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tivées, nous aurons à signaler des végétaux d’une importance capitale. Ce seront : le Riz, le Sorgho, l’Igname, la Pistache de terre, le Cocotier, cet arbre élégant et utile, qui donne à l’homme de quoi suffire à tous’ses besoins, car il lui sert à la fois, comme nous l’avons déjà dit, à s’abriter, à se vêtir, à se chauffer, à s’'éclairer, à se désaltérer et à se nourrir; le Giroflier (Caryophyllus aromaticus), dont la fleur en bouton est envoyée en Europe sous le nom de clou de girofle; des Poivriers, parmi lesquels nous citerons le Poivre noir, dont les fruits cueillis avant la maturité constituent le poivre, importé parmi nous depuis les conquêtes d'Alexandre, et le Poivre Bétel aux feuilles aromatiques et amères, qu’on mêle avec la noix d’Arec pour former un masticatoire trèsusité ; le Tamarin (Tamarindus indica), arbre magnifique, dont les fruits renferment une pulpe d'odeur vineuse et de saveur aigrelette; le Manguier (Mangifera indica), dont le fruit trèsvanté a un léger goût de térébenthine; le Mangoustan (Garcinia mangostana), dont la baie renferme, sous un épicarpe amer et astringent, une pulpe délicieuse ; le Bananier à baies jaunâtres, longues de 6 à 8 pouces, fournissant un aliment très-nourrissant, qui a le goût d’une pâte de beurre légèrement sucrée; le Jambosa vulgaris, à petites pommes qui répandent dans la bouche l'odeur de la rose ; le Goyavier (Psidium pomiferum) aux fruits jaunes et gros comme une poire; plusieurs Orangers; des Pastèques, la Canne à sucre et le Café.
On a essayé dans la planche 410 de réunir d’une manière idéale les principales espèces végétales propres à la région botanique qui vient d’être décrite. Sur les plans principaux figurent les espèces rustiques; sur l’arrière-plan sont quelques végétaux cultivés. À gauche du tableau est le Corypha, surmonté du palmier Arenga à sucre et d'un groupe de Bambous. Vers le milieu, toujours à gauche, et, près du tronc d'un gros Santal, le Scinapsus, surmonté du Sagoutier. Le palmier Arecquier étend, au milieu du tableau, sa tige accidentellement infléchie et entourée de quelques Lianes. .
À droite est le palmier Borassus, près d'un Bananier, tous deux à l'ombre d’un imposant Manguier. Le Laurier cannelier et l'Isonnandra gutla, où Arbre à gulta-percha, sont à gauche de ce groupe, suivis d’un haut Cocotier.
Les végétaux cultivés qui se voient à l'arrière-plan, sont le Poivrier et le Laurier camphrier, placés à l’arrière du Cocotier, et dans le lointain le Muscadier et le Giroflier, près d'un rideau de Bambous et de Rotangs. '
L'Afrique nous présentera, comme l'Asie, trois parties principales bien distinctes : 1° la partie septentrionale, qui comprend la région méditerranéenne et le Sahara; 2° la partie centrale, ou tropicale; 3° la partie australe, ou la région du cap de Bonne- Espérance.
Région méditerranéenne. — Cette région comprend tout le littoral africain baigné par la Méditerranée, en particulier l'AIgérie, depuis le versant septentrional de l’Atlas jusqu'à la mer et les pays baignés par le delta du Nil. Cette région d'Afrique offre la plus grande analogie de végétation avec la région méridionale de l’Europe, que nous avons étudiée plus haut.
Par ses étroites affinités avec les contrées correspondantes de l’Europe, l'Algérie sera toujours pour nous le centre principal de colonisation, la région de culture par excellence. Ses riches productions en céréales l’appellent à être le grenier d’abondance de la France.
Dans la région montagneuse inférieure du nord de l’Afrique, on peut se livrer avec avantage à la culture des plantes du centre de l'Europe. La Vigne y prospère assez bien, grâce à la fraîcheur que procure l'élévation de ces lieux; aux environs de Tlemcen, de Milianah, de Mascara, de Médéah, les colons, et même les indigènes, ont entrepris de la cultiver. L'Olivier, si généralement répandu dans l'Afrique septentrionale, constitue l'une des principales richesses des tribus kabyles. Le Chêne-liège forme des forêts immenses dans la partie inférieure de la région montagneuse du littoral africain; dans la province de Constantine, le Chêne-liége est, depuis la conquête de ce pays par la France, l'objet d'importantes exploitations.
