur orifice est obstrué par une goutte d'une liqueur rougeétre. D'autres échantillons de ce même Fucus offrent, dans les mêmes circonstances, une sorte de sécrétion, non plus rougedtre, mais olivâtre.

Cette ditïérence d'aspect semble, au premier abord, indiquer

Pig. 171. ConcepUde nlle de Facui TcgcUu coup<

une difTéreuce de constitution et de rdle physiologique dans les tubercules portés sur des frondes diiTérentes. En effet, chacun de ces tubercules n'est autre chose qu'une cavité, ou conceptade, renfermant soit un appareil fécondateur, soit un appareil de fructification, et ces appareils sont portés sur des individus différents. Le Fucus vèsiculeux peut donc être considéré comme dioîque.

MM. Thuret et Decaisne ont fait sur la structure des concep-

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ALQUES. 397

tades màleB et femelles de celte Algue et sur son mode de fécondation des observations très-curieuses.

Étudions la structure des conceptscles mâle et femelle.

On trouve dans les conceptacles mâles (ùg. 372) des sacs ovoïdes contenant une masse blanchâtre, parsemée de granules rouges. Ces sacs, désignés sous le nom d'antkéridies, sont portés sar des poils rameui, articulés, qni remplissent presque tout le conceptacle. Ils renferment de nombreux corpuscules, transparents, d'une grande ténuité, pourvus d'un granule orangé ou rougeâtre. Ces copuscules portent le nom à.'anthérozoïdes; ils s'agitent avec une extrême vivacité, dès qu'ils sont mis en liberté. Leurs organes locomoteurs consist«nt en deux cils pro

ng.)TI.Canp«lnniT«rulad'uacanC«pUCl<feroeUedeFucusTéscaleDiniiIermantlnipan3.

digieusement ténus, dont l'un, plus court, paraît inséré vers l'extrémité la plus étroite du corps , laquelle est toujours en avant pendant la progression , Le deuxième cil tratne derrière le corpuscule.

On trouve dans les conceptacles femelles (fig. 373) des sacs membraneux plus ou moins spliériques ou oblongs, renfermant une masse arrondie, opaque, d'un brun grisâtre, divisée en huit parties. Ces sacs, ou sporanges, sont portés sur un court pédicule et environnés de filaments articulés.

Lorsque ie sporange s'ouvre, comme le fait l'anthéridie

à un moment donné, la masse qu'il contient est mise en liberté en conservant sa forme première, grâce K une membrane qui retient les éléments ou spores qui la constituent fortement serrés entre eux. Mais les choses ne restent pas longtemps en cet état : les spores s'isolent de plus en piQs dans le revêtement membraneux qui les retient prisonnières, et finalement elles deviennent libres. Elles sont alors parfaitement rondes, d'un jaune olivitre, et absolument dépourvues de légoments.

M. Thuret, à qui l'on doit de très-bonnes observations sur la structure admirable de ces végétaux inférieurs, a établi, par ses expériences, ce que deviennent les spores dégagées de leurs enveloppes, suivant qu'elles sont mises en contact avec les anthérozoïdes, ou soustraites à leur action :

I Lorsque les ftxiDdea m&les, faciles i reconnaître par la couleur jaunttre de leurs réceptacles, dit-il, sont placées quelque temps dans une*

asmosphère humide, il se produit un effet analogue à celui que j'ai décrit dans les plantes femelles. Les anthéridies, expulsées en immense, quantité hors des conceptacles, viennent formera la surface de la fronde, à l'eatrée de chaque ostiole , de petits mamelons visqueux , de couleur orangée. Que l'on détachq un peu de cette matière visqueuse avec une aiguille, et qu'on l'examine au microscope dans une goutte d'eau de mer, on verra qu'elle est entièrement composée d'anthéridies qui , presque aussitôt , se vident des anthérozoïdes qu'elles renferment. Ceux-ci s'agitent avec la plus grande vivacité, et leurs mouvements se prolongent quelquefois jusqu'au lendemain, mais en diminuant peu à peu d'intensité. Le ^oisïËme jour au plus tard ils se décomposent.

