IT TIGE
La tige est l’axe du système ascendant du végétal. Elle est garnie, par intervalles, de nœuds vitaux (yeux) d’où s’échappent des feuilles et des bourgeons, disposés dans un ordre parfaitement régulier. La racine ne présente rien de semblable. Ce caractère permet toujours de distinguer dans l’axe végétal ce qui appartient réellement à la tige de ce qui est propre à la racine.
La tige est la partie des plantes qui, dirigée dans l'air, supporte et produit les branches, les rameaux, les feuilles et les fleurs. C’est à travers son tissu que les liquides aspirés par la racine pénètrent dans l'intérieur du végétal, pour lui servir de sucs nourriciers, pour fournir à son accroissement et à l’entretien de ses fonctions vitales.
La forme, la grosseur, la direction des tiges, dépendent du rôle que chaque plante doit jouer dans la vaste population végétale qui couvre et embellit notre globe. Les plantes qui ont besoin pour vivre d’un air pur et souvent renouvelé, sont portées sur une tige droite, robuste ou élancée. Quand elles n’ont besoin que d'un air humide, plus condensé, plus rarement renouvelé ; quand elles doivent ramper sur la terre, ou se glisser dans les broussailles, les tiges sont longues, flexueuses et traînantes. Si elles doivent flotter en l'air, en se soutenant sur des végétaux plus robustes, se suspendre aux arbres des forêts, en festons gracieux, en guirlandes légères, elles sont pourvues de tiges flexibles, grêles et souples, pour embrasser, dans leurs élégantes volutes, le tronc des arbres et des arbrisseaux. Ainsi, la nature façonne les formes extérieures des plantes d’après le rôle qu’elle leur a tracé d'avance, et d’après les fonctions qu’elle leur a assignées.
Rien n’est plus variable que le port des tiges végétales qui,
dans leur infinie diversité, nous présentent quelquefois des types accomplis de beauté et d'élégance. La sculpture et le dessin
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Fig. 21. Tronc de Chène.
ont emprunté au tronc de certains arbres les modèles d’une architecture élégante ou majestueuse, dont les types, qui nous
( | ont été transmis depuis l’an- | | tiquité la plus reculée, se sont conservés jusqu'à nos jours. L'homme a trouvé dans les formes végétales ses premiers dessins d’ornement, de construction et de décor. La tige du Palmier et du Dattier, les feuilles de l’Acanthe, ont donné le modèle des colonnes majestueuses de l’ordre corinthien; les pampres de la Vigne, les guirlandes naturelles des jeunes plantes grimpantes, ont fourni à l'art ancien les types des dessins d'ornement, qui sesont conservés dans notre architecture moderne. C’estpar l’imitation de la nature que l’art a pris naissance à son origine, et qu'il s’est perfectionné. È
Dans le langage botanique, les tiges des plantes ne sont pas désignées par le même nom. Les tiges ‘des arbres de nos climats, comme le Chêne (fig. 21), portent le nom de tronc.
Les tiges des Graminées, ordinairement cylindriques, presque toujours creuses el garnies de nœuds annulaires, d’où partent les feuilles, sont désignées sous le nom de chaumes (fig. 22); celles des
Fig. 22. Chaume de Seigle.
Palmiers, qui ressemblent à des colonnes couronnées d’un chapiteau de feuilles, se nomment stipes (fig. 23).
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Fig. 23. Stipe de Palmier.
La grosseur et l’élévation des tiges varient beaucoup chez les végétaux. Tandis que le tronc de certains arbres exotiques,
32 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGTE.
comme le monstrueux Baobab, atteint des dimensions gigantesques, les tiges de plusieurs de nos plantes printanières ont à peine la grosseur d’un fil : telles sont celles de la Sazxifrage à trois doigts et de la Drave printanière.
« Eo traversant le Rio Claro, rivière de la province de Goyas (Brésil), dit A. de Saint-Hilaire, j'aperçus sur une pierre une plante qui n'avait pas plus de trois lignes, et que je pris d’abord pour une Mousse. C'était cependant une espèce d’un ordre supérieur et pourvue d’un appareil reproducteur comme nos chênes et nos hêtres. À côté d’elle, des arbres gigantesques élevaient à cent pieds leurcime majestueuse. »