ÉTAMINE
L'étamine (fig. 183) se compose ordinairement de deux parties :
et peut manquer souvent.
ar vyllis (fig. 184).
sont quadriloculaires.
Fig. 183, Fig. 154.
Line Anthère JS - d'Amarylls.
une partie supérieure épaissie, et une partie inférieure, le plus souvent allongée et grêle. La première se nomme l’anthère, la seconde le filet. Le filet a bien moins d'importance que l’anthère
L'anthère ne constitue pas un corps plein; elle est creuse à l’inlérieur et remplie d’une fine poussière. Elle est généralement formée de deux moïtiés semblables, creusées chacune d'une
cavité, ou loge : ces loges sont séparées l'une de l'autre par un corps de structure, d'aspect, de développement très-divers, auquel on donne le nom de comwectif. On comprend que si le filet et le connectif se continuent en conservant la même direction et à peu près la même épaisseur, comme on le voit dans l'/ris (fig. 183), l'anthère sera immobile; mais il n’en sera plus de même si le connectif s'insère par un point seulement de sa
<eæe sur l'extrémité amincie du filet, comme il arrive dans
‘Fous avons dit plus haut que l’anthère est généralement for- PËS de deux loges. Cependant, chez quelques plantes, les anwères sont uniloculaires, soit qu'il y ait eu primitivement deux \oges qui se seraient confondues en une seule, soit qu'il n'y ait réellement qu’une seule loge, comme cela se Diésénte dans les fpacridées, élégantes Bruyères de la Nouvelle-Hollande. Dans d'autres Dates. comme les Lauriers, les Éphedra, les anthères
164 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE.
Les loges de l'anthère doivent s'ouvrir, pour permettre la sortie de la poussière fécondante qu’elles renferment, et qui porte le nom. de pollen. Le plus souvent chaque loge présente un sillon longitudinal, suivant lequel se fait l'ouverture de l’anthère, ou la déhiscence, selon l'expression des botanistes. Quelquefois la fente ne s'étend que sur une petite longueur vers le sommet de la loge et constitue une sorte de pore. C’est ce qu'on voit dans les Bruyères, les Solanum (fig. 185).
Dans les Épines-vinettes (fig. 186), les Lauriers (fig. 187), on observe un mode de déhiscence très-remarquable et très-élégant. Une certaine portion des parois de l’anthère se circonscerit, se soulève de bas en haut, de manière à former autant de petits
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Fig. 185. Étamine Fig. 186. Fig. 187.
de Pomme de terre Étamine de Berberis Anthère à 4 loges ou solanum. ( Épine-vinette). du Laurier de Perse.
panneaux ou valvules. Il y a une valvule pour chaque loge dans les Épines-vinettes ; il y a deux valvules pour chaque loge dans les Lauriers, comme le montrent les deux figures précédentes.
Le pollen, ou la poussière fécondante des végétaux, a donné lieu, quand on a su pénétrer dans sa structure intime, à des observations très-curieuses, que nous allons résumer.
Il faut, pour étudier les grains de pollen, faire usage d’un microscope à grossissement considérable. On trouve alors que les formes de ces grains varient beaucoup selon les espèces, et que ces formes sont souvent fort élégantes.
Le grain de pollen est, le plus habituellement, composé d’une
sorte de sac double; le plus interne contient un liquide muci-
Jagineux, auquel on a donné le nom de /ovilla. Les figures 188
et 189 montrent les grains de pollen de la Rose trémière avec
. l'espèce de double sac ou de double enveloppe qui entoure chaque grain. |
La membrane externe du globule de pollen est tantôt lisse,
tantôt ponctuée, granulée, couverte de petits aiguillons, enfin
, pic i ou . A ban» ri L NE ner
Fig. 168.
Grain de pollen Fig. 191.
de Rose trémière Grain de pollen (1re enveloppe). de l'Onagre.
Fig. 159.
Grain de pollen de Rose trémiere Fig. 192.
