‹ Histoire des plantes (volume 5)Chapitre 62 sur 106 · ELA · texte numérisé non relu

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” Fig. 301. Aune.

quatre écailles secondaires et deux fleurs. Chacune de ces deux

ULMACÉES. 279

fleurs se compose seulement d’un pistil, dont l'ovaire libre est surmonté d’un style court, divisé en deux branches stigmatiques. L’ovaire présente deux loges; dans chaque loge est suspendu un ovule anatrope. Les chatons fructifères sont en forme de cônes de Pin, à écailles persistantes, horizontales, étroitement juxtaposées et rendues cohérentes par une substance résineuse, s’écartant à la fin pour laisser échapper les fruits. Ces fruits sont comprimés, entourés de chaque côté d’une bordure coriace subéreuse; ils sont uniloculaires et ne renferment qu’une graine.

Les Bouleaux (Betula alba) sont, comme les Aunes, des arbres monoïiques. Leurs feuilles sont alternes, pétiolées, ovales, acuminées, dentées ou doublement dentées, vertes et luisantes en dessus, à face inférieure d'un vert pâle, glabre. Ce sont des arbres à tronc droit, à épiderme lisse, d’un blanc satiné, qui se détache facilement par lames circulaires, à rameaux flexibles, déliés et retombants.

Les Bouleaux fleurissent au mois d'avril. La couleur blanche de leur écorce produit, au milieu des forêts, les plus heureux effets de contraste avec les couleurs sombres des troncs des Chênes et des Ormes.

ULMACÉES.

L’Orme champêtre (Ulmus campestris), vulgairement connu sous le nom d’Orme commun (fig. 302), croît dans les bois montueux. On le plante fréquemment au bord des chemins et dans les promenades publiques. C’est habituellement un grand arbre, à tige nue, à cime abondamment fournie, conique, formée de fortes branches ascendantes, terminées par des rameaux rapprochés, garnis de ramules serrés et régulièrement distiques. Ses feuilles sont alternes, munies de deux stipules caduques, ovales, aiguës, irrégulièrement obliques à la base, doublement dentées, ordinairement pubescentes et rudes. Elles ne paraissent qu'après les

fleurs, qui sont rougeâtres et disposées en fascicules sessiles.

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Fig. 302. Orme.

Chaque fleur, toujours dépourvue de corolle, se compose

CUPULIFÈRES. ‘: 281

d'un calice à quatre ou cinq lobes, de quatre à cinq étamines opposées à ces lobes, à anthères biloculaires, s’ouvrant en dehors par deux fentes longitudinales, et d’un ovaire libre, à deux loges, contenant un seul ovule anotrope. Le fruit de l’Orme, ou samare (fig. 303), est sec, comprimé, largement ailé, membraneux dans toute sa circonfé-

rence, échancré au sommet, indéhiscent et Fig. 303. : : Samare ou fruit de uniloculaire. l'Orme.

Le tronc à bois dur et serré de l’Orme fournit le meilleur bois de chauffage.

CUPULIFÈRES.

Le Coudrier (Corylus avellana) est un arbrisseau monoïique ordinairement assez élevé. Il est commun dans les bois, les taillis, les buissons; on le plante souvent dans les haies et les jardins. Ses rameaux sont dressés, effilés, flexibles, à feuilles simples, alternes, doublement dentées, quelquefois superficiellement lobées, accompagnées de deux stipules caduques. Les fleurs mâles sont en chatons pendants, disposés 1 à 3, à l'extrémité des rameaux, ou sur des ramuscules latéraux courts. Ces chatons commencent à paraître vers la fin de l’automne, avant la chute des feuilles, et fleurissent à la fin de l’hiver, avant le développement des feuilles nouvelles. Les fleurs mâles, contenues entre deux petites écailles, ont cinq étamines, à anthère uniloculaire , s’ouvrant en dehors. Les fleurs femelles se composent d’un calice, à limbe très-petit, denticulé, et d’un ovaire infère, à deux loges, contenant chacune un ovule anatrope suspendu. Cet ovaire est surmonté de deux longs styles, d’un rouge vif. À l’époque de la fructification, l’involucre a pris un grand développement, il est devenu foliacé, un peu charnu et campanulé à la base, ouvert au sommet, et contenant un fruit (noisette) qui est un akène par suite de l'avortement de l’une des loges et de l’ovule qu’elle renferme. La graine à testa membraneux, mince, contient sous un mince tégument un embryon

dépourvu d'albumen, à cotylédons plans d’un côté et convexes de l’autre.

