‹ Histoire des plantes (volume 5)Chapitre 76 sur 106 · LICHENS · texte numérisé non relu

LICHENS

Le thalle, qui est parfois imperceptible, peut atteindre jusqu'à 10 mètres de longueur. Il est aussi variable par ses formes extérieures que par sa structure. Les couleurs qu’il présente le plus communément, sont : le blane, le gris, le jaunâtre, le citron, l’orangé, le verdâtre, le brun ou le noirâtre. Quant à sa forme, il peut être foliacé, comme dans les Parmelia: fruticuleux, comme dans les Usnea; crustacé, comme dans les Squamaria ; hypophléode ou caché sous l’épiderme des arbres ou entre les fibres du bois, comme dans les Verrucaria, Xylographa, etc.

Pour donner une idée de la structure anatomique du thalle, il nous suffira de mentionner le plus commun de nos Lichens, le Parmelia parielina, chez lequel ce thalle n’a pas plus d’un dixième millimètre d'épaisseur.

Si mince qu'il soit, cet organe présente quatre régions trèsdistinctes. A sa partie supérieure est une couche de cellules épaisses intimement soudées, et qui est colorée en jaune à sa surface seulement : à la face inférieure du thalle est une autre couche cellulaire, blanche, semblable à la première. Entre ces deux épidermes sont emprisonnés : 1° des grains verts, connus sous le nom de yonidies, et formant une couche dite gonidiale 2 une sorte de moelle, formée d'éléments filamenteux, lâchement entrecroisés ou feutrés, qui est la couche médullaire, et qui renferme de l’air dans ses mailles.

Si du système végétatif ou nourricier nous passons au système reproducteur, nous verrons qu'il se compose d'un appareil de fructification ou femelle, et d’un appareil fécondant ou mâle. Le premier est représenté par les apothécies, le second par les spermogonies.

Les apothécies, ou les fruits des Lichens, se développent à la face supérieure du thalle, ou sur celle qui est tournée vers la lumière. Les apothécies ressemblent à de petites coupes ou à des disques, ou à de petits noyaux noirs, bruns, jaunes, roses, rouges et quelquefois saupoudrés d'une poussière blanche ou glauque. Leur grandeur est extrêmement variable. Les plus petites ont un dixième de millimètre environ, tandis que les plus grandes atteignent quelquefois la largeur d’un pouce.

Les spermogonies constituent, en général, des appareils fort petits, arrondis ou oblongs, logés quelquefois dans des tuber-

cules particuliers, mais plus souvent encore immergés dans les couches superticielles du thalle.

Plusieurs raisons engagent à crojre que les spermogonies sont les organes mâles des Lichens. D'abord elles se montrent toujours pour ainsi dire parallèlement avec les fruits, ou simultanément sur le mème individu, et d’autres fois seulement sur des individus stériles ; de sorte que, dans ces derniers cas, les apothécies et les sp:rmogonies d’une même espèce se développent sur des individus différents. La ténuité des corpuscules contenus dans les spermogonies, leur nombre immense relativement à celui des spores, leur solidité, leur forme, leur égalité de grandeur, leur manque de toute faculté germinative, sont autant de circonstances qui portent à leur attribuer le rôle d'agents fécondateurs analogues aux anthérozoïdes des autres cryptogames. Cependant elles ne présentent pas d'organe de locomotion.

LES NOUSSES.

Les Mousses, dont an ne connaît pas aujourd’hui moins de dix mille espèces, sont d'humbles plantes qui ont une certaine part dans la physionomie d’un paysage. Les arbres, les murs, les rochers, les ruines, etc., prennent un aspect riant ou pit'oresque sous leur couverture de Mousse, aux couleurs variées.

Nos Phascum croissent dans les allées sablonneuses des bois, des jardins, etc. Ils sont si petits qu'ils atteignent parfois à peine 2 ou 3 millimètres de hauteur.

Les Hypnum, qui recouvrent souvent le bord des ruisseaux, dans les lieux ombragés, qui, souvent, forment des petits ilots de verdure au pied des Saules et des Peubpliers, ou s’attachent au tronc de ces arbres, sont de robustes organismes végétaux qui ne pourrissent point. Aussi fait-on usage de cette derrière Mousse pour calfeutrer les barques; on s’en sert même pour entourer des conduites d'eau. Placées entre les planches ou entre les pierres, ces touffes végétales remplissent exactement tous les vides, et, par suite de leur élasticité, ne permettent aucune issue à l'eau.

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