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ll faudrait un volume pour donner une idée de la végétation si riche et si variée de l’Asie. Nous nous bornerons à présenter un tableau rapide des végétaux caractéristiques propres aux régions septentrionale, centrale et méridionale de cette partie du monde. |
Région septentrionale. — La Sibérie forme une région botanique qui a beaucoup de rapports, d’un côté avec la région hyperboréenne de l'Europe, et d'un autre côté avec la région moyenne. Cependant elle tire un caractère particulier de la prédominance de certaines familles, comme les Légumineuses, les Renonculacées, les Crucifères, les Liliacées, les Ombellifères. Quelques genres s’y font aussi remarquer par le grand nombre de leurs espèces. Nous citerons à cet égard le genre Astragale parmi les Iégumineuses, le genre Spirée parmi les Rosacées, le genre Armoise parmi les Composées, le genre Rhubarbe parmi les Polygonées.
< Là où la chaleur moyenne annuelle est seulement d'environ 2 à 6° au-dessous de zéro, nous ne pouvons attendre de la couver-
ture végétale des conditions bien variées. Des forêts à feuilles acérées sont formées par le Mélèze de Sibérie, le Mélèze daurique, le Pin de Sibérie, le Pin cimbrique, le Pin sylvestre, etc. Des Peupliers blancs et balsamiques isolés, des espèces naines de Bouleaux, des Cormiers, des Bourdaines, des Aunes, des Saules les accompagnent, pendant que des Myrtiliers et des Roses des Alpes en forment le taillis.... La composition de la Flore des steppes du Kamtchatka ne s'éloigne pas de celle des pâturages de l’Europe centrale, et plus on se représente ces pàturages comme stériles, plus on est agréablement surpris à la vue des Tulipes, des Iris, ces gracieux ornements que le printemps mêle au gazon. Mais l’Absinthe grisâtre et monotone leur succède...
« Humboldt assigne aux forèts de l’Oural le caractère de la végétation d’un parc, vu qu'elles offrent alternativement un mélange d’arbres à feuilles acérées et à feuilles rondes, et de magnifiques pelouses. Cet ensemble est complété par des broussailles formées de Rosiers sauvages, de Chèvrefeuilles, de Genévriers, pendant que l’Hespéris, la Polémoine bleue, la Cortuse de Matthiole, de magnifiques Primevères et Dauphinelles, forment des tapis de fleurs, et que le trèfle d'eau aux fleurs blanches si délicatement découpées fait la grâce des marais... Humboldt vit de même, sur les bords de l’Irtisch, de grands espaces entièrement colorés en rouge par les Épilobes, auxquels s’associaient ailleurs les hautes tiges des Delphinium à fleurs bleues, ou celles de l’œillet rouge feu (Lychnis calcedonica). »
Ces fragments de tableaux, que nous empruntons à l’ouvrage de Müller, les Merveilles du monde végétal, enlèveront sans doute un peu de cet aspect triste et désolé qu'on prête si aisément aux vastes régions de l’Asie septentrionale.
Région centrale. — Transportons-nous maintenant dans l'Asie centrale, dans la région chinoise et japonaise (Japon et nord de la Chine). C’est dans cette région que se trouvent ces Hagnolias, à grandes feuilles, à fleurs magnifiques, dont la culture se répand dans nos jardins et leur donne une physionomie particulière ; — ces Camellias que l’Europe a naturalisés dans ses serres, dont le feuillage persistant et les larges fleurs font l'adration des artistes, et dont on compte aujourd'hui plus de 700 va-
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riétés; — le Thé (Thea sinensis), aux feuilles si précieuses et dont on importe annuellement en Europe plus de dix millions de kilogrammes ; — l’Aucuba, aux feuilles coriaces et panachées, qui fait aujourd'hui l’ornement des squares parisiens; — le Kersa, dont les fleurs jaunes deviennent doubles par la culture et figurent des roses-pompons; — enfin les genres Célastre, Houx, Fusain, Lagerstrôme, Spirée, Chalef, etc.
