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Fig. 74. Saule pleureur.
pant et bien connu de ce mode de direction des branches et des rameaux. Les branches les plus longues de ce bel arbre retombent par leur propre poids, et le dessinateur de jardins tire un très-heureux parti de cette disposition naturelle, en plantant le
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long d’un bassin, au bord d’une pièce d’eau ou d
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arbre élégant et à l'aspect mélancolique. ;
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Fig. 75. Sophora du Japon.
Les branches du Sophora du Japon, ou Sophora pleureur (fig. 75),
78 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE,
sont aussi longues que celles du Saule pleureur, son congénère ; mais comme elles ont une certaine raideur, elles se rebroussent dès leur origine, pour se diriger vers le sol.
Nous avons dit plus haut que la branche peut ètre considérée
comme une tige secondaire émanant de la tige principale, .
dans laquelle elle puise sa nourriture. Si donc on offre à cette tige secondaire, à cette branche, un autre moyen de se nourrir, on peut la séparer de l’axe principal qui la porte, et l’on parvient à constituer ainsi un individu libre et distinct. C’est sur ce
Fig. 76, Marcottage par inclinaison.
fait naturel que sont fondés les procédés de multiplication des plantes connus dans l’horticulture sous le nom de marcoltage, bouturage et greffe. | Courbez vers le sol humide une branche flexible, maintenez-la en terre, de façon à lui faire produire des racines (fig. 76); une fois ces racines développées, la branche pourra vivre par ellemème, elle n'aura plus besoin de la tige qui lui a donné naissance; on pourra la séparer de cette tige, la sevrer pour ainsi
dire. C'est là l'opération du marcottage par inclinaison : la bran-.
che ainsi traitée s'appelle marcotte.
Mais toutes les branches qu'on voudrait marcotter ne sont pas
toujours assez voisines du sol, ni assez flexibles pour être courbées jusqu’au degré nécessaire. Dès lors, comme on ne peut les abaisser vers la terre, on élève la terre jusqu’à elles. A cet effet, on prend des vases de diverses formes, qu’on remplit de terre ;
Fig. 77. Marcottage par élévation.
on les maintient, d'une façon quelconque, à la hauteur de la branche à marcotter, et l'on place le vase de manière que la branche puisse le traverser de haut en bas. Le vase est, pour cela, percé d'un trou à son fond, ou fendu sur le côté, afin qu’on
80 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
puisse y introduire la branche. La terre étant entretenue humide, la portion de branche renfermée dans le pot ne tarde pas à pousser des racines adventives, et ces racines sont bientôt en nombre suffisant pour qu’on puisse, au bout d’un certain temps, la sevrer et la transplanter ailleurs (fig. 77). C’est le marcottage par approche.
Le bouturage ne diffère du marcottage qu'en ce que la partie de la plante qu'on veut faire enraciner pour la multiplier, est détachée de la plante mère, et complétement abandonnée aux forces de la nature. Coupez une branche, même très-volumineuse, de Saule ou de Peuplier, et enfoncez-la dans le sol humide : elle poussera des racines adventives, elle deviendra un nouveau Saule ou un nouveau Peuplier.
Mais toutes les plantes ne s’accommodent pas de ce facile procédé de multiplication. Il en est dont les boutures ne prennent, selon l'expression consacrée, qu’à l’aide d'artifices plus ou moins compliqués. Il en est même qui résistent à tous les moyens connus de bouturage. C’est qu'une bouture se trouve généralement dans cette triple alternative : mourir d’inanition, se dessécher ou pourrir, et que le problème à résoudre par le jardinier multiplicateur, et qui consiste à favoriser la formation rapide des racines, à établir un juste équilibre entre les pertes aqueuses que subit la bouture et la quantité d’eau qu’elle absorbe, n'est pas sans offrir de grandes difficultés.
Ce n’est pas ici le lieu d'exposer les procédés à l’aide desquels on peut arriver à boulturer avec succès. Nous nous bornerons à dire que les boutures ne se font pas seulement par les branches, comme dans l'exemple que nous avons cité plus haut. On peut faire des boutures avec des racines, des rhizomes, des feuilles et même des fragments de feuille; mais ce dernier procédé n’est usité que pour certaines plantes exotiques qui, dans nos serres, ne fructifient point et ne se ramifient qu’à peine.
