CIRCULATION
La manière dont les liquides nourriciers circulent dans l'intérieur des plantes, a été, parmi les botanistes, un long sujet de discussions et de travaux contradictoires. La science est encore
12 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
loin d’être fixée sur ce point important de la physiologie végétale. Cependant, si lon se borne à considérer les végétaux dicotylédones, les arbres de nos forêts, on peut énoncer des faits très-simples et sur lesquels tous les botanistes sont d'accord.
Suivons, dans un végétal dicotylédone, la marche des liquides, à partir du moment de leur absorption par les extrémités de la racine. Voyons la route que ces liquides suivent pour s'élever dans l’intérieur de la plante, et celle qu'ils prennent pour redescendre, après avoir subi, à travers le tissu perméable des feuilles, l'influence chimique de l'air; en d’autres termes, suivons la marche de la séve ascendante et de la séve descendante.
Dès que l’eau qui imprègne la terre a pénétré dans les racines d'une plante, et qu’elle s’est mêlée aux sucs ou aux liquides qui sont contenus dans les cellules du végétal, elle constitue ce que les botanistes nomment la séve, liquide complexe, qui, à certaines époques de la vie de la plante, circule et voyage constamment dans ses canaux. Les forces qui ont déterminé la pénétration de l’eau dans la racine, entraînent la séve dans la tige, et la poussent jusque dans ses dernières ramifications, c'est-à-dire jusqu'aux feuilles.
Quelle est la route suivie par la séve dans cette marche ascendante? Traverse-t-elle la moelle, ou l'écorce, ou le bois, ou bien ces trois parties ensemble?
Lorsqu'on abat des arbres au printemps, il est facile de voir que la séve qui s'écoule, sort du bois. Lorsqu'on fait absorber à une plante des liquides colorés, ou qu’on plonge des rameaux de cette plante dans ces mêmes liquides, on voit aisément que ces liquides ne s'élèvent ni dans l'écorce, ni dans la moelle. C’est le bois (corps ligneux) qui leur livre manifestement passage. Ce passage s'effectue au travers de tous les éléments du corps ligneux : cellules, fibres et vaisseaux. La structure anatomique des vaisseaux du bois, leur grand nombre, leur fort calibre dans les tiges sarmenteuses et grèles, qui atteignent souvent une longueur considérable, et qui doivent être parcourues rapidement par une grande masse de liquides, atin de subvenir aux besoins de l’évaporation par les feuilles, tous ces faits généraux ne laisseraient à priori aucun doute possible sur le rôle des vaisseaux du bois dans la circulation. Il n’est