‹ Histoire des plantes (volume 5)Chapitre 11 sur 106 · NS · texte numérisé non relu

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F18. 24. Tige de Cactus.

Selon qu'elles durentunan, deux ans ou davantage,on ditqueles tiges sont annuelles, bisannuelles ou vivaces. Les tiges arborescentes qui vivent un nombre d'années plus ou moins considérable, et forment un bois solide, sont dites ligneuses. Les tiges molles des plantes annuelles, bisannuelles ou vivaces, sont dites herbacées ; enfin on nomme succulentes les tiges des Joubarbes, des Cactus, de quelques Euphorbes, etc. La figure 24 représente la tige d’un Cactus en fleur. |

Dans un grand nombre de plantes, la tige s’élève ferme et droite vers le ciel : on la nomme alors tige dressée. Il en est, au contraire, qui n'ont pas assez de consistance pour se maintenir verticales : elles s'étendent sur la terre, et ne lèvent pourainsi dire que la tète (tiges couchées); ou bien étant couchées, elles se lixent par des racines adventives (tiges rampantes). La figure 25

Fig, 25. Tige couchée de la Véronique officinale.

représente la tige couchée de la Véronique officinale. D’autres, comme le Lierre, s'’accrochent aux corps voisins à l'aide de crampons, ou bien, comme le Liseron, s'enroulent en spirale autour des arbres. Les premières sont dites grimpantes, les secondes volubiles.

Les tiges volubiles ne s’enroulent pas toutes dans le mème sens. La direction de l'enroulement des tiges est invariable pour chaque espèce, et résiste même aux efforts que l’on fait pour la changer. Les unes, comme le Liseron, si nous supposons qu’elles s’enroulent autour de notre corps, vont de droite à gauche; les autres, comme le Houblon, vont de gauche à droite (fig: 26 et 27).

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€ Les lianes qui produisent dans les forêts primitives les accidents les plus variés, dit A. de Saint-Hilaire, et qui communiquent à ces forêts les beautés les plus pittoresques, sont des plantes ligneuses, les unes grimpantes, les autres volubiles. Ce sont des Bigonia, des Bauhinia, des Cissus, etc., et si toutes ont besoin d’ün appui, chacune a pourtant un port qui lui est propre. Quelques lianes ressémblent à des rubans ondulés, d’autres se tordent et décrivent de larges spirales. Elles pendent en fes-

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Fig. 26. Liseron. Fig. 27. Houblon.

tons, serpentent entre les arbres, s’élancent de l’un à l’autre, les enlacent et forment des masses de feuilles et de fleurs où l’observateur a souvent peine à rendre à chaque végétal ce qui lui appartient. »

Ces Lianes des forêts d'Amérique sont bien imparfaitement représentées dans nos climats par le Lierre, le Chèvrefeuille et la Clématite. | | …. |

Les tiges dont nous avons parlé jusqu'ici sont aériennes: mais

il en est de souterraines. Le Sceau de Salomon (fig. 28) .présente une tige souterraine, épaisse, charnue, blanchâtre, creusée, à sa face supérieure, de cicatrices correspondant à la base d’anciennes tiges aériennes (de là le nom de sceau qui est resté à cette plante). Cette tige souterraine se termine, à son extrémité antérieure, par un axe feuillu et florifère placé en arrière d'un

Fig. 28, Sceau de Salomon.

bourgeon terminal, qui se développera l’année suivante. Beaucoup de plantes comme l’Jris, le Jonc fleuri, le Trèfle d’eau, le Carez, présentent également des tiges souterraines. La figure 29 représente la tige souterraine de l’Iris germanica. | Ces tiges ont reçu des botanistes le nom de rhizomes. Elles rampent obliquement ou horizontalement sous le sol, et végètent par leur partie antérieure, pendant que leur partie postérieure se détruit peu à peu par l’âge. Ce mode d'existence des tiges souterraines est parfaitement mis en évidence par la figure 30, qui représente la végétation d’un jet de Carex. On y voit un axe horizontal rampant, qui présente à la fois des écailles ou feuilles

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modifiées, et des fibres radicales, et qui émet, de distance en distance, des pousses feuillues. La pousse 1 n’a qu'un an; au printemps suivant, elle prendra la forme de la pousse 2; l’année

Fig 29. Tige souterraine de l’Iris germanica.

suivante elle donnera des fleurs et des fruits, comme on le voit sur la pousse 3, dont l’évolution signalera le terme de son existence, comme le montre le n° 4.