Pour féconder les spores et les mettre en état de germer, il sufflt de mélanger à l'eau qui les baigne quelques anthéridies. Si l'expérieDce est faite sur une lame de verre et que les anthérozoïdes soient en quantité assez considérable, on sera témoin d'un des plus curieux spectacles que l'étude des Algues puisse donner l'occasion d'observer. Les anthérozoMes s'attachant en grand nombre aux spores, leur communiquent, au moyen de leurs dis vibratiles, un mouvement de rotation quelquefois très-rapide. Bientét tout le champ du microscope est couvert de ces grosSes sphères brunâtres, hérissées d'antliérozoldes qui roulent dans tous les sens, au milieu du fourmillement de ces corpuscules.

Après s'être prolongée environ iine demi-heure, rarement plus longtemps, la rotation des spores cesse ; les anthérozoïdes continuent à s'agiter quelque temps, mais avec moins de vivacité, jusqu'à ce qu'eoRn tout mouvement s'arrête. Dès le lendemain du jour où les spores ont été mises en contact avec les anthérozoïdes, elles sont déjà revêtues d'une mem-

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M. Thuret fait du reste remarquer que ]a rotation des spores est un phénomène qui, si curieux qu'il soit, ne mérite peutrétre pas une grande considération. Il ne le croit nullement nécessaire à la fécondation des spores, et n'admet pas que ce mouvement ait lieu dans la nature.

Les Champignons n'ont jamais ni feuilles, ni tiges, ni racines. Ils respirent en produisant de l'acide carbonique, comme les fleurs ou les animaux.

Les organes de la végétation et ceux de la reproduction sont distincts chez les Champignons. Les premiers sont représentés par une sorte de feutre, composé de filaments entrecroisés, trèsténus, que l'on nomme mycélium. Ce mycélium est souterrain, peu apparent, et souvent se détruit de bonne heure. C'est sur lui que se développent les appareils de la reproduction, qui sont toujours très-considérables relativement aux organes de la végétation, et quelquefois multiples pour une seule et même espèce deChampignons. Cette multiplicité d'organes reproducteurs a élé reconnue pour certaines espèces dont il sera parlé plus loin: les Êrisyphés qui causent la maladie de la Vigne, et le blanc des horticulteurs. On a signalé dans l'Èrisypki jusqu'à trois sortes d'appareils reproducteurs qui se développent successivement.

Les Champignons vivent dans les conditions les plus opposées et dans les lieux les plus divers. Certains apparaissent à la surface de la terre : tels sont le Champignon de couche, le Botet comestible, la Morille, la Vesse-Loup, etc.; d'autres croissent sur le troDC des arbres, sur les rameaux ou les feuilles. Quelques-uns, comme la Truffe, vivent enfouis à une certaine profondeur. Des milliers de petites espèces vivent en parasites sur d'autres végétaux, comme la Yigne, la Pomme de terre, et occasionnent parfois des maladies désastreuses, etc. D'autres s'attaquent aux animaux. Personne n'ignore que la maladie qui détruit tant de vers à soie dans les magnaneries du midi de la France, est produite par un Champignon qui se développe à l'inlérieur du

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corps de la larve rivante du ver à soie. EnQn, ces ôtres microscopiques et envahisseurs peuvent s'altacher même à la peau et aux membranes muqueuses de l'homme et des animaux.

Les Champignons font en beaucoup de pays la nourriture du pauvre, qui attend leur retour comme une manne protectrice; mais d'autres recèlent un poison mortel. Les animaux, tels que les insectes, les vers, limaces, etc., se nourrissent aussi de Champignons. Ce n'est donc pas sans raison que la nature les a répandus avec tant de profusion sur le globe.

Nous ne saurions entrer ici dans des considérations générales sur les Champignons; mais nous espérons donner au lecteur une idée claire et sufïïsante de leur structure, en lui présentant successivement quelques types- bien choisis parmi ceux qui sont aujourd'hui le mieux connus sous le rapport scientifique, ou qui nous intéressent le plus sous le double point de vue de leur utilité, eu des maladies désastreuses dont ils sont la cause directe. L'Agaric comeslibU ou C^ampignon de cTucke (Agaricus campestrU) — Ce Champignon (fig. 374), dont on fait le plus grand usage culinaire, surtout à Paris, présente un pied ou stipe, haut de trois à cinq centimètres, plein intérieurement, et surmonté d'un chapeau, d'abord arrondi en boule, ensuite élargi et bombé, blanc ou d'un jaune pâle, lisse et glabre. Ce chapeau porte, en dessous, des feuilUls, d'une couleur rosée, qui brunissent h mesure que la plante se développe. Une membrane blanche, semblable à une espèce de voile, recouvre entièrement ces feuillets dans leur jeunesse, et forme ensuite, en se déchirani, un collier, plus ou moins complet, autour du stîpe.

