LES
Fo
persées dans tous les lieux de la terre, mais principalement dans les régions tempérées et chaudes, particulièrement dans celles de l'Amérique. Les herbes croissent dans les régions tempérées et chaudes ; les arbres dans les îles intertropicales et antarctiques.
Les fleurs ont, dans cette famille, une disposition tout à fait Caractéristique. Elles sont rapprochées en capitules, de manière à figurer une fleur en apparence unique ; mais elles sont, en réalité, formées de la réunion de plusieurs fleurs : de là le nom
de Composées donné à cette famille. Cette disposition est facile à
reconnaître et à comprendre sur ce capilule, vulgairement ap-
Fig. 320. Margucrite.
pelé fleur de Marguerite, que nous représentons dans la figure 320, où l’on voit le capitule dans son ensemble (a), une coupe de ce capitule (b), enfin les fleurs isolées du centre et de la circonférence de ce même capitule (cet d).
Les fleurs d'un même capitule peuvent être toutes de même sorte : hermaphrodites, staminées, pistillées. Elles peuvent être aussi de deux sortes : les extérieures neutres ou femelles, les intérieures hermaphrodites ou mâles.
Le calice de ces fleurs a des formes très-variables. Il est quelquefois si réduit qu’il semble nul. Ailleurs il forme un godet, ou
une couronne. On le voit se développer en arêtes, en dents, en écailles ; il dégénère même en espèces de soies qui forment une aigrette.
La corolle est régulière ou irrégulière. Dand le premier Cas, elle est tubuleuse et son limbe offre ordinairement 5 lobes. Dans le second, le limbe paraît fendu dans une grande étendue et déjeté au dehors, en une languette dentée au sommet, ou bien il se partage en deux lèvres. Les corolles tubuleuses se nomment fleurons ; les corolles en languette se nomment demi-fleurons.
Les étamines sont insérées sur le tube de la corolle, et alternent avec ses divisions. Les filets sont généralement libres, mais les anthères sont soudées par leurs bords, en un tube qui engaine le style. Elles offrent deux loges, qui s'ouvrent en dedans.
Le pistil se compose d’un ovaire uniloculaire, contenant un seul ovule anatrope droit, et il est surmonté d'un style très-mince. Celui-ci se divise en deux branches dans les fleurs hermaphrodites et dans les fleurs femelles, mais il est indivis dans les fleurs mâles. Les branches du style sont munies de papilles stigmatiques et de poils collecteurs. Avant l'épanouissement, le style est plus court que les étamines ; mais à l’époque de la fécondation il grandit rapidement et s'élève dans le cylindre creux formé par les anthères. À mesure qu'il s'élève, les poils collecteurs balayent le pollen que lui offrent les anthères béantes et apparaissent bientôt au dehors chargés de cette précieuse poussière. On a remarqué que les fleurs femelles sont dépourvues de poils collecteurs, que les fleurs mâles n’ont pas de papilles stigmatiques, que les fleurs neutres n’ont ni papilles stigmatiques ni poils collecteurs.
Le fruit est un akène, souvent muni d’une aigrette, propre à favoriser sa dissémination. La graine, solitaire, renferme un embryon droit, dépourvu d'albumen.
Tournefort avait séparé les Composées en Semi-flosculeuses, celles où le capitule est entièrement composé de fleurs à corolle ligulée ou à demi-fleurons ; — Flosculeuses, celles où le capitule est entièrement composé de fleurs à corolles tubuleuses ou en fleurons ; — et Radiées, celles où le capitule est formé de fleurs centrales tubuleuses et de fleurs périphériques ligulées.
De Candolle, dans son Prodrome, partage les Composées en
trois grandes séries : 1° les Liguliflores, ou Chicoracées, qui ont la corolle ligulée, et répondent aux Serni-flosculeuses de Tournefort; 2° les Labiatiflores, dont les corolles irrégulières sont divisées en deux lèvres; 3° les Tabuliflores, dont les capitules sont ou entièrement formés de fleurons, ou pourvus à la circonférence de demi-fleurons, et qui répondent aux Flosculeuses et aux Radiées de Tournefort.
Les Liguliflores, ou Chicoracées, possèdent un suclaiteux, contenu dans un système de vaisseaux laticifères et contenant des prin-
Fig. 321, Chicorée. Fig. 322. Fleur isolée de Chicorée.
cipes amers, résineux, narcotiques. Les propriétés et les vertus de ces espèces varient en raison des proportions relatives de ces divers principes, selon l’âge des plantes et le développement différent des divers organes.
