‹ Histoire des plantes (volume 5)Chapitre 60 sur 106 · CONIFÈRES · texte numérisé non relu

CONIFÈRES

Nous citerons parmi les espèces de Pins à feuilles géminées, le Pin sylvestre (fig. 298), le Pin maritime, le Pin pignon, dont les graines sont comestibles, le Pin de Corse; et parmi les espèces à cinq feuilles, le Pin du lord, qui peut atteindre jusqu’à 60 mètres de hauteur.

Les Sapins ne diffèrent des Pins que par leur cône, qui est muni d’écailles amincies, arrondies au sommet, non épaissies en massue, et par leurs feuilles éparses ou distiques. Tels sont le Sapin pectiné, dont les bourgeons sont employés en médecine et dont on retire l'essence de térébenthine; le Sapin élevé, vulgairement connu sous le nom d’Epicea, dont le bois est estimé pour les constructions, et dont on extrait, par incision, une. résine nommée galipot, poix-résine, poix de Bourgogne.

Les Mélèzes (Larix) diffèrent des Sapins en ce que leurs feuilles naissent par fascicules de bourgeons écailleux et deviennent ensuite solitaires et éparses par suite de l’allongement du bourgeon; l’imbrication des écailles du cone est très-lâche. Les feuilles de Mélèze persistent pendant un hiver.

Le Mélèze d'Europe atteint une hauteur de 30 à 35 mètres. Son bois est rougeätre, d’un tissu plus serré, d’une durée plus considérable que celui du Sapin. Des fentes de son écorce suinte une térébenthine très-pure, qui est employée dans les arts et dans la médecine.

Les Cèdres se distinguent des Mélèzes en ce que leurs feuilles persistent pendant plusieurs années après l'allongement du bourgeon et que les écailles du cône sont plus étroitement imbriquées. Le Cèdre du Liban (fig. 299), arbre d’un aspect plein de grandeur, étend à 40 mètres au-dessus du sol ses longs bras horizontaux. Sur le revers de l'Atlas, au nord de l'Afrique, et dans les contrées tempérées de l'Asie, le Cèdre forme des forèts immenses, du plus majestueux et du plus imposant aspect.

Toutes les plantes dont nous venons de parler appartiennent à une vaste section de la famille des Conifères, désignée sous le nom d’Abiétinées, et offrent un grand nombre de caractères essentiels communs. Les arbres que nous avons maintenant à signaler, les Thuya, les 1fs, les Genévriers, s'éloignent, sous beaucoup de rapports, de la tribu des Abiétinées.

Les Thuya sont des plantes monoïques. Leurs fleurs mâles se composent d’un axe floral filiforme, sur lequel s’insèrent de nombreuses étamines, qui ressemblent à des clous portant au-dessous de leur tête quatre anthères uniloculaires. Les fleurs femelles sont disposées en chaton, dont chaque écaille porte deux ovules orthotropes dressés. Ceux ci deviennent bientôt charnus et se soudent entre eux. Mais à la maturité, ils se dessèchent, se dessoudent, et s'écartent, pour mettre en liberté les graines. Les Thuya sont des arbres verts, à rameaux comprimés, à très-petites feuilles imbriquées et serrées.

Les Cyprès se rapprochent beaucoup des Thuyas; ils s’en distinguent essentiellement par le grand nombre de graines qui se pressent à la base de chaque écaille.

Les Ifs sont des arbres à feuilles rapprochées, presque distiques, linéaires, aiguës, d’un vert foncé en dessus, et à fleurs dioïiques. Les fleurs mâles se composent d’un axe floral allongé, le long duquel s’insère un nombre variable d’étamines. Elles ressemblent à des clous dont le connectif serait la tête. A la face inférieure de ce connectif sont adossées six à huit anthères biloculaires, disposées circulairement autour du filet. Les fleurs femelles, solitaires et ceintes de bractées imbriquées, se composent d'un ovule sessile, au centre d’un disque très-developpé. A la maturité, ce disque devient charnu, et forme une petite cupule d’un rouge vif qui enveloppe lâchement la graine. L'arbre semble alors couvert de petites cerises.

Le Genévrier commun (Juniperus communis) est un arbrisseau indigène, à feuilles verticillées par trois, étalées, roides, et presque épineuses. Cet arbre est monoïqu. Les écailles du chaton femelle, au nombre de six, présentent ce fait curieux qu'elles deviennent charnues et constituent par leur soudure une sorte de baie sphérique, noirâtre ou bleuâtre, contenant ordinairement trois graines osseuses. Dans quelques contrées du nord de l’Europe on fait fermenter ces fruits, et l’on en retire une espèce d’eau-de-vie connue sous le nom de gin. Le Juniperus Virginiana, nommé aussi Cèdre rouge, offre un bois odorant, léger, avec lequel on fabrique les petits cylindres dans lesquels on renferme le graphite de nos crayons.

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