‹ Histoire des plantes (volume 5)Chapitre 47 sur 106 · SYSTÈME DE LINNÉ · texte numérisé non relu

SYSTÈME DE LINNÉ

Sept étamines......... …. Te classe. HEPTANDRIE (Marronnier d'Inde). Huit étamines............ 8e classe. OCTANDRIE (Bruyère).

Neuf étamines............ 9e classe. ENNÉANDRIE (Laurier).

Dix étamines........... .. 10e classe. DécaNDRIE ( OEillet, Lychnis).

Onze à dix-neuf élamines.. 11° classe. DODÉCANDRIE, Salicaire.

Vingt éla- {sur le calice.. 12e classe. IcosANDRIE (Myrte, Rosier). mines ou {sur le récep-

plusinsérées| tacle....... 13° classe. PoLYANDRIE (Anémone, Pavot).

Linné a fondé deux autres classes sur l'inégalité des étamines libres : la Didynamie (quatorzième classe), qui comprend le Thym, la Lavande, la Digitale, la Scrofulaire, plantes ayant quatre étamines, dont deux plus grandes ; la Tétradynamie, qui comprend la Giroflée, le Cresson, le Chou, qui ont six étamines, dont quatre

plus srandes:

Lorsque les étamines sont adhérentes entre elles, cette adhérence a lieu par leurs anthères ou par leurs filets. Les plantes qui rentrent dans le premier cas, comme le Bleuet, le Pissenlit, la Grande Marguerite, appartiennent à la dix-neuvième classe (Syngénésie). Celles qui rentrent dans le second forment trois classes : la Monadelphie (seizième), dans laquelle tous les filets sont soudés en un seul corps, comme dans la Mauve ; —Ia Diadelphie (dix-septième), dans laquelle les filets sont soudés en deux corps comme dans le Pois et le Polygala ; — la Polyadelphie (dix-huitième), dans laquelle les filets sont soudés en plusieurs corps, comme dans l’Oranger.

Les vingt-quatre classes étant ainsi fixées, Linné subdivise chacune d'elles, d’après‘des considérations tirées, pour les treize premières classes, du nombre des styles ou des stigmates distincts; — pour la quatorzième (Didynamie), de la disposition des graines, tantôt nues (ou du moins qu'il considérait comme elles), tantôt renfermées dans un péricarpe; — pour la quinzième (Tétradynamie), de la forme du fruit; — pour les seizième, dix-septième, dix-huitième et vingtième, du nombre absolu des étamines; — pour les deux suivantes, du nombre

absolu des étamines ou de leur adhérence entre elles; — pour

la vingt-troisième classe (Polygamie), de la distribution des fleurs hermaphrodites et unisexuelles sur un même individu ou sur deux ou trois individus différents. La dix-neuvième classe (Syngénésie) est divisée comme il suit :

Fleurs toutes hermaphrodites fertiles, Polygamie égale (Salsifis, Laitue, Chardon).

Fleurs hermaphrodites fertiles dans le disque, fleurs femelles fertiles à la circonférence : Polygamie superflue (Tanaïisie, Armoise, Seneçon).

Fleurs hermaphrodites fertiles dans le disque, fleurs neutres stériles à la circonférence : Polygamie frustranée (Centaurée, Soleil ).

Fleurs hermaphrodites stériles dans le disque, fleurs femelles fertiles à la circonférence : Polygamie nécessaire (Souci).

Fleurs pourvues d’un calice propre et agrégées sous un calice commun : Polygamie séparée (Échinops).

Fleurs séparées : Monogamie (Jasione, Lobélie, Violette).

La classification des plantes que nous venons d’exposer a reçu le nom de système artificiel, parce qu’elle groupe les genres d’après un petit nombre de leurs rapports, et non d’après l’ensemble de ces rapports. Ce système permet plutôt de distinguer les genres les uns des autres, que de faire connaître chacun d’eux d'une manière intime. Il insiste beaucoup sur leurs différences, peu sur leurs ressemblances. Entre ces genres ainsi rapprochés il n'existe aucune analogie essentielle. Le Jonc prend place à côté de l’Épine- Vinette, parce que ces plantes ont chacune six étamines et un seul style. La Vigne se range à côté de la Pervenche, parce que ces deux plantes ont cinq étamines et un style; la Carotte s'associe au Groseillier, etc. Or, il n'y a entre les plantes ainsi rapprochées aucun lien naturel, aucun rapport esséntiel ; il n’y a que des traits de ressemblance isolés dans l'organisation, et qui peuvent également se trouver réunis dans une foule de plantes trèsdifférentes.

Linné était doué d’un jugement trop sain, d’un tact trop exquis, pour ne pas sentir lui-même les défauts de ce mode artificiel de classification. Il devina, par la force de son génie, l’existence de groupes végétaux supérieurs aux genres, et liés entre eux par un grand ensemble de rapports. Il appela ces-groupes ordres naturels; c'est ce que l’on appela après lui familles naturelles. Bien plus, il essaya de distribuer les plantes d’après une classification naturelle, c'est-à-dire en véritables familles.

Après la mort et pendant la vie de Linné, bien des botanistes

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