Les arbres et arbrisseaux remarquables sont, en outre, le Palmier élégant, connu sous le nom de Rhapis fl‘belliforme; le Mürier à papier (Broussonetia papyrifera); l'Olivier odorant, dont les fleurs servent à aromatiser le thé; le Plaqueminier Kaki (Diospyros Kaki), à fleurs blanches, à baies d’un rouge cerise, d'une saveur délicieuse, nommées figues-caques; le Wéflier du Japon (Mespilus Japonica); le Gingko biloba, arbre sacré, que l’on plante autour des temples; des fs (Taxus nucifera, verticillata), des Cyprès (Cupressus japonica, pendula), des Genévriers, des Thuya, des Chênes (Quercus glabra, glauca), l’Aune du Japon, le Noyer noir, diverses espèces de Lauriers et d’Érables.
Nous mentionnons parmi les plantes cultivées : le Riz, le Froment, l’Orge, l’Avoine, le Sorgho, le Sarrasin, le Sagoutier (Cycas revoluta), le Chou caraïbe (Caladium esculentum), la Patate (Convolvulus batatas); les Pommier, Poirier, Cognassier, Prunier, Cerisier, Abricotier, Pêcher, Néflier du Japon, diverses sortes d’'Orangers; les Choux raves, Radis, Igname, Concombre, Courges, Pastèques, Anis ( Pimpinella anisum ), Pois, Haricots, Fèves, Sésame, Chanvre, Mürier à papier, Colon annuel (Gossypium herbaceum), mélange remarquable qui nous offre de frappants contrastes que nous aurions pu signaler en commençant, et qui nous transporte à tout moment d'Europe en Asie et d'Asie en Europe.
Ce curieux assemblage de la végétation des tropiques et de celle du nord de l’Europe se reproduit dans l’Asie centrale pour les plantes de culture. Nous venons de voir qu’à côté du Figuier, de la Vigne, du Chétaignier, des Grenadiers, de l’Amandier et des Citronniers, on cultive en Chine et au Japon le Sarrasin, le Froment, le Maïs, l'Orge, l'Avoine, la Pomme de terre, l’Asperge, les Melons, les Pois et les Fèves, en même temps que le Riz, l'Arum esculentum et l’Igname.
Nous ne saurions nous arrêter ici sur une foule de plantes
d'ornement, dont beaucoup sont aujourd’hui naturalisées 2; Europe, comme la Glycine, le Lis du Japon, le Lis tigré, la Priseglèll de la Chine, le Magnolia Yulan, etc. 2%
Région méridionale. — Cette région comprend les deux-j# qu’îles de l'Inde. Les familles non tropicales enne dk | montrent plus rarement. Les familles tropicales paraisseh£te deviennent plus nombreuses. Les arbres ne perdent pa& UE * feuilles. Le nombre de végétaux ligneux est plus grand qu'il géf
Les plantes grimpantes et parasites sont nombreuses.
L'Inde peut être considérée comme la véritable patris dess aromates. La riche nature de ce pays n'est pas moins féconds ter productions végétales d’un autre ordre : les arbres proprés à, 7%. fournir du bois de construction y croissent en profusion.
Parmi les plantes arborescentes les plus abondantes dans ; cette région botanique, nous citerons : les Bombaxz, Sapindug, Mimosa, Acacia, Cassia, Jambosa, Gardenia; le Diospyros ebenum, dont le bois était célèbre dès la plus haute antiquité par sa cauleur noire ; des Bignonia; le Tectona grandis, arbre magnifique qui fournit un bois de construction d’une résistance considérable; l'Isonandra gutta, qui produit la substance analogue-W : caoutchouc, connue sous le nom de gutta-percha, et qui 4e.
des Lauriers à écorce aromatique; des Muscadiers (My dont les semences sont employées comme épice; des Fà (Ficus religiosa, indica, elastica) ; des Palmiers comme les Bora
(Borassus flabelliformis) aux magnifiques feuilles étalées en 8
tail, les Cocos ; les Sagus ou pue dont la moelle fôournit e .
grimpantes, longues souvent de plus de lus de 500 pitié dont on fait des cannes connues en Europe sous le namt:Îl jones; les Areca (areca catechu), dont la noix est empls Fe
parasol d’un diamètre de 18 pieds; le Dragonnier, le ( Pundanus), le Bambou, etc. | Si maintenant nous jetons un coup d'œil sur les plantes cbr
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