(2° enveloppe). Grain de pollen de l'AS.
Fig. 193.
Grain de pollen du Melon.
Fig. 190. Grain de pollen Fig. 194. Grain de pollen du Blé. du Phlox.
réticulée. Elle offre des plis, des pores. Dans le pollen du Blé (fig. 190), il n’y a qu'un pore; dans l’Onagre (fig. 191), il y en a trois. Les figures 192, 193, 194 font voir les grains de pollen de l’Ail, du Melon, et ceux du Phlox. Le nombre des pores du grain de pollen peut s'élever jusqu’à cinq et même huit. Ces pores remplissent, comme nous le verrons bientôt, des fonctions importantes.
166 ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGTIE.
Lorsqu'on place un grain de pollen dans l’eau, il se gonfle, parce qu'il absorbe une certaine quantité de ce liquide; ses membranes se distendent, et la membrane interne fait bientôt . saillie par les pores de la membrane externe. Les ampoules qui se forment, ne tardent pas à crever, et la fovilla s'échappe brusquement en une sorte de fusée muqueuse et granuleuse. C'est là un phénomène anomal, mais très-curieux à observer.
Nous disons qu’il est anomal, parce que ce n’est pas ainsi que les choses se passent dans la nature. Lorsqu'un grain de pollen tombe sur la surface humide et visqueuse d’une partie du pistil que nous ne tarderons pas à décrire et qui porte le nom de stigmale, il se gonfle lentement ; la membrane interne fait peu à peu saillie par un ou deux pores; ces saillies s’allongent peu à peu et finissent par former un véritable tube, qu’on nomme tube pollinique.
La longueur de ces tubes est très-variable ; elle atteint, dans certains cas, plusieurs centaines de fois celle du grain de pollen qui leur a donhé naissance. Ce prodigieux allongement ne saurait évidemment provenir d’une simple élongation de la membrane interne du grain de pollen: il est le résultat d'une véritable végétation de cette membrane. Le tube pollinique se nourrit et s’accroit, c'est-à-dire végète, à mesure que, partant du stigmate, il pénètre dans les tissus qu’il est destiné à traverser. Nous reviendrons, du reste, avec détails sur le tube pollinique en parlant, dans le chapitre suivant, de la fécondation.
Bien que les grains de pollen soient presque toujours libres et distincts, il est des plantes chez lesquelles ces grains sont réunis entre eux et souvent d'une manière très-intime. Ainsi, dans les Orchidées (fig. 195), le pollene st aggloméré en masses tantôt presque puivérulentes à granules lâchement cohérents, tantôt formées de nombreuses petites masses anguleuses réunies au moyen d'une matière glutineuse. Dans le Planthanthera chloranta et l’Asclepias floribunda, les masses polliniques offrent la disposition représentée par les figures 196 et 197.
La forme de l'étamine et la structure du pollen nous étant connues, il importe d'entrer dans quelques détails sur le nombre
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et les rapports des étamines entre elles et avec les différentes parties de la fleur.
Fig. 195. Fig. 196. Fig. 197.
Masse pollinique Masse pollinique Masse pollinique d'Orchis maculata. du Planthanthera chloranta. de l’Asclepias floribunda.
Le nombre des étamines, pour chaque fleur, varie suivant les espèces végétales.
Lorsqu'’elles sont disposées en verticille, elles sont ordinairement en nombre défini, comme dans la Vigne (fig. 198) et la
Fig. 198. Androcée de la Vigne. Fig. 199. Androcée d'une Giroflée.
Primevère, qui en comptent cinq. Lorsqu’elles sont en spirale, elles sont ordinairement très-nombreuses, comme cela se voit dans le Magnolia, la Renoncule.
Les étamines peuvent être toutes de même grandeur, comme On le voit dans le Lis, la Tulipe, la Bourrache, ou bien inégales. Dans le Géranium il y a cinq étamines plus grandes que les autres,