h' Agaric comeslibte croit naturellement sur les pelouses exposées au soleil, dans les prés, etc. On l'obtient également par la culture, dans les lieux peu éclairés, comme les caves et les carrières. Il faut se garder de le confondre avec une autre espèce connue sous le nom d'Amanite vénéneuse, qui lui ressemble pour le port, mais s'en dislingue par un pied bulbeux à la base, et enveloppé comme d'une bourse (volva), enfin par la couleur de ses lames, qui ne sont pas rosées, mais blanches.

Pour avoir une idée exacte de la structure des Champignons en général, nous étudierons cet Agaric comestible. Dàtachons une des lames qui occupent la face inférieure du

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GHAMPKiNONS.

chapeau; nous reconnaîtrons aisément, en la regardant à la loupe, que les deux surfaces de cette lame sont veloutées; mais ce n'est qu'au microscope que nous pourrons apprécier leur véritable organisation.

Si l'on pratique dans la très-faible épaisseur de ces lames, des coupes transversales, ou perpendiculaires à leur surface, on peut s'assurer que chacune de ces lames présente trois couches bien distinctes : une couche moyenne, se continuant avec la substance du chapeau, sorte de trame sur laquelle reposent les éiéments

Fk|. 374. Aguic COlDMtible.

jierpendiculaires des deux autres couches, q'ii sont placées de champ sur la première.

Ces éléments sont des cellules de trois sortes (fig. 374, k). Les unes sont plus courtes que les autres et ne portent rien à leur extrémité hbre : celles-ci sont un peu plus longues et terminées par quatre pointes, lesquelles portent chacune un petit sac sphérique à leur sommet (fîg. 374, b). Celles-là, beaucoup plus grandes encore, ne portent ni pointes, ni sacs à leur extrémité.

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On s'est assuré par expérience que les petits sacs disposés quatre par quatre, au sommel des cellules de moyenne grandeur, sont les organes reproducteurs, qui peuvent germer el reproduire la plante mère. On leur donne le nom de spores. Les cellules qui les supportent se liommerit basides.

Le résultat de la germination de ces spores est ce mycélium, dont nous avons déjà parlé comme étant l'appareil reproducteur des Champignons, et que l'on voit, sous forme de filaments, à la base de l'Agaric, dans la figure 374 (1).

Des fragments de ce mycélium peuvent multiplier la plante, comme pourrait le faire un fragment de rhizome quelconque d'un végétal phanérogame. C'est pour cela que les cultivateurs achètent et sèment le mycélium, qu'ils nomment blanc de champignon, et qui peut se conserver plusieurs années sans perdre de ses propriétés germinatives.

Pour obtenir des Champignons, on étend le mycélium sur des couches, épaisses de près d'un mètre, formées d'un mélange de terreau, de fumier avancé et de crottin de cheval, que l'on recouvre d'une couche de terreau. Si l'on arrose de temps en temps- cette couche artificielle, afio d'y entretenir la chaleur et l'humidité, on voit, au bout Ae peu de temps, apparaître de petits tubercules, qui seront plus tard de jeunes Champignons.

Les Truffes. — La Truffe est un Champignon qui vit souterrainement. Ce végétal se plaît dans les sols traversés par des racines d'arbres, particulièrement de Chênes. Il faudrait bien se garder toutefois d'étabUr aucun lien de parenté entre les racines d'arbres au milieu desquelles la Truffe croit de préférence, et ce cryptogame. La Truffe se développe, comme tous les autres Champignons, par des spores. Ces organes, qui apparaissent à la maturité, sont d'une singulière petitesse, car leur dimension ne dépasse pas un dixième de millimètre de diamètre Lorsque la Truffe, après l'époque de sa maturité, pourrit et se décompose dans le sol, ces spores, mises à découvert, produisent du myeriium, c'est-à-dire des filaments blancs, analogues au mycélium de VAgaric. Ce mycélium, en se développant souterrainement, produit la Truffe.