La Chicorée, ou Chicorée sauvage (Cichorium intybus), est une espèce indigène, dont les racines sont usitées en médecine La figure 321 représente la Chicorée sauvage, la figure 322 une fleur isolée du capitule de cette plante.
Les racines de la Chicorée culiivée, séchées et torréfiées, sont
employées par les Français barbares pour remplacer le Café. On mange cuites et en salade les jeunes feuilles de la même plante.
La Chicorée endive, plante méditerranéenne, moins amère, est mieux appropriée aux usages de l'alimentation.
Les espèces du genre Laitue (Lactuca) ont un suc amer, âcre, d’une odeur vireuse. On retire de la Laitue cultivée (Lactuca sativa) un suc dont on compose, par l’évaporation, un extrait pharmaceutique, nommé lactucarium, ou thridace, qui est doué d’une action narcotique, et qui est parfois employé en médecine au même titre que l’opium. On mange en salade sur nos tables les jeunes feuilles de la Laitue, dont on cultive diverses variétés dans les jardins potagers.
Nous citerons encore dans ce même embranchement des Composées : les Scorsonères (Scorsonera), les Salsifis ( Tragopogon) et les Pissenlits (Taraxacum).
Les Tubuliflores flosculeuses, nommées aussi Carduacées, contiennent un principe amer, qui leur donne des propriétés stimulantes. Certaines Carduacées sont employées en médecine, comme les Lappa, ou Bardanes. D’autres ont joui longtemps d’une grande faveur pour l'usage médical, mais sont aujourd'hui délaissées, comme le Chardon béni (Cnicus benedictus), le Chardon marie (Silybum marianum); la Centaurée jacée et le Chardon éloilé; le Bleuet (Centaurea cyanus); la Carline acaule (Carlina . acaulis). Il en est qui fournissent des principes propres à la teinture, comme le Carthame (Carthamus tinctorius), plante annuelle, originaire de l’Inde, et que l’on cultive aujourd’hui en Asie, en Amérique et dans presque toute l’Europe. La couleur tirée du Carthame est peu solide, mais ses nuances sont trèsbelles et très-variées. Mêlée avec du talc, elle compose un fard, avec lequel les femmes aiment à se colorer le visage. Quelques Carduacées sont comestibles. Tels sont l’Artichaut (Cynara scolymus), dont on mange la base des bractées de l'involucre et le réceptacle commun, en rejettant le foin, c'est-à-dire les trèsjeunes fleurs ; le Cardon (Cynara carduncellus), dont on mange la nervure médiane des feuilles, blanchies et rendues charnues par l'étiolement.
Les Tubuliflores radiées comprennent des plantes dans lesquelles un principe amer est ordinairement combiné avec une
résine ou une huile volatile, tandis que la racine contient une matière plus ou moins analogue à la fécule, connue sous le nom d'inuline. Selon les proportions de ces divers principes, ces espèces sont toniques, d’autres stimulantes, d’autres astringentes. Nous citerons les Armoises (Artemisia absinthium, Artemisia
Fig. 323. Camoumnille.
vulgaris, etc.), la Tanaisie (Tanacetum vulgare), les Achillea ou Mille-feuilles, les Ptarmiques, dont plusieurs espèces alpines font partie du thé suisse; les diverses Camomilles, telles que la Camomille romaine ou Anthemis nobilis, dont nous représentons (fig. 323) un échantillon à capitules devenus totalement semi-
flosculeux par la culture, la Camomille commune ou Matricaria chamomilla, la Camomille puante ou Maruta cotula ; la Hatricaire (Pyrethrum parthenium ), l'Arnica des montagnes, l'Aunée (Inula helenium), etc., etc.
C'est à la grande division des Tubuliflores radiées qu’appartiennent particulièrement les Composées cultivées pour l’ornement des jardins. Telles sont les Chrysanthèmes, belles espèces, dont plusieurs croissent naturellement en France, comme la grande Marguerite des prés et la Marguerite dorée; — les Astères, plantes vivaces et automnales, la plupart originaires de l’Amérique septentrionale ; — les Cinéraires; — les Gnaphales, qui comprennent beaucoup de plantes d'ornement désignées sous le nom vulgaire d’Immortelles; — les Zinnia; — les Tagètes ou Œillets d'Inde; — les Dahlia, dont l'espèce ornementale, originaire du Mexique, avait des fleurs simples, et dont les variétés à fleurs doubles se sont peu à peu multipliées à l'infini dans nos parterres, elc., etc.
OLÉINÉES.