M. Cosson, botaniste et voyageur, s'exprime ainsi sur la végétation et sur les cultures du Sahara algérien :
AFRIQUE. u77
« L'ensemble de la région naturelle du Nord de l’Afrique, est caractérisé surtout par l'extrême rareté des pluies, la sécheresse de l’atmosphère, des températures extrêmes, l’absence de grands relèvements montagneux et de cours d’eau permanents, l’aspect tout spécial de la végétation désertique… ; L'ensemble des végétaux croissant spontanément ne dépasse pas le chiffre de 500 espèces. Le plus grand nombre d’entre elles sont vivaces, croissent en touffes et ont un aspect sec et maigre, un port roide et dur tout à fait caractéristique. Les familles représentées dans le Sahara algérien par le plus grand nombre d'espèces sont : les Compusées, les Graminées, les Légumineuses, les Crucifères et les Salsolacées. Parmi les espèces ligneuses on peut citer des Tamarix et le Lentisque atlantique. Le Dattier est sans contredit le principal élément de richesse des jardins des oasis; il y est cultivé non-seulement pour l’abondance et la variété de ses produits, mais encore pour son ombrage qui garantit les autres cultures de la violence des vents et maintient dans le sol l’humidité nécessaire à la végétation... Outre le Dattier, la plupart des oasis présentent en assez grande abondance le Figuier, le Grenadier, l’Abricotier et souvent la Vigne. Le Pêcher, le Cognassier, le Poirier et le Pommier sont surtout plantés dans les jardins des ksours ou dans les oasis situées vers les montagnes; plus rarement on rencontre dans les oasis le Cédratier, l’Oranger, l'Olivier. L'Orge et plus rarement le Blé sont cultivés dans les terrains irrigués du voisinage et dans les intervalles des plantations de Dattiers. Les Oignons. les Fèves, les Carottes, les Navets et les Choux tiennent une large place dans les cultures. Il en est de même du Piment, dont le fruit, en raison de ses propriétés stimulantes, entre comme condiment dans la plupart des mets arabes. L'Aubergine et la Tomate sont cultivées dans quelques jardins pour leurs fruits comestibles. De nombreuses espèces et variétés de Cucurbitacées (Potirons, Courges, Pastèques) sont semées en été dans les jardins, où leurs fruits acquièrent un grand développement. Le Gombo (Hibiscus esculentus) est cultivé çà et là par les nègres pour ses fruits mucilagineux et comestibles... Les plantes industrielles ou fourragères principales sont le Chanvre, représenté seulement par une variété naine (Haschich) qui n’est pas employée comme plante textile, mais dont les extrémités sont fumées par quelques musulmans peu fervents. Le Tabac rustique est le seul cultivé, et cette culture n’a quelque importance que dans le Sout. Le Henné (Lawsonia inermis), dont les feuilles ont été employées récemment dans la teinture en noir, n’existe guère que dans les oasis des Ziban. »
Région équatoriale. — La végétation de l'Afrique tropicale n’est encore aujourd'hui qu’imparfaitement connue, à cause de Ja terrible insalubrité de ces parages. On y voit, en général, apparaître les mèmes formes végétales qui dominent dans les autres régions des tropiques, ce qui veut dire que des espèces végétales qui sont ordinairement herbacées dans les contrées extra-tropicales, prennent ici l'aspect ligneux. Telles sont les
plantes de la famille des Rubiacées et de celle des Malvacées. On y constate, par exemple, la disparition presque complète des Crucifères, des Caryophyllées, etc., tandis que les famiilés qui y prédominent sont les Légumineuses, les Térébinthacées, les Malvacées, Rubiacées, Acanthacées, Capparidées, Anonacées, etc.
Jetons un coup d'œil sur quelques individualités végétales remarquables propres à l’Afrique centrale.
Sur les côtes humides se développent des forêts impénétrables formées de Mangliers (Rhizophora mangle) et d’Avicennies (Avicennia tomentosa). Des Bananiers, des Cannées, des Amomées, de bizarres Pandanées, des Malvacées gigantesques, comme le Baobab, des Broméliacées, des Aroïdées, des Aloës, parmi lesquels l’Aloe soccotrina, qui fournit le purgatif qu'on nomme aloès, des Euphorbes charnues, aux formes étranges, impriment un Caractère particulièrement remarquable à cette végétation puissante.
Ce serait arracher aux régions centrales de l’Afrique un des plus beaux éléments de leur splendide parure, que de ne point parler de leurs admirables Palmiers. A leur tête se place le Palmier oléifère de Guinée, ou Elaïs Guineensis, dont le fruit, de la grosseur d'une olive, contient une si grande quantité d'huile, que ce liquide en découle lorsqu'on le presse entre les doigts; la graine contient une sorte de beurre connu sous le nom de Beurre de Galam. La séve de cet arbre précieux donne du vin, et ses feuilles servent de fourrage aux moutons et aux chèvres. Mais le véritable Palmier vinifère de ces contrées, c'est le Sagoutier (Sagus vinifera). Citons encore le Lodoïcea Sechellarum, dont les fruits, plus gros que la tête d’un homme, et du poids de vingt livres, vont flottant sur la mer, et finissent par atteindre ainsi jusqu'aux rivages des Indes.
Un fait digne de remarque, c’est que dans Ja région qui nous occupe, on observe très-peu de Fougères et d’Orchidées, groupes de végétaux dont les espèces sont, au contraire, extrêmement multipliées dans les autres contrées tropicales.
Parmi les végétaux exotiques que l’on cultive avec succès dans l'Afrique centrale, on compte le Maïs, le Riz, le Sorgha, l'Igname, le Manioc, le Caladium esculentum, ou Chou caraïbe, plante de la
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