Une autre sorte de tige souterraine bien remarquable est ceile

qui forme la partie centrale et essentielle des bulbes, ou oignons. Coupez longitudinalement un bulbe de Jacinthe ou de Lis, vous verrez qu’il se compose d’un plateau charnu, plus ou moins conique supérieurement, tronqué inférieurement, constituant une

Fig. 30. Tige souterraine de Carex; pousses de trois années.

tige courte, à entre-nœuds très-rapprochés. Ce plateau donne naissance, par sa face supérieure, à des écailles charnues (feuilles modifiées) pressées les unes contre les autres, et à un bourgeon central, formé de feuilles et de fleurs rudimentaires, tandis que de sa face inférieure partent des fibres radicales (fig. 31 et 32).

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Dans la Jacinthe, les écailles forment des gaînes complètes, qui s’emboîtent les unes dans les autres : son bulbe est tuniqué. Dans le Lis (fig. 33 et 34) les écailles, plus étroites, ne se recouvrent qu’à la manière des tuiles d’un toit : son bulbe est écailleux. Dans le Safran (fig. 35 et 36), la tige extrèmement développée, de forme globuleuse ou déprimée, ne porte que quelques écailles minces et membraneuses; son bulbe est solide et superposé.

Le rhizome et le bulbe ne se distinguent que par le plus ou

| Fig. 31. Bulbe de Jacinthe. Fig. 32. Bulbe de Jacinthe (coupe verticale).

moins de longueur du plateau et la consistance plus ou moins charnue des feuilles souterraines.

Nous avons maintenant à étudier la structure des tiges chez les différents végétaux. Pour en donner une idée exacte, il nous suffira de considérer : 1° la tige des arbres de nos forêts ; 2° celle des Palmiers; 3° celle des Fougères arborescentes.

Les tiges ligneuses des arbres de nos forêts sont intéressantes

à connaitre sous plus d’un rapport. La nature a rassemblé tous les moyens pour donner aux arbres la force nécessaire pour résister aux dangers et aux causes de destruction qui les menacent. Leur cime ample et touffue, le feuillage énorme qu'ils supportent, l’élévation extrême à laquelle ils parviennent au terme de leur accroissement, les exposent à l’impétuosité des tempêtes de l'air. Pour braver toute la violence des vents, leur tronc devait être d’une solidité inébranlable. La nature les a

Fig. 33. Bulbe de Lis. Fig. 34. Bulbe de Lis (coupe verticale)

construits dans ce but particulier de résistance. Elle accumule, année par année, dans leur intérieur, des couches successives de plus en plus solides. À mesure que le végétal grandit et a besoin d'un support plus puissant, elle resserre et consolide davantage ces anneaux intérieurs concentriques qui, par leur réunion, forment le tissu compacte et robuste des arbres de nos forèts.

À son origine, c’est-à-dire au moment où la jeune tige sortie

40 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.

de terre commence à s'élever dans l'air, on ne remarque autre chose, à l’intérieur de cette tige, qu’une moelle abondante, entourée de quelques vaisseaux (trachées). Mais à mesure que la plante grandit, des éléments nouveaux s’interposent entre la moelle et l'écorce ; et quand le tronc s’est allongé, fortifié, il

Fig. 35. Bulbe de Safran. Fig. 36. Bulbe de Safran (coupe verticale).

présente une structure intérieure assez compliquée, qui assure sa résistance contre les actions du dehors.

Cette structure intérieure du tronc des arbres de nos forêts est l'objet sur lequel il convient d'attirer maintenant l’attention du lecteur.

Un simple coup d'œil jeté sur la section d’une bûche de bois destinée au chauffage permet de reconnaître que la tige des arbres de nos forêts présente trois parties essentielles, qui sont, en allant de dedans en dehors, la moelle, le bois et l’écorce. Examinons de plus près chacune de ces parties intérieures de la tige d’un arbre indigène.