Les Lilas, les Oliviers, les Frênes, sont les plantes particulièrement intéressantes de la famille des Oléinées.
Les Lilas ont les fleurs régulières et hermaphrodites. Leur calice, monosépale, présente quatre dents. Leur corolle est hypocratériforme; son tube, très-allongé, est surmonté d’un limbe étalé, à quatre lobes. Deux étamines seulement, à anthères biloculaires, s’ouvrant en dehors par deux fentes longitudinales, sont insérées sur le tube de la corolle. Le pistil se compose d’un ovaire supère, surmonté d’un style, divisé en deux branches stigmatiques. Cet ovaire présente deux loges contenant chacune deux ovules anatropes suspendus. Le fruit est une capsule, qui s'ouvre en deux valves portant la cloison sur leur milieu et ne contenant qu’une seule graine. Celle-ci est pourvue d’un albumen charnu et d'un embryon droit.
Les Lilas sont des arbustes originaires de l’Asie. Leurs feuilles sont opposées et simples; on en cultive deux espèces dans les
OLÉINÉES. 311
jardins, le Lilas commun (Syringa vulgaris) et le Lilas de Perse (Syringa persica).
L'Olivier est un arbre de moyenne grandeur, d'un aspect triste et sans beauté. Ses feuilles sont oblongues ou lancéolées, entières, glabres supérieurement, blanchâtres, écailleuses inférieurement. Les fleurs de cet arbre forment des grappes axillaires, droites pendant la floraison, penchées à la maturité. Ses fruits sont des drupes, avec noyau uniloculaire par suite de l'avortement d’une loge. Le péricarpe de cette drupe contient une huile fixe, qui tient le premier rang parmi les huiles destinées aux usages alimentaires.
Les Troënes sont, comme les Oliviers, assez voisins des Lilas. Leurs feuilles sont astringentes, et leurs baies, que mangent les oiseaux, fournissent une couleur noire, applicable à la teinture des étoffes. Les paysans fabriquent une encre à écrire avec les fruits écrasés du Troëne.
Les Frênes appartiennent aussi à la famille des Oléinées. Pour faire connaître la structure des Frênes, nous en étudierons deux espèces. |
Le Frêne à fleurs (Fraxinus ornus) est un arbre de 7 à 8 mètres de hauteur, qui contribue à orner les maquis de la Corse. Croissant presque spontanément dans la France méridionale, il est cultivé comme arbre d'ornement. Les feuilles composées du Frêne à fleurs offrent de 7 à 9 folioles, sessiles, lancéolées, dentées, vertes et glabres en dessus, un peu plus pâles en dessous, et barbues inférieurement le long de la nervure médiane. Les fleurs paraissent avec les feuilles ; elles sont régulières et hermaphrodites. Le calice se divise en 4 dents, et la corolle, blanche, présente 4 pétales linéaires très-longs. Il y a 2 étamines et 1 pistil à 2 loges contenant chacune deux ovules anatropes appendus comme dans les Lilas. Mais le fruit est une samare ailée.
Cette espèce de Frêne, et d’autres voisines, laissent couler des Éssures ou des blessures faites à leur tronc, pendant la saison chaude de l’année, un suc qui se concrète à l’air. Connu sous le nom de manne, ce suc concrété est doux et nutritif quand il est frais ; avec l’âge il devient purgatif, et sert comme tel en médecine. C’est de la Sicile que l'on retire la manne la plus estimée. Elle est fournie par différentes espèces de Frénes.
Le Frêne commun (Fraxinus excelsior) (fig. 324) est un grand arbre qui, dans de bonnes conditions, peut atteindre et dépas-
Fig. 324. Frêne commun.
ser 90 mètres de hauteur, avec un tronc de 8 mètres de circonférence. Il croît dans les bois de plaines, de collines ou de montagnes peu élevées. Il fleurit en avril et mai. Ses feuilles présen-
OLEÉINEÉES. 313
tent de 9 à 15 folioles opposées, presque sessiles, lancéolées, glabres en dessus, velues en dessous à la base de chaque côté de la nervure moyenne. Les fleurs du Frêne commun, contrairement à ce que nous avons vu dans le Frêne à fleurs, sont complétement dépourvues d’enveloppes. Elles se composent donc seulement. de 2 étamines et d'un pistil. Les fleurs et le fruit ressemtlent aux mêmes organes du Fraxinus ornus.
GENTIANÉES.
Pour donner une idée de la famille des Gentianées, il nous suffira d'exposer les caractères de l’un des genres qui la constituent, la Petile Centaurée (Erythræa centaurium),par exemple (fig. 315).