Si l'on examine, dans le courant du mois de septembre,

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le sol -d'une truffiëre du Poitou, par exemple, on voit qu'il est traversé par de nombreux filets blancs, cylindriques, bien plus ténus qu'un fil à coudre, et qui sont pourtant composés de filaments microscopiques de 3 à 5 millièmes de millimètre de diamètre. Ces Slets blancs, cloisonnés sur leur tr^et, se continuent avec un mycélium floconneux, de même nature, qui entoure les jeunes Trufies, et forme autour de ces Gtiampignons comme ^une sorte ;de feutre .blanc, de quelques millimètres d'épaisseur. Ces filaments se continuent directement avec la couche externe de la jeune Truffe. Hais bientôt ce réseau enveloppant se détruit peu h peu, d'abord partiellement, puis entièrement, et la Truffe paraît alors complètement isolée dans le sol.

La structure de la Truffe est beaucoup plus compliquée qu'on ne l'avait cru jusqu'à nos jours. C'est aux beaux travaux des frères Tulasne que nous devons la connaissance exacte de l'organisation de ce singulier végétal.

Les jeunes Trufi'es présentent des cavités sinueuses, très-irré gulières, communiquant en partie entre elles, et qui viennent aboutir, tantôt à une ouverture unique correspondant à une dépression extérieure, tantôt à plusieurs points de la surface. Lorsqu'elles sont plus avancées en Age, elles sont parcourues par un double système de veines, les unes blanches, les autres colorées. Les veines colorées sont continues au tissu extérieur qui compose l'enveloppe. Dans leur partie moyenne, elles sont formées par un lacis de filaments dirigés daos les sens de ces cloisons, d'où naissent des filaments plus courts, perpendiculaires, dont les extrémités renflées deviennent des sporanges. Les veines blanches paraissent formées par les prolongements des filaments stériles, entremêlés avec les sporanges, au milieu desquels se trouve de l'air interposé. Elles viennent aboutir à la surface externe, en un ou plusieurs points.

Les spores, dont les formes sont très-diverses, mais constantes pour une même espèce, sont en nombre limité, qui s'élève de 4 à 8. Leur membrane externe est lisse, hérissée, ou diversement réticulée.

Les Tubtr brumàle,melanosporum, œstimtm et niesenlericum, sont les seules espèces recherchées en France. En Algérie, c'est le

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Terfex tTerfesia Uonis) qui remplace à lui seul toutes les Tiuffes comestibles de l'Europe occidentale.

Les Truftiëres se trouvent spécialementdans les sols calcaires

ou calcaires et argileux: en France dans le Poitou, la Touraine,

le Vivarais, le Comtat-Venaissin, la Provence, à Brives et k

Cahors.

Pour se développer, les Truffes ont besoin d'un sol ombragé et

rendu fertile par la décomposition des feuilles

et des fruits qui tombent annuellement des ar^

bres, en même temps qu'il est divisé par le

réseau souterrain des racines. Les Chênes et les

Charmes sont les arbres les plus favorables à

leur développement.

Le chien ne cherche la Truffe que pour plaire ou obéir à son maître. Il laisse à l'homme le soin de creuser la terre, dans le point qu'il lui a' indiqué en grattant légèrement. Cependant si le sol est labouré et meuble, le chien ne s'arrête pas qu'il n'ait saisi la TnilTe. En Bourgogne, on emploie pour la recherche des Truffes le chien de berger; en Italie, on se sert du barbet.

Le porc est plus égoïste; il aime la Truffe et la cherche pour lui-même. Le porc, dressé à celte recherche, demeure immobile, le nez sur sa trouvaille, attendant qu'on l'enlève. Toutefois il n'attend jamais longtemps, et dévore sa proie odorante au moindre retard. Dans la haute Provence, un porc à Tru/fes, bien dressé, vaut 200 francs.