Le Charme commun (Carpinus betulus) est un arbre de taille moyenne, à écorce d’un gris cendré, lisse, mince. Il fleurit avec les premières feuilles, en avril et mai. Ses fleurs mâles sont disposées en chatons cylindriques, dont les écailles imbriquées protégent directement de six à vingt étamines à filets courts, bifurqués, à anthères unilobées, barbues au sommet. Les fleurs femelles, disposées en facon de grappes dont les bractées extérieures caduques portent chacune deux involucres uniflores, présentent une structure très-analogue à celle des fleurs du Coudrier. Il en est de même du fruit, qui est accompagné d’une cupule foliacée, veinée, réticulée, à trois lobes, dont le moyen est beaucoup plus grand que les deux autres.

L'importance principale du bois de Charme est dans sa puissance calorifique. C’est un excellent bois de chauffage. On l'utilise dans l’industrie pour la fabrication d'outils divers et de certaines pièces de machines qui, ayant à subir des frottements, doivent offrir une grande dureté.

Les Chènes (Quercus) sont des arbres monoïques, à feuilles alternes, simples, accompagnées chacune de deuxstipules caduques. Les fleurs mâles sont disposées en chatons filiformes, grêles, interrompus et pendants (fig. 304). Chaque fleur présente un calice à six ou huit divisivns, libres, inégales, frangées, et un nombre égal d’étamines opposées, à anthères biloculaires, s’ouvrant en dehors par deux fentes longitudinales. La fleur femelle (fig. 305) se compose d’un ovaire infère, surmonté d’un périanthe à trois ou six divisions, et d’un style court, quise divise en troisbranches stigmatiques. Elle est, en outre, entourée d’une sorte de petite coupe, ou cupule, formée par un repli du pédoncule sur lequel sont insérées un grand nombre de petites bractées imbriquées. Son ovaire présente trois loges, et dans chaque loge sont deux ovules anatropes. À la maturité deux de ces trois loges ont avorté avec leur contenu. Le fruit, que l'on désigne sous le nom de gland (fig. 306), de forme ovoïde ou oblongue, ombiliqué au sommet, à péricarpe coriace et luisant, devient, de cette façon, uniloculaire et monosperme. Cette graine présente sous ses téguments un embryon dépourvu d’albumen, dont les cotylédons,

CUPULIFÈRES. 283

convexes en dehors, plans en dedans, sont charnus et farineux. Le fruit est enveloppé à sa base par la cupule dont nous avons parlé plus haut, indurée et ligneuse.

Fig. 304. Fleur mâle du Chène.

Le genre Chène appartient presque exclusivement à l’hémisphère boréal, dont il habite les régions tempérées, ainsi que les

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Fig. 305. Fleur femelle du Chêne. Fig. 306. Fruit du Chéne.

hautes montagnes des contrées équatoriales. Les espèces qu'il renferme sont nombreuses et difficiles à distinguer. C’est au

genre Chêne que se rapportent les arbres les plus majestueux de nos forêts, à tige robuste et à ramification puissante.

Le Quercus sessiliflora (Chêne, Chëne rouvre, Rouvre), représenté par la fig. 307, est un arbre de port et de taille variables, à feuilles pétiolées, oblongues, à peu près ovales, sinuées, à pédoncule fructifère plus court que les pétioles, à fruits arrivant à maturité dans l’année même de l’apparition des fleurs qui les ont produits.

Le Quercus pedunculata, ou Chêne pédonculé, est un arbre ordinairement très-élevé, pouvant atteindre 30 à 35 mètres et une énorme circonférence, grâce à sa puissante longévité. Ses feuilles sont brièvement pétiolées ou presque sessiles. Les pédoncules

* ructifères sont très-longs et les fruits müûrissent, comme ceux de l’espèce précédente, l’année même de l’apparition des fleurs qui les ont produits.

Le Quercus cerris, assez rare et disséminé en France, est remarquable par les écailles de sa cupule, qui sont linéaires, recourbées en dehors et contournées dans leur moitié supérieure. Dans cette espèce, les fleurs femelles restent stationnaires pendant une année à partir de leur apparition et ne complètent leur évolution qu'à l’automne de la deuxième année.

Le Quercus ilex (Yeuse, Chêne vert) est un arbre de 15 à 18 mètres de hauteur, dont les feuilles sont luisantes en dessus, grises ou blanchâtres et tomenteuses en dessous, dont les fruits sont sessiles ou portés par des pédoncules courts, tomenteux, à cupule tuberculeuse, écailleuse, cotonneuse. Il croît dans les lieux arides et découverts de la France méridionale. C'est un combustible de premier ordre. Le bois d’Yeuse est employé, en outre, dans les constructions navales, la menuiserie et l’ébénisterie.

Le Quercus suber (Chêne-liége), dont nous avons déjà parlé au chapitre de l’Écorce, est assez voisin de l’Yeuse. Ses feuilles persistent jusqu’à la fin de la deuxième et même de la troisième année. C'est, comme nous l’avons dit, la partie subéreuse, très développée, de son écorce, qui produit la substance désignée sous le nom de liége. Il croît sur les coteaux ou sur les montagnes de moyenne élévation, et s'écarte peu du bassin de la Méditerranée. Limité à quelques contrées du midi de la France, le Chêne-liége est l'essence dominante des forêts de l'Algérie. Il y constitue, seul ou mélangé, des bois d’une grande étendue.

