CT
st du "
Fig. 129. Respiration des plantes Fig. 130. Respiration des plantes exposées à la lumiere. exposées à la lumière. Disposition de l'expérience. | Résultat de l'expérience.
mosphère et la plante, un double phénomène d'absorption et d'exhalation : il y a en un mot respiration.
Mais la respiration des plantes n’est pas toujours la même, comme celle des animaux, qui le jour comme la nuit exhalent Sans cesse de la vapeur d’eau et du gaz acide carbonique. La plante possède deux modes de respiration : l’un diurne, dans lequel les feuilles absorbent l'acide carbonique de l’air, décomposent ce gaz et dégagent de l'oxygène, tandis que le carbone reste fixé dans son tissu : l’autre nocturne et inverse, dans lequel la plante absorbe de l'oxygène et dégage de l’acide RON: c'est-à-dire respire à la façon de l'animal.
122 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
Le carbone que la plante fixe pendant le jour, est indispensable au développement parfait de ses organes et à la consolidation de ses tissus. Par sa respiration la plante vit et s'accroît.
Jl importe de remarquer que les parties vertes des végétaux respirent seules comme on vient de le dire, c'est-à-dire en absorbant de l'acide carbonique et dégageant de l'oxygène, sous l'influence de la lumière. Les parties non colorées en vert, comme les fruits mûrs, les graines, les feuilles rouges ou jaunes, etc., respirent d’une seule et même façon, soit à la lumière, soit dans l'obscurité; toujours elles absorbent de l'oxygène et dégagent de l’acide carbonique :-elles respirent à la manière des animaux.
Si l'on considère que les parties vertes des plantes sont trèsnombreuses comparativement à celles qui sont autrement colorées ; — que les nuits claires des pays chauds et lumineux ne font que diminuer plutôt qu'interrompre leur respiration diurne; — que la saison des longs jours dans les contrées du nord est celle de la plus grande activité végétative ; — on sera conduit, par ces remarques, à conclure qu’en somme lés plantes vivent beaucoup plus à la lumière que dans l'obscurité, et que par conséquent leur respiration diurne est prépondérante sur leur respiration nocturne.
Cette respiration diurne des plantes, qui verse dans l’air des masses considérables de gaz oxygène, vient heureusement compenser les effets de la respiration animale, qui produit de l’acide carbonique, gaz impropre à la vie de l’homme. Les plantes purifient donc l'air altéré par la respiration de l’homme et des animaux. Si les animaux transforment en acide carbonique l’oxygène de l’air, les plantes reprennent cet acide carbonique par leur respiration diurne ; elles fixent le carbone dans les profondeurs de leurs tissus, et rendent à l’atmosphère un oxygène réparateur.
Tel est l'équilibre admirable que le Créateur a établi entre les animaux et les plantes; tel est le va-et-vient salutaire qui assure à l'air son intégrité constante, et le maintient dans l’état de pureté indispensable à l'entretien de la vie chez tous les êtres vivants qui couvrent notre globe.
Nous venons de parler de la respiration des plantes aériennes. Les plantes qui vivent dans l’eau ne peuvent, on le comprend,
respirer par le même mécanisme organique. Dans les plantes aériennes, l'air, circulant à travers les méats intercellulaires des feuilles, agit directement, comme on vient de le voir, sur le contenu des cellules du parenchyme. Les feuilles des plantes aquatiques qui sont dépourvues d’épiderme, et qui sont en général très-minces, empruntent l'air à l’eau qui le tient en dissolution; de telle sorte que les plantes submergées, selon l'ingénieuse remarque de M. Brongniart, respirent par un mode analogue à celui que présentent les poissons et les autres animaux qui respirent par des branchies.
Les plantes qui vivent perpétuellement dans l'obscurité, et qui, par conséquent, sont uniquement soumises à la respiration nocturne, subissent dans leur aspect extérieur des modifications particulières. Dans ces conditions anomales, elles perdent une grande partie de leur carbone, qui passe à l’état d'acide carbonique, et exhalent une plus grande quantité d'eau. Le résultat de ces deux phénomènes, c’est une élongation prononcée de la plante, une grande mollesse dans les ‘tissus, et l'absence de la couleur verte.
Les sucs contenus dans une plante que l’on maintient dans l'obscurité, se modifient d’une manière sensible. Souvent âcres dans les conditions normales de la végétation, ces liquides deviennent doux ou succulents. Ces faits sont mis largement à profit dans le jardinage maratcher. Les jardiniers étiolent artificiellement les plantes. Pour faire blanchir le cœur des Laitues, ils lient les feuilles après les avoir rapprochées les unes contre les autres. Ils transforment l’amère Chicorée en Barbe de capucn, en la plantant dans une cave. Ces modifications artificielles des propriétés primitives par l'étiolement sont fréquemment réalisées et variées dans nos jardins potagers.