La Carie. — Le Champignon qui occasionne

la carte des blés ( TilUtia caries), croît à l'intê-

Fie.ns. rieur de l'ovaire du froment culUvé (fig. 375;

Cri* do Froawt. gj^ jg quelques autres Graminées. A l'époque

de la maturité du Champignon qui l'a envahi, le grain carié

dublé(Gg. 376) otTre presque le volume et la forme du grain

sain. Il en diffôre surtout par sa teinte brunâtre, inégalement

répartie.

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CHAMPKiNONS. kub

Le Champignon de la carie natt en quelque sorte avec la tleor du blé, et il entral;ie l'atrophie des stigmates et des élamines.

• Ayant soumis, dit M, Tulasne, !i l'ejam n microscopique la matière pulvérulente qui remplit l'oTaire carié et spécialement les parties voisines de la périphérie... qui semblent mûrir plus tardivement, nous avons reconnu que les spores se rattachent en grand nmnbre par des pédicelles courts à ces sortes de troncs ou de rameaux communs, ténus, incolores , d'une nature fragile et qui sont résorbés ou disparaissent au fur et à mesure de la maturité des spores qu'ils engendrent : le tissu coDstitué par eui s'est accru avec l'ovaire et Fig. îi«.

n'a paa cessé de le rempUr ni d'y multipHerdea spo- «""^ ''• '^""»' "^*res jusqu'au moment où celui-ci, parvenu à son plus grand développement, s'est aussi trouvé entièrement farci des semences du végétal parasite.... •

f Quand cette semence germe, dit encore M. Tulasne, son tégument

Flg. 378.

Fig. STD.

aporedelacjrii

Spore de Lori* de Blé

Sporidlt.

doBlâ.

en germlnilina.

réticulé se brise très- distinctement en un point quelconque et sans régularité (fig. 377, 1,3), et il en sort un tube épais et fleiueui, qui s'allonge parfois jusqu'à atteindre près de quinze fois le diamètre de la spore.... Les germes courts manquent rarement de se couronner d'une gerbe et d'un faisceau de spores secondaires, désignées sous le nom 3e iporidiit (fig. 378 et 379 ). Ce sont des corps linéaires, très-greies, réunis deux à deux dans

leur partie inférieure par une bride rigide et courte, ce qui donne an couple la foime d'un H. AprÈs avoir mûri ce bouquet de sporidies, les germes se tardent pas k se détruire. Les couples reproducteurs s'isolent alors les uns des autres et se répandent sans se dissocier à la surface des corps sou^jacents. Quelques-uns germeDt bientôt et émettent, surtout vers leur sommet des fils très-ténus, qui se ramifient prompUment (flç. 360 et 3^1); d'autres en plus grand nombre donnent naissance à des

■poridies secondaires, sortes de corps épais, oblongs ou arqués, qui paraissent être les agents les plus importants de la multiplication des Champignons. Ce seraient des sporidies secondaires qui germeraient en émettant un ou plusieurs âls très-ténus par des points quelconques de leur surTace. >

Le Charlon. — Le Charbon proprement dit {Ustilago segetutti] attaque particulièrement les Orges et lesAvolues. H se développe dans le parenchyme des enveloppes florales, de l'axe des épillets et des pédicules de ces Graminées. Quand le vent a dissipé les spores du parasite, il ne reste plus de ces parties qu'une sorte de squelette noirci et méconnaissable. La présence de ce Cryptogame entraîne toujours l'avortement plus ou moins complet des organes de la fleur qu'il a attaquée , la stérilité des épis, et une altération notable de leur structure normale.

Cne autre espèce de Charbon, à spores noires, est également très-redbutée des cultivateurs k cause du tort qu'elle fait au Haïs. La figure 36S représente un épi cliarbonné de Mâs à grains blancs. La iîgure 3S3 montre la coupe verticale d'un ovaire entouré de .bractées tuméfiées , par la présence du Champignon. Les taches noires indiquent la formation, en ces points , de - la| poussière noire de l'Ustilago mai/dù. Ce Champignon peut également se développer dans la tige, et

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y donner lieu à la formalion d'excroissances plus ou moins volumineuses et difformes.