ARTOCARPÉES. 287

Le Quercus coccifera (Chêne du kermès) est un arbrisseau touffu de 2 à 3 mètres, à feuilles persistantes, petites, oblongues, cordées, dentées épineuses, vertes et glabres, commun dans les lieux secs, pierreux et sablonneux de la région méditerranéenne. C'est sur ce petit Chêne que vit le kermès, insecte hémiptère, dont on retirait une belle teinture écarlate avant l’introduction en Europe et l'emploi de Ja cochenille du Cactus nopal.

Le Hêtre (Fagus sylvatica) est «ne des essences forestières les plus répandues et les plus importantes. Il atteint de grandes dimensions et peut s'élever jusqu’à 40 mètres. Sa tige, droite et circulaire, demeure apparente jusqu’à l'extrémité de sa cime. Elle est quelquefois nue sur une longueur de 20 mètres au-dessous des branches principales. Ses feuilles pétiolées, ovales ou ovales oblongues, ordinairement aiguës ou acuminées, lâchement dentées ou sinuées, ondulées, coriaces, d’un beau vert, à nervures saillantes, ciliées, soyeuses au bord, sont alternes et accompagnées de deux stipules brunâtres. Les fleurs, qui sont unisexuées, paraissent en même temps que les feuilles. Les fleurs mâles sont disposées en chatons globuleux, longuement pédonculés, pendants, à écailles très-petites, caduques. Les fleurs femelles sont enveloppées, au nombre de deux ou trois, dans un involucre commun à deux lobes, recouvert à l'extérieur d'une foule de filaments. Le fruit porte le nom de faîne. La graine contient un embryon sans albumen, dont les cotylédons sont irrégulièrement plissés en dedans et étroitement cohérents. L'huile qu’on retire de cette graine est comestible et bonne pour l'éclairage.

Le Chétaignier (Castanea vulgaris) est un grand arbre à végétation rapide et doué d’une grande longévité. Il peut atteindre une hauteur de 30 mètres, en présentant une circonférence énorme. Ses feuilles sont grandes, pétiolées, oblongues, lancéolées, aiguës, fortement dentées, coriaces, glabres, luisantes, à nervures secondaires parallèles très- saillantes, ACCORpAnées de deux stipules caduques.

Les fleurs sont unisexuées et paraissent après les feuilles. Les fleurs mâles forment de très-petits chatons. Chaque fleur mâle se compose d’un calice à cinq ou six divisions, avec autant ou plus d’étamines, à anthère biloculaire, s’ouvrant en dehors. Les

fleurs femelles sont enveloppées, au nombre de deux à cinq, dans un involucre commun quadrilobé, soudé extérieurement avec des bractéoles nombreuses, linéaires, inégales. Chaque fleur femelle se compose d’un ovaire infère, surmonté d'un limbe calicinal à 5 à 8 lobes et d’un nombre égal de styles. Il renferme un pareil nombre de loges contenant deux ovules anatropes. À l’époque de la maturité, qui arrive en septembre ou octobre, l’involucre est épais, coriace, chargé en dehors d'épines vulnérantes, fasciculées, et renferme 1 à 5 fruits uniloculaires par avortement, connus sous le nom de chätaignes. Le péricarpe en est coriace et fibreux, tomenteux à la face interne. La graine, sous un tégument membraneux, contient un embryon sans albumen, dont les cotylédons sont volumineux, plissés, à fissures plus ou moins profondes, et, comme on le sait, farineux.

La châtaigne est le principal produit que l’on demande à cet arbre utile. Ce fruit fait la base de l’alimentation des populations pauvres du plateau central de la France.

Amélioré par la culture, le Châtaignier a donné le Marronnier, dont on connaît un grand nombre de variétés.

ARTOCARPÉES.

Le Figuier (Ficus carica) est originaire des régions méditerranéennes orientale et méridionale. Il fut introduit et cultivé en Europe dès la plus haute antiquité. On le rencontre fréquemment croissant presque spontanément, dans le midi de la France. Le plus souvent à l’état d'arbrisseau, le Figuier peut aussi devenir un arbre de 4 à 5 mètres de hauteur. Les feuilles varient de forme sur le mème individu. Elles présentent ordinairement de 3 à 7 lobes, inégaux et obtus. Les fleurs sont unisexuelles et placées sur les parois internes d’un réceptacle commun, percé à son sommet d’une petite ouverture, que protégent un grand nombre de bractées imbriquées. Les fleurs mâles ont un calice à 3 sépales, et 3 étamines opposées à ces sépales, à anthères biloculaires s'ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales. Les

CANNABINÉES. 289

fleurs femelles ont un calice formé de 5 sépales et un pistil composé d’un ovaire supère, surmonté d’un style qui se divise en deux branches stigmatiques. Cet ovaire est uniloculaire et renferme un seul ovule. Le fruit (pour le botaniste — car pour les gens du monde le véritable fruit est ce réceptacle épaissi, charnu et succulent qui constitue la Figue), —le fruit, disonsnous, est un akène, et la graine contient, sous ses téguments, un albumen charnu, dans lequel est un embryon recourbé.