La moelle forme une sorte de colonne au centre de l’axe ligneux, comme on le voit sur la figure 37, qui représente la coupe horizontale d’un tronc d'Érable. Dans les tiges très-grosses et très-vieilles, son diamètre paraît extrêmement petit, et l'on a même longtemps admis que la moelle finit par disparaître complétement du tronc des vieux arbres. Mais il n’en est rien. On s'est même assuré, par des mesures exactes, que ce diamètre demeure sensiblement invariable depuis le moment où le jeune

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Fig. 37. Coupe horizontale d’un tronc d'Érable.

axe ligneux a commencé à se consolider, jusqu’à l’époque de son plus complet développement.

La moelle est formée par une réunion de cellules, selon le terme scientifique. Nous n'avons pas encore prononcé ce nom, qui revient si souvent dans le langage des botanistes; c’est ici le lieu de s'expliquer à ce sujet.

La cellule est l'organe primitif dans toute structure végétale. C’est une sorte de sac, constitué par une membrane transparente. Ce sac est fermé complétement. Tantôt il est vide, tantôt il recèle une matière dans son intérieur. La figure 38 représente des cellules végétales coupées en travers. Elles sont, comme on le voit, de forme à peu près circulaire. Quand les cellules s’accroissent elles se compriment mutuellement, si bien que leur forme, d’abord circulaire, devient polyédrique (fig. 39).

h2 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.

La moelle des jeunes arbres, telle qu’elle est représentée dans la figure 39, n’est autre chose qu'une agrégation de cellules qui, d’abord de forme sphérique, sont devenues polyé-

Fig. 38. Fig. 39. Tissu de la moelle centrale.

driques par suite de leur accroissement et de leur compression mutuelle.

Le tissu médullaire paraît de très-bonne heure frappé d’atonie, surtout dans les parties centrales.

Entre la moelle et l'écorce se trouvent des zones concentriques

Fig. 40. Coupe verticale d'un tronc de Chène de 18 ans (couches ligneuses comprenant le bois et l'aubier).

qui portent le nom de couches ligneuses, et dont l’ensemble forme ce qu’on appelle vulgairement le bois. Si l’on examine une tige de Chêne, de Pommier, de Cerisier, etc., on voit une différence très-sensible entre les couches ligneuses les plus intérieures

qui sont plus foncées et d’un tissu plus dense, et les extérieures qui sont, au contraire, d’une teinte plus pâle et d’un tissu plus mou. Sur la figure 40, qui représente la coupe verticale d’un tronc de Chêne âgé de dix-huit ans, l’aubier est représenté par la lettre À, le bois par la lettre B, l'écorce par la lettre E. Au centre estla moelle, avec l'aspect étoilé qu'elle présente souvent dans le Chêne. Les rayons médullaires, sur lesquels nous aurons à revenir, sont très-apparents sur cette figure.

On donne le nom d’aubier à l’ensemble des couches les plus extérieures du bois, et celui de cœur du bois, ou duramen, aux plus intérieures. Dans quelques arbres, et notamment dans ceux qui ont peu de dureté, comme le Peuplier, le Saule, le Marronnier, etc., la ligne de démarcation entre le bois et l’aubier est peu sensible. Elle est, au contraire, très-prononcée dans les bois durs. Ainsi, dans l’Ébène, le cœur du bois est d’un noir intense, tandis que l’aubier est blanc; dans l’Arbre de Judée, le cœur est jaune et l’aubier blanc; dans le Phyllirea, le cœur est rouge et l’aubier blanc.

Les ouvriers qui travaillent le bois savent que l’aubier a moins de solidité que le cœur, et que ce dernier doit être seul employé pour les ouvrages en bois.

Examinées en masses, les couches ligneuses sont d’autant plus dures qu’elles sont plus intérieures. Étu- Fibres diée isolément, chaque couche est d'autant plus com- Re) pacte qu’on l’examine plus vers sa partie externe. Au Miroscope. reste, toutes les couches ne sont pas d’une épaisseur égale, ni entre elles, ni dans leurs diverses parties.

L'élément qui domine dans le bois, celui qui lui communique sa dureté, c'est la fibre ligneuse (fig. 41). C’est un élément cellulaire, allongé, terminé en pointe à ses deux extrémités. Les parois des cellules qui le constituent sont très-épaisses, ordinairement si épaisses que leur cavité intérieure en est fort réduite. Au reste, l'épaisseur et la coloration desfibres varient avec la partie du bois, l’âge de la tige, et l'essence même de l’arbre que l'on considère.

Les fibres ligneuses sont pressées les unes contre les autres,

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