C’est une petite plante commune dans les bois, les prairies, les clairières. Ses feuilles sont opposées, sessiles, entières; ses fleurs, de couleur rose, sont disposées en cime. Ces fleurs sont régulières et hermaphrodites. Le calice, tubuleux, offre 5 divisions linéaires. La corolle est en forme d'’entonnoir, à tube
très-long et à limbe à 5 divi- à lé sions. 5 étamines sont insé- &ù, 1/77 rées sur le tube de la corolle, &r
et leurs anthères s'ouvrent en 1
dedans par deux fentes lon- Fig. 325. Petite Centaurée
gitudinales. Avant l'épanouissement de la fleur elles sont droites, mais elles se contournent en spirale après l'émission du pollen. Le pistil se compose d’un ovaire supère, surmonté d’un style filiforme divisé en 2 branches, arrondies au sommet. Cet
ovaire est uniloculaire et renferme deux placentas pariétaux portant un grand nombre d'ovules anatropes. Le fruit est une capsule s’ouvrant en deux valves, qui portent les graines sur leurs bords. Celles-ci renferment un très-petit embryon, dans un albumen charnu.
Le genre Gentiane (Gentiana) ne diffère du précédent que par des caractères secondaires tirés de la forme de l'ovaire, des placentas, des étamines, etc
On emploie en médecine, comme tonique amer, la racine de la Gentiane jaune, belle espèce qui croît ordinairement dans les montagnes des Alpes et en Bourgogne, et dont les fleurs nombreuses, grandes et de couleur jaune, sont fasciculées et comme verticillées. |
Les autres espèces de Gentianes sont aujourd’hui à peu près abandonnées par la médecine, mais les botanistes et les amateurs en font grand cas pour leur élégance et la vivacité de leur couleur.
Citons encore, comme appartenant à la mème famille,. deux des plus gracieux ornements de nos rivières et de nos étangs: le Trèfle d’eau ou Menyanthes trifoliata, dont les fleurs disposées en grappe et d’un blanc de neige sont teintes, à l’extérieur, de rose ou de pourpre, et garnies, sur les parois intérieures de leur corolle, de filaments délicats roulés en dedans et d’une blancheur éblouissante ; et le Villarsia nymphoïdes, rival élégant du Nénufar.
BORRAGINÉES.
La grande Consoude ( Symphitum officinale) (fig. 326), que nous prendrons pour type de cette famille, est une herbe à feuilles simples, alternes, sans stipules. Les feuilles radicales sont trèsamples, ovales aiguës ou lancéolées, longuement pétiolées. Les feuilles caulinaires, lancéolées, à limbe décurrent, toutes rudes et pubescentes. Les fleurs, disposées en cime, sont assez grandes, penchées, blanchâtres, jaunâtres ou violacées, régulières et her-
BORRAGINEES. 815
maphrodites. Le calice offre 5 sépales lancéolés. La corolle est tubuleuse, à limbe campanulé urceolé, à lobes triangulaires, courts, réfléchis en dehors. Au-dessous de ces 5 lobes, la gorge est munie de 5 écailles lancéolées, formant un cône, blanches, planes, chargées, au bord, de papilles cristallines transparentes. 5 étamines sont insérées sur le tube de la corolle et alternent avec ses lobes. Le fruit se compose de k akènes.
Fig. 326. Grande Consoude.
À côté des Symphilum viennent se grouper d’autres genres, qui en sont très-voisins, comme la Bourrache (Borrago officinalis), dont les corolles rosacées, purpurines dans le bouton, deviennent d'un très-joli bleu après l’épanouissement ; —- la Buglosse
(Anchusa officinalis) ; — la Pulmonaire (Pulmonaria officinalis), jadis employée en médecine, mais abandonnée aujourd’hui; — le Myosotis, qui doit à sa fraîche et délicate beauté les noms d’Œil de perdriz, Souviens- toi de moi, etc.; — la Vipérine ou (Echium vulgare), qui se distingue particulièrement par l'étrange irrégularité de sa corolle et l'inégalité de longueur de ses étamines ; — les Héliotropes, reconnaissables à leur style, et à leur fruit drupacé à 4 noyaux distincts.
L’Héliotrope d'Europe est sans odeur, mais celui du Pérou, que Joseph de Jussieu introduisit en France, en 1740, est particulièrement recherché pour ses fleurs bleuâtres, dont la suave odeur rappelle beaucoup celle de la Vanille.