CANNABINÉES.

Le Chanvre (Cannabis sativa) (fig. 308 et 309) paraît originaire

Fig. 303. Chanvre mâle.

de la Perse; mais il est depuis longtemps acclimaté dans l’Europe entière. Tout le monde sait que l’un des éléments de son

écorce, la fibre libérienne, rend cette plante éminemment précieuse pour l’industrie humaine.

Le Chanvre est une plante divique, herbacée, annuelle, à feuilles inférieures opposées. Les feuilles supérieures, souvent alternes, sont profondément découpées en 5 à 7 segments lancéolés, acuminés ou linéaires, fortement dentés, rudes, d'un vert pâle en dessous; deux stipules latérales les accompagnent. Les fleurs mâles, disposées en grappe, se composent d'un calice à 5 divi-

Fig. 309. Chanvre femelle

sions et de 5 étamines opposées à ces divisions, à anthères biloculaires s’ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales. Les fleurs femelles disposées en glomérules axillaires, feuillus, présentent un calice formé par deux divisions et un pistil composé d’un ovaire supère, surmonté d'un style court et de stigmates filiformes, très-longs. L’ovaire, uniloculaire, renferme un seul ovule. Le fruit est un akène. La graine, sans albumen, renferme un embryon plié sur lui-même.

C'est avec une autre espèce de Chanvre, le Cannabis indica, que

on mil

CANNABINÉES. | 291

les Indiens font une liqueur enivrante connue sous le nom de Haschish. Les Orientaux en font un abus déplorable.

Le Houblon (Humulus lupulus), plante vivace, à tiges volubiles, à feuilles opposées, lobées en forme de palme, appartient à la mème famille que le Chanvre. On le trouve en Europe, dans les haies, sur le bord des rivières. Le Houblon est cultivé en France, en Belgique, en Angleterre et en Allemagne. Les fleurs femelles sont disposées en épis, compactes, ovoides, figurant des cônes à Ja maturité par le développement des sépales et des bractées. Les fruits, ou akènes, sont recouverts d'une poussière granuleuse, d'un jaune verdâtre ou d’un jaune d’or, très-odorante, qui contient le principe actif que les chimistes ont nommé lupulin.

Les cônes de houblon servent à la fabrication de la bière. Ils sont toniques et un peu narcotiques.

SALICINÉES. ,

Les Saules et les Peupliers constituent cette petite famille.

Les Saules présentent un grand nombre d'espèces, dont la taille varie depuis celle d'une plante herbacée jusqu'à celle d’un grand arbre. La plupart croissent au bord des eaux et forment des oseraies, que l’on exploite à de courtes périodes, ou que l'on culüve en tétards. Les Saules abondent dans les régions tempérées; ils décroissent sensiblement en nombre vers le midi de l'Europe et dans l’Algérie. Ils servent à consolider les bords des cours d'eau et des rivières, ainsi que les travaux d'endiguement. Le Saule fournit au vannier les matières que cet artisan met en œuvre.

Par les grandes dimensions qu’il peut acquérir, le Saule blanc (fig. 310) est l’espèce la plus importante du genre. Il forme des oseraies et des têtards très-productifs.

Le Saule pleureur ( Salix babylonica), que nous avons déjà figuré page 76, est particulièrement recherché pour la longueur, la flexibilité et les courbes de ses rameaux, qui lui donnent une physionomie d’une grâce mélancolique. Sa patrie est inconnue. Nous ne possédons que l'individu femelle.

Le Saule réticulé est un petit arbrisseau étalé, couché, de 1 à 2

Fig. 310. Saule blanc

décimètres seulement, qui croît dans les Alpes et les Pyrénées. Le Saule herbacé est un très-petit sous-arbrisseau, à tige sou-

SALICINÉES. 293

terraine, rampante, émettant des rameaux presque complétement herbacés. Il habite les Hautes-Alpes, les Pyrénées, le mont Dore en Auvergne.

Les Saules sont diviques. Leurs fleurs sont en chaton et soli-

Fig. 311. Chaton mâle du Saule blanc. Fig. 312. Chaton femelle Cu Saule blanc.

taires, à l’aisselle de chaque écaille du chaton. Elles sont dépourvues d’enveloppes. Les figures 311 et 312 représentent les cha-

à à Pig. 513. Fleurs mâles du Saule blanc. Fig. 314. Fleurs femelles du Saule blanc

tons mâles et femelles du Saule; les figures 313 et314 montrent les fleurs isolées

Les Peupliers sont très-voisins des Saules, et ne s'en distinguent, quant à la fleur, que par un plus grand nombre d’étamines, qui sont insérées à la face interne d'une sorte de godet.