Le marcottage et la bouture ne sont pas les seules opérations dans lesquelles on fasse intervenir les branches comme moyen de multiplication. Il en est une autre, l’une des plus importantes du jardinage : c’est l’opération de la greffe, dont nous avons déjà dit un mot à propos du bourgeon. Elle a pour but de sou-
der un végétal à un autre qui lui sert de soutien et lui fournit la matière de son alimentation.
On voit quelquefois, dans un bois, certains arbres, particulièrement les Charmes, dont une branche s’est soudée d’elle-mème à celle d’un arbre voisin de même espèce. Ce qui se passe spontanément dans la nature, on le pratique artificiellement dans la
Fig. 78. Greffe en approche. Fig. 79. Greffe en approche. Préparation des sujets. Juxtaposition des sujets.
culture et le jardinage. On enlève sur les deux sujets des
lambeaux d’écorce et de bois de même longueur et de même
largeur; on met en contact ces plaies égales, et on les main-
tient en place avec des ligatures, qu’on recouvre de mastic.
C’est là la greffe en approche. La figure 78 montre la manière
de préparer les deux sujets que l'on veut greffer par approche;
82 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
la figure 79 fait voir les deux sujets fixés l’un sur l’autre par des ligatures.
Dans la greffe en fente, on tronque horizontalement le sujet et l'on y pratique une fente verticale de quelques centimètres. On insère dans cette fente la branche à greffer chargée de bourgeons, qu'on a taillée en biseau à son extrémité inférieure. On établit un contact intime entre les parties mises à nu dans la greffe et le sujet, et l’on assure la durée de ce contact par des ligatures et du mastic. On voit sur la figure 80 ces deux opérations successives. La greffe en fente s'opère également bien sur des tronçons de racines.
C'est au moyen de l'opération de la greffe que le jardinier et l’horticulteur changent avec avantage les produits d'un végétal de même espèce,
rie. w. lui font porter des fleurs et des fruigs autres que Greffe en fente. ceux qui sont propres à la tige principale, enfin qu’ils rajeunissent un arbre ou un arbrisseau déjà âgés.
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Nous avons étudié les bourgeons, qui renferment dans leur verte enveloppe les promesses du printemps. A l'heure marquée par le réveil de la nature, ce berceau des organes foliacés s’entr'ouvre peu à peu, et bientôt les jardins, les campagnes et les bois sont recouverts d’un dôme éclatant de verdure.
L'époque de la renaissance des feuilles est celle qui exerce la plus douce influence sur l'âme humaine. Quand la végétation nouvelle vient décorer nos campagnes et donner aux branches : et aux rameaux des arbres, longtemps dénudés par les frimas, cette nuance du vert printanier si reluisante et si vive, tous les êtres animés ne peuvent se défendre d’une délicieuse impression. La verdure renaissante, c’est la révélation des beaux jours; la première parure des campagnes, c'est l’annonce du brillant cortége des fleurs et du tribut des fruits savoureux. La nature renouvelée offre tout à la fois aux yeux et à l'esprit le plus séduisant spectacle. Et quel plaisir ne nous procurent pas, dans les jours brülants de l’été, le calme et la fratcheur que nous goùtons sous les ombrages!
Si les feuilles n’ont pas la couleur éclatante et diaprée des fleurs de nos champs ou de nos parterres, leur vert tapis, aux nuances variées, repose l’œil et conserve la vue. Le mouvement des feuilles se balançant avec grâce au souffle des vents, vient aussi animer le paysage et lui donner une sorte d'existence.
Mais les feuilles ne sont pas uniquement destinées à faire l’ornement des campagnes et à nous procurer de doux ombrages. La nature, comme on le verra plus loin, leur a assigné une importante fonction: celle d’assainir et de purifier l'atmosphère, de ramener à sa composition normale l'air altéré par la respiration des animaux. Partout le Créateur a su allier, à l'élégance
84 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
décorative et à la beauté des formes végétales, l'utilité directe et immédiate.
Les feuilles naissent toujours sur la tige et les rameaux. Rien
Fig. 81. Feuille de Sagittaire. Fig. 82. Feuille de Genévrier,
n'est aussi varié que leurs formes dans les différents végétaux