« En ditséquanlles excroissances ordinaires, lorsqu'elles sont encore

Fig. S«3. Charbon du Hall (Ua(il>eo Htydii).

gorgées de sucs, dit M. Tuksne, on les trouve formées d'un parenchyme à grandes cellules, fréquerameiil lacuneui, et traversé par un petit nombre de faisceaui fibrovasculaires; c'est une structure analogue qu'offrent toutes les bractées et l'ovaire investis par l'entoplijte, aussi bien que les parties, hypertrophiées pour la même cause, des feuilles qui enveloppent la base de l'épi. Les lacunes de ce parenchyme, et fréquemment l'intérieur même de ses cellules constitutives, sont remplies, k quelque pig. jbj.

instant qu'on les examine avant la pulvéruience Coup» d'ua o™ir( d« Miii finale de l'Ustilaso par la matière de ce Champi- «uqni par le ch.ri«n. gnon. C'estune substance muqueuse, gélatineuse parfaitement incolore...., qui se partage peu à peu en petites masses polyédriques, arrondies,... qui se révêtent bientôt d'un système tégumentaire et deviennent des spores.»

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L'Èrùiyphé ou le Champignon de la Vijne. — Les Èrisypkés sont de petits Champignons que chacun a grand intérêt à connaître, à cause du grand tort que plusieurs de ces petits végétaux causent aux plantes cultivées et aui produits de l'horticultupe. La maladie que les Èrisypkés déterminent, est vulgairement connue sous le nom de blanc.

La structure élégante et variée de ces petits Champignons avait depuis longtemps fixé les regards des mycologues, lorsque M. Tulasne, par de nouvelles études, parvint à des résultats imprévus.

Ces plantes microscopiques possèdent, d'après les observations

Ft(. lU. Apptnil raprodnctcor d'na Sriiyphj CCoaidlat).

de M, Tulasne, jusqu'à trois sortes d'appareils reproducteurs, qui apparaissent successivement, et le Champignon, si redoutable pour la vigne, qu'on avait pris pour un type particulier, n'est autre chose qu'un Êrityphé qui parcourt seulement les deux premières phases de l'évolution de ses organes reproducteurs.

Les organes de végétation des Èrisyphés sont constitués par nn mycélium, formé de Sis très-ténus, pourvus de crampons, dont la forme et les fonctions rappellent, à plusieurs égards, les suçoirs des Cuscuks. Il faut donc voir dans ces Champignons des parasites qui vivent sur les parties vertes ou vivantes des végétaux, particulièrement sur les feuilles.

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CHAMPIGNONS. /.ya

Des filaments du royceliuin naissent des branches droites dont les articles, plus ou moins nombreux, se renflent en ulrlcules ellipsoïdes, et constituent de petits appareils, souvent en forme de chapelets, formés de cellules reproductrices, analogues aui bourgeons caducs que produisent certaines plantes cotylédonées. Ce premier système reproducteur porte le nom de Conidies(&g. 384).

Une autre sorte d'appareil reproducteur consiste en vésicules sphériques ou ovoïdes, ordinairement pédicellées et remplies d'innombrables petits corpuscules ovales ou oblongs. Ce second système porte le nom de Pycni.'es (fig. 385).

Pig. Ui. Antre tpptr^ rsprodueMor d'na eriiypb« (Prcnides).

Telles sont les deux sortes d'appareils reproducteurs qui constituent le prétendu Oïdium Tucheri, l'ennemi redoutable de la Vigne. Ce n'est pas autre chose qu'un Èrisyphi, dont la forme dernière et parfaite de reproduction ne s'est pas développée.

Cette forme importante et tardive consiste en conceptacles globuleux, sessiles, d'abord incolores, puis jaunes, bruns, et enfin d'un noir plus ou moins foncé, qui naissent, comme les deux premières sortes d'organes reproducteurs, des filaments du mycélium. Ils sont tous accompagnés, à la maturité, d'un plus ou moins grand nombre d'appendices filiformes, dont la foime, les dimensions et la position varient avec les espèces que l'on considère (fig. 3S6). Ils sont simples ou rameux, et se terminent souvent en bras, plusieurs fois dichotomes. Au sein des conceptacles on trouve des sacs, ou ihèques, en nombre variable, ordi-

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nairement ovoïdes, Gxés par ud court onglet à la base du conceptacle. Le nombre des spores, assez constant pour chaque

Flg. 381. Tratsièma lorte d'appireil reproducleur d'un Erliypbé (CoDMptaelai).

espèce, varie de deux à huit. Les conceptades s'ouvrent irrégulièrement pour laisser sortir les thèques ou spores.