Fig. 315. Peuplier blanc

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Nous citerons parmi ces grands végétaux : Le Peuplier noir (Populus nigra), vulgairement nommé Peuplier suisse. — Le Peuplier blanc (Populus alba) (Ypréau, Blanc de Hollande), bel arbre à cime ample et fournie, à feuille remarquable par son extrême blancheur en dessous, surtout sur les rejetons et sur les pousses les plus élevées. La figure 315 représente cette espèce.

— Le Tremble (Populus tremula), la seule espèce véritablement forestière du genre, de moyenne taille, à feuilles trèsmobiles, à cause de la longueur, de la gracilité et de l'aplatissement du pétiole. — Le Peuplier pyramidal, originaire du Caucase et de la Perse, qui fut apporté d'Italie en France en 1749, si remarquable par des branches dressées qui naissent presque de la base du tronc et forment ensemble une cime longue, étroite, pyramidale ; on ne connaît que l'individu mâle.

CAMPANULACÉES. 295

PLANTES DICOTYLÉDONES MONOPÉTALES.

CAMPANULACÉES.

La Campanule carillon (fig. 316) qui, par ses grandes corolles épanouies plusieurs à la fois, figure l’ensemble de cloches que l’on nomme carillon, est une plante du midi de l’Europe. Sa tige est droite, rameuse supérieurement, à feuilles sessiles, ovales lancéolées, irrégulièrement crénelées, dentées, à fleurs inclinées, disposées engrappe lâche. ; | Ses fleurs sont régulières y (#7:

et hermaphrodites. Le ca- @jf& lice se compose de 5 sépales. La corolle campanulée est divisée dans sa partie supérieure en 5 lobes, alternes avec les sépales.

Les étamines sont au nombre de 5, libres et non insérées sur le tube de la corolle ; leurs anthères sont biloculaires, et les filets sont aplatis et élargis inférieurement, pour Fig. 316. Campanule carillon. embrasser l'ovaire. Le pistil se compose d’un ovaire infère, surmonté d’un style, divisé en 5 branches stigmatiques. L’ovaire est à 5 loges. Le fruit est une capsule, qui s'ouvre par la base, en 5 petites loges.

Les Campanulacées sont particulièrement cultivées comme plantes d'agrément. Nous citerons comme exemples la Campanule à feuille de pêcher, espèce indigène, doublant par la culture, et que l'on cultive souvent dans nos plates-bandes; — la Campanule pyramidale, dont la grappe s'élève à plus de 1 mètre; — le Miroir de Vénus (Specularia), dont les petites corolles, en forme de roue, violettes ou blanches, brillent au milieu de nos blés; — les Jasiones, dont les petites fleurs bleues sont groupées, en tête; — le Walhembergia à feuilles de lierre, charmante petite plante à fleurs bleues solitaires, longuement pédonculée, à tige filiforme et couchée.

RUBIACÉES.

Cette famille est l’une des plus importantes du règne végétal, par le nombre de ses espèces et les services qu’elles rendent à l’homme. Avant de signaler les plus remarquables de ces espèces, nous donnerons, comme type de cette famille, une idée de la structure florale d’une espèce commune dans nos champs, le Sherardia arvensis (fig. 317).

C'est une petite plante annuelle, à fleurs d'un rose lilas, presque sessiles, disposées en glomérules. Ses fleurs sont hermaphrodites et régulières. Le calice présente 6 dents. La corolle est monopétale, creusée en entonnoir, et divisée en 4 lobes. Il y a 4 étamines, alternant avec ces lobes, insérées sur le tube corollin, à anthères biloculaires, s'’ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales. Le pistil se compose d’un ovaire infère, surmonté d’un style divisé en 2 branches stigmatiques. Dans chacune des loges se trouve un ovule anatrope ascendant. Le fruit se divise en deux akènes, couronnés chacun par trois dents du calice. Sous les téguments de la graine, on trouve un embryon un peu courbé, dans un albumen corné. Les feuilles sont simples, opposées, accompagnées de deux stipules latérales, qui ressemblent assez à des feuilles pour laisser croire qu'il y à 6 feuilles verticillées sans stipules. |

A côté des Sherardia se placent quelques genres, comme les 4spérules (Asperula), les Graterons (Galium), les Garances (Rubia).

RUBIACÉES. 297

Une espèce de Rubia (Rubia tinctorum) est cultivée dans le midi de la France, pour ses racines, qui contiennent un principe colorant d’un beau rouge, dont on fait un usage considérable pour teindre les tissus.

