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6 Fig. 396. Fougère mâle. Face inférieu" Fig. 395. Fougère mâle. et portion grossie de la fronde.
sâtre. Chaque groupe de ces petits corps, ou sporanges, port ke
FOUGÈÉRES. 4Ÿ5
nom de sore; la pellicule qui les recouvre est nommée induste. La figure 396 fait voir avec un grossissement microscopique, les organes qui se trouvent à la face inférieure des frondes de la Fougère mâle.
Les sporanges, ou capsules (fig. 397), sont des sacs celluleux
Fig. 397. Fig. 3%5.
Sporange de Fougère Déhiscence, ou ouverture d'un sporange mâle. de Fougère mâle.
pédicellés, munis, à leur circonférence, d’un cercle presque entier de cellules plus grandes et plus épaisses que celles du reste de la paroi. Ces cellules constituent donc une sorte d'anneau qui, par l'effet de sa croissance ou par ses changements hygrométriques, détermine la rupture irrégulière des: parois du sporange (fig. 398) et, par ses mouvements, pousse au dehors un grand nombre de globules ovoïdes, anguleux, qu'on a longtemps considérés comme les graines de la plante, et que l'on nommait spores. Mais cette assimilation est absolument contraire aux faits.
Dans les divers genres composant la grande famille des Fougères, les appareils dont nous venons d'entretenir très-succinctement le lecteur, offrent des formes ou des dispositions différentes.
Dans notre Polypode, les sores arrondis sont dépourvus d'indusium. Dans le Pteris, un indusium continu avec le bord de la feuille, et s'ouvrant du côté interne, protége les sores. Dans la Scolopendre, les sores, rapprochés par paire, sont protégés par un indusium en apparence bivalve, et ils sont disposés en lignes obliques. Dans l’Osmonde royale, les capsules forment des grappes terminales sur les nervures des parties supérieures de la feuille
h26 FAMILLES NATURELLES.
contractées et modifiées, et sont dépourvues d’anneaux, comme d'indusie, etc., etc.
Le mode de reproduction des Fougères a été étudié de nos jours par un botaniste allemand, M. Nægeli, et plus tard par M. Leszcyc-Suminski. Nous allons donner un exposé des observations si curieuses de ces naturalistes, qui nous ont révélé le mode étrange de reproduction des Fougères.
On savait depuis longtemps que les prétendues spores des Fougères étaient susceptibles, dans des conditions favorables, de germer et de reproduire le végétal originaire. Ce mode de développement de la plante semblait donc connu. On considérait les capsules comme des organes femelles, et l’on avait cru trouver les organes mâles dans les parties voisines, comme des poils, des glandules, etc. Mais de nouvelles et remarquables observations montrèrent bientôt que le phénomène n'était pas aussi simple qu'on l'avait pensé d’abord. D'ailleurs, la structure descorps qu'on avait considérés comme les organes mâles, ne répondait pas à celle que possèdent les anthéridies dans les Cryptogames voisins. Nulle part la présence des anthérozoïdes n'avait confirmé ces désignations hasardées. La nature, en effet, n'a placé les anthéridies des Fougères ni au milieu des sores ni sur le pédicule des capsules. Contrairement à toutes les prévisions de la théorie, c'est sur la plante en germination que l'on trouve ces organes, sur des individus qui ont à peine quelques semaines d'existence, et ne se composent encore que d’un petit nombre de cellules.
Cette découverte, qu’on peut considérer Comme prodigieuse, est due à M. Nægeli. Elle fut complétée, quelques années plus tard, par les observations de M. Leszcyc-Suminski, qui annonça que ce même rudiment de plante porte les organes femelles.
Assistons donc à la germination d’une spore de Fougère. Sa membrane externe, résistante et colorée, se rompt, et par l'ouverture qui se forme, la membrane interne fait saillie, sous la forme d’une espèce de boyau. Des cellules se produisent et se multiplient à l'extrémité de ce boyau. Il en résulte bientôt une petite expansion foliacée, en forme de cœur ou de raquette, (fig. 399 a) dont les dimensions sont d'environ 3 millimètres de
large sur 2 millimètres de long dans le Pteris serrulata. À la partie inférieure de ce petit organe, ou prothallium, apparaissent
Fig. 399. Prothallium de Scolopendre munie d'anthéridies.
de bonne heure, des radicelles; puis se montrent les anthéridies et les archégons:s.
Fig. 400. Portion de Proembryon de Fougère, portant deux anthéridies, a.
Les anthéridies sont de petits mamelons celluleux, formés, selon M. Thuret, de trois cellules superposées (fig. 400). Dans
les jeunes anthéridies(a), dit ce botaniste, la cavité centrale (entourée par la deuxième cellule faite en forme d’anneau) n'est remplie que d’une matière granuleuse grisâtre; peu à peu on y voit se dessiner des petits corps sphériques, qui sont les anthérozoïdes. À mesure que le développement de 5e ceux-ci avance, la cavité centrale se "augmente de volume, et refoule for- VÉCS tement les parois de la cellule périphérique. Enfin il arrive un moment où la pression est si grande que l’anthéridie crève brusquement.
La cellule du sommet qui servait | comme de couvercle à la cavité centrale se rompt, ou quelquefois est chassée à travers la déchirure de la cuticule (fig. 401). Les anthérozoïdes sont expulsés en même temps.
Au moment de leur sortie, les anthérozoïdes se présentent sous la forme de petites vésicules grisâtres, sphériques, dont le contenu est peu
Fig. 401.
Portion du proembryon de Pieris serrulata offrant à la fois des distinct (fig. 402). Ils sont d'abord
anthéridies (b), et des archégones (a). s ; 25 complétement immobiles, mais au
bout de quelques instants on les voit, l’un après l’autre, se dérouler subitement, et s’élancer dans le liquide ambiant avec |