Les Moisissiires. — L'organisation des Moisissures a paru long* temps fort simple, parce qu'elle avait étéimparfaitementobservée. Aujourd'hui même encore, la connaissance de ces Champignons est peu avancée. On a pu s'assurer pourtant que quelques-uns sont doués d'un appareil reproducteur multiple.

Les Mucors sont les plus communes des Moisissurts. Ils forment, sur les substances organiques en décomposition, de larges touffes cotonneuses: des vésicules, pleines de spores verddtres, surmontent des pédicules très-allongés (fig. 387).

On a reconnu récemment que deux genres que l'on avait créés sous les noms A'Aspergxllus et 6'Eurolium, ne sont que deux modes différents et successifs de fructification : V AsfiergiUus appartient à la jeunesse de la plante, ÏEurolium à son état adulte.

Dans le redoutable parasite de la Pomme Fig.isj. MoiiiMnrtf. de terre, qui appartient à la famille de Champignons qui nous occupe, on a, de même, signalé deux modes de fructification : l'un dans lequel les spores naissent nues à l'extrémilé des filaments; l'autre, dans lequel ces spores sont contenues dans des vésicules volumineuses. Dans un mémoire assez récent, M. de

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Bary, professeur à l'Université de Friboui^, en Brisgau, a fait connaître les phénomènes très-curieux de la germination des spores nues. Nous croyons utile de présenter ici un résumé de ces recherches, parce qu'elles concernent une plante dont le rôle funeste a tenu longtemps en éveil l'attention publique.

Les spores, ou plutôt les prétendues spores nues du parasite de la Pomme de terre, ou Peronospera, présentent trois modes différents de germination. Elles germent d'abord en émettant des filaments simples ou ramiSés, qui possèdent la propriété de pénétrer dans les tissus de la Pomme de terre en perçant la ^ paroi de ses cellules superficielles. La seconde forme de germination est caractérisée par la formation d'une spore secondaire. Du sommet de la spore sort un tube simple, qui acquiert en longueur deux ou plusieurs fois le grand diamètre de celle-ci ,

Fig. Jll, OarmioatiOD dsa tporeida pmiiU d«U Pomme ds tern(f>(rofliiiiitra).

et se renfle en vésicule à son extrémité. Lorsque tout le contenu plastique de la spore est venu se renfermer dans cette vésicule terminale, elle s'isole du fikment-gei-me par une cloison , et constitue une cellule distincte. Hais cette spore de deuxième ordre est le résultat d'un phénomène assez rare, et n'a, selon H. de Bary, qu'une importance secondaire.

Voici ce qui se passe quant au troisième mode de germination. La spore (fig. 388, A) se partage en un certain nombre de portions polyédriques (fig. 388, B) qui, au bout d'un certain temps, sortent les unes après les autres, par un pertuis arrondi (G), et constituent des zoospores, ovales, munies de deux cils inégaux, dont l'un, le plus court, est dirigé en avant dans la marche du corpuscule, et dont l'autre traîne après lui (fig. 386, D). Le mouvement de ces petits corps dure environ une demi-heure, et

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s'éteint dans des cercles qu'ils ne décrivent plus qu'arec lenteur avant d'entrer en repos. Devenue immobile, la zoospore prend uriË forme régulièrement arrondie, et donne naissance par un cdté à un tube-germe, ténu et courbé, qui s'allonge rapidement dans l'eau.

Si on sème les zoosporanges sur des portions de la plante nourricière, et que les circonstances soient favorables, les zoospores qui en procèdent s'appliquent et se fixent sur l'épiderme de ces ft-agments, donnent leurs germes accoutumés, et ceux-ci, , après avoir rampé un instant au dehors, pénètrent dans les cellules épidermiques. Leur extrémité, ainsi engagée, acquiert aussitôt une épaisseur considérable, et s'accrott ensuite en un tube qui ressemble parfaitement aux filaments du myci.-liuiii adulte des Peronospora, et s'insinue bientôt dans les profondeurs des tissus de la plante hospitalière.

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