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Fig. 317. Sherardia arvensis,

Les Caféiers (Coffæa) forment une autre section de la famille des Rubiacées. Ce sont des arbrisseaux toujours verts, dont les feuilles lancéolées, ondulées et glabres, ressemblent à celles du Laurier. Ces feuilles sont opposées et accompagnées chacune de

deux stipules latérales. Les fleurs sont blanches, odoriférantes, agglomérées à l’aisselle des feuilles. Le calice est à 5 dents. La corolle est en entonnoir et à 5 lobes. Il y a 5 étamines et un ovaire biloculaire infère, comme dans le Sherardia. Le fruit est une baie rouge, du volume d’une cerise, formée d'une pulpe douceätre, peu épaisse, qui enveloppe deux noyaux accolés, dont la paroi est parcheminée. Chacun de ces fruits renferme une graine, convexe extérieurement, plane et creusée d’un sillon du côté interne. L'embryon est court, droit et plan à la base d’un albumen corné, qui constitue la presque totalité de la graine.

Le Caféier, originaire de l’Abyssinie, fut transporté, au quinzième siècle, dans l’Arabie, qui devint pour cet arbrisseau comme une seconde patrie.

À côté des Cafëiers se placent les Cephælis, petits arbrisseaux habitant les forêts vierges du Brésil, dont les racines, appartenant d'ailleurs à plusieurs espèces, sont connues sous le nom de racines d'Ipécacuanha, ou de Cephælis Ipecacuanha, et très-employées

ZS comme vomitives. C’est dans l’écorce de AN ces racines, dont la saveur est âcre et 7 4: l'odeur nauséeuse, que résident les pro-

| /# priétés émétiques de la plante.

À "4 A 2 (est encore à la grande famille des Ru- / biacées qu’appartiennent les Quinquinas, arbres ou arbrisseaux toujours verts, qui habitent les Andes tropicales, entre le 10° degré de latitude septentrionale et le | 19° de latitude australe, à une hauteur de rigss. 7à800mètresau-dessusduniveau dela mer. Fleur de Quinquina. Les Quinquinas ont les fleurs (fig. 318) régulières et hermaphrodites. Le calice est monosépale et à 5 dents. La corolle, monopétale en forme de coupe, est divisée en 5 lobes. Cinq étamines, alternes avec ces lobes, sont insérées sur Je tube corollin et offrent des anthères à 2 loges qui s'ouvrent en dedans. Le pistil se compose d’un ovaire infère, surmonté d’un style, divisé en deux branches stigmatiques. L’ovaire offre deux loges ; dans chaque loge est un gros placenta, chargé d’ovules anatropes. Le fruit est une capsule, qui s'ouvre de haut en bas en deux valves; les graines sont ailées.

RUBIACÉES. 299

Tout le monde sait que c'est dans l'écorce des Quinquinas que résident les propriétés merveilleuses dont jopit cette plante pour la guérison des fièvres intermittentes. L'écorce du Cinchona calisaya paraît être, parmi celles de toutes les autres espèces, la plus riche en quinine.

Les Quinquinas forment au Pérou et au Brésil des forêts immenses, qui, depuis deux siècles, sont exploitées pour leur précieuse écorce.

M. Weddell, aide-naturaliste au Muséum d'histoire naturelle de Paris, a visité en 1847 les contrées du Pérou où croissent les Quinquinas. Il a résumé dans un travail justement célèbre ses observations sur la récolte, sur l’origine botanique des diverses écorces, etc. Nous emprunterons à son ouvrage la description des diverses opérations dont se compose la récolte de la précieuse écorce péruvienne.

« Dans les derniers jours de juin 1847, dit M. Weddell, je me mettais en marche pour la province de Casabaya. Elle est divisée par la Cordillère en deux régions distinctes : l’une de plateaux, l’autre comprenant une longue série de vallées parallèles. .… Ce sont elles qui fournissent la majeure partie des quinquinas exportés aujourd’hui de la république péruvienne..… Il serait difficile de donner une idée de tous les trésors de végétation ensevelis dans ses solitudes. La soif de l’or les avait peuplées autrefois, mais la forêt y a repris partout son empire, et la hache du cascarillero en trouble seule aujourd’hui le silence.

« On donne le nom de cascarilleros aux hommes qui coupent le Quinquina dans les bois : ce sont des hommes élevés à ce dur métier depuis leur enfance, et accoutumés par instinct, pour ainsi dire, à se guider au milieu des forêts. Sans autre compas que cette intelligence particulière à l’homme de la nature, ils se dirigent aussi sûrement dans ces inextricables labyrinthes, que si l'horizon était ouvert devant eux. Mais combien de fois estil arrivé à des gens moins expérimentés dans cet art, de se perdre et de n'être plus revus!

« Les coupeurs ne cherchent pas le Quinquina pour leur propre compte; le plus souvent ils sont enrôlés au service de quelque commerçant ou d’une petite compagnie, et un homme de confiance est envoyé avec eux à la forêt avec le titre de majordome.…. Le premier soin de celui qui entreprend une spéculation de cette nature dans une région encore inexplorée, est de la faire reconnaitre par des cascarilleros exercés : le devoir de ceux-ci est de pénétrer les forêts dans diverses directions, et de reconnaitre jusqu’à quel point il peut être profitable de les exploiter... Cette connaissance première est la partie la plus délicate de l’opération, et elle exige dans les hommes qui y sont employés une loyauté et une patience à toute épreuve c’est sur leur rapport que se calculent les chances de réussite. Si elles son

favorables, on se met en devoir d'ouvrir un sentier jusqu'au péint qui doit servir de centre d'opérations; dès ce moment, toute la partie de la forêt que commande le nouveau chemin devient provisoirement la propriété de son auteur, et aucun autre cascarillero ne peut y travailler.

« À peine le majordome est-il arrivé avec ses coupeurs dans le voisinage du point à exploiter, qu'il choisit un site favorable pour y établir sqn camp, autant que possible dans la proximité d’une source ou d'u rivière. Il y fait construire un hangar ou une maison légère pour abritæ les provisions et les produits de la coupe; et s’il prévoit qu’il doive restèr longtemps dans le même lieu, il n'hésite pas à faire des semis de maïs et de quelques légumes. L'expérience, en effet, a démontré qu’ un des grands succès de ce genre de travaux est l'abondance des vivres. Les CR&r carilleros, pendant ce temps, se sont répandus dans la forêt, un à unie” par petites bandes, chacun portant, enveloppées dans son poncho (espètg* ” de manteau), et suspendues au dos, des provisions pour plusieurs jours, etles couvertures qui constituent sa couche. C'est ici que ces pauvres gens ont besoin de mettre en pratique tout ce qu’ils ont de courage et de patience pour que leur travail soit fructueux. Obligé d’avoir constamment à la main sa hache ou son couteau pour se débarrasser des innombrables obstacles qui arrêtent son progrès, le cascarillero est exposé, par la nature du terrain, à une infinité d'accidents qui trop souvent compromettent son existence même.

« Les Quinquinas constituent rarement des bois à eux seuls; mais ils peuvent former des groupes plus ou moins serrés, épars çà et là au milieu de la forêt; les Péruviens leur donnent le nom de taches (manchas). D'autres fois, et c’est ce qui a lieu le plus ordinairement, ils vivent complétement isolés. Quoi qu’il en soit, c’est à les découvrir que le cascarillero déploie toute son adresse. Si la position est favorable, c'est sur Ja cime des arbres qu'il promène les yeux; alors aux plus légers indices il peut reconnaître la présence de ce qu’il recherche; un léger chatoiement, propre aux feuilles de certaines espèces, une coloration particulière de ces mêmes organes, l'aspect produit par une grande masse d’inflorescences, lui feront reconnaitre la cime d’un Quinquina à une distance prodigieuse. Dans d'autres circonstances, il doit se borner à l’inspection des troncs dont la couche externe de l’écorce présente des caractères remarquables ; souvent aussi les feuilles sèches qu’il rencontre en regardant à terre, suffisent pour lui signaler le voisinage de l’objet de ses recherches, et si c'est le vent qui les a amenées, il saura de quel côté elles sont venues. Un Indien est intéressant à considérer dans un mouvement semblable, allant et venant dans les étroites percées de la forêt, dardant la vue au travers du feuillage, en semblant flairer le terrain sur lequel il marche, comme un animal qui poursuit une proie ; se précipitant enfin tout à coup, lorsqu'il a cru reconnaître la forme qu’il guettait, pour ne s’arrêter qu’au pied du tronc dont il avait deviné, pour ainsi dire, la présence. — Il s'en faut de beaucoup cependant que les recherches du cascarillero soient toujours suivies d’un résultat favorable ; trop souvent il revient au camp les mains vides et ses provisions épuisées ; et que de fois, lorsqu'il a découvert sur le fieuc de la montagne l'indice de l'arbre, ne s'en trouve-t-il pas séparé par un

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RUBIACÉES. 303

torrent ou un abime! Des journées alors se passent avant qu'il atteigne un objet que, pendant tout ce temps, il n’a pas perdu de vue.

« Pour dépouiller l'arbre de son écorce, on l’abat à coups de hache, un peu au-dessus de sa racine, en ayant soin, pour ne rien perdre, de dénuder d'abord le point que l’on doit attaquer, et comme la partie la plus épaisse, la plus profitable par conséquent, se trouve tout à fait à sa base, on à l'habitude de creuser un peu la terre à son pourtour, afin que la décortication soit plus complète. Il est rare, même lorsque la section du tronc est terminée, que l'arbre tombe immédiatement, étant soutenu, soit par les lianes qui l’enlacent, soit par les arbres voisins ; ce sont autant d'obstacles nouveaux que doit vaincre le cascarillero. Je me souviens d’avoir une fois coupé un gros tronc de Quinquina, dans l’espérance de mettre ses fleurs à ma portée, et, après avoir abattu trois arbres voisins, de l'ayoir vu rester encore debout, maintenu dans cette position par des lianes qui s'étaient attachées à sa cime, et qui le soutenaient à la manière de haubans. Lorsque enfin l'arbre est à bas, et que les branches qui pourraient gêner ont été retranchées, on fait tomber le périderme en le massant, ou mieux en le percutant, soit avec un petit maillet de bois, soit avec le dos même de la hache; et la partie vide de l'écorce mise à nu est souvent encore nettoyée à l’aide de la brosse; puis, après avoir été divisée dans toute son épaisseur par des incisions uniformes qui circonscrivent les lanières ou planchettes que l’on veut arracher, elle est séparée du tronc au moyen d’un couteau, avec la pointe duquel on rase autant que possible la surface du bois, après avoir pénétré par une des incisions déjà pratiquées. L'écorce des branches se sépare comme celle du tronc, à cela près qu'elle ne se masse pas, l'usage voulant qu’on lui conserve sa croûte extérieure ou périderme. Ù

« Les détails de desséchement varient un peu dans les deux cas : en effet, les planchettes plus minces de l’écorce des branches ou des petits troncs, destinées à faire du quinquina roulé ou canuto, sont exposées simplement au soleil, et prennent d’elles-mêmes la forme désirée, qui est celle d’un cylindre creux; mais celles qui proviennent des gros troncs, et que l’on destine à constituer le quinquina plat, ou ce que l’on nomme tabla ou plancha, doivent nécessairement être soumises, pendant la dessiccation, à une certaine pression, sans quoi elles se tordraient ou se soulèveraient plus où moins comme les précédentes. À cet effet, après une première exposition au soleil, on les dispose les unes sur les autres en carrés croisés, comme sont disposées les planches dans quelques chantiers, afin qu’elles se conservent planes, et sur la pile quadrangulaire ainsi composée on charge quelque corps pesant. Le lendemain, les écorces sont remises pendant quelque temps au soleil, puis de nouveau rétablies en presse, et ainsi de suite; on laisse enfin se terminer le desséchement dans ce dernier état.

« Mais le travail du cascarillero n’est pas à beaucoup près fini même lorsque la préparation de son écorce est terminée. 11 faut encore qu'il rapporte sa dépouille au camp; il faut enfin qu'avec un lourd fardeau sur les épaules, il repasse par ces mêmes sentiers que, libre, il ne parcourait qu'avec difficulté. Cette phase de l'extraction coûte parfois un travail tel-

lement pénible, qu’on ne peut vraiment pas s’en faire une idée. J'ai vu plus d’un district où il faut que le Quinquina soit porté de la sorte pendant quinze à vingt jours avant de sortir des bois qui l'ont produit, et, en voyant à quel prix on l’y payait, j'avais peine à concevoir comment il pouvait se trouver des hommes assez malheureux pour consentir à un travail aussi faiblement rétribué.

« Pour terminer, il me reste un mot à dire sur l'emballage des Quinquinas ; c'est le majordome, que nous avons laissé dans son camp, qui s'occupe encore de ce soin. À mesure que les coupeurs lui rapportent les écorces, il leur fait subir un triage, et en forme des bottes, qui sont cousues dans de gros canevas de laine conditionnés ainsi; les ballots sont transportés à dos d'homme, d'âne ou de mule, jusqu'aux dépôts dans les villes, où on les enveloppe de cuir frais, qui prend en séchant une grande solidité. Sous cette forme, ils sont nommés surons, et c'est ainsi qu'ils nous arrivent en Europe. »

La figure 319 représente, d’après l'ouvrage de M. Weddell, la récolte de l'écorce de Quinguina par les cascarilleros, dans une forêt du Pérou.

Après avoir mentionné les genres de Rubiacées particulièrement remarquables au point de vue de leur utilité, nous croyons devoir citer encore quelques belles espèces qui embellissent nos serres. Telles sont l’Ixora coccinea, bel arbrisseau de l’île de Ceylan, .à feuilles persistantes, un peu charnues, à fleurs d’un rouge vif, disposées en un corymbe et qui conservent longtemps leur éclat ; — l'Ixora odorata, de Madagascar, dont les grandes corolles rouges et blanches exhalent une odeur suave; — le Rondeletia speciosa de la Havane, à fleurs tubulées, d’un rouge écarlate en dehors, à gorge jaune-orangé ; — les Rogicra du Guatémala; — les Bouvardia du Mexique; — le Luculia gratissima du Népaul, dont les corolles roses exhalent un parfum délicieux ; — le Gardenia florida, nommé vulgairement Jasmin du Cap, etc., etc.

Cette famille est la plus importante de toutes par le nombre immense de plantes qu’elle embrasse. Elle constitue à elle seule environ la dixième partie du règne végétal. Elle renferme aujourd'hui plus de neuf mille espèces. On trouve